Le dixit nouveau est arrivé
Par lebop, dimanche 23 décembre 2007 à 22:08 :: Revue de Presse
Le dixit 2007-2008 ne faillit pas à sa réputation de revue sérieuse et novatrice par les éclairages originaux qu'elle apporte sur l'évolution de notre société. Dominique Morvan, la responsable des éditions Créaprint annonce d'ailleurs la couleur. Elle souhaite que s'ouvre une ère "économie positive", qui demandera "de réformer nos comportements en changeant de mode de production et de consommation". Vaste chantier, mais chantier nécessaire, tellement nous avons cru vivre dans notre bulle sans nous poser trop de questions sur le devenir de notre écosystème et sur notre société de gaspillage, faiblement orientée vers le recyclage de la surabondance des biens consommés dans notre petit pays.
Le premier article de la revue effectue un rapide survol politique en revenant sur "l'historique d'une instabilité chronique", avec plusieurs motions de censure et cinq changements de gouvernement pendant les années 2004-2007. Une mandature quasiment perdue pour l'avènement, justement, d'un autre mode de développement.
Autre originalité : le tableau des 200 premières entreprises de Polynésie décliné non seulement par chiffre d'affaires, mais aussi par ordre alphabétique et par effectif est le seul exercice notoire visant à surmonter la confidentialité exagérée des entreprises polynésiennes relative à leur activité. Le tout complété par un bilan économique et une "analyse par secteur d'activité" particulièrement étoffé et réalisé par Florence Mayot. Celle-ci estime que 2006 aura été une année "pas brillante, mais pas catastrophique". Elle rappelle ainsi que dans un contexte politico-économique instable, "l'attentisme est de mise et (que) seule la définition d'un cadre de développement durable pourra rassurer les acteurs économiques quant aux perspectives 2008.
Posant la question d'une "fin des quarante glorieuses" pour le commerce et d'un "paradoxe polynésien" en matière d'infrastructures, les rédacteurs essaient de discerner les dynamiques économiques susceptibles de favoriser l'émergence d'une "économie positive". Un plaidoyer pour l'instauration d'un pôle de compétitivité basé sur la valorisation des ressources naturelles et renouvelables ouvre une piste intéressante , car elle invite à un renouvellement de l'action des pouvoirs publics qui se doivent d'encourager et d'accompagner l'inventivité des acteurs économiques. Nous devons, nous aussi, surmonter nos handicaps par l'innovation, la recherche et la formation. Reste à rendre opérationnel ce concept et à l'adapter à nos spécificités.Reste surtout à faire émerger de vrais entrepreneurs et porteurs de projets qui ne se contentent pas seulement de vivre des marchés publics, des transferts publics métropolitains ou de la consommation de plus en plus atone des ménages polynésiens. En ce sens, l'ouverture vers l'extérieur sera de plus en plus une nécessité incontournable.
Dans le domaine du tourisme, de nouveaux segments doivent aussi être développés, par exemple le tourisme maritime, qu'il s'agisse de nautisme "dont le Pays entend faire un axe fort dans sa promotion de la destination" ou du tourisme de croisière, un segment de marché "en plein essor". Celà rejoint les récentes prises de position du ministre du tourisme sur la nécessité de diversifier nos segments de clientèle.
J'ai aussi été intéressé par l'article de de Benoît Massuyeau qui fait quelques hypothèses d'évolution de notre système de protection sociale et de ses besoins de financement. J'y reviendrai, car ce dossier ne doit pas uniquement relever de la compétence des administrateurs ou de la direction de la caisse de prévoyance sociale. Nous devrons, en effet, assumer les conséquences des choix ou des non-choix effectués aujourd'hui. C'est donc un débat de société qu'il faut engager sur ce thème.
Il est difficile de résumer une revue qui alterne articles descriptifs dignes d'une encyclopédie de la Polynésie et articles de fond. Le mieux, c'est que vous vous procuriez ce dixit 2007-2008, car il a le mérite de compléter et/ou de dépasser les analyses habituelles sur ces divers thèmes et contribuer ainsi à l'approfondissement des débats et réflexions en cours sur divers sujets d'actualité.
Je vais d'ailleurs m'attacher dans mes futurs billets à prolonger également ces réflexions.