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samedi 23 février 2008

Vague de panique

Par Noindep, samedi 23 février 2008 à 01:33 :: Politique France

Avec une étrange assurance, la France s'enlise à réformer son exception. La bataille présidentielle faisait jaillir à coup d'éclats, les reliques lourdes qui freinaient notre course à la croissance : les régimes spéciaux, les 35h, la pression fiscale. Chronique plus que surprenante, presque un an plus tard que de constater que le remède à un mal historique a trouvé plus fort que lui. Les 2% de croissance économique nécessaires pour équilibrer le budget 2008 affichent avec insolence leur absence, le pouvoir d'achat "nationalisé : priorité nationale" dégringole aux côtés des cotations boursières du monde entier. On récuse toutes formes d'imprévus, on préfère accuser la conjoncture. Et si seulement ce n'était que ça...

Depuis que l'on a marié le président à cette image de "chevalier blanc", sauveteur d'un modèle français en pleine noyade, il a cru bien faire en appliquant "son idée de la France". Libre et conquérant de son avenir, croyant et confiant en son passé, solidaire et rassemblé dans ses valeurs. Il n'imagine nul autrement le peuple de France, et s'intronise monarque missionné par Dieu, pour agir, guérir et faire mûrir une pensée malade de son progrès. Parce que pendant que la croissance patine dans la boue mondialiste, lui fouille les fossiles de notre histoire pour disculper la France d'être la responsable de son mal-être actuel : celle d'une méfiance des français envers la mondialisation libérale, d'une Europe communautariste, d'une contraction des valeurs à des refuges existentiels. Parce que pour comprendre ce qui nous arrive, il faut comprendre la société française. Et N. Sarkozy semble deviner que c'est l'absence de valeurs communes qui éradique toute possibilité d'avancée ensemble. Ensemble tout devient possible nous disait-il...Il n'estimait pas la tâche aussi ardue.

Pour nourrir une impatience anxieuse des français, il nous revisite les cathétrales monarchiques : Ramener l'immuable dans l'incertain. Comprenez : Restaurons un peu de valeurs indémodées dans cette anomie sociétale. Et si Dieu redevenait une référence centrale, le moteur de nouvelles valeurs chrétiennes pour rétablir une confiance dans un avenir infini. Et que l'Etat serait alors son meilleur prophète. Nous devrions donc tronquer notre Marianne pour un aigle, et de nos trois bandeaux tricolores pour en récupérer treize. Et bienvenue chez l'oncle Sam ! N. Sarkozy nous refait « les visiteurs débarquent en Amérique », à l'heure la patrie mondialiste collectione les rancoeurs de l'Orient à l'Occident. Et c'est en y faisant sans cesse référence, que N. Sarkozy est en train de congédier l'essentiel de la compassion de l'opinion, et du coup de l'ensemble de son mandat. Dieu ne changera rien à la cacophonie des mentalités qui règne en France, ni aujourd'hui, ni demain. Nietzsche et son "Gott ist tot" adossait déjà une crise des valeurs à "cette mort de Dieu" : elle devait libérer les hommes de cette contrainte cosmique pour se ramener à plus "de créativité humaine". N. Sarkozy ne croit-il plus en la faculté de la société à maintenir ces individus à l'éveil de leurs consciences ?

Pour ramener du rationnel à cette envolée lyrique, N. Sarkozy s'oblige à rejouer le coup de force sécuritaire. Il déboule avec force dans les chantiers de la justice et de la sécurité, quitte à faire imploser le temps d'une après-midi les principes fédérateurs de notre République : en s'opposant à une décision du Conseil constitutionnel, avec une possible intervention devant la cour de cassation, il effrite les derniers murs porteurs d'une cinquième République qu'il estime obsolète. D'ailleurs, la sixième République sera le fond de son mandat, il tient à marquer l'histoire de France et purger comme ses prédecesseurs qui l'ont fait, une époque révolue et dépassée par son temps. Pour ne pas faire dans la demi-mesure, il a frappé encore plus fort : une possible remise en cause du droit du sol à Mayotte, orchestré par notre talentueux ministre de l'outre-mer complète cette rénovation ambitieuse. Et quid d'un élargissement à l'ensemble de l'outre-mer ? C. Estrosi décrète la mesure expérimentale. On en attendait pas moins de lui !

Toutes ces maladresses feront la recette de l'échec de mars, ajouté les scandales localisés comme à Neuilly qui, malgré une distance avec pouvoir central, ramène le président au centre du débat. Encore ! Il a voulu être d'une transparence exagérée, doublé d'une exigence de plaire, et paiera le tribut d’une externalisation de sa pensée trop forte. Vivons bien, vivons cachés. Les français paniqués, renoueront avec leurs vieilles habitudes, et plongeront la France dans un coma économique long. La Polynésie devra donc résoudre ses problèmes de familles, parce qu'ensemble on devra apprendre à mieux vivre avec moins de moyens alloués. En espérant que le futur président Tong Sang saura serrer ses budgets pour éponger le passif lourd, et financer l'engraissement des baleines des îles. Il a le devoir de proscrire le gaspillage, car même si N. Sarkozy lui reconnaît une pleine amitié, il aura sans doute moins de légitimité pour concrétiser ses beaux projets pour l'Outre-mer. Vague de panique !

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vendredi 13 juillet 2007

L'exception Sarkozyenne !

Par Noindep, vendredi 13 juillet 2007 à 21:33 :: Politique France

Avant même sa mandature à l'UMP, il donnait déjà l'illusion du changement. Au sein de ses pairs notamment et mieux encore face à ses adversaires. La politique de droite, séculaire et prisonnière de l'histoire, ouvre cet été les chantiers d'un nouvel ordre. On isole les fortunés, mais, désormais, on les retient avec 50% du bouclier fiscal, on cautionne un système où les étudiants travaillent, mais sont désormais exclus de l'assiette imposable, on vit dans des institutions archaïques en passe d'être modernisées, on construit une Europe anorexique désormais guérie. Bref, on assiste à l'ère d'un nouveau modèle économico-social, la naissance d'une société décomplexée de son passé et qui désormais peut prétendre à éveiller la croissance.

Certes, d'autres projets suscitent moins d'euphorie : la condamnation des mineurs dès 16 ans, une auto-défense nucléarisée, un ministère de l'immigration et de l'identité nationale, l'ingérence faite par Cécilia Sarkozy en Libye. C'est la maxime préférée du président : "c'est du donnant, donnant !". Bien entendu ces dossiers catastrophent la Gauche qui ne parvient pas à stopper l'hémorragie de son parti, les éléphants quittant le zoo de la comédie pour celui de la patrie. Le reproche fait à Jack Lang, à Dominique Strauss-Khan, à Hubert Védrine, à Bernard Kouchner nous laisse antipathiques. On comprend tous, à l'exception du PS, que les talents sont à Gauche et à Droite. La nomenclature qui partitionne la politique en bloc étanche est un attentat à la démocratie moderne. Les intellectuels de gauche le savent pertinemment et ceux qui décident d'en défendre la cause restent fidèles à leurs propres valeurs. Nicolas Sarkozy réussi avec brio à réunir la classe politique sur des dossiers, qui, depuis 30 ans, donnent du somnifère à notre croissance. Le courage politique qu'il opère donne de l'élan au moral des Européens convaincus qu'ils ont trouvé le Tony Blair qui ne les a jamais rejoint.

Si la politique reste son plus fidèle compagnon, l'économie par tutelle européenne lui donne des migraines. L'envolée continue de l'Euro face au dollar désormais à 1,38$ déprécie encore le solde extérieur, désavantageux pour toutes les multinationales exportatrices comme Airbus qui venait tout juste de se payer une gâterie historique au salon du Bourget. Devançant le géant de Seattle (de Chicago désormais), la firme toulousaine venait de signer son grand retour, peut-être médiatisé trop tôt.

Le dérapage de la TVA sociale n'a pas été favorable au président, puisque son gouvernement préconisait une augmentation de près de 5 points de la TVA, l'arsenal idéal pour tuer le pouvoir d'achat. Le manque de rigueur sur le terrain économique pourrait décridibiliser sa côte populaire forte de 68% d'opinions favorables, fragile, en somme, et articiellement construite par la dynamique de sa présence engagée au sein des affaires. N'oublions pas les secousses du déficit promis à être réduit d'ici 2010, désormais majoré de deux ans. Peut-être que l'ère de la campagne donnait du sens à son euphorie, et sans doute a t-il pris conscience que malgré son dynamisme singulier et sa volonté de combattre les fléaux bâtisseurs de notre exception, une certaine réalité "révolutionnaire" existe toujours dans les consciences de certains milieux comme l'éducation et le service public et que c'est ici que l'on attend tous son talent d'orateur et de rassembleur qu'il a tant voulu titrer en tête de ses affiches.

Reste donc au président de la République de convaincre ses partisans que le virage sec qu'il opère ne les emmènera pas dans la falaise financière, morale et populaire. Viendra la fin de l'été où étudiants, salariés et électeurs poseront les promesses de campagne sur le calque des réformes engagées. L'heure du verdict sur son exception aura sonné.

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