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mardi 4 mars 2008

Démocratie de proximité

Par lebop, mardi 4 mars 2008 à 18:50 :: Petite analyse

La profusion des listes qui se présentent aux élections communales démontre, s'il en était besoin, que la démocratie de proximité est bien vivante dans notre Pays. Il est particulièrement réjouissant de voir la multiplicité de toutes ces équipes vêtues de manière colorée présenter leurs programmes visant à améliorer la vie quotidienne des citoyens de leur commune de résidence.

Il est remarquable, surtout, de constater que ces équipes sont emmenées par des personnalités dôtées d'un certain charisme et ne sont, pour la plupart d'entre elles, aucunement guidées par un esprit partisan. Dans de nombreuses listes, des personnes de sensibilités politiques diverses se sont regroupées pour porter un projet communal. On est donc loin, comme veut le faire croire une certaine presse ou les autonomistes regroupés sous la bannière de to tatou ai'a, d'un "remake" de la confrontation territoriale des grands partis du Pays. La preuve en est donnée dans la capitale et dans certaines grandes communes : quel oecuménisme !

Certes, bien avant les Territoriales, le conglomérat électoral To tatou ai'a avait bien combiné une stratégie double pour les territoriales et les municipales. L'appel de Gaston Tong Sang aux maires étiquetés "orange" pour qu'ils "rougissent" ( Papeete, Paea...) et la présentation de listes "rouges" contre des listes "orange" au sein de certains fiefs ( Pirae, Papara, Punaauia...) faisaient partie de cette stratégie préparée de longue date. Cette arrière-pensée partisane de to tatou ai'a vient donc de loin ...

Il est donc curieux de faire croire que l'élection à la Présidence du Pays de Gaston Flosse provoque un soit disant " Quatrième tour". Celui-ci était déjà programmé par Gaston Tong Sang et ses alliés et l'éventuelle arrivée à la Présidence de ce dernier n'aurait rien changé à cette stratégie. Comment pourrait-on penser que Béatrice Vernaudon aurait abandonné la course des municipales de Pirae, par une éventuelle alliance territoriale entre le Tahoeraa et To tatou ai'a ? Comment peut-on croire que Philip Schyle aurait pu avoir une chance de se faire réélire à Arue sans le soutien de To tatou ai'a, au grand dam d'ailleurs de Madame Emma Algan ? Comment notre seul maire emprisonné, investi par to tatou ai'a, pourrait être réélu ( au détriment d'ailleurs de Madame Sandra Lévy-Agami beaucoup plus vierge au plan de la moralité que Monsieur Emile Vernaudon...) sans ce soutien programmé ? Ce conglomérat avait donc bien l'intention de démontrer son leadership au plan communal au détriment du Tahoeraa, démontrant par là-même que ce dernier parti était plus un adversaire qu'un "partenaire".....

Le panorama actuel laisse d'ailleurs à penser que les intentions de départ de To tatou ai'a n'ont pas été satisfaites. Comme nous l'avons vu, la foire d'empoigne entre leaders de cette fédération dans certaines communes ( Arue, Mahina, Uturoa...) et "l'oecuménisme politique" de nombreuses listes brouillent sérieusement les pistes. Il est difficile de discerner un choc frontal entre blocs politiques, ce que refusent, d'ailleurs, nombre de listes, par exemple à Papeete, Faaa, Punaauia ou Papara. C'est tant mieux d'ailleurs, car il est ridicule de transposer à l'échelon communal des rivalités politiques territoriales peu pertinentes. Le regroupement des bonnes volontés est bien plus utile à la démocratie de proximité que le prolongement de combats claniques territoriaux.

On ne peut donc que se féliciter du pragmatisme des différentes équipes qui se présentent à nos suffrages. Au lieu d'exacerber les tensions, ces équipes ont plutôt fait le choix de l'addition des compétences derrière des personnalités reconnues à l'échelon local. Et c'est tant mieux.

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vendredi 29 février 2008

To tatou ai'a et la jurisprudence "émile Vernaudon"

Par lebop, vendredi 29 février 2008 à 15:24 :: Petite analyse

Le conglomérat électoral To tatou ai'a a franchi une étape supplémentaire dans la banalisation du soutien à des personnalités politiques qui ont maille à partir avec la Justice. En effet, en octroyant son investiture à la liste communale conduite par Emile Vernaudon à partir de la prison de Nuutania, Gaston TONG SANG est, certes fidèle à son amitié avec ce dernier, mais crée une jurisprudence qui a de fortes chances de faire tâche d'huile.

Le principe de moralisation, dont certains partis politiques s'étaient fait les étendards, semble sur le point d'être passé de mode. D'autres, plus compliqués, disent que ce qui est vrai pour les territoriales n'est plus vrai pour les communales. C'est ainsi que Tonio Perez de Te Avei'a s'embarque aussi pour l'aventure avec Emile. Comme s'il pouvait y avoir une moralité à deux étages : l'une pour les territoriales et l'autre pour les municipales...

On peut alors se demander ce que peut bien vouloir dire le programme politique de Gaston Tong Sang, lorsque celui-ci proclame dans ses 225 mesures et engagements pour demain : " la Polynésie a besoin d'une classe politique intègre, audacieuse et courageuse au service de sa population".

Ne s'agit-il pas là d'une déclaration solennelle, publiée et diffusée à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires avant et pendant les deux tours des élections territoriales ? N'a-t-il pas trompé la confiance des électeurs, en octroyant, après les élections territoriales, l'investiture de to tatou ai'a à une personnalité en détention préventive pour de lourdes charges qui pèsent contre lui ?

Ou les mots n'ont plus de sens ou les actes en contradiction avec ces mots sont monnaie courante. Dans un moment où cette question fait l'objet de débats enflammés, on peut penser que c'est plutôt la deuxième branche de l'alternative qui a cours.

C'est dire si l'argument de la moralité en politique est particulièrement redoutable. Celui ou celle qui l'utilise doit être et surtout rester durant toute sa carrière politique, "blanc comme neige". De même, les alliés politiques qu'une personnalité politique particulièrement intransigeante sur cette question se trouve, doivent être, eux aussi, blancs comme neige. Or, que voit-on ? Le "réalisme politique" prend vite le pas sur les belles déclarations gravées dans le marbre ou écrites noir sur blanc. On s'assoie sur ses grands principes pour arriver à ses fins.

Certaines autres personnalités politiques et certains partis politiques se gardent bien de partir à la bataille avec des tels principes, tant ils savent que Justice et Politique ne se confondent pas. La preuve en a été donnée en de multiples endroits de la planète et en France où de nombreuses personnalités se sont fait réélire tout à fait démocratiquement après avoir eu maille à partir avec la Justice.

Décidément, la Morale en politique est une exigence tout ce qu'il y a de plus honorable. Encore faut-il la satisfaire dans tous les instants de sa vie politique !

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dimanche 24 février 2008

Le lion n'est pas mort ce soir

Par lebop, dimanche 24 février 2008 à 10:43 :: Petite analyse

Le lion, blessé et même donné pour mort, a rugi. Il a sorti ses griffes avec l'aide d'un autre grand fauve de la politique polynésienne, Oscar Temaru. Il n'est pas mort ce soir. Bien au contraire, le dur combat politique lui a donné un nouveau bain de jouvence.

Que s'est-il passé pour qu'on en arrive là ? Revenons à l'histoire récente.

En 2003, il était une fois un parti au faite de sa puissance, le Tahoeraa Huiraatira, qui rassemblait près d'un polynésien sur 2. Par le ralliement de deux autonomistes à l'UPLD de l'époque, ce parti perd le pouvoir. Depuis ce moment là, le Président de Parti a constaté avec amertume que, l'un après l'autre, ses principaux lieutenants et prétendants à sa succession le quittent. Selon lui, ils voulaient se partager son héritage bien avant l'heure. Depuis plusieurs années, il défend le leadership du parti qu'il a créé, pied à pied, contre les coups de butoir des adversaires de l'extérieur : indépendantistes, autonomistes dissidents du Tahoeraa, dissidents de l'intérieur du Tahoeraa, médias du monopole Hersant et RFO. Le "blitzkrieg" est terrible et les bombes pleuvent !

Le grande purge intervient en 2007 avec le schisme de Gaston Tong Sang. Gaston Flosse maintient le leadership de son parti contre vents et marées. A l'heure de se présenter aux suffrages des électeurs, les choix individuels se font : des responsables et militants choisissent To tatou ai'a. D'autres, comme Edouard Fritch, Armelle Merceron, Teva Rohfritsch, Frédéric Riveta, Teura Iriti, Chantal Galenon... se déterminent en connaissance de cause pour le leadership de Gaston Flosse sur ce qui reste du Tahoeraa.

Les résultats des élections de 2008 sont là. Le Tahoeraa est vidé de plus de la moitié de sa substance, siphonné par tous les partis autonomistes ligués contre lui, essentiellement dans un conglomérat électoral dénommé To tatou ai'a. Cette stratégie électorale s'avère payante pour cette fédération de 8 mouvements politiques. L'électorat autonomiste "pur et dur" vote aux deux tiers pour ce conglomérat.

Pour ces forces politiques et médiatiques coalisées, Gaston Flosse est depuis 4 ans "l'homme à abattre". Les choses s'accélèrent en juillet 2007, lorsque Gaston Flosse "pactise" avec l'ennemi indépendantiste héréditaire. Celà ne se fait pas entre autonomistes de bonne compagnie. Et on constate que l'adversaire de ces autonomistes est plus le Tahoeraa que l'UPLD. Gros paradoxe...

... Et gros malentendu entre le Tahoeraa et ces autonomistes ex-tahoeraa. Car le Tahoeraa de 2008 n'est plus le Tahoeraa de 2004. Une très grande partie de la bourgeoisie polynésienne et des classes moyennes l'a abandonné. Reste un parti replié essentiellement sur sa base militante "maohi" pour qui, le patron, le Metua, c'est Gaston Flosse. Cette base militante cohabite avec la base militante du Tavini. Les frontières entre ces deux électorats sont devenues "poreuses". Si le Metua disparait ou le décide, cette base passera ou s'alliera au Tavini sans états d'âme et même avec le sentiment d'une réconciliation entre "frères maohi".

En effet, qu'attend le Metua blessé et martyrisé en retour ? Que les responsables qui lui sont restés fidèles et qui ont été élus sous sa bannière respectent des principes simples et élémentaires : loyauté et discipline. Ces responsables savent que Gaston Flosse a trop souffert des multiples trahisons qui ont égréné ces dernieres années. Ils savent aussi qu'une alliance avec le Tavini est en cours depuis plusieurs mois. Avant les élections, ils avaient le choix : soit rejoindre le To tatou ai'a, soit rester au Tahoeraa présidé par Gaston Flosse. Ils sont restés et ont été élus par cette base militante qui est, elle aussi, restée fidèle à son Metua.

Unité, loyauté et discipline. Les mêmes forces coalisées ont tout misé sur l'implosion des instances dirigeantes du Tahoeraa. Avec toujours les mêmes recettes : il faut marginaliser votre leader et vous émanciper de sa tutelle pesante. Cette semaine, comme je l'exprime dans mon billet "Bifurcations et cheval de Troie", cette stratégie a failli réussir. Le parti, désuni, se fait manipuler de l'intérieur et de l'extérieur pour l'option autonomiste, et ce, contre l'avis du "vieux". Edouard Fritch est élu, un peu malgré lui, au perchoir de l'Assemblée, alors que celui-ci était normalement promis à Antony Géros.

Face à ce début d'implosion encouragé par les adversaires de l'extérieur relayés par quelques chevaux de troie de l'intérieur, le patron menace de tout quitter, ce qui signifie à coup sûr la mort du Tahoeraa. Bon gré, mal gré, l'unité du Parti, gravement fissurée, se reconstitue. L'option de l'alliance avec l'UPLD passe in extrémis, à un bulletin blanc près !

Le lion "éreinté" par les médias du monopole Hersant, piétiné par ses enfants émancipés et blessé tient sa revanche. Il a vaincu l'adversité...et ses adversaires avec l'aide, non désintéressée, de son nouvel allié, Oscar Temaru. Le Metua, encore en progression électorale, a tendu la main à l'autre Metua, en mauvaise posture. En maohi, ils ont décidé de faire front contre l'establishment étatique, économique et médiatique. Pour la paix entre maohis.

A ceux qui voulaient l'enterrer trop vite : échec et mat. La réconciliation entre Maohis est en route. Quoiqu'en dise l'establishment et quel qu'en soit le prix. Il a livré l'ultime combat de sa vie politique et l'a gagné.Une victoire à la pyrrhus, certes. Mais une victoire quand même.

Mauruuru roa ia oe o Oscar Temaru Tane. Ua farerei te Maohi e te Maohi, te Metua e te Metua. Noa tu te faa hapa e te faa ino ra'a, ua poti'a ratou !

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samedi 23 février 2008

Incroyable : Gaston Flosse Président de la Polynésie française !

Par politaote, samedi 23 février 2008 à 16:04 :: Petite analyse

C'est par 29 voix, la majorité absolue, que Gaston Flosse, Président du Tahoeraa Huiraatira, a été élu Président de la Polynésie française !

Scénario encore inimaginable ce matin. La discipline de Parti a fonctionné à plein. Les trois groupes de l'Assemblée de Polynésie française ont fait bloc derrière leur leader :

  • Le Tahoeraa a reconstitué son unité mise à mal lors de l'élection du Président de la Polynésie française. Le respect dû au Président du Parti est revenu dans cette famille politique. Même celle qui a vôté blanc n'a pas vôté contre son Président. Une loyauté au Parti qu'il convient de souligner ;
  • Le groupe To tatou ai'a s'est rangé derrière son leader Gaston Tong Sang : 27 élus, 27 voix ;
  • Le groupe de l'UPLD a suivi les consignes de son Metua Oscar Temaru. Par son désistement, ce matin, de la course à la Présidence du Pays, il a entendu le message d'union des polynésiens prôné par Gaston Flosse et confirmé dans le discours énoncé par ce dernier. Tous ces élus ont vôté commme un seul homme pour Gaston Flosse. Une unité et une loyauté exemplaires à leur Metua Oscar Temaru, et ce, dans la plus pure tradition maohi.

Réconciliation des autonomistes et réconcilation des Polynésiens. C'est une vision plus englobante qui a été privilégiée aujourd'hui par rapport à jeudi. Dans cette volonté d'union, le groupe de To tatou ai'a a théoriquement toute sa place. Cependant, les réactions de dépit des élus de ce groupe, qui traduisent un énervement à chaud, indiquent que To tatou ai'a refusera probablement la main tendue en faveur d'un gouvernement d'union territoriale. Mais sera-ce le cas de toutes les 8 composantes de ce conglomérat électoral territorial qui part dispersé aux élections municipales ?

Cette élection, selon les observateurs et politologues, est parfaitement légale. De plus, elle s'appuie sur des résultats en voix et en sièges des deux partis, l'UPLD et le Tahoeraa, qui sont clairs. La majorité relative de Gaston TONG SANG ne suffisait pas. Il fallait la majorité absolue en voix et en sièges.Nul ne pouvait parler pour le Tahoeraa, à sa place et qui plus est, en enfonçant la tête de son leader historique dans l'eau pour mieux l'étouffer. Là est l'erreur majeure.

Il est clair aussi que le groupe to tatou ai'a a complètement sous-estimé l'importance stratégique d'un groupe-charnière. Après avoir diabolisé le projet d'alliance entre le Tahoeraa et l'UPLD, après avoir recherché, aux territoriales, la majorité absolue en voix et en sièges tout en refusant une alliance des autonomistes entre le premier et le deuxième tour, après avoir tenté de marginaliser le leader du Tahoeraa dans son propre parti, après avoir "chipoté " sur un projet d'accord avec le Tahoeraa en ayant une pure vision comptable du partage des responsabilités, le To tatou ai'a a surestimé sa capacité à prendre le pouvoir en considérant son partenaire autonomiste comme un simple supplétif ou un strapontin pour accéder à ce pouvoir. Et qui plus est, sans avoir de respect pour le Président de ce Parti, villipendé par les médias du monopole Hersant et critiqué quotidiennement par toutes les composantes de to tatou ai'a.

Le groupe de To tatou ai'a n'a oublié qu'une seule chose : le To tatou ai'a est le to tatou ai'a et le Tahoeraa est le Tahoeraa. Vouloir passer par-dessus la tête du leader du Tahoeraa, vouloir parler à la place du Tahoeraa et de son principal responsable, considérer que celui-ci n'a pas l'autorité au sein de son propre parti ou est isolé ou que certains des membres du Tahoeraa feraient office de cheval de Troie alors qu'ils viennent d'être récemment élus sous la bannière du Tahoeraa, a été une erreur d'évaluation fatale. Forts d'une "baraka" qui ne leur a pas manqué jusqu'à présent, Gaston TONG SANG et ses amis ont voulu pousser trop loin leur avantage. Ils regretteront longtemps de ne pas avoir signé des deux mains et tout de suite un projet d'accord de partenariat avec le Tahoeraa Huiraatira qui était clairement à leur avantage !

D'erreurs tactiques en erreurs tactiques provoquées par une trop grande confiance en soi, Gaston TONG SANG a commis une erreur stratégique majeure : avoir tout misé sur la marginalisation du vieux lion. Ce dernier, en recréant l'unité des élus d'un Parti dont il est le Président légitime, vient de rugir à nouveau.

Le Président du Tahoeraa est de retour à la tête du Pays avec un message de réconcilation des polynésiens. Certains y verront, bien sûr, une volonté de conquérir le pouvoir à tout prix. D'autres y verront la sincérité d'un Metua qui, au terme d'une réflexion et d'une vision personnelles de l'avenir de notre Pays, a la conviction chevillée au corps qu'il faut bâtir aujourd'hui l'Unité des Polynésiens. Oscar Temaru , l'autre Metua a dit : chiche. Je te fais confiance. L'Unité du Peuple polynésien avant tout. Alors, pourquoi pas ? L'espoir ne fait-il pas vivre ? En Maohi, faisons confiance en nos deux Metua.

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vendredi 22 février 2008

Bifurcations et cheval de Troie

Par lebop, vendredi 22 février 2008 à 06:09 :: Petite analyse

Hier, la Polynésie française a vécu l'une de ses journées historiques où elle avait le choix entre deux chemins :

  • le chemin de la réconciliation entre polynésiens : celui où l'idéologie était mise de côté pour une concentration des efforts de nos leaders politiques sur le développement et l'autonomie économique ;
  • le chemin de la réconciliation entre autonomistes pour la mise en oeuvre d'un programme commun de gouvernement.

A la croisée des chemins, le choix du Tahoeraa s'est porté in extrémis sur la réconciliation autonomiste, alors que tout était prêt pour le premier chemin. Pourquoi ?

Il ne faut pas se le cacher : le Tahoeraa Huiraatira a été au bord de l'implosion hier. Ce qui fait la force d'un groupe-charnière à l'Assemblée, c'est son unité. Cette unité a été mise à mal, car Gaston Tong Sang a pu bénéficier d'un "cheval de Troie" au sein même du Tahoeraa. Les accointances affectives entre les deux soeurs Coppenrath ont fait que le premier chemin n'a pas été possible. La menace de démissions d'un petit groupe d'élus minoritaires a eu raison de la discipline majoritaire au sein du Parti. L'unité de façade a été reconstituée in extrémis pour "sauver les meubles".

Il est clair que la question de la survie du Tahoeraa est posée : son électorat autonomiste "pur et dur" l'a abandonné au profit du nouveau champion de l'autonomie sans concession face aux indépendantistes. Reste un électorat Tahoeraa populaire, sociologiquement proche de l'UPLD, qui penche en majorité pour un rapprochement avec l'UPLD. Un "tapu" a sauté de ce côté là et on peut penser que le nouveau positionnement électoral du Tahoeraa se fera sur cette base.

La survie du Tahoeraa est surtout posée par le fait même que le "ver est dans le fruit". Gaston Tong Sang savait pertinemment qu'une partie importante se jouait au sein du Tahoeraa. Comme il l'a avoué lui-même avant le vôte d'hier : "heureusement qu'il peut avoir confiance en certains élus du Tahoeraa". Il pourra donc user de cette unité brisée au sein du Tahoeraa pour relativiser les prétentions de ce parti et "siphonner" une partie de ses élus pour marginaliser davantage le vieux lion. Pourquoi ce qui a marché en 2007 ne marcherait pas en ce début de nouvelle mandature ?

On peut penser que "l'astuce" de l'acceptation des propositions du Tahoeraa à la dernière minute a été concertée avec une partie des élus du Tahoeraa. Il fallait tuer dans l'oeuf l'accord qui se nouait entre l'UPLD et le Tahoeraa suite à la rupture des négociations entre To tatou ai'a et le Tahoeraa. Tactiquement, c'est bien joué pour Gaston Tong Sang. A priori, il a sauvé son fauteuil de Président du Pays.

A lui d'instaurer la confiance et la stabilité. Il y a fort à parier qu'il la cherchera par l'allégeance de 2 ou 3 élus du Tahoeraa à son nouveau leadership autonomiste.

Clarification ? Marginalisation du vieux lion ? Seul l'avenir nous le dira. Mais il est clair que la seule issue pour le Tahoeraa est de se rebâtir sur cette base sociologique populaire et militante qui suivra son Metua pour une réconciliation entre polynésiens.

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mercredi 20 février 2008

La "fratrie" autonomiste va vers le suicide collectif

Par lebop, mercredi 20 février 2008 à 13:52 :: Petite analyse

La "fratrie" autonomiste, comme la qualifie les dirigeants de Rautahi, continue à laver son linge sale en public et à s'accuser mutuellement d'être responsable de la rupture des négociations. Avec la complicité des médias du monopole Hersant, la guerre de communication fait rage.

Emailing, répondeurs de radio one et courriers des lecteurs des deux journaux assaillis, comme depuis plusieurs semaines, par les militants de la galaxie To Tatou ai'a... Tout y passe pour "démontrer" que le Tahoeraa est trop gourmand, qu'il faut mettre Gaston Flosse à la porte, que le Tahoeraa joue "double jeu", que les élus devraient se désolidariser de ce "bateau qui coule", que les élections communales seront une nouvelle punition... Des appels au débauchage à peine déguisés, des coups de fils des amis aux amis, de l'immixtion dans les affaires internes d'un parti, des fuites de quelqu'un de l'intérieur qui sait que... J'en passe et des meilleures.

Si les autonomistes sont des frères, ce sont des frères ennemis !

Et Hiro Tefaarere, pour le Ai'a Api, de jeter de l'huile sur le feu. Question de faire capoter une coalition majoritaire qui, avec l'entrée potentielle du Tahoeraa, risque de réduire un "gateau" déjà distribué entre les composantes de cette galaxie to tatou ai'a, hétéroclite, ou chacun tire à hue et à dia. La preuve en est donnée par les municipales où c'est déjà la foire d'empoigne entre les uns et les autres, où les déclarations assassines entre "mouvements amis" de to tatou ai'a se multiplient...

Mais où va-t-on ? La déraison autonomiste va-t-elle se poursuivre ainsi pendant de longues années ? Quand est ce que nos soit disant responsables arriveront-ils a discerner l'essentiel de l'accessoire et insister sur les points qui rassemblent au lieu des points qui divisent ou qui fâchent ?

A quoi tient cette guerre de communication et cette guerre de tranchées ? A un poste de Ministre et à une Présidence de Commission ! C'est d'un ridicule...

Alors qu'à la clé, il y a une coalition majoritaire où la prééminence de Gaston Tong Sang et de to tatou ai'a, acceptée par le Tahoeraa, est claire et nette. Mieux, la légitimité de Gaston TONG SANG est entérinée par le Tahoeraa en cas d'accord politique ! Que demande le "peuple autonomiste" ?

Il convient de rappeler que c'est To tatou ai'a qui est demandeur d'une majorité absolue et confortable. Inverser les choses en disant que le partenaire qu'on approche est trop "gourmand" est d'un pathétique.... Trop cher payé ? Et l'absence de pouvoir pour Gaston TONG SANG et tous ses amis ne serait pas trop cher payé ?

Discerner l'essentiel de l'accessoire. Il en est encore temps. Demain, quand d'autres dynamiques se mettront en marche, il sera trop tard.

Nous sommes encore à un tournant de notre histoire politique. Reste à savoir si la voiture autonomiste, devenue de plus en plus folle, ne fera pas des tonneaux dans ce virage. Jusqu'à l'embardée finale...

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lundi 18 février 2008

Pas d'accord pour la constitution d'une majorité de coalition autonomiste

Par lebop, lundi 18 février 2008 à 18:33 :: Petite analyse

Les négociations en vue de la constitution d'une coalition autonomiste majoritaire n'ont pas abouti. Eu égard aux enjeux, il est dommage que Gaston TONG SANG ne prenne pas suffisamment de hauteur et s'attache encore à des détails.

Il s'agit bien de bâtir une coalition autonomiste majoritaire. Considérer le Tahoeraa comme un simple supplétif au même titre que le ai'a api, le fetia api, le te niu hau manahune, rautahi, le taatira... c'est faire une grave erreur d'analyse. Veut-on sceller un accord politique entre deux partenaires majeurs ou pas ?

Car, au-delà des petits calculs et des proportions sur lesquels on peut disserter à l'envie du fait des bases de calcul différentes des uns et des autres, il faut retenir cet élément essentiel : le Tahoeraa reconnait la prééminence de la fédération To tatou ai'a dirigée par Gaston TONG SANG dans la gouvernance du Pays.

En effet, la fonction essentielle de Président du Pays revient à Gaston TONG SANG et les 2/3 des postes et fonctions clés incombent à la fédération To Tatou ai'a. La dominance de To tatou ai'a est donc claire.

La "prime" demandée par le Tahoeraa pour un accord politique apportant une majorité absolue confortable et stable, est, fort logiquement, la Présidence de l'Assemblée. Comme l'a rappelé Politaote, celà s'est toujours passé ainsi dans l'histoire politique polynésienne, lorsque deux groupes politiques devaient s'entendre pour une coalition majoritaire.De plus, on ne peut pas comparer les fonctions de Président du Pays et celle de Président de l'Assemblée. La première est autrement plus importante que la seconde, ne serait-ce que par les compétences propres du Président du Pays. Le Président du Pays est, de par le statut, une Institution à lui tout seul. Par exemple, c'est lui, s'il le veut bien, qui "consent" des délégations de pouvoir aux Ministres du gouvernement !

Autre détail : les iliens qui ont, certes, la légitimité d'élus, peuvent très bien se satisfaire de postes à responsabilités au sein de l'Assemblée. Ils peuvent tout à fait obtenir des crédits budgétaires pour leurs chères îles, puisque c'est là leur préoccupation centrale.

Le propre de l'accord politique qu'il faut nouer ces prochains jours, c'est que les iliens et autres girouettes ne sont pas au centre du jeu comme en 2006 et en 2007. Ils peuvent le regretter, mais c'est comme çà ! De même, Monsieur Hiro Tefaarere n'est pas au centre du jeu. Il n'amène pas de majorité absolue à Monsieur Gaston TONG SANG, lui. Ce n'est qu'un supplétif. Maintenant, s'il veut utiliser sa capacité de nuisance, c'est le problème de To tatou ai'a, pas du Tahoeraa.

Il est encore temps pour Monsieur Gaston TONG SANG de prendre de la hauteur et de décider. A-t-il l'autorité suffisante pour cette première épreuve du feu qui lui donnera le pouvoir ?

Parier sur le débauchage d'élus de tel ou tel bord, essayer de désolidariser les élus de tel ou tel parti de leurs instances dirigeantes légitimes, serait ouvrir la boite de Pandorre. Alors, adieu à la stabilité, adieu à la tranquillité des habitants et adieu à la paix publique. Un gouvernement dont la première pierre serait bâtie sur l'absence de morale, sur l'encouragement au nomadisme politique et au "girouettisme" porterait, dès le début, les germes de sa propre destruction. Nous, citoyens, l'avons suffisamment payé au cours de l'actuelle mandature.

Un bon accord politique est mieux que la corruption des consciences des élus.

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samedi 16 février 2008

Pour une coalition gouvernementale autonomiste : le Tahoeraa montre sa bonne volonté

Par politaote, samedi 16 février 2008 à 13:10 :: Petite analyse

A tous ceux qui font croire que le Tahoeraa aurait deux fers au feu, son Président délégué, Monsieur Edouard FRITCH, chef d'orchestre des négociations pour son parti, fait montre d'une bonne volonté et d'une transparence totale.

Bonne volonté : les équipes du To tatou ai'a et du Tahoeraa ont pu opérer une fusion des programmes en vue de la mise en oeuvre d'un programme de mandature autonomiste commun. C'est là une avancée appréciable qui balise la route pour une stabilité à moyen terme.

Transparence en ce qui concerne "le partage des responsabilités". Qu'on en juge :

  • Le rapport des forces autonomistes en présence est de moins de 1 à 3 : to tatou ai'a dispose de 27 élus et le Tahoeraa de 10 élus. Il est donc logique que le Tahoeraa demande 5 à 6 ministères, puisque le ratio est de 1/2,7.
  • Avec ses 10 élus, l'apport de la représentation élue à l'Assemblée, du groupe Tahoeraa, est une sécurité substantielle pour une majorité stable : 37 élus, soit 8 élus de plus que la majorité absolue. Le gouvernement Tong Sang serait à l'abri des pressions de certains individus qui voudraient lui faire des "chantages à la bascule". Ces fameuses girouettes, qui, dans l'ombre d'un bureau, imposent leur diktat au Président du Pays. De quoi voir l'avenir avec une certaine sérénité, du moins, à l'abri d'individus sans scrupules.

Fort de cet apport très substantiel et de cette prime à la sécurité pour une majorité stable, il est logique que le second parti de cette coalition à venir, obtienne un équilibre des pouvoirs : Présidence du Pays à To tatou ai'a et Présidence de l'Assemblée de Polynésie française au Tahoeraa.

C'est, d'ailleurs, toujours ce qui s'est passé dans l'histoire politique de la Polynésie française :

  • Majorité Front Uni ( 3 partis) : au Ea Api, la Vice-présidence du conseil de gouvernement de l'époque, au Here Ai'a la Présidence de l'Assemblée en alternance avec le groupe des indépendants ;
  • Majorité Tahoeraa-Ai'a Api : Présidence du Pays au Tahoeraa et Présidence de l'Assemblée au Ai'a Api ( Emile Vernaudon) ;
  • Majorité Tahoeraa-Here Ai'a : Présidence du Pays au Tahoeraa et Présidence de l'Assemblée au Here Ai'a.

Il convient d'ailleurs d'observer que le Ai'a Api de l'époque avait moins d'élus que le Tahoeraa actuel lorsqu'il a obtenu la Présidence de l'Assemblée. Mais son rôle de "parti-charnière" pour obtenir la majorité absolue, nécessitait cette concession de la part du Tahoeraa de l'époque. Aussi, les exigences exorbitantes de Monsieur Hiro TEFAARERE pour la présidence de l'Assemblée prennent tout leur relief à l'aune de notre histoire politique...

Les prétentions et les demandes de Monsieur Edouard Fritch, exprimées par écrit et diffusées, sont donc tout à fait raisonnables. Rappelons-les :

  • Présidence de l'Assemblée de la Polynésie française ;
  • Un nombre de 5 ministères, soit un tiers du gouvernement ;
  • Trois commissions à l'Assemblée, soit une proportion tout à fait acceptable.

En ce qui concerne la condition subsidiaire, soit l'absence de personnes qui ont fait preuve d'un nomadisme politique particulièrement déloyal, on peut penser que la justice imposera cette conclusion au futur Président du Pays. Il est en effet peu probable que Monsieur Teina MARAEURA sorte indemne de l'affaire du Fonds de Développement des Archipels. En attendant le tour d'autres girouettes...

Le groupe de To Tatou Ai'a se taille donc très logiquement la part du lion : la Présidence du Pays, lieu central du pouvoir polynésien, à Monsieur Gaston TONG SANG, la Vice-Présidence et 9 autres Ministères, la présidence de la commission permanente, les présidences de la grosse majorité des commissions.

Le "partage du pouvoir", selon l'expression de Monsieur Gaston TONG SANG, est donc possible, car l'équilibre est respecté. Le week end portera donc conseil. Il serait souhaitable que l'accord se noue lundi sur cette base équilibrée. Car, sinon, la semaine prochaine risque d'être très longue avec, qui plus est, des rebondissements qui ne sont pas à exclure.

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mardi 12 février 2008

Négociations To tatou ai'a - Tahoeraa au programme de demain

Par politaote, mardi 12 février 2008 à 21:40 :: Petite analyse

Le troisième tour commence. Il risque d'être âpre et sans concession. Entre compagnons de longue date, c'est normal. Il faut se dire franchement les choses, n'est ce pas ?

Les négociations de Parti à Parti vont démarrer demain au Conseil Economique, Social et Culturel, lieu neutre. To Tatou Ai'a les voudraient "transparentes". En présence de la presse ? Vu "l'objectivité" et la "diversité" de cette dernière par les temps qui courent, on comprend cette proposition !

Alors, qu'y a-t-il dans la corbeille des éventuels futurs mariés ?

La Présidence du Pays devrait échoir à Gaston TONG SANG, bien que des rumeurs circulent sur le nom de Béatrice Vernaudon. Peu probable et pas de suspense, tant l'évidence est là. La vague populaire a bien porté le maire de Bora-Bora vers ce Saint -Graal, véritable clef de voute de nos institutions, lieu central du pouvoir où tout se fait et se défait. Y compris, d'ailleurs, la vague discrète de la haute société des hauteurs de Papeete, Pirae, Arue et Punaauia, n'en déplaise à Michel BUILLARD, celui-là même qui a quitté le navire Tahoeraa entre les deux tours. Question de faire encore plus mal, sans doute. Quelle grandeur d'âme !

Dans un équilibre des pouvoirs, la Présidence devrait échoir à un candidat désigné par le Tahoeraa. Mais Hiro Tefaarere, leader de la branche Ai'a Api de To tatou ai'a, en l'absence momentanée d'Emile Vernaudon, piaffe d'impatience pour occuper ce poste. Il exigerait un retour sur investissement à la hauteur de son auguste personne et de l'importance numérique de son parti.

La vice-Présidence du Pays ? Elle semble promise à Jean-Christophe BOUISSOU, à moins que Temauri FOSTER, adoubé par sa population des Tuamotus, exige de rempiler à cette fonction. A condition, bien sûr, que la Délégation au Développement des Communes, la fameuse DDC, reste sous son escarcelle.

La Présidence de la Commission Permanente. Elle pourrait échoir à Teina MARAEURA, de nouveau candidat à la Présidence du Fonds de Développement des Archipels, le fameux arrosoir qui a tant servi à sa réélection triomphale à Rangiroa. A moins que Philip SCHYLE lorgne aussi sur cette fonction studieuse.

Les petits fromages des Commissions, qui, avec leur avantages accessoires, permettent quelques emplois népotiques, devraient faire l'objet d'un partage à la proportionnelle des groupes majoritaires. De quoi satisfaire les appétits de quelques leaders des mouvements et partis qui composent la galaxie Tong Sang.

Le Ministère de l'Equipement devrait être l'objet de divers appétits. Louis Frébault, le mari de Madame la représentante des Marquises, devrait être en embuscade pour le garder dans l'escarcelle des Marquisiens. Vu les travaux d'Hercule annoncés par To tatou ai'a en faveur des Marquises à la limite de la sécession, Gaston TONG SANG devrait s'arcbouter sur cette option en vue de maintenir la cohésion des membres de sa fédération de Partis. Il en va du soutien des Maires Kautai et Kaiha.

Les Ministères de l'Economie et de la Solidarité devraient logiquement échoir au Tahoeraa. Mais vu l'ampleur du programme de To Tatou Ai'a dans ces domaines, il n'est pas sûr que Jean-Christophe Bouissou de Rautahi, et Béatrice Vernaudon de Tiatau, restent sans réagir.

A priori, d'une manière générale, les Ministères devraient être répartis à la proportionnelle de l'importance des groupes qui composeraient une nouvelle coalition. Reste à savoir si ces ministres seront désignés par les partis ou si le Président du Pays aura une latitude de choix. A priori très échaudé sur cette question vue sa récente expérience douloureuse, le Tahoeraa devrait exiger de désigner ses Ministres. Par contre, en ce qui concerne l'importance des porte-feuilles ministériels, on peut penser que le Président du Pays devrait avoir une certaine latitude d'action.

Les divers fromages des Etablissements publics, dont celui de la Poste, de la Setil, du Port Autonome... ? Tout dépendra de la lecture de la nouvelle loi Estrosi. Après l'affaire Jean-Alain Frébault, les appétits sont peut être un peu refroidis, ce qui n'est pas le cas de celui de Teina Maraeura au Fonds de Développement des Archipels.

L'incertitude est totale en ce qui concerne les Municipalités très disputées. L'orange est passé de mode. On veut du rouge "canada dry". Feront-elles partie de la négociation ? Idem pour les Sénatoriales. Un modus vivendi sera-t-il trouvé pour un rouge et un orange ? Gros enjeux en perspective. A priori, Gaston TONG SANG voudrait voir certains maires endosser un maillot rouge fort opportun, à l'instar de Michel Buillard, orange avant le premier tour des territoriales et à moitié rouge entre les deux tours. En attendant d'être totalement rouge dans quelques jours ?

Mais je disais que les négociations seront âpres. Les partis ont jusqu'au 21 février pour trouver un terrain d'entente. D'ici là, les rumeurs, les intox, les bruits et faux-bruits parcoureront la ville. Les débauchages individuels seront peut être toujours d'actualité. De même, l'UPLD devrait être à l'affut. Après tout, Gaston Flosse a dit qu'il ne voterait pas pour un Président indépendantiste. Mais si les indépendantistes vôtaient pour un Président autonomiste sur un programme de gouvernement qui mettrait de côté la question idéologique Autonomie/ Indépendance ?

Les négociations seront âpres. Et on comprend pourquoi les médias du monopole Hersant font et feront tout pour relativiser les prétentions du Tahoeraa. Les places de choix sont peu nombreuses et seront donc très chères. Huit mouvements + UN parti de 10 élus à satisfaire. Les enchères ne font que commencer. Exercice peu ragoutant, mais exercice obligé, répartition et équilibre des pouvoirs obligent. C'est le troisième tour, Messieurs, Dames !

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lundi 11 février 2008

Les véritables enjeux de ces élections

Par Peter, lundi 11 février 2008 à 11:44 :: Petite analyse

Ainsi soit-il, vox populi vox dei, au final, 27 sièges pour To Tatou Ai'a, 20 pour l'UPLD et 10 pour le Tahoeraa Huiraatira.

C'est une véritable déconfiture pour le Tahoeraa et une triste confirmation que le discours populiste de l'UPLD fonctionne encore. Je n'aime pas le terme populiste parce qu'il est galvaudé de tout bord pour décrédibiliser l'adversaire. Mais dans le cas présent, les compétences de l'UPLD, les faits sont là. Bref.

Les véritables enjeux

La survie du Tahoeraa. En quoi est-ce un enjeu ? Le Tahoeraa est était le parti fort de la Polynésie, pour des raisons aussi diverses que variées. Ce parti s'est effondré du fait de son chef égocentrique et de ses lieutenants qui n'ont pas su lui dire de s'arrêter, ou pas suffisamment.

Si un parti tel que celui là meurt, s'il n'arrive pas à se régénérer, à entreprendre une mutation, une mise-à-jour devenue indispensable, c'est le concept même de parti politique qui perdra de son sens. Nous sommes un petit peuple, un village dans le monde. Si nous n'arrivons pas à nous recadrer, si "nous" détruisons les partis politiques comme des chateaux de sable sur la plage de la Pointe Vénus, quelle valeur donner aux "prochains" partis politiques ? Pourquoi nous (les jeunes) engagerions-nous dans des partis politiques comme on signerait un CDD ? La vie politique est une vie citoyenne et une vie d'engagement.

Il est du devoir des dirigeants actuels du Tahoeraa de lui redonner des couleurs, pas seulement pour les oranges en particulier, mais pour la politique en Polynésie en général.

Autonomie contre indépendance.

Désolé pour nos lecteurs "bleus" mais je suis contre l'UPLD. L'indépendance n'est pas un problème pour une Polynésie qui pourrait se le permettre ... L'indépendance est possible, bien sûr, mais à quel prix ? Plus grave encore: les compétences de l'UPLD. Il y a des gens compétents dans les partis de l'UPLD ... mais combien ? Et surtout, il n'y a pas de véritable chef. Oscar Temaru n'a pas la carrure d'un Président, son entourage ne le conseille pas pour le bien de la Polynésie et ses troupes ne le suivent que pour récupérer un bout du gâteau ... Constat peu reluisant n'est-ce pas ?

Le problème est qu'Oscar Temaru a obtenu 20 sièges ... Plus du tiers de l'Assemblée et surtout deux fois plus que le parti orange. To Tatou Ai'a a un devoir énorme: celui de faire vivre l'autonomie en Polynésie, puisque le Tahoeraa est en convalescence. Si To Tatou Ai'a déçoit les électeurs, à prendre un mal pour un mal, il est fort à parier qu'ils choisiront le mal qui les insupporte le moins. C'est-à-dire qu'entre GF et OT, c'est ce dernier qui pourrait revenir au pouvoir.

Stay tuned

37 sièges autonomistes contre 20 sièges "UPLD" ... la situation semble plus rassurante qu'il y a 3 mois. Mais les enjeux sont beaucoup plus importants. Les électeur ont fait un pari sur GTS et la "fédération" de partis que représente To Tatou Ai'a ... Le Tahoeraa GF acceptera-t-il de laisser travailler le gouvernement autonomiste ? L'UPLD sera-t-elle prête à collaborer plutôt qu'à sortir son éternelle rengaine ?

Papeete, ton univers impitoyable ... (à chanter sur l'air de "Dallas") ;)

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mercredi 23 janvier 2008

Les fonds d'intervention et budgets de programmes supplémentaires annoncé par to tatou ai'a : tout aussi impressionnant !

Par lebop, mercredi 23 janvier 2008 à 23:23 :: Petite analyse

Il ne suffit pas, en effet, de créer de nouvelles structures et prévoir les dépenses de personnel et de fonctionnement. Encore faut-il prévoir des programmes et des mesures pour que ces structures ne soient pas payées à ne rien faire. Démagogue a donc poursuivi son recensement :

  • partenariat avec les pays océaniens, démarche qualité dans l'administration, formation des cadres du Pays,
  • triplement des budgets à l'aménagement agricole, aide aux MFR, aide à la chambre d'agriculture, réseau de veille phyto sanitaire ( perliculture),
  • fonds destinés à la recherche,formations artisanales, pôle de compétitivité "ressources naturelles" ( fonds d'aide ?),
  • lancement d'études ( monorail, navettes maritimes, aéroport des marquises, usage de micro-algues...),
  • centres de gestion agréés, conseils en marketing, soutien du crédit aux entreprises,
  • plan marshall d'insertion des jeunes, pérennisation des mesures d'aide à l'emploi existantes, contrats de formation en entreprise,
  • cadastrage, formation de juristes, SAGE, SCOT, acquisition foncière, police verte, PAD,
  • lutte contre les espèces envahissantes, inventaire des espaces, préservation des espèces endémiques, programme vert à l'école, équipes des maisons de l'environnement (financement des programmes),
  • actions de communication, passeport numérique,
  • observatoire de l'énergie, centre de recherche des énergies renouvelables (financement de programmes), création d'un BTS énergie renouvelable, conférences et commissions diverses,
  • contrats de développement Pays-communes-archipels,
  • allègement du cout du fret ( prise en charge du transport), élargissement de la politique de la ville ( financement de programmes), programmes de la communauté urbaine, programmes des médiateurs itinérants, financement de la politique familiale, programmes d'action sociale, programmes des centres communaux d'action sociale, financement des cantines scolaires, soutien aux crèches et garderies,
  • programmes jeunesse renforcés, statut des auxiliaires de vie, insertion professionnelle, programmes des permanences éducatives, augmentation du nombre des familles d'accueil aux handicapés, programme de prévention 3è age, programmes matahiapo, moyens des équipes de prévention de rue, programmes condition féminine, dispositifs vie professionnelle des femmes, programmes mères de famille Sefi,
  • réserves foncières constructions, prêts bonifiés, formation de régisseurs, fonctionnement chambre des métiers, formations batiment, programmes prévention-santé, formation des personnels de santé, tournées médicales multipliées, programmes santé mentale, programmes santé et hygiène animale,
  • plan de gestion des animaux errants, programmes scolaires complémentaires, programmes d'activités périscolaires, programmes pédagogiques enseignants, tutorat et soutien scolaire,
  • réseau intranet, CLIS, UPI, formations CAPA et CA-SH, assistance pédagogique dans les internats, entretien et rénovation des batiments (climatisation, informatique),transports scolaires de proximité, stages école-monde du travail, programmes de formation continue des adultes,
  • programmes recherche et innovation en partenariat, programmes de bourses, service civil citoyen, programmes des espaces publics de loisirs et d'expression,
  • multiplication des échanges internationaux et des bourses de projets, politique de médecine sportive, valorisation des espaces d'expression, programme maison des associations, programme "bénévolat", programmes des fare aira'a upu,
  • fonds audiovisuel, fonds de soutien au domaine de l'édition, promotion des artistes à l'étranger, extension de l'ACDE, programmes du pôle culturel, programmes des villages culturels, programmes "patrimoine", financement des déplacements de la pirogue double dans le triangle polynésien....

Questions simples : combien ça coûte ? est-ce compatible avec la mesure 22 : " réduire les dépenses publiques et améliorer la qualité du service public" et avec les nombreuses mesures visant à supprimer ou à réduire de nombreuses taxes ( réduction de la pression fiscale) ? Peut-on mener de front ces nouveaux programmes avec les programmes existants ?

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L'inflation de nouvelles structures dans le programme de To Tatou ai'a : tout simplement démentiel !

Par lebop, mercredi 23 janvier 2008 à 22:51 :: Petite analyse

Je voulais féliciter l'un de nos fidèles blogueurs, Démagogue le bien nommé, d'avoir effectué un vrai travail de bénédictin par le recensement de toutes les nouvelles structures envisagées au sein du programme de To Tatou ai'a. Un total d'au moins 80 structures, car je ne ne suis pas sûr de les avoir toutes comptées ! Un vrai inventaire à la Prévert ! Jugez en :

  • conservatoire de l'artisanat,internat au centre des métiers d'art, pôle juridique polynésien,
  • création d'un centre de formation des cadres des fonctions publiques territoriales, observatoire des prix,
  • agence de développement du tourisme, création d'une agropole, observatoire des prix du poisson,
  • création d'un GIE artisanat traditionnel, village pole de compétitivité en zone franche fiscale,
  • centres de gestion agréés, zones industrielles et artisanales,
  • nouveaux ateliers-relais, observatoire de l'emploi et de la formation professionnelle,
  • centre de formation des apprentis, comité Pays-Etat pour la question foncière, zone industrielle de Faratea,
  • observatoire de l'énergie, centre de recherche sur les énergies renouvelables,
  • création de maisons de l'environnement, création d'un fourrière territoriale, création des conférences d'archipels,
  • villages touristiques de détente et de loisirs, création de zones franches,
  • création d'une communauté urbaine du grand Papeete, création de brigades de médiateurs itinérants,
  • comités locaux de sécurité, développement de villages vacances-familles,
  • création de centres communaux et intercommunaux d'action sociale, pôle médico-judiciaire au CHPF,
  • Agence immobilière à vocation sociale, création d'une chambre des métiers du batiment,
  • construction de centre santé et de logements dans les iles, réouverture de la maternité de Taravao,
  • création d'un centre de soins en alcoologie, création d'unités d'hospitalisation pour les adolescents,
  • construction de centres d'accueil thérapeutiques, construction de centres médico-psychologiques,
  • UPI en collèges, CLIS au primaire, ouvrir des internats ou semi-internats éducatifs et animés dans chaque commune,
  • construction de nouveaux collèges et lycées au sud de l'ile de Tahiti,
  • Lycée des métiers de la mer à Moorea, centres des jeunes apprentis, observatoire de l'éducation,
  • cellule d'information et de conseil aux étudiants, élargir le parc de logement étudiants,
  • création d'un service civil citoyen, aménagement et création d'équipements, aménagement d'espaces publics,
  • création d'un palais des sports et des spectacles, création de la maison des associations,
  • création de "fare aira'a upu", construction d'un pôle éco-culturel,
  • construction d'un village culturel par archipel...

Questions : est-ce bien réaliste au regard de l'état de nos finances publiques ou des capacités de financement du Pays ? Et surtout, est-ce cohérent avec la mesure 22 du programme de To tatou ai'a : "réduire les dépenses publiques et améliorer la qualité du service public" ?

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Où est parti l'électorat du AI'A API ?

Par lebop, mercredi 23 janvier 2008 à 19:27 :: Petite analyse

L'électorat du Ai'a Api est orphelin. Son leader Emile VERNAUDON, l'ami de Gaston TONG SANG, est en détention préventive depuis plusieurs semaines. Son avocat n'a pas réussi à le sortir des geoles de Nuutania, puis de sa chambre particulière de l'Hôpital suite à son malaise.

Alors, les dirigeants de cet électorat militant, sous la houlette de Hiro TEFAARERE, ont organisé une marche pour faire pression sur la justice en vue de libérer Emile VERNAUDON. Quelques 200 marcheurs, emmenés notamment par Gaston TONG SANG, ont répondu à l'appel. D'aucuns auront remarqué que Béatrice Vernaudon, Jean-Christophe Bouissou, Philip Schyle et bien d'autres co-listiers n'avaient pas répondu à l'appel. Mais qu'on ne s'inquiète pas : fraternité et solidarité font bien partie du vocabulaire de To tatou Ai'a.

Alors, devant cette faible mobilisation, on peut conclure que les militants purs et durs, ces fameux 11.000 militants à carte électronique dont était fier "Emile" se sont bien évaporés. Emile, le leader populiste sur la liste, oui, mais Heifara IZAL, c'est sa compagne, ce n'est pas Emile. Ils ne veulent pas d'un Emile "canada dry" qu'ils ne connaissent pas et qui est bien muette dans cette campagne.

On peut donc penser que ces militants, qui ont eu, de tout temps, des comportements contradictoires en ce qui concerne la question institutionnelle, mais qui appréciaient le charisme de leur leader, ont du se rallier à d'autres leaders, à savoir Oscar Temaru et Gaston Flosse.

Il est à craindre, en effet, que la présence de Gaston Tong Sang à la marche de soutien, ne suffise pas à canaliser ces militant orphelins vers un regroupement très notabiliaire et en rupture complète avec leur vision d'un leader charismatique et hyper actif. Populisme et zénitude ne font, il est vrai, pas bon ménage. Et il est clair que Gaston TONG SANG ne peut revêtir ces deux visages en même temps.

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Teina et Foster : deux hommes qui valent des milliards !

Par lebop, mercredi 23 janvier 2008 à 17:12 :: Petite analyse

J'ai appris, par Tahiti presse, qu'Antony Géros avait déposé une plainte du Pays à propos de la gestion "teinaïenne" du Fonds de Développement des Archipels. Selon ses dires, cet établissement public accuse un déficit d'1 milliard Fcfp (8 380 000 euros) pour 2007, avec plusieurs opérations susceptibles de tomber sous le coup, selon lui, d'"abus de biens sociaux" ou même de "vol".

Antony Géros évoque ainsi des contrats de salarié signés avec des personnes, dans les Tuamotu, qui sont aujourd'hui "dans la nature" ou encore des chapiteaux "achetés et disparus" mais que l'on "retrouve dans des campagnes électorales". Sans les nommer directement, le vice-président pointe du doigt le groupe politique des "îliens", proche de Gaston Tong Sang, le président du Conseil d'administration du FDA, au cours des premiers mois de 2007, ayant été l'actuel maire de Rangiroa (archipel des Tuamotu), Teina Maraeura.

Tiens donc. Et comme par hasard, Teina Maraeura et Foster Temauri sont les têtes de listes du conglomérat mené par Gaston Tong Sang dans les deux circonscriptions des Tuamotus Gambiers. Deux hommes qui valent des milliards de francs. Deux hommes qui avaient toute la confiance du Président Tong Sang. Deux hommes à qui il a confié le carnet de chèques de la DDC et du FDA. Et l'un des deux, qui non content d'avoir le carnet de chèques à disposition, arrive à laisser le FDA faire des chèques en blanc ( déficit d'un milliard). Quel bon gestionnaire et quelle maitrise des dépenses publiques !

Je suggère au Vice-Président Tony Géros, docteur es-subvention selon Delia Pater, par ailleurs "squatteuse" de terrain domanial et ex-collègue à lui, d'approfondir les investigations selon la méthode suivante :

  • pister les fonds du FDA dans la circonscription de Teina Maraeura ;
  • pister les fonds de la Délégation au développement des communes dans la circonscription de Foster Temauri.

Car il est clair que ces deux cassettes à subventions ont servi à "préparer le terrain" de la campagne électorale de ces deux personnalités, plus connues sous le vocable poétique de "girouettes". Et je pense qu'il en découvrira de belles. Mais c'est vrai qu'arroser ne peut que rendre le terrain fertile... en voix.

Encore faut-il qu'Antony Géros fasse fi du fait que Foster Temauri est un compagnon "golfique" de son Président-Metua, Oscar Temaru. Sinon, c'est Teina qui sera jaloux. Il pourrait se dire : pourquoi moi et pas Foster ? Monsieur Géros, il ne peut donc y avoir deux poids, deux mesures. Surtout que je vous sais très attaché aux valeurs d'égalité républicaine. Suivez les engins débroussailleurs, les cases et les grues et vous trouverez Foster.... en réunion publique. Et surtout, comparez les prix "catalogue" de ces engins avec les prix réels, ce sera très instructif !

Enfin bref : le règlement de comptes à OK Corral a été déclenché à quelques jours du premier tour. Les mitraillettes vont sortir de tous les coins. Les balles vont voler au ras des paquerettes. ça va saigner et il y aura des morts... politiques.

Et moi qui voulais élever le débat en décortiquant les programmes, en les analysant, en les comparant.

On me fout mon plan par terre ! Je suis brisé dans mon élan. Alors, si c'est comme ça, rentrons dans la mêlée. Non, non. Je vais réfléchir. Vais-je ou ne vais-je pas contribuer à baisser le niveau du débat démocratique ? Attendons demain. La nuit porte conseil.

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Les nouvelles de Tahiti et Muriel Pontarollo : fervents soutiens de Gaston FLOSSE

Par lebop, mercredi 23 janvier 2008 à 14:26 :: Petite analyse

L'équipe rédactionnelle des Nouvelles de Tahiti, menée par leur ponceuse en chef Muriel Pontarollo, idolâtre Gaston Flosse. Pensez-donc : des dizaines de une sur Gaston Flosse, des centaines d'articles sur le Sénateur, des sondages flatteurs, des commentaires louangeurs. Cette dame vit une véritable passion quasi amoureuse pour le "tombeur de ces dames" auprès de qui Nicolas Sarkozy n'est qu'un pâle copieur !

Du réchauffé, des redites, des reredites : emplois fictifs, GIP, Présidence, "Meurtre de Jean-Pascal Couraud"... Que des amabilités. Que du culte de la personnalité. Que des articles louangeurs depuis 2003, depuis la date où sa passion pour Gaston Flosse a commencé. Nous sommes en 2008 et cette passion est toujours intacte, comme au premier jour. N'est-ce pas formidable, cette fidélité, cet amour politique sans bornes ?

Certes, Muriel PONTAROLLO a eu des amours politiques passagères : Nicole Bouteau, le Taui, le Taui Roa... Ces temps ci, certains la soupçonnent d'avoir le béguin de GTS et de sa liste où figurent quelques condamnés confirmés et une compagne d'un emprisonné célèbre. Mais elle ne peut pas le dire trop fort, tant elle est une grande défenseuse de la morale en politique. A tel point qu'elle fait sien le principe de Teiva Manutahi : " toute personne mise en examen et à fortiori condamnée doit démissionner". Alors, adieu GTS, JCB, Heifara IZAL, Clarentz Vernaudon, Hiro Tefaarere.... Quasiment seuls, Soeur Béatrice et Frère Philip en sortiraient rescapés !

Et là, dans la dernière ligne droite avant le premier tour, cette passion dépasse l'entendement. Elle apprécie (le mot est faible) tellement Gaston Flosse qu'elle ne veut pas le partager avec le Tahoeraa. Elle le veut pour elle toute seule. Exemple : le "fameux" sondage de l'UMP, celui officieux "dont on ne connait pas le-résultat mais moi je le connais- je ne vous le dis pas- mais je ne vous le dis quand même- et n'allez pas dire que c'est moi qui colporte ces rumeurs".

Moi, je vous les donne ces résultats de sondage "crédibilisés" de 50 % par les Nouvelles, "soit une chance sur deux que c'est vrai" ( en bichelamar franco-polynésien) :

  1. To tatou ai'a : 60 %;
  2. UPLD : 27 % ;
  3. Tahoeraa : 17 %

Total : 104 % ( si, si c'est pas une blague -cf les Nouvelles du 22 janvier 2008 -page 2)

Exit Nicole Bouteau, Tonio Perez, Here Ai'a, Teiva Manutahi ( celui qui lave plus blanc que blanc - ça ne lui coûte rien d'ailleurs, soit dit en passant, de s'habiller de blanc puisqu'il est sûr de ne pas être élu... Des engagements comme çà, on peut en faire à la pelle).

J'ai enfin la preuve de cette adoration: par ce sondage "crédible à 50 %", elle ne veut plus que Gaston Flosse s'occupe du Tahoeraa, elle ne veut plus que ce Parti monopolise le temps et l'énergie de Gaston Flosse... au point de vouloir faire disparaitre le Tahoeraa lui-même, ainsi que ses milliers d'adhérents. Elle veut que Gaston Flosse prenne une retraite bien méritée, passée à lire son journal préféré qui lui tressera des lauriers à longueur de journée. C'est son grand homme. C'est sa personnalité d'envergure, "sa" bête politique. Et puis, sans Gaston Flosse, que deviendraient les Nouvelles de Tahiti ? Que deviendraient Muriel Pontarollo et toute l'équipe rédactionnelle formatée par elle ?

Mais le problème, c'est que Gaston Flosse adore le peuple polynésien et adore le Tahoeraa. La Polynésie française, c'est l'histoire de sa vie. Et il le prouvera encore, comme il l'a prouvé aux Présidentielles et comme il l'a prouvé aux Législatives. Rendez-vous avant le 13 mars ... Et peut être que d'ici là, Gaston Tong sang et Gaston Flosse iront bras dessus, bras dessous au tribunal pour parler "Anuanuraro" ensemble au Palais de justice. En toute tranquillité et en toute sérénité, comme "tout mis en examen présumés innocents jusqu'à ce qu'ils soient déclarés coupables" (selon la formule consacrée "oubliée" par les Nouvelles hier...). Zen, quoi !

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L'UPLD-TAVINI a t-elle une doctrine économique ?

Par lebop, mercredi 23 janvier 2008 à 13:17 :: Petite analyse

L'impasse faite par l'UPLD-Tavini dans l'énoncé d'une stratégie économique est très surprenante de la part d'un mouvement qui prône la "pleine autonomie". En effet, ce but nécessite que tous les moyens soient mis en oeuvre pour réduire la dépendance financière, économique et commerciale du Pays.

  • Comment réduire les transferts financiers de l'Etat qui sont tellement vitaux actuellement pour notre petite communauté ?
  • Comment réduire le poids des importations dans notre consommation globale ?
  • Comment réduire le déficit commercial béant que nous avons avec l'extérieur ?
  • Comment faire face à la chute de nos exportations, et plus particulièrement celles du noni, ce produit-miracle qui devait engendrer notre indépendance économique ( dixit Oscar TEMARU himself)* ?
  • Comment surmonter la débacle touristique qui nous est annoncée pour 2008 par le Ministre du tourisme lui-même ?

Aucune réponse n'est formulée dans le programme " UPLD 2008". C'est particulièrement grave pour un parti qui se dit responsable.

La gesticulation télévisuelle de Pierre Frébault, au demeurant bon débatteur, ne peut masquer à elle seule le vide sidéral de la pensée économique "upldéenne".

Je risquerais une hypothèse : l'agglomération de dirigistes comme Jacqui Drollet et Jean-Paul Barral, de socialistes à la " sauce Jean -Marc Regnault" à côté de libéraux "purs sucre" comme Marc Collins, a fait que, risquant le grand écart à se péter les muscles, ce mouvement a préféré se taire sur les questions économiques.

De toutes les façons, nous avons vu à l'oeuvre cette incohérence et cette cacophonie qui a abouti, in fine.... à l'inertie totale. Rappelons-nous, l'année 2006, l'année du grand vizir Jacqui Drollet. Ce dernier a voulu nous imposer : les produits et services indispensables, la TVA sociale, la réduction autoritaire des tarifs de l'électricité, une augmentation de la CST... Devant la levée de boucliers face à cet autoritarisme doctrinaire et "anti-patrons capitalistes", tout celà s'est terminé en eau de boudin. Et c'est ainsi, que, par exemple, la liste des produits et services indispensables n'a jamais vu le jour.

Une jeune génération émerge,plus pragmatique. Mais, celle-ci, semble-t-il, n'a pas voix au chapitre. Résultat : ce silence assourdissant en matière de stratégie économique. Pas sérieux pour un "grand" parti souverainiste. Attention à l'aventure !

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mercredi 16 janvier 2008

Bus scolaires : bravo Monsieur RAAPOTO

Par lebop, mercredi 16 janvier 2008 à 23:19 :: Petite analyse

Décision courageuse que celle prise par Monsieur Jean-Marius RAAPOTO de dénoncer la convention avec la société Maeva Transports pour cause de déficiences répétées et inadmissibles. Courage de dire non à une association d'irresponsables, et ce malgré la campagne électorale. Il n'était pas trop tôt de dire "ça suffit" à une société qui n'a jamais respecté ses engagements et qui ne survit que par des diktats ou des barrages routiers.

Peut-on d'ailleurs encore parler de société, alors qu'en fait, on a à faire à des patrons indépendants qui se paient sur la bête et qui s'enfermaient dans des luttes de clans internes en se disant "après moi le déluge" ? Des patrons qui font durer des vieux tacots, de véritables dangers ambulants, qui touchent leur chèque des pouvoirs publics tout en ne faisant qu'à leur tête dans le domaine du ramassage scolaire ?

On avait l'impression d'un lobby intouchable du fait de sa capacité de nuisance, si bien que depuis de nombreuses années, les pouvoirs publics s'aplatissaient devant ces individualistes forcenés et, qui, du fait de ce chacun pour soi et des divisions internes de plus en plus incompréhensibles ont conduit leur société à la faillite virtuelle ? Ya t-il, d'ailleurs, eu, un jour, une société digne de ce nom ?

Et dire que le Taui voulait encore travailler avec cette coquille vide dans le cadre du marché des bus ankaï qui rouillent quelque part à Shanghaï, en créant, par la même occasion, une nouvelle société d'économie mixte dénommée Maeva Nui !

C'est malheureux de constater, in fine, que des petits propriétaires polynésiens indépendants ont été incapables d'organiser une société moderne de transports en commun en ce début de troisième millénaire, dépassés qu'ils étaient par l'enjeu. C'est celà la triste vérité qu'il faut regarder en face.

Et Monsieur RAAPOTO a raison de tourner la page. Trop, c'est trop ! Il y a d'autres sociétés et d'autres gestionnaires polynésiens qui ont fait la preuve de leur compétence. Il y a des sociétés étrangères qui ont une réelle expertise d'un réseau de transports en commun moderne et efficient. Il y a donc possibilité de combiner ces deux types d'acteurs dans une nouvelle société conjointe et avancer sérieusement dans une vraie réforme des transports en commun.

Je conseillerais sérieusement à Monsieur le Ministre des transports d'explorer cette option plutôt que d'esquisser une "paysation" du transport en commun. Une nationalisation serait la pire des alternatives, car on ouvrirait la porte à un nouveau gouffre à subventions sur le moyen et long terme.

Trop d'attentisme, trop de tergiversations, trop de laisser aller, trop de couardise ont abouti à ce gâchis incroyable. Il est effectivement temps de passer rapidement à autre chose.

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lundi 14 janvier 2008

La guerre du pain aura-t-elle lieu ?

Par lebop, lundi 14 janvier 2008 à 16:41 :: Petite analyse

Le problème, dans tous ces dossiers économiques et sociaux médiatisés comme le prix de la baguette, c'est que l'une des parties prenantes, par une stratégie de communication bien pensée, veut faire croire qu'elle est dans son bon droit et veut rallier les citoyens-consommateurs à sa cause en énonçant des arguments qui sont toujours en sa faveur. C'est ainsi que le syndicat des boulangers avance une augmentation du prix de la farine, alors qu'on apprend par le Ministre en charge de l'économie que le prix administré en faveur des boulangers est stable depuis de nombreuses années...

La nature humaine est ainsi faite que, lorsqu'on défend une cause, on aime bien l'habiller des plus beaux atours pour rallier "l'opinion" à sa cause. Le choix des arguments, mais aussi le choix de la date, n'est donc pas anodin. Et c'est certain que le Président du syndicat des boulangers, en nous tenant en haleine depuis plus d'une semaine, a bien choisi son moment...Mais il se gardera bien de dire qu'il a des arrières-pensées politiques...

Et le Ministre, comme tous les ministres précédents, a raison de temporiser sur ce type de dossier. Il faut, en effet, laisser à ses services, en l'occurence le service des affaires économiques, le temps d'examiner le bien fondé de cette demande par une analyse minutieuse de la structure de coûts des boulangeries concernées, structure qui commence à peine à lui être transmise par ces mêmes boulangers " en colère". Jusqu'à présent, ce service a très bien fait son travail, puisque nous avons, parait-il, le pain le moins cher du monde.

Cette semaine verra donc s'ouvrir les discussions sérieuses, loin des éclats de voix, loin des menaces ou des chantages à l'augmentation unilatérale du prix du pain ou à une grève dans la fabrication de notre précieux pain quotidien.

Et la logique voudrait qu'entre parties responsables, un compromis se dégage pour un nouveau prix du pain se situant dans l'intervalle entre 47 francs et 60 francs.Il n'en sera pas autrement, puisque l'actuel Ministre de l'économie, Monsieur Pierre FREBAULT, se fait l'ardent défenseur des "petits". Et que ce dernier ne peut se permettre qu'une corporation d'employeurs vienne ternir son bilan d'une maitrise des prix de certains produits de première nécessité.

La pièce de théatre est toujours la même. Les protagonistes changent quelquefois. Mais la méthode de négociation est rôdée : je montre mes muscles, j'essaie de me mettre l'opinion de mon côté avant la partie de bras de fer, je menace éventuellement pour faire monter la pression, mais je discute, je me range aux arguments de l'autre partie, par ce qu'ils sont rationnels et qu'ils s'appuient sur des chiffres objectifs. Et je signe un compromis acceptable par les deux parties. Jusqu'à la prochaine fois...

Pour une fois que nous avons un produit qui coûte moins cher que partout ailleurs dans le monde, nous devrions nous en féliciter et poursuivre sur cette voie. Car c'est la preuve tangible que nous pouvons être "bons" lorsque nous le voulons, même si c'est à l'insu de notre plein gré !

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vendredi 11 janvier 2008

Corporatisme syndical : un nouvel épisode

Par lebop, vendredi 11 janvier 2008 à 21:44 :: Petite analyse

La CSIP du sieur LEGAYIC frappe encore ! Ce minuscule syndicat, niché dans quelques entreprises stratégiques du secteur des hydrocarbures, nous refait encore le coup du chantage et nous menace d'une pénurie de carburants pour obtenir des augmentations salariales importantes en faveur de salariés qui passent pour être parmi les plus favorisés du secteur privé.

Sans état d'âme, il prend encore la population en otage, crée un petit début de panique et la ruée vers les pompes pour obtenir satisfaction. C'est le règne du "toujours, toujours plus".

Son art d'user de ses activités stratégiques qui sont ses rentes de situations syndicales est bien rôdé. Il est même prisonnier de ce corporatisme éhonté où les plus favorisés des salariés obtiennent encore plus d'avantages... qui seront forcément répercutés sur les prix du carburant ou du gaz payés par les consommateurs, ces cochons de payants.

Pourquoi en est-il prisonnier ? Tout simplement parce que, s'il ne montre pas ses gros bras, ces ouailles syndiquées iront voir un syndicat encore plus radical et maximaliste que la CSIP. O Oe to Oe rima, par exemple. Surenchère syndicale aidant, tous les syndicats sont à l'affut de ces places fortes, de ces entreprises "stratégiques", instruments idéaux pour "tenir" toute la société et forcer n'importe quel gouvernement à "négocier", ou plutôt, à accepter leur diktat.

Tous les gouvernements, sans exception, ont expérimenté cette force de frappe et cette capacité de chantage d'un petit noyau syndiqué. Le coup de l'arrivée du bateau chargé d'hydocarbures que l'on ne décharge pas est l'archétype de ce chantage efficace. Avec un tel couteau sous la gorge, difficile de pas s'aplatir devant sa majesté Legayic et son "élite" ouvrière. Car navire non délesté de sa précieuse cargaison d'hydrocarbures veut dire pénurie assurée, n'est ce pas ?

Nous, citoyens-consommateurs, otages réels ou potentiels, comptons pour du beurre. Nous sommes donc condamnés à subir.

Ainsi va la vie sociale dans notre beau Pays. Toujours plus pour quelques-uns, morosité économique ou pas. Tant pis pour les autres et les chomeurs. Après tout, ces derniers n'ont qu'à se syndiquer, manifester et bloquer les dépôts d'hydrocarbures, puisque c'est efficace. Plus de 15 % de la population active est au chômage. Plus de 10.000 manifestants potentiels : celà fait du monde.

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mardi 8 janvier 2008

Un débat télévisé bien philosophique !

Par lebop, mardi 8 janvier 2008 à 00:12 :: Petite analyse

Le premier débat politique en français organisé par TNTV m'aura encore laissé sur ma faim.En premier lieu, le forfait incompréhensible d'un leader de l'UPLD a créé d'emblée un déséquilbre préjudiciable au débat. En second lieu, chaque personnalité s'est livrée à des argumentations très généralistes sur le développement, la croissance, la création d'emplois, l'environnement, les transports, le logement, l'hopital, l'assainissement... sans que l'on sache véritablement comment elle comptait infléchir le cours des choses par l'action politique.

Aucun élément de programme n'a véritablement émergé des réflexions émises, si ce n'est une logique de raisonnement visant à prendre, en urgence, des mesures sociales pour la population défavorisée de la part du Tahoeraa et la volonté affichée de réduire de 20 % les dépenses des institutions de la part de No Oe te Nunaa.

Ah si . On a eu droit à des "idées futuristes" lancées en l'air par Gaston TONG SANG, telles que le monorail ou "l'énergie thermique des mers". Et Armelle MERCERON a eu bien raison de poser la question de l'horizon de réalisation de tels projets. On aurait pu y rajouter la question de la capacité de financement du Pays et de la programmation budgétaire nécessaire à la réalisation de ces équipements structurants. Car gouverner, c'est prévoir et choisir. Quelles priorités ? L'assainissement urbain ? De nouvelles infrastructures routières ? Le fonctionnement du nouvel hôpital ? L'aéroport des Marquises ? De nouvelles mesures sociales ?

Mais il est clair que l'on ne pourra pas tout faire. Il ne faudrait pas nous "refaire" le coup du "on rase gratis" de 2004...Quand on voit l'impuissance du gouvernement UPLD à boucler le budget 2008 du Pays, il ne faut pas trop pousser la démagogie et nous promettre la lune dans 3 mois. Comme par un coup de baguette magique !

Justement, en ce qui concerne le futur hopital, il suffira, selon Gaston TONG SANG, que l'Etat le déclare "hôpital régional du Pacifique" à la demande du Pays pour qu'il n'y ait plus de problème de financement des dépenses de fonctionnement induites de cet hopital. Décidément, le leader de To tatou Ai'a excelle dans un rôle de porte-parole de l'Etat en Polynésie française. Il faut croire qu'il avait porte ouverte Rue Oudinot pour affirmer avec une telle assurance que l'Etat nous sauverait en toute circonstance. Acceptons en l'augure, car je n'irai pas jusqu'à le traiter de "valet" d'Estrosi ... et espérons que l'Etat soit au rendez-vous quel que soit les résultats des urnes. Le Président de la République ne s'est-il pas engagé au retour de l'Etat impartial ?

Quant à la question des alliances, l'ouverture maximale du Tahoeraa a été confirmée, alors que To Tatou Ai'a inventé un nouveau concept : "l'alliance avec le peuple". Une nouvelle pirouette pour masquer l'impasse dans laquelle se trouvera ce regroupement au lendemain des élections.

No Oe te Nunaa, considéré, entre parenthèses, comme "grand parti" on ne sait comment et sur quelle base ( pas d'élu à 'Assemblée), a décidé, en ce qui le concerne de mettre un mouchoir sur sa valeur d'intégrité du premier tour pour envisager des alliances de second tour et de gouvernement avec tout le monde ! L'union territoriale avec tous ceux qui seraient élus comme on sort un lapin d'un chapeau. Toutes les lourdes critiques passées sur la classe politique actuelle émises par ce parti pour en arriver là, j'en suis resté abasourdi ! Allez y comprendre quelque chose ...

Le second débat en tahitien a eu une autre tournure. Edouard FRITCH a pris tout le monde de court, notamment Gaston TONG SANG, qui en est resté manifestement "baba", en énonçant, de manière très pragmatique, les mesures immmédiates d'aide sociale en faveur des personnes défavorisées et des jeunes que le gouvernement prendrait au lendemain des élections.

Face à ces propositions, Gaston TONG SANG,qui se limitait jusque là, à des constats compassionnels et quelque peu démagogiques, s'est mis dans une posture très critique et s'est mué en libéral pur et dur : c'est le développement et l'emploi qui résoudront le problème. Sauf qu'il a oublié une chose : la croissance ne se décrète pas. On l'a bien vu ces dernières années. Il incombe au gouvernement d'initier une stratégie économique en vue de réactiver et d'accélérer une croissance créatrice d'emplois, car celle-ci fait cruellement défaut.

Une évidence m'est, dès lors, apparue. Le leader de to tatou ai'a avait manifestement "oublié à la maison" son programme. Il n'a pas énoncé, ne serait-ce qu'une seule des 120 à 150 propositions annoncées par Jean-Christophe BOUISSOU lors d'une récente conférence de presse ! Tout simplement incroyable ! Elit-on un homme politique qui ne se borne qu'à faire des constats compassionnels et dont la "philosophie" en matière d'action politique est de laisser les choses se faire car on n'y peut rien ?

Il est plus que temps que certains partis politiques nous fassent connaitre leur programme politique détaillé. Certes, nous ne sommes "que" 260.000 habitants. Mais nous sommes aussi un Pays et nous avons droit comme les 60 millions de français de métropole à une gouvernance éclairée et donc à un programme politique digne de ce nom. Il est inadmissible que l'on nous demande simplement de signer un chèque en blanc.

Oui, j'insiste : Mesdames et Messieurs qui vous présentez à nos suffrages, faites nous connaitre vos programmes ! Il est plus que temps !

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