Démocratie de proximité
Par lebop, mardi 4 mars 2008 à 18:50 :: Petite analyse
La profusion des listes qui se présentent aux élections communales démontre, s'il en était besoin, que la démocratie de proximité est bien vivante dans notre Pays. Il est particulièrement réjouissant de voir la multiplicité de toutes ces équipes vêtues de manière colorée présenter leurs programmes visant à améliorer la vie quotidienne des citoyens de leur commune de résidence.
Il est remarquable, surtout, de constater que ces équipes sont emmenées par des personnalités dôtées d'un certain charisme et ne sont, pour la plupart d'entre elles, aucunement guidées par un esprit partisan. Dans de nombreuses listes, des personnes de sensibilités politiques diverses se sont regroupées pour porter un projet communal. On est donc loin, comme veut le faire croire une certaine presse ou les autonomistes regroupés sous la bannière de to tatou ai'a, d'un "remake" de la confrontation territoriale des grands partis du Pays. La preuve en est donnée dans la capitale et dans certaines grandes communes : quel oecuménisme !
Certes, bien avant les Territoriales, le conglomérat électoral To tatou ai'a avait bien combiné une stratégie double pour les territoriales et les municipales. L'appel de Gaston Tong Sang aux maires étiquetés "orange" pour qu'ils "rougissent" ( Papeete, Paea...) et la présentation de listes "rouges" contre des listes "orange" au sein de certains fiefs ( Pirae, Papara, Punaauia...) faisaient partie de cette stratégie préparée de longue date. Cette arrière-pensée partisane de to tatou ai'a vient donc de loin ...
Il est donc curieux de faire croire que l'élection à la Présidence du Pays de Gaston Flosse provoque un soit disant " Quatrième tour". Celui-ci était déjà programmé par Gaston Tong Sang et ses alliés et l'éventuelle arrivée à la Présidence de ce dernier n'aurait rien changé à cette stratégie. Comment pourrait-on penser que Béatrice Vernaudon aurait abandonné la course des municipales de Pirae, par une éventuelle alliance territoriale entre le Tahoeraa et To tatou ai'a ? Comment peut-on croire que Philip Schyle aurait pu avoir une chance de se faire réélire à Arue sans le soutien de To tatou ai'a, au grand dam d'ailleurs de Madame Emma Algan ? Comment notre seul maire emprisonné, investi par to tatou ai'a, pourrait être réélu ( au détriment d'ailleurs de Madame Sandra Lévy-Agami beaucoup plus vierge au plan de la moralité que Monsieur Emile Vernaudon...) sans ce soutien programmé ? Ce conglomérat avait donc bien l'intention de démontrer son leadership au plan communal au détriment du Tahoeraa, démontrant par là-même que ce dernier parti était plus un adversaire qu'un "partenaire".....
Le panorama actuel laisse d'ailleurs à penser que les intentions de départ de To tatou ai'a n'ont pas été satisfaites. Comme nous l'avons vu, la foire d'empoigne entre leaders de cette fédération dans certaines communes ( Arue, Mahina, Uturoa...) et "l'oecuménisme politique" de nombreuses listes brouillent sérieusement les pistes. Il est difficile de discerner un choc frontal entre blocs politiques, ce que refusent, d'ailleurs, nombre de listes, par exemple à Papeete, Faaa, Punaauia ou Papara. C'est tant mieux d'ailleurs, car il est ridicule de transposer à l'échelon communal des rivalités politiques territoriales peu pertinentes. Le regroupement des bonnes volontés est bien plus utile à la démocratie de proximité que le prolongement de combats claniques territoriaux.
On ne peut donc que se féliciter du pragmatisme des différentes équipes qui se présentent à nos suffrages. Au lieu d'exacerber les tensions, ces équipes ont plutôt fait le choix de l'addition des compétences derrière des personnalités reconnues à l'échelon local. Et c'est tant mieux.