Bien entendu qu'il ne s'agit pas du palais présidentiel, à l'enchère tellement énorme qu'elle ne trouvera pas acquéreur, mais bel et bien du poste de président de la Polynésie française. Tout en l'ignorant (volontairement ou involontairement), Oscar Temaru est assis sur un siège qui semble t-il, ne lui appartient plus. Les "îliens" et les oranges ont décidé de briguer la première chaise institutionnelle du pays, et cela coûte que coûte, à entendre l'ex président.

Oui, Gaston Flosse, qui ne cesse de réciter son méa culpa, nous sert cette fois-ci une succulente stratégie visant à bâtir sa plate forme autonomiste (encore une fois !), à la poursuite de bonnes volontés. Les îliens, qui ont maintes fois suivi le sens du vent, essayent, cette fois-ci, semble t-il de lui donner un sens. Cependant, les gens doivent faire des choix, et Gaston Tong-Sang semble faire l'unanimité. Gaston Flosse, qui se revendique d'une plus grande altérité et d'un plus grand respect envers son pays, prononce donc sa démission sur l'autel de l'espoir, celui de voir ou revoir la Polynésie plus prospère. Un acte en soi salutaire.

Mais, restons muets mais pas sourds devant de tels stratagèmes, en évitant de prendre les nouvelles faiblesses de la majorité sans aucun recul. Oscar Temaru, qui est devenu notre Mitterrand Polynésien n'hésite pas entonner la valse ministérielle à chaque fois qu'il sent la barque agitée par les vagues et la marée. Tout ces facteurs convergent inéluctablement vers l'instabilité décisionnelle et institutionnelle du pays, un handicap de plus pour une majorité qui perd pied dans l'échelle des réalités. L'intégrité a eu raison de Mme HIRO : elle a en effet fait une belle erreur en rejoignant cette majorité.

Mais avant hisser le drapeau républicain au dessus de la stèle de l'autonomie, synonyme de victoire, continuons à guetter les stratèges des joueurs en place. Comme au poker, c'est la règle du bluff qui règne en maître. Car, à voir la stratégie adoptée par Gaston Flosse, prêt à sacrifier sa place de chef au profit du progrès, on se demande désormais où se situe son combat. La sagesse l'a t-elle emporté chez ce septuagénaire, ou est-il encore devenu plus malin qu'il ne l'est déjà ?

Vous vous rendrez bien compte, à terme, que, quoi qu'il se passe, nous aurons quand même perdu presque 3 ans pour nous rendre compte que le changement apporte du renouveau, certes, mais pas toujours du progrès.