Comique, le communiqué de Béatrice Vernaudon : elle voulait prendre date, rappeler que Nicole Bouteau lui avait piqué son slogan de campagne des législatives en faisant mine de la féliciter pour celà... Quel jésuitisme, quelle onctuosité dans le mécontentement. Donc le mot "partage", qui fait partie du patrimoine linguistique commun est propriété de "soeur Béatrice". Et comble du comble, elle ne veut pas le partager !

Mais ou est la fraternité chrétienne ? Où est, justement, ce sens du partage ? Certes, Nicole Bouteau a joué au coucou et s'est nichée dans le nid de Béatrice. Au lieu de lui faire de la place dans ce nid, comme le ferait une bonne catholique, elle affirme son droit de propriété et en est presqu'à réclamer des droits d'auteur. Et on est parti dans des querelles de paternité ... ou plutôt, de maternité... Mais, bon sang, pourquoi Béatrice n'a-telle pas déposé le mot "partage" à l'INPI, comme l'a fait, en son temps, Unutea Hirshon pour le mot "taui" ou "tahiti nui" ? Peur du business ou peur de Saint Augustin ?

Et puis,ne sait-elle pas que Nicole est la spécialiste en "coucouterie" ? Béatrice aurait du demander à Philip Schyle ce qu'il en pense, lui qui s'est fait doubler par Nicole pour l'adhésion au Modem de François Bayrou...

Plus drôle, toute cette querelle est agitée pour un slogan : "pour une Polynésie de partage". Or, il n'y a rien de plus creux qu'un slogan. C'est de la pure communication.Surtout quand on ne voit pas, ni chez l'une, ni chez l'autre, l'ombre d'un programme. Ou alors, nos deux dames confondent campagne électorale et sermon dans la montagne, prêche et discours politique, philosophie et action politique, enfants du bon Dieu et canards sauvages...

Le plus important, vous en conviendrez, c'est ce qu'on met derrière ce slogan. Quelles mesures ? Quelles propositions concrètes ? Mystère et boule de gomme. Ni Béatrice, ni Nicole ne nous donnent les clés de décryptage.

"Partage" : mot magique dont elles espèrent qu'il fera des miracles à lui tout seul ? Appel à la solidarité gratuite du peuple ou solidarité forcée du type "instauration de l'impôt sur le revenu" ? Charité ou impôt ? Si c'est d'impôt ou de cotisations supplémentaire que l'on cause, il faut peut être annoncer la couleur avant, plutôt que de s'avancer masqué et prendre ensuite les électeurs-contribuables à froid.

Alors, Béatrice et Nicole, je vous mettrai à égalité : "partagez" vos propositions concrètes, plutôt que de vous approprier un mot qui nous appartient à tous.