Les rentiers du suffrage
Par Noindep, mercredi 30 janvier 2008 à 17:43 :: General
Dans l'attente du second tour, les campagnes de presse fusent pour rattraper le dérapage. Celui de Gaston Flosse qui a cru qu'en proposant "un pacte de non agression" avec O. Temaru, il réussirait à calmer une guerre qui dure depuis 30 ans. Quoi qu'il ait fait, quoi qu'on nous dise, que ce pacte soit imaginaire ou réel, il va coûter au Tahoeraa sa place habituelle de "rentier du suffrage". Et ce n'est pas un mea culpa qui va rétablir sa crédibilité tribuchante.
Il n'est pas le seul et non plus le pire, O. Temaru fait campagne sur le même thème depuis 30 ans, et n'a rien changé à ses idées. Pourtant à chaque échéance, son électorat déborde et inonde les couches voisines. Les raisons ? Multiples. C'est d'abord l'aveu d'un système autonomiste qui survit de sa quête indéfinie de compétences. Les autonomistes savent vers quoi aller, mais ne savent pas quand s'arrêter. Parce que poursuivre la rente de compétence, c'est jusqu'au boutisme, faire la publicité de l'indépendance. Quelle frontière entre "plus d'autonomie" et "moins d'indépendance" ? L'électeur de base s'y perd. Ensuite, l'autonomie a trop souvent « appartenu que partagé ». Les hommes qui l'ont conceptualisé en Polynésie ont voulu être des rentiers exclusifs, et se sont écartés trop souvent de multiples propositions. Le Statut de 2004 à rallonge, le financement du centre hospitalier, le développement du tourisme, la gestion de la fiscalité.... Voici des propositions qui auraient mérité l'avis de TOUS les autonomistes...et de tous les politiques dans l’idéal.
Aujourd'hui, ce sont les mêmes qui cautionnent l'instabilité. N. Bouteau en traditionnelle inquisitrice, veut rassembler aujourd'hui des autonomistes qu'elle a fait imploser hier. Elle est la cuisinière qui a fait monter la mayonnaise des indépendantistes, avec des ingrédients autonomistes. Elle porte en elle un ridicule permanent, celui d'avoir voulu croire que O. Temaru renoncerait à sa parole indépendantiste. Elle croyait que O. Temaru était comme elle, quelqu'un sans convictions et sans paroles. En pleine face ! Elle peine aujourd'hui à sortir la tête des 5% qui font exister sa carrière politique.
De l'autre, on ne peut que saluer la réussite de G. Tong Sang qui a su agréger autour de sa personne l'amicale des déçus oranges. En combinant des projets si variés, il arrive à rassembler, (et encore hier M. Buillard qui veut une chemise rouge) mais arrivera-il à obtenir l'ordre dans ses rangs ? A voir les propos de B. Kautai sur une indépendance des Marquises, je doute que C. Estrosi obtienne la stabilité qu'il souhaite, car en provoquant ces élections il n'a rien apporté à la Polynésie sinon le témoin nouveau que,ici, ce sont les rentiers qui font la loi...Aux électeurs de sanctionner un système où les politiques s'appuient sur des idées vieilles de 30 ans sans jamais innover, proposer, progresser dans les méthodes. On continue de vendre les mêmes slogans, les mêmes programmes. C'est cela que j'appelle la société des rentiers du suffrage.