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mercredi 30 janvier 2008

Les rentiers du suffrage

Par Noindep, mercredi 30 janvier 2008 à 17:43 :: General

Dans l'attente du second tour, les campagnes de presse fusent pour rattraper le dérapage. Celui de Gaston Flosse qui a cru qu'en proposant "un pacte de non agression" avec O. Temaru, il réussirait à calmer une guerre qui dure depuis 30 ans. Quoi qu'il ait fait, quoi qu'on nous dise, que ce pacte soit imaginaire ou réel, il va coûter au Tahoeraa sa place habituelle de "rentier du suffrage". Et ce n'est pas un mea culpa qui va rétablir sa crédibilité tribuchante.

Il n'est pas le seul et non plus le pire, O. Temaru fait campagne sur le même thème depuis 30 ans, et n'a rien changé à ses idées. Pourtant à chaque échéance, son électorat déborde et inonde les couches voisines. Les raisons ? Multiples. C'est d'abord l'aveu d'un système autonomiste qui survit de sa quête indéfinie de compétences. Les autonomistes savent vers quoi aller, mais ne savent pas quand s'arrêter. Parce que poursuivre la rente de compétence, c'est jusqu'au boutisme, faire la publicité de l'indépendance. Quelle frontière entre "plus d'autonomie" et "moins d'indépendance" ? L'électeur de base s'y perd. Ensuite, l'autonomie a trop souvent « appartenu que partagé ». Les hommes qui l'ont conceptualisé en Polynésie ont voulu être des rentiers exclusifs, et se sont écartés trop souvent de multiples propositions. Le Statut de 2004 à rallonge, le financement du centre hospitalier, le développement du tourisme, la gestion de la fiscalité.... Voici des propositions qui auraient mérité l'avis de TOUS les autonomistes...et de tous les politiques dans l’idéal.

Aujourd'hui, ce sont les mêmes qui cautionnent l'instabilité. N. Bouteau en traditionnelle inquisitrice, veut rassembler aujourd'hui des autonomistes qu'elle a fait imploser hier. Elle est la cuisinière qui a fait monter la mayonnaise des indépendantistes, avec des ingrédients autonomistes. Elle porte en elle un ridicule permanent, celui d'avoir voulu croire que O. Temaru renoncerait à sa parole indépendantiste. Elle croyait que O. Temaru était comme elle, quelqu'un sans convictions et sans paroles. En pleine face ! Elle peine aujourd'hui à sortir la tête des 5% qui font exister sa carrière politique.

De l'autre, on ne peut que saluer la réussite de G. Tong Sang qui a su agréger autour de sa personne l'amicale des déçus oranges. En combinant des projets si variés, il arrive à rassembler, (et encore hier M. Buillard qui veut une chemise rouge) mais arrivera-il à obtenir l'ordre dans ses rangs ? A voir les propos de B. Kautai sur une indépendance des Marquises, je doute que C. Estrosi obtienne la stabilité qu'il souhaite, car en provoquant ces élections il n'a rien apporté à la Polynésie sinon le témoin nouveau que,ici, ce sont les rentiers qui font la loi...Aux électeurs de sanctionner un système où les politiques s'appuient sur des idées vieilles de 30 ans sans jamais innover, proposer, progresser dans les méthodes. On continue de vendre les mêmes slogans, les mêmes programmes. C'est cela que j'appelle la société des rentiers du suffrage.

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mardi 29 janvier 2008

Vases communicants

Par Noindep, mardi 29 janvier 2008 à 17:33 :: General

Le 1er tour de ces territoriales installe l'émoi. Non seulement il engrange une victoire des proclamés marginaux d'hier, mais rédige aussi le testament d'un archaïsme du pouvoir. C'est sans dire que le destin nous prend de court. Et pourtant, voici depuis quelques semaines que l'on vide les vases des uns que l'on remplit avec la source des autres. C'est notamment dans ces puits de voix, que la source est la plus aride. Prenez l'exemple de Papeete, dont le maire a pris la liberté de divulguer sa "stratégie des deux bols". Il venait boire dans l'un pour le recracher dans l'autre. Le doute installé n'a laissé que très peu de place au pronostic : Papeete est désormais un fief de Gaston Tong Sang. Michel Buillard sans doute aussi. Pis, le réservoir historique, Pirae, l'eau de source du Tahoeraa réputée imbuvable par les autres partis, rempli le verre de Gaston Tong Sang. C'est un jeu de vases communicants mortel pour le Tahoeraa.

Dans cette implosion des repères, jadis fiables et localisés, on s'adonne à une jungle des symboles. Mis à part la commune de Faa'a, vivier idéologique de ses pairs, les électeurs se permettent de trahir certains prismes idéologiques, quitte une journée à donner froid à l'opinion. On panique, on se flatte, on récuse tous les commentaires. On ne connaît pas les enjeux de ces élections, sinon le caprice d’une « mère patrie » On continue de cantonner la "dissolution de Pirae" à un soit disant partage des compétences entre G.Flosse et O. Temaru. Les « autonomistes nouveaux », gourmands de voix, ont mis en faillite l'école qui les a formé. Ensemble, ils ont causé la mort du roi, mais ils oublient qu'ils sont nés là bas, dans ce berceau autonomiste.

Ne soyons pas nostalgiques de cette époque "de grands chantiers" qui a fait la réputation de G. Flosse, mais construisons nous de nouvelles exigences sur l'autonomie, sur les hommes qui la gouvernent, et apprenons (pour mieux réagir) de ceux qui la combattent. C’est à mon sens, la meilleur attitude à avoir au 2ème tour.

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Résultats du premier tour

Par Peter, mardi 29 janvier 2008 à 14:51 :: General

Vous avez très certainement tous eu les résultats de ce premier tour surprenant à bien des égards. De part le score fort de To Tatou Ai'a, mais aussi par le score relativement faible du Tahoeraa, qui, quoi qu'on en dise, reste un parti fort. J'ai quelques réflexions à partager avec vous, j'aimerai votre avis.

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samedi 26 janvier 2008

Michel BUILLARD présent au dernier meeting du Tahoeraa à Papeete

Par lebop, samedi 26 janvier 2008 à 10:13 :: General

Michel BUILLARD, tout d'orange vêtu et nouvelle barbe au vent, a accueilli le dernier meeting du Tahoeraa, salle Maco Nena à Tipaerui. Contrairement aux rumeurs et manoeuvres d'intox qui bruissaient en ville, il a confirmé sa fidélité aux millitants et au parti qui l'ont porté aux hautes fonctions de Maire de la capitale et de Député UMP de la République.

Il s'est félicité de la clarification du discours du Tahoeraa en ce qui concerne son ancrage autonomiste et sur la priorité affichée en faveur d'une alliance entre autonomistes. Gaston FLOSSE, qui a passé en revue toutes les hypothèses, l'a rassuré sur ce plan là. Ce parti ne s'alliera pas à un gouvernement présidé par un indépendantiste.Priorité est donnée à une alliance entre autonomistes sur la base d'un programme réfléchi et réaliste, celui du Tahoeraa. Il l'a dit haut et clair : le Tahoeraa est le seul rempart autonomiste solide face à l'aventure indépendantiste.

Un programme d'urgence sera mis en oeuvre pour lutter contre la pauvreté aggravée d'une partie de notre population. En parallèle, la réactivation des grands travaux d'infrastructure et de logements sociaux et la restauration de la confiance au sein du monde économique permettront de poser les bases d'une nouvelle croissance, seule source de création de richesses et d'emplois durables. Si ce mécanisme vertueux s'enclenche, les mesures d'emplois aidés et de formation professionnelle pourront donc être relayées par de vrais contrats à durée indéterminée, garantis par un développement économique durable.

Ceux qui, depuis maintenant des mois, prétendent que le Tahoeraa a jeté aux orties le coeur de sa doctrine autonomiste, en sont pour leurs frais. Mais il ne faut pas se faire d'illusions, il continueront encore pendant quelques jours à affirmer le contraire, tant ils ont fait de ce procès en sorcellerie leur fonds de commerce électoral en vue de se prétendre plus autonomistes que les autonomistes. Quitte à grossir le trait en militant pour une autonomie vassalisée à la remorque d'Estrosi, leur nouveau maitre à penser. Ce jeu, visant à affaiblir le principal parti autonomiste pour des ambitions personnelles prématurées, est dangereux. Il convient donc de ne pas se tromper de cible et d'adversaire.

C'est donc forts de cette unité que responsables et militants du Tahoeraa restent confiants dans cette dernière ligne droite. La mobilisation pour les territoriales et les municipales est donc sans faille. Les tentatives de division ont donc, là aussi, fait long feu. Le Tahoeraa nouveau, constitué d'une équipe renouvelée et soudée autour de son leader, est donc prêt à relever de nouveaux défis.

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vendredi 25 janvier 2008

Le conglomérat de Gaston Tong Sang est tout, sauf du renouvellement

Par lebop, vendredi 25 janvier 2008 à 14:54 :: General

Le discours sur le "renouvellement de la classe politique" a fait long feu. Certes, les petits partis, dans lequel je place aussi le No Oe Te Nunaa de Nicole BOUTEAU, tiennent ce discours, mais ils n'ont pas d'autre choix que de le prôner, puisqu'ils n'ont jamais accédé au pouvoir et qu'ils n'y accèderont pas en raison de leur faible ancrage dans la société. On ne peut, comme celà, "débouler" dans l'espace politique et penser qu'en un tour de main, on n'y occupera une place significative. C'est ne pas connaitre l'histoire politique de la Polynésie contemporaine que d'avoir cette prétention. Surtout qu'aucun renouvellement des idées basé sur un programme novateur et dense tout en étant réaliste ne nous est proposé par ces petits partis.

Le conglomérat de Gaston Tong Sang a voulu aussi revêtir ces habits neufs. Hélas, trois fois hélas, on s'est aperçu que le mouvement de To Tatou ai'a n'était qu'une structure de recyclage de politiciens en perte de vitesse (Philip Schyle, Emile Vernaudon, Robert Tanseau)..., de recalés du suffrage universel (Béatrice Vernaudon, Jean-Christophe Bouissou aux Législatives..), et de "girouettes" qui veulent sauver leur peau avec l'argent public dont ils se sont largement servis (Foster Temauri, Teina Maraeura...). La question qui est venue rapidement à l'esprit de nos concitoyens a été : comment faire du neuf avec du vieux ?

Surtout que le discours de renouvellement de ce conglomérat s'est rapidement brisé sur le mur des pratiques et des réalités.

Le "clientélisme et l'assistanat" que Gaston Tong Sang disait remiser au placard n'a jamais été autant encouragé que sous sa Présidence. Tuamotus Gambier, Marquises, Iles Sous le Vent : les arrosoirs ont fonctionné à plein. Les scandales de la gestion clientéliste du Fonds de Développement des archipels ( FDA) et de la Délégation au développement des communes ( DDC) ne sont que l'une des parties émergées de l'iceberg. La gestion "ciblée" des subventions présidentielles en était une autre. La plainte déposée à l'encontre de la gestion du FDA sous la présidence de Gaston Tong Sang n'est peut être que la première d'une longue série.

La "moralisation de la vie publique " s'est fracassée sur la détention préventive d'Emile Vernaudon, l'un des piliers incontournables de ce conglomérat.

Le "halte à la démagogie" se trouve pris à contre-pied par le programme "attrape-tout" de To tatou ai'a. Il y en a pour tout le monde...sauf peut être pour les joueurs de pétanque...

L'hymne à la stabilité ne sera qu'un lointain souvenir lorsque toutes les girouettes de cette liste vont de nouveau "tourner" pour aller voir de plus verts pâturages. Chassez le naturel et il reviendra au galop !

Quel est le ciment de ce conglomérat si ce n'est que chacun veut sauver sa peau, c'est à dire son siège à l'Assemblée ? C'est une fausse fédération, car sitôt les élections terminées, chacun retrouvera sa chapelle : Ai'A Api, Rautahi, OPTA, Taatira, Te Niu Hau, Tiatau, Fetia Api... Une vraie fédération aurait été la dissolution de tous ces partis dans un nouveau parti politique. Là, on essaye de masquer cette contradiction derrière une alliance de circonstance qui ne durera que le temps des élections. Après, ce sera chacun pour soi...et cause potentielle d'instabilité.

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mercredi 23 janvier 2008

Dépenses d'équipement prévues par le programme de to tatou ai'a : impressionnant !

Par lebop, mercredi 23 janvier 2008 à 23:05 :: General

Démagogue a poursuivi son travail de bénédictin et nous a fait parvenir la liste des investissements de to tatou ai'a :

  • éco-villes touristiques, développement de l'aéroport de faaa, mise aux normes internationales de l'aéroport de Bora Bora et Rangiroa,
  • agropole, lycée de la mer pour les jeunes, CFP,
  • école de formation aux métiers de la mer, internat CMA, village TIC, pôle de compétitivité "ressources naturelles",
  • zones industrielles et artisanales, ateliers relais, centre de formation des apprentis,
  • zone industrielle de Faratea, rocades de Faaa et port de papeete,
  • doublement du pont de motu uta,
  • système de transport en commun sur site propre, aménagement du front de mer de Papeete,
  • réalisation de la route des plateaux,
  • création de la route papeete-taravao,
  • aménagement de la zone vaitupa, aménagement d'un grand parc public à Mamao,
  • palais des congrès, création de lieux d'expression culturelle, construction de nouvelles marinas,
  • construction d'une piscine territoriale à Taravao,
  • assainissement du grand papeete, enfouissement des réseaux techniques, plan de gestion et de traitement des déchets,
  • création de maisons de l'environnement, réorganisation du transport en commun en zone urbaine, aménagement du réseau routier urbain, construction d'un réseau de parkings, création d'une fourrière territoriale,
  • réalisation du cable sous-marin, création de cyber-bases, équipement de 15000 ordinateurs sur 5 ans,
  • création d'un centre de recherche sur les énergies renouvelables, généralisation de l'énergie thermique des mers pour Papeete,
  • installations solaires sur les batiments publics,
  • développement de bases logistiques pour la pêche hauturière,
  • création de zones franches,
  • villages touristiques de détente et de loisirs, aménagement d'une rocade Faaa-Papeete, villages vacances-famille,
  • acquisition de réserves foncières pour les programmes de construction,
  • construction de 1000 logements sociaux pendant 5 ans,
  • aide à la construction individuelle ( 300 logements par an), programme de viabilisation de parcelles, programme de résorption de l'habitat insalubre, location de 300 logements du parc privé, chambre des métiers du batiment,
  • construction de centres de santé dans les iles,
  • construction des collèges et lycées du sud de l'ile, parc de logements étudiants, aménagements d'espaces publics d'expression et de loisirs,
  • création d'un palais des sports et des spectacles, maison des associations, fare aira'a upu ( un par commune),construction d'un pôle culturel, construction d'un village culturel par archipel, construction d'un va'a hau fenua.

A-t-on seulement une petite idée de tout ce que celà coûte ? A t-on chiffré les frais de fonctionnement induits par toutes ces infrastructures ? Les moyens en personnel nécessaires ? Le budget de maintenance ? Est-ce bien raisonnable ?

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mardi 22 janvier 2008

Du libéralisme à l'interventionnisme : gradation à la polynésienne

Par lebop, mardi 22 janvier 2008 à 22:28 :: General

Les récents débats télévisés ont eu une vertu pédagogique : tous les partis convergent pour dire que la création d'emplois procède de la croissance et que la croissance procède des entreprises. J'ai surtout apprécié qu'en reo maohi, cette vérité élémentaire a été affirmée par divers intervenants, alors que, dans le passé, on faisait croire au bon peuple que c'était les dépenses publiques et les subventions qui créaient des emplois. On peut, néanmoins, identifier une gradation dans le libéralisme ou, à contrario, l'interventionnisme des uns et des autres. Essayons d'esquisser un classement par libéralisme décroissant ou par interventionnisme croissant.

La palme du libéralisme revient sans conteste à Tonio Perez : discours entrepreneurial, hymne à la concurrence, tapis rouge pour les entreprises au sein de zones franches fiscales.... Mêmes les infrastructures visent avant tout à accompagner le développement des entreprises. A n'en pas douter, le chef d'entreprise Quito Braun Ortega a inspiré notre jeune leader politique. Cependant, les autres dimensions du développement sont peu abordées. Peut être que, dans l'esprit de cette personnalité "quand la croissance va, tout va".

Au second rang, je classerais Nicole Bouteau. Un discours à vrai dire peu interventionniste, dont le programme relativement succinct en est l'illustration, à l'exception de la volonté de réactiver les archipels, y compris par des mouvements de transfert de la population. On peut, cependant, s'interroger sur les modalités d'un tel transfert, qui, de plus, ne peut faire sentir ses effets qu'à long terme. Sur de nombreux autres thèmes, le discours est général et les constats prédominent sur les propositions. Cette posture peut nous faire supposer que cette personnalité est une "libérale implicite". La mesure phare, à savoir la réduction programmée de 20 % des dépenses publiques sur 5 ans et une réorientation d'une partie des ressources publiques vers l'investissement, conforte cette analyse. C'est une orientation que je partage d'ailleurs complètement ( cf mes nombreux billets de ces deux dernières années sur la nécessité des réformes structurelles, consultables en archives).

Au troisième rang, j'aurais tendance à placer l'UPLD-Tavini. Monsieur Pierre Frébault n'a pas été plus disert en propositions économiques que le programme écrit de l'UPLD 2008, quasiment muet dans ce domaine. Cependant, il n'y a pas d'hymne à l'entreprise, mais bien plutôt une certaine méfiance, notamment en ce qui concerne les marges pratiquées par le commerce d'importation, due peut être au passé de syndicaliste de cet homme qui monte dans la hiérarchie de ce parti. Une méfiance qui frise le culot lorsque celui-ci affirme que nos importateurs sont nuls en matière de "sourcing" et de recherche de meilleurs approvisionnements pour les marchandises importées.

Au quatrième rang, je mettrais à égalité To Tatou ai'a et le Tahoeraa. Leur libéralisme est largement teinté d'interventionnisme. On souhaite agir de manière volontariste sur une réalité économique particulièrement morose en vue de redynamiser la croissance. Toute la palette des incitations économiques est utilisée : relance de la commande publique pour les deux partis, relance de la consommation populaire par une action sur les minimas sociaux et les mesures d'emplois aidés pour le Tahoeraa, incitations économiques et fiscales en faveur des entreprises avec une nette "avance" pour to tatou ai'a en ce qui concerne la diversité des mesures préconisées. Pour simplifier, je dirais qu'il y a une dominante "interventionnisme économique" pour to tatou ai'a et une dominante "interventionnisme social" pour le Tahoeraa. Celà a d'ailleurs toujours été la marque de fabrique historique de ce "parti populaire" au sens européen du terme. Et l'on aurait tort de caricaturer cette idéologie en la qualifiant de "clientélisme". Monsieur Teva Rohfritsch, le jeune économiste qui monte dans la hiérarchie de ce parti, s'en est d'ailleurs bien expliqué.

On observera, soit dit en passant, que les deux partis militent pour un pôle de compétitivité centré sur la valorisation des ressources naturelles.

Je suis néanmoins frappé par la différence de posture entre Gaston Tong Sang et Jean-Christophe Bouissou. Le premier, en insistant sur le culte de l'effort, le refus de l'assistanat et le refus des emplois aidés - car ce sont, leit motiv du discours, "les entreprises qui créent des emplois durables et des richesses" - a un discours beaucoup plus libéral que le second. Jean-Christophe Bouissou a énoncé des mesures de son programme "plantureux", alors que Gaston Tong Sang, en reo maohi n'en a quasiment pas "pipé mot". Ce dernier y croit-il ? L'appliquera-t-il ? Seul l'avenir nous le dira.

Voilà donc, à ce qu'il me semble, une première ligne de clivage sur la dimension économique des programmes et des personnalités qui les portent. Qu'en pensez-vous ?

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dimanche 20 janvier 2008

Les programmes des principaux partis sont en ligne : allez les consulter et débattons !

Par lebop, dimanche 20 janvier 2008 à 14:17 :: General

Les programmes des trois principaux partis ou regroupements politiques sont en ligne aux adresses suivantes :

- UPLD

- To tatou ai'a

- Tahoeraa Huiraatira

Mizael vient de nous préciser que celui de de No Oe Te Nunaa est aussi en ligne.

Pour les autres partis, n'hésitez pas à nous communiquer vos programmes téléchargeables en ligne..

Nous vous encourageons, bien sûr, à aller les consulter pour vous en faire une idée personnelle.

Nous pouvons consacrer les prochains jours, voire les prochaines semaines, à en débattre ensemble sur Politita. Merci

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Programme du tahoeraa : cohérent, sélectif avec une priorité affichée à la lutte immédiate contre la grande pauvreté

Par lebop, dimanche 20 janvier 2008 à 12:45 :: General

Le programme détaillé du tahoeraa, synthétique ( 32 pages), est bien "charpenté" sur la forme et sur le fond.

Le préambule de Gaston Flosse est tout à la fois bilan lucide de l'instabilité politique, de la récession économique et de la régression sociale de ces dernières années et affirmation d'une capacité à mettre en oeuvre un programme volontariste, avec une priorité clairement affichée en faveur d'une lutte immédiate contre la grande pauvreté. On peut supposer que, proche des réalités du terrain, Gaston FLOSSE a dû ressentir un sentiment d'urgence pour agir, dès la première heure du premier jour, contre l'aggravation accélérée de l'exclusion sociale Cependant, ce volontarisme ne peut tenir dans la durée que si le Pays retrouve les taux de croissance qu'il a connu entre 1996 et 2001, aux alentours de 5 %. En effet, de nouvelles marges de manoeuvre ne sont possibles qu'en renouant avec la croissance. Il n'y a effectivement pas de raison que ce qui a été possible dans un passé proche ne puisse pas, de nouveau être possible dans un avenir proche.

De même, il a tiré les enseignements des critiques à l'égard des méthodes de gouvernement et de train de vie des institutions. Preuve manifeste d'une totale ouverture politique: le Tahoeraa est prêt à former un gouvernement d'union avec toutes les personnes compétentes de tous les partis politiques qui veulent s'y associer.

Ce programme, d'une plus grande lisibilité et sélectivité que celui de To tatou ai'a, s'articule comme suit :

  1. Les défis : l'emploi, le logement,le pouvoir d'achat et le niveau de vie, le foncier, le cadre de vie, l'énergie, la culture ;
  2. Mettre l'économie au service des polynésiens :développer la croissance, favoriser l'initiative privée, moderniser la fiscalité, développer les équipements structurants, développer les secteurs prioritaires ;
  3. Vouloir vivre ensemble dans une société équitable : les mesures en faveur des plus défavorisés, les solidarités, l'éducation, la santé, la jeunesse, les actions favorisant l'unité du Pays ;
  4. Tous partenaires du développement : gouverner autrement, favoriser la transparence, favoriser le partenariat entre l'Etat, le Pays et les Communes, améliorer l'administration de proximité.

Un diagnostic succinct introduit chaque thématique.

L'effort de chiffrage, bien que très partiel, est réel. Le programme "emploi", par exemple, est chiffré et la source de financement identifiée : c'est la DGDE, les fonds d'après CEP âprement négociés auprès de Jacques Chirac par Gaston FLOSSE. Les objectifs et les mesures sont bien "cadrés".Idem pour le logement.

Les mesures en faveur du pouvoir d'achat englobent les mesures immédiates de hausse des minimas sociaux existants et l'instauration de nouveaux dispositifs. La question foncière est abordée sur la base d'actions opérationnelles tirées d'une longue expérience de la gestion de ces affaires. Il était d'ailleurs temps de passer à la vitesse supérieure en vue de réduire les délais de réponse aux citoyens dans ces dossiers complexes.

Les mesures "écologie", "cadre de vie" et "énergie", bien que non chiffrées, semblent être plus sélectives et donc plus réalistes que celles du programme de to taou ai'a. Le raisonnement en termes de priorités y est plus présent.

Par contre, la thématique "culture" est très exhaustive et les actions diversifiées. Reste à savoir si elles sont toutes réalisables sur la mandature....

Le défi " Mettre l'économie au service des polynésiens" révèle une combinaison entre le volontarisme classique sur la commande publique, volonté commune aux trois grands regroupements ou partis politiques, et l'encouragement à l'initiative privée. Ce qui frappe, là aussi, c'est l'effort de sélectivité, à l'inverse de l'inventaire à la Prévert de To tatou ai'a et du vide du programme de l'UPLD sur l'économie.

Globalement, ce programme fixe des axes prioritaires dans tous les domaines, articule de manière aussi sélective les mesures à ces axes. La stratégie est donc plus aboutie que celle des autres partis. Il n'y a, en tous les cas, pas création de dizaines de nouvelles structures comme dans le programme de To tatou ai'a. Preuve d'une plus grande expertise ou d'un plus grand réalisme dans l'évaluation des capacités de financement du Pays et des nouveaux apports de l'Etat à notre développement ?

Une innovation remarquable à signaler sur la forme : ce programme détaillé fait l'objet d'une synthèse en fiches thématiques accessible sur le site du Tahoeraa. Preuve d'un effort pédagogique au bénéfice des citoyens unique à ce jour.

Nous reviendrons, comme pour tous les principaux programmes, sur les mesures détaillées dans des billets ultérieurs.

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samedi 19 janvier 2008

Programme de "l'UPLD 2008" : Mi figue, Mi raisin...

Par lebop, samedi 19 janvier 2008 à 16:03 :: General

Le programme de l'UPLD est à des années-lumière de celui de 2004 : pas de mesure sociale démagogique du style "SMIG à 200.000 F CFP à la fin de la mandature", "allocation de la femme au foyer de 120.000 F CFP par mois", "gratuité des loyers des logements sociaux" ou "restitution des terres à leurs vrais propriétaires"...."L'expérience" du pouvoir serait-elle passée par là ? Si c'est le cas, la démocratie polynésienne y aura gagné. Mais c'est vrai aussi que du fait du non-respect des engagements de 2004, il allait de la crédibilité de l'UPLD-Tavini de ne pas décevoir une deuxième fois ceux qui placent encore leurs espoirs dans ce parti du changement, si on peut encore le qualifier ainsi.

Sur la forme, ce programme est surprenant. Une matrice qui fait très tableau de bord avec trois intitulés : "domaines", "objectifs" et "moyens". Illustration, je suppose, d'une recherche d'une cohérence programmatique. Sur la forme, c'est plutôt réussi. La "patte" du Vice-Président, Ministre des Finances, a été gage de nouveauté.

Les "domaines" sont au nombre de 5 :

  1. Renforcer notre identité culturelle ;
  2. Renforcer nos capacités d'action;
  3. Dynamiser et rationaliser l'utilisation de nos ressources ;
  4. Améliorer la vie quotidienne ;
  5. Développer notre projet politique :la pleine "autonomie" (sic) économique et politique.

Première innovation : l'UPLD-Tavini est devenue, à l'écrit, autonomiste (lol) ! Mais, à l'oral, surtout en reo maohi, il est toujours indépendantiste. Grand écart sémantique assez surprenant. Pourquoi ne pas appeler un chat un chat, et dire indépendance quand on veut l'indépendance ? Le français est une langue suffisamment riche pour dire ce qu'on veut vraiment dire. Je trouve donc vraiment surprenante cette nouvelle modestie dans les termes ! Peut être ne faut-il pas brusquer un certain électorat modéré qu'il faut absolument capter pour avoir la majorité absolue ?

Deuxième innovation : l'accent mis sur l'identité culturelle. On comprend mieux, à postériori, les discours insistants du Président Temaru durant ce mandat raccourci. On prône, la aussi par écrit, une "diversité culturelle" (sic), pour mieux affirmer dans les discours entendus et ressassés ces dernières années, la primauté du peuple originel, le peuple maohi. Pourquoi pas, après tout ? Mais pourquoi ne pas l'assumer clairement dans ce programme, maintenant que c'est de notoriété publique ? Peur, là aussi, de brusquer un électorat modéré ?

Sur le fond, dans l'ensemble, ce programme est formulé en des termes généraux et quelquefois un peu trop vagues. Il semble être réalisable sur une mandature, à l'exception notable des dépenses d'équipement bien trop lourdes par rapport aux capacités de financement des investissements du Pays. C'est là un grand point positif par rapport à celui de 2004. On est même un peu étonné d'une certaine modestie dans l'ambition. Mais mieux vaut plus de réalisme que plus de démagogie.

Cependant, certains termes génériques demanderaient à être précisés. Il en est ainsi du "moyen" "établir l'équité fiscale" ( qui aurait tout aussi bien être un objectif au vu de sa généralité). Qu'est ce que celà veut dire concrètement ? Instauration de l'impôt sur le revenu ? L'UPLD-Tavini s'avance un peu masquée sur cette question...

Autres "moyens" sur le plan fiscal : "simplifier et réduire la TVA", réduire les taxes à l'importation.... Réduire les recettes publiques, certes. Mais, quand à côté, de nombreuses actions nécessitent un accroissement des dépenses publiques ( construction et fonctionnement d'un IUT, "grands chantiers" ( lesquels ?), convention center, route de dégagement entre Papeete et Taiarapu, aéroport international des Marquises, aménagement du front de mer, réseau de transport public terrestre, équipements structurants dans les archipels (lesquels précisément ?), projet d'hydrogène des mers, cable sous-marin, haut débit dans les archipels, filières de traitement des déchets, maisons des jeunes, institut du développement durable, hopitaux dans les archipels, réseau informatique santé, allocation de solidarité...), comment on joint les deux bouts ? Décidément, réduire les recettes (donc les impôts...) et accroitre les dépenses : c'est la pierre philosophale de certains partis politiques pour nous caresser dans le sens du poil !

Point commun avec le programme de to tatou ai'a : pas ou très peu de chiffrage, pas d'échéancier de réalisation des projets, pas d'estimation des capacités de financement du Pays ( qui plus est, après proposition de suppression de nombreuses recettes fiscales...)

Sur le plan institutionnel, l'UPLD y réaffirme ses lignes directrices : accord-cadre avec l'Etat, réinscription sur la liste des pays à décoloniser...

Par contre, en matière de "pleine autonomie économique", on reste un peu sur sa faim. Rien de plus vague, en effet, que le "moyen" : "Mettre fin au « modèle de dépendance de la métropole en termes économiques qui a causé les difficultés que nous rencontrons aujourd'hui » (F. Fillon, le 4/01/08 aux Antilles) et "Fonder le développement sur les ressources économiques propres au Pays". Posée en des termes aussi généraux, ce Moyen ressemble plutôt à un Objectif. On en déduit fâcheusement que l'UPLD-Tavini n'a rien à nous dire de précis sur le plan économique. Doubement rien à dire, puisqu'elle s'inspire d'une phrase de Monsieur François FILLON, premier ministre de la puissance coloniale tellement honnie....On n'est pas à un paradoxe près !

Globalement donc, je dirais qu'il y a un réel effort de construction d'un programme politique crédible. Mais la faiblesse du raisonnement économique, le volume trop important des dépenses d'investissement annoncées et l'incohérence du raisonnement fiscal sont des faiblesses majeures de ce programme.

L'analyse détaillée de ce programme fera l'objet d'autres billets.

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vendredi 18 janvier 2008

Programme de to tatou ai'a : pour combien de mandatures ?

Par lebop, vendredi 18 janvier 2008 à 19:41 :: General

J'ai lu le programme en 225 mesures de to tatou ai'a !

C'est déjà une performance en soi, car je ne sais combien de mes concitoyens en feront de même....Et pourtant, il est novateur par bien des aspects.

Certes, il a le défaut d'être un catalogue de mesures thématiques d'importance variable : de vraies réforme de structure étant noyées parmi des mesures anecdotiques ou très ponctuelles, des engagements de principe et des propositions de méthode. Le tout donne un ensemble disparate qui mélange différents niveaux de raisonnement.

C'est le programme le plus exhaustif et le plus "touffu" diffusé à ce jour.

Il a aussi le mérite de renvoyer à une méthode de gouvernement exigeante, puisque ses concepteurs s'obligent à rendre compte de sa réalisation et inaugurent une vraie culture de l'évaluation, ce dont je me félicite.

Les mesures les plus importantes sont intéressantes, car on y perçoit une volonté très forte de changer de modèle de développement. Le programme aurait pu, cependant, gagner en lisibilité si la stratégie envisagée avait été énoncée avec ses principales lignes de forces. Ces dernières existent, mais elles sont dispersées au sein du "catalogue".

Au-delà de la forme quelque peu décousue, il y a donc une vraie réflexion politique ambitieuse pour le Pays.

Ce programme a, cependant, un gros défaut : il n'est pas chiffré. Et parce qu'il n'est pas chiffré, il nous est impossible de voir s'il peut être financé par les ressources dont dispose le Pays à ce jour.

En effet, en première approximation, le financement des mesures énoncées représentent plusieurs dizaines de milliards de francs supplémentaires en budget de fonctionnement et plusieurs centaines de milliards de francs en budget d'investissement. Par honnêteté intellectuelle, les experts de ce regroupement politique auraient du nous livrer leur chiffrage, si, du moins, celui-ci a été sérieusement effectué.

De plus, aucune programmation n'étant énoncée, la dimension temporelle est complètement exclue de ce programme. Or, il est clair que l'horizon de réalisation de ce programme ne peut que s'étaler sur plusieurs mandatures. On ne peut tout faire en même temps. Là aussi, la question de l'échéancier de réalisation a été délibérément laissée dans l'ombre.

Anecdote : le monorail annoncé par Monsieur TONG SANG à la télévision se transforme en " étude de construction d'un réseau monorail aérien entre Punaauia et Arue". Ouf : plusieurs dizaines de milliards de francs en moins pour cette mandature !

La combinaison de ces deux défauts, absence de chiffrage et absence d'échéancier, engendre un autre défaut : l'irréalisme, voire la démagogie de ce programme. En fait, là est ma principale surprise. A l'écoute des premières déclarations de Monsieur Gaston TONG SANG, j'avais cru comprendre qu'il ne voulait pas faire trop rêver les polynésiens par des promesses démagogiques. Et pourtant, ce programme prend le contre-pied de ces déclarations de principe. Il est assurément le plus coûteux de tous les programmes qui nous sont présentés.Je me risque même à dire qu'il n'est pas finançable sur une mandature.

Question à plusieurs milliards : si les concepteurs en ont conscience, pourquoi n'annoncent-ils pas la couleur ? Pourquoi ne nous disent-ils pas que ces 225 mesures s'inscrivent dans la cadre d'un projet à long terme qui nécessitera plusieurs mandatures ? N'y a-t-il pas, alors, tromperie sur la marchandise, puisque nous allons élire des représentants pour un mandat de "seulement" cinq ans ?

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jeudi 17 janvier 2008

Corporatisme médical contre intérêt général

Par lebop, jeudi 17 janvier 2008 à 22:53 :: General

A la lecture d'un article de journal, aujourd'hui, j'ai eu confirmation d'une forte intuition : le corporation des médecins libéraux nous menait, nous citoyens, en bateau sur les réelles motivations de leur mouvement actuel. Un mouvement qu'ils veulent faire passer comme le juste combat de professionnels altruistes à l'égard de leurs patients face à la "méchante" Caisse de Prévoyance Sociale.

La réalité est, elle, beaucoup plus prosaïque : dans un énième bras de fer, ces professionnels nous prennent encore une fois "potentiellement" en otage pour faire aboutir des revendications financières ( hausse des tarifs, prise en charge partielle de la hausse des cotisations au RNS) auprès de la CPS.

L'essentiel de la stratégie est batie, là aussi, sur une campagne de communication de longue haleine pour persuader les citoyens-patients que leur "croisade" n'est pas liée à ces considérations pécuniaires, mais bien en faveur de leurs "clients". Et surtout de nous prévenir quelques semaines à l'avance que si nous sommes mal remboursés dans quelques semaines, cela ne sera pas de leur faute, mais celle de la méchante CPS qui reste sourde à leur "juste" revendication en notre faveur. Comme si, chose étonnante, nous n'étions pas suffisamment "grands" pour nous défendre tout seul....

Il est certain que dans cette "guerre" de communication, la CPS a été particulièrement nulle jusqu'à présent, alors même que ses administrateurs ne cachent pas leur colère face à la duplicité des médecins libéraux.Espérons que l'information sera plus équilibrée dans les jours à venir par la mise en oeuvre, de la part de la CPS, d'une communication de crise adaptée.

Ne tombons donc pas dans le piège grossier dans lequel cette corporation veut nous faire tomber et faisons confiance aux administrateurs de la CPS et à son Président, une personne de qualité qui ne s'en laisse pas conter, pour défendre l'intérêt général. C'est à dire l'intérêt des citoyens-cotisants qui ne veulent pas que l'accroissement du déficit de la CPS induit par des revendications corporatistes exagérées se paye d'une hausse inacceptable de leurs futures cotisations sociales.

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mercredi 16 janvier 2008

Les éléments de programme arrivent au compte-gouttes : pas trop tôt !

Par lebop, mercredi 16 janvier 2008 à 20:50 :: General

Enfin, pourrait-on dire...Après un silence assourdissant et particulièrement scandaleux, les professions de foi de certains partis avaient amorcé un petit mouvement d'explicitation d'éléments de programme. Les choses semblent s'accélérer à quelques jours seulement du premier tour. Aiguillonnés par divers groupes de pression ou par les médias, les état-majors politiques daignent enfin "plancher" dans une certaine urgence et délivrer diverses mesures thématiques sur la culture, l'économie, l'équipement, les ressources, la vie quotidienne, le pouvoir d'achat, la création d'emplois, la fiscalité, le foncier, le projet politique.... Nous allons, bien sûr, les commenter dans les jours à venir.

Je voudrais vous livrer mes premières impressions du moment.

En premier lieu, nous devons, normalement, envoyer des représentants à l'Assemblée pour qu'ils soient nos législateurs à l'échelle du Pays. Celà exige beaucoup de hauteur de vues, du sens de l'intérêt général, une claire vision de l'avenir du pays et des priorités d'actions pour le Fenua dans son entier. Et le débat des personnalités des iles sous le vent nous a ramené vers les sempiternels constats, problèmes et doléances "locales". Nous entendons, ainsi, les mêmes discours généraux et microcosmiques qu'il faut développer l'agriculture, le tourisme et la pêche dans les iles. On est assommé par "l'enfonçage de portes ouvertes" en guise de programme, par des amorces de mesures non chiffrées, des "fauqu'on" et des "yaka" plus ou moins nébuleux.

Entendons-nous bien : loin de moi l'idée de dénigrer le développement local, mais un représentant élu dans la circonscription des tuamotus ou des marquises n'est pas élu simplement pour faire "passer" les dossiers de son archipel. Je dirais même que ce n'est pas l'essentiel de son boulot. Et l'on s'étonne pourquoi l'on assiste à la balkanisation de notre Pays, aux velléités de sécession, aux surenchères des girouettes, aux revirements d'alliance pour cause d'insuffisance des crédits pour l'ile dont on est le maire, pour l'absence de construction d'une énième salle omnisports ou pour l'absence de crédits de bétonnage d'une route...Résumer la problématique politique ou la problématique du Développement avec un grand D à une affaire de répartition du "gateau" ou à l'alignement de mesures non chiffrées en faveur de "son" archipel ou de "son" ile n'est vraiment pas à la hauteur de l'enjeu.

En second lieu, je vois émerger des matrices de mesures résumées en lieu et place de documents programmatiques construits et logiquement ordonnés. J'aurais voulu lire un diagnostic global de notre situation, des objectifs politiques, une stratégie globale déclinée en programmes d'actions et en mesures CHIFFREES et FINANCEES visant à atteindre ces objectifs. J'ai droit, au mieux à des énoncés de dizaines de mesures diverses et variées, généralement peu précises et non chiffrées, et au pire, à un catalogue de bonnes intentions.

Peut être suis-je trop exigeant ou trop rationnel ? Peut être me suis-je trompé sur le fait que notre "modèle économique et social" est épuisé et qu'il est nécessaire de le réformer drastiquement ? Peut être, qu'effectivement, on peut encore continuer de dépenser l'argent qu'on n'a pas ou qu'on n'a plus.Peut être que des avancées sociales sont encore possibles sans croissance économique. Peut être que la "pleine autonomie" sera heureuse sans l'argent de l'Etat. Peut être que l'on fera une économie sans entrepreneurs et sans innovation. Peut être que l'on peut effectivement construire trois aéroports internationaux ( Bora Bora, Marquises et Tubuai), une centrale à hydrogène, une route des "collines" vers Taravao, un pôle de développement à Taravao, réaliser l'assainissement de la zone urbaine, finir l'aménagement du front de mer de Papeete, augmenter le SMIG, augmenter les minimas sociaux, faire face aux surcoûts du nouvel hôpital, accroitre les mesures d'emplois aidés, réduire les recettes publiques par la suppression des taxes à l'importation... Et tout celà en même temps !

Et pourtant, je me rappelle que nos législateurs sortants n'ont pas pu vôter le budget 2008 du Pays. Qu'ils avaient du mal à joindre les deux bouts pour équilibrer recettes et dépenses, qu'ils manquaient quelques milliards de l'Etat, que le Pays "devait des sous" à la Caisse de Prévoyance sociale, que le budget d'investissement était insuffisant pour mener de front la réalisation d'infrastructures et d'équipements prioritaires, que l'on voulait, dans ce but, piquer dans la caisse des établissements publics ou détourner l'argent octroyé par l'Etat dans le cadre de la dotation globale de développement économique vers des dépenses de fonctionnement en hausse constante.

Alors, on nous promet plus et mieux demain. Quel paradoxe à quelques semaines d'intervalle ! Où est la cohérence ?

Moi, je veux bien. C'est vrai que l'on a l'habitude de croire que promettre "du sang et des larmes" n'est pas porteur électoralement.Mais peut être que le vrai changement aurait été celui-là : avoir un diagnostic lucide, tenir un discours de vérité, proposer une stratégie essentiellement basée sur des réformes structurelles et prenant comme point de départ un objectif de réduction programmée des dépenses publiques. Car tout part de là.

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mardi 15 janvier 2008

Et si on changeait le mode d'élection ?

Par Peter, mardi 15 janvier 2008 à 22:56 :: General

En cette période d'élections métropolitaine (Communales) et polynésiennes (Territoriales), l'Université à laquelle je suis rattaché propose un colloque assez intéressant sur le "Jugement Majoritaire".

Ce mode de scrutin est issu d'une nouvelle théorie du vote qui trouve ses origines dans les idées de Pierre-Simon, marquis de Laplace, et de Sir Francis Galton. Elle démontre que le jugement majoritaire est la seule méthode qui répond à tout un ensemble de critères qui ont été développés depuis plusieurs siècles dans le domaine de " la théorie du choix social ". Elle évite le célèbre paradoxe de Condorcet et sa généralisation au théorème " d'impossibilité " de Kenneth Arrow en envisageant le problème du vote différemment. Au lieu d'imaginer qu'un électeur a dans sa tête une liste des candidats dans l'ordre de ses " préférences ", il est supposé qu'il peut évaluer chaque candidat.

Le jugement majoritaire pose à l'électeur la question : "Pour présider la France, ayant pris tous les éléments en compte, je juge en conscience que ce candidat serait" et lui demande une réponse pour chaque candidat dans un langage commun à tous les Français : Très Bien, Bien, Assez Bien, Passable, Insuffisant, ou A Rejeter. Ainsi, l'électeur émet une opinion sur chacun des candidats. L'ensemble des mentions d'un candidat détermine sa mention-majoritaire (décrite ci-dessous). Le candidat avec la meilleure mention-majoritaire est élu. Un tour d'élection suffit.

Qu'en pensez-vous ? Possible pour 2013 ? ;)

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Politita.net en 2007 : Un bon cru

Par Noindep, mardi 15 janvier 2008 à 20:18 :: General

Le Blog Politita.net ne cesse de croître en audience et cela grâce à vous. Cela démontre l'intérêt grandissant que les Polynésiens ont pour la politique et leur volonté de s'exprimer sur les instabilités actuelles. Nous vous remercions pour vos lectures régulières.

Nous sommes donc certains que notre aventure continuera, et que nous aurons ensemble encore beaucoup d'idées à proposer pour la Polynésie. 2008 vient de commencer et nous sommes à l'aube d'une nouvelle élection, qui on l'espère continuera de faire jaillir vos idées, vos souhaits, et vos opinions sur la politique et la société Polynésienne. Nous continuerons tant que nous pouvons à améliorer ce débat citoyen en donnons à chacun la chance de s'exprimer.

Vous pouvez lire les statistiques de l'année 2007 en cliquant sur "lire la suite".

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dimanche 13 janvier 2008

Pensons autrement

Par Noindep, dimanche 13 janvier 2008 à 02:33 :: General

Plus rien ne retient les comportements vicieux, les comportements mafieux, tous ceux qui empêchent toute avancée des mentalités. Parce que oui, la Polynésie souffre de l'exagération pathétique de ses élites, exagération à l'abus, à l'égoïsme, à la réussite de soi. Rien pour le peuple, sinon rompu à subir ce théâtre de la honte.

Il semble que nous souffrions des mêmes maux d'une France qui a trop longtemps réclamé le changement, et qui, faute de l'avoir eu, attaque la mondialisation dans une frayeur du progrès, baptisée "l'exception française", qui, colonisation oblige, a dépassé les frontières. N'allez pas croire que cette exception est neuve, c'est tout un processus historique que d'obtenir à l'époque de la Révolution, par le feu et le sang, la victoire des "subis" sur les "nantis". Cette mentalité d'ancien régime patauge dans une mare idéologique, et sait que respecter des coûtumes anciennes n'est pas au prix de l'avenir : celle de voir que plus de 65% des Français ressentent la mondialisation comme une menace. On peut remercier les socialo-démagogiques du "tous libéraux" d'avoir participé à cette faillite des mentalités et qui aura sans doute privé la France d'une réussite encore plus florissante.

En Polynésie, c'est cette "société de défiance", que je n'espère pas, qui s'installe. Celle où la population perd foi en ses politiques, et finit par prendre pour bras droits, syndicats et démagogues, aux idées faciles et fallacieuses, qui continuent d'user "de la naïveté de la base des travailleurs pauvres". Cette même base que l'on met en guerre face à l'exubérance de la richesse Polynésienne irrationnelle, et qui, au final, conduit à réclamer, chaque année, 3% d'augmentation salariale. Et l'année suivante, on nous dit que l'on table ces revalorisations sur l'inflation, alors que ce sont ces augmentations de salaires qui conduisent à alimenter un processus inflationniste. Un cercle vicieux dont personne n'ose prendre la responsabilité.

Si nous continuons d'augmenter les salaires sans parvenir à faire correspondre les compétences, nous voguons vers l'augmentation d'une précarité sociale mature en réduisant chaque jour l'accessibilité, aux plus démunis, des bagages culturels et universitaires.

Ces myhes, il y en a encore trop en Polynésie. Et le plus célèbre d'entre eux est bien l'augmentation du SMIG, ce fabuleux outil de croissance sociale que certains politiciens usent pour flatter leurs minorités. Quand est ce que les Polynésiens vont comprendre qu'aujourd'hui, toute augmentation du SMIG conduit à l'augmentation du chômage ? J'attend avec impatience que l'on comprenne qu'augmenter le SMIG, c'est élever encore le niveau d'accessibilité au marché du travail. Parce qu'à chaque niveau de salaire correspond une compétence, et même si le niveau le plus bas demande le moins de compétence, lorsque le salaire imposé augmente, la compétence demandée suit automatiquement.

Les Polynésiens qui sont à quelques jours d'un choix crucial et encore temporaire sans doute, doivent apprendre à séparer promesses et mensonges, et éviter d'être conquis par des flatteries électorales. Si augmenter le SMIG était si efficace, pourquoi est-il à chaque fois augmenté en période électorale ? A l'heure où j'écris tout cela, j'entend presque "la politique de civilisation" au coin de mon oreille. Mais je me dis qu'il serait bien dommage de se résoudre à réduire les Polynésiens à un groupe "d'opposants à la croissance", et d'avouer que nous nous rendons faibles devant certaines idées d'un ancien temps.

Je pense que la Polynésie s'incruste dans "une dispute du progrès". Le progrès de parvenir à réussir. Se disputer sur l'autonomie / l'indépendance, la cherté de la vie / le tourisme, le niveau de vie / la pauvreté. Voici des sujets paradoxaux propres à la Polynésie, parce que les fondements de sa croissance sont extérieurs à elle même, et font que cette croissance exogène sait importer la richesse, mais ne sait pas la produire localement. Et l'importation est la même chaque année. Pour augmenter les salaires, il faut donc importer plus. Sauf que la générosité budgétaire est finie, on est à l'heure du rationnement. Et c'est cette réalité que "les agents de la croissance sociale" (appelons les comme ça) ne comprennent pas. Car eux réclament des richesses, mais ne participent jamais à la produire ! Car en bloquant les leviers stratégiques, ces syndicats détruisent plus de richesse globale qu'ils n'en produisent. C'est intéressant de constater que les gens qui réclament de la croissance sociale participent à en tarir les ressources.

Le véritable problème c'est que ce concept de richesse globale n'existe pas en Polynésie. Pour faire court, penser global, penser pour tous, penser ensemble n'existe pas. On ne vit pas pour la Polynésie et son avenir, elle vit malheureusement pour nous...

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mercredi 9 janvier 2008

L'UPLD-Tavini bétonne son électorat et tape sur les "nantis"

Par lebop, mercredi 9 janvier 2008 à 18:59 :: General

On savait qu'Oscar Temaru ne portait pas les patrons dans son coeur, leur représentants ayant l'inconvénient de ne pas être des "maohis" purs souches. Ces derniers, durant cette mandature, n'ont donc eu qu'à subir les hausses régulières du SMIG, très partiellement compensées par le Darse, cette usine à gaz particulièrement budgétivore.Les patrons, n'est ce pas, ne constituent pas le "gros de l'électorat", le système censitaire n'étant plus à l'ordre du jour depuis la révolution française.

Mais un article d'hier de la dépêche m'a particulièrement interpellé. J'ai ainsi appris que le gouvernement Temaru, en son conseil des ministres du 26 décembre dernier, a décidé de relever considérablement le plafond des cotisations de la branche assurance-maladie de la CPS de 750.000 F CFP à 3.000.000 F CFP. Il est donc allé jusqu'au bout dans sa logique de "pénaliser" les "nantis", c'est à dire, en fait, tout l'encadrement supérieur du Pays, en alourdissant considérablement leurs cotisations. Il a clairement fait l'impasse sur le vôte de ces catégories, par définition, relativement peu nombreuses, parmi les salariés ( 2 à 3000 salariés).

A contrario, il a bétonné sa "clientèle", qui se recrute essentiellement parmi les "classes populaires", voire marginalisées, par des mesures électoralistes classiques : hausse des prix du coprah, stabilisation du prix des carburants, baisse du prix du riz, hausse du SMIG...Mesures classiques et faciles à expliquer au "nunaa", qui ne vont durer qu'un temps, au moins le temps de la campagne électorale, mais qui ont l'avantage d'être très "parlantes" lors des réunions électorales.Effets de tribune garantis ou l'on pourra arguer que l'on est du côté des "petits" ....

Et pourtant... Ce parti souhaite "construire le pays avec tout le monde, polynésiens de souche ou d'adoption". Pourquoi, alors, "punir" ceux qui constituent l'armature et l'encadrement de notre économie ? Pourquoi conduire une politique aussi manichéenne bâtie sur la division et l'antagonisme de "classes", alors que nous avons besoin de tout le monde pour bâtir un Pays encore plus autonome ?

En effet, ce Pays ne se construira pas sans, ou pire, contre les entrepreneurs et les cadres supérieurs. Ces derniers sont les vrais créateurs de richesses et d'emplois durables. Les "casser" par l'augmentation inconsidérée des coûts salariaux" ou les "matraquer" par la fiscalité ou la hausse des cotisations sociales ne peut qu'aboutir au découragement ou à des effets pervers. L'exemple en est donné par l'actuel conflit avec les boulangers où des licenciements sont à l'ordre du jour du fait de la hausse du smig et du maintien du prix du pain à 47 F CFP... Là aussi, il ne faut pas mécontenter le "nunaa riri'i"...

C'est par le dialogue, la concertation et l'équilibre que nous allons avancer.Les "petits" ont besoin des "nantis" et vice versa. Ce dialogue doit être organisé par un gouvernement éclairé. Il ne s'agit pas d'opposer, mais de rassembler, car nous avons besoin de toutes les énergies. Pour paraphraser un slogan de campagne : "Ensemble tout redevient possible". Et l'UPLD-Tavini, s'il veut acquérir, enfin, une vraie "culture de gouvernement", ferait bien de s'en inspirer.

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samedi 5 janvier 2008

Culture d'évaluation

Par Pépé Tama, samedi 5 janvier 2008 à 04:42 :: General

Il serait temps, dans notre Pays, d'instaurer une culture d'évaluation à tous les niveaux du secteur public. Je serais, ainsi, partisan, d'adapter le principe d'évaluation lancé par Nicolas Sarkozy pour son gouvernement à notre propre gouvernement.

J'ai trouvé tout à fait anormal, au vu de la courte période de gestion du Pays entre le vôte de la dernière motion de censure et les élections anticipées, que le Président Temaru ait reconduit un gouvernement aussi pléthorique.

Car lorsque nous faisons le bilan, de qui avons-nous entendu parler ?

De Tony Géros qui, même s'il n'a pas été capable de faire voter le budget du Pays, s'est démené comme un beau diable.

De Pierre Frébault qui a mené son gros ministère de manière efficace sur le plan électoraliste.

De Marc Collins, le Ministre du Tourisme, qui a fait preuve d'une lucidité et d'un pragmatisme prometteur à son poste.

De Jacqui Drollet qui, après une ballade de près de 15 jours en métropole en plein débat budgétaire, a gesticulé sur le projet de cable à haut débit, pour - enfin - l'entériner. Même si le partage des coûts d'investissement n'est pas encore très clair...

Les autres ministres ont été complètement effacés ou inexistants. Et c'est à se demander si le Président conduisait son gouvernement, tant il était absent à l'occasion de la session budgétaire : pas de déclaration de politique générale digne de ce nom, absence d'autorité lors des débats. Il était flagrant de constater que c'était le vice-président qui allait au feu...et au "casse-pipe" final.

Pour le prochain mandat, je suis donc partisan d'une évaluation des Ministres sur la base d'une batterie de critères déterminés par des consultants privés spécialisés.

Il s'agira donc pour le futur Président du Pays de bien délimiter, au préalable, le périmètre d'intervention de chacun des ministres. Quand on connait le coût annuel d'un Ministère, de l'ordre de 120 à 150 millions de F CFP (il y a eu inflation durant le taui...), une équipe gouvernementale d'une dizaine de ministres avec des porte-feuilles bien équilibrés est largement suffisante. C'est donc de l'ordre de 600 millions à un milliard d'économies annuelles par rapport à la situation actuelle ! Un gouvernement n'est pas une instance de récompense des affidés. Il faut arrêter cette dérive.

En second lieu, chaque ministre se verra assigner par le Président des missions avec une feuille de route précise avec des objectifs, chiffrables, si possible, qui permettront d'évaluer leurs résultats. Leur longévité ministérielle dépendrait donc de leur capacité à tenir leur contrat d'objectifs.

En troisième lieu, chaque ministre, un mois après sa nomination, devra exposer, devant l'Assemblée, sa politique ministérielle qui sera la déclinaison détaillée de sa feuille de route. A la fin de chaque année budgétaire, il devra rendre compte devant cette même Assemblée.A celle-ci de remplir, entre autres, sa mission de contrôle budgétaire selon les principes de la LOLF, réforme budgétaire instituée en Métropole et encore trop partiellement appliquée en Polynésie française.

Au futur Président d'installer cette culture du résultat et de coordonner le travail intergouvernemental grâce au secrétariat général du gouvernement.Cette culture, instituée au plus haut niveau, mettra "sous tension" l'ensemble du secteur public. En effet, tous les responsables, chefs de services, directeurs d'établissement publics ou de sociétés d'économie mixte seront dans l'obligation de décliner leurs propres objectifs, leurs indicateurs de résultats et de rendre des comptes à leur autorité.

Ce n'est qu'à cette condition que, nous, citoyens, y verrons enfin un peu plus clair sur l'usage de notre argent par nos décideurs publics. Nous pourrons enfin juger de manière plus objective l'efficacité de nos gouvernants et les sanctionner, si besoin est, à l'occasion des prochaines élections. Nous pourrons ainsi entrer dans l'ère d'une démocratie plus rationnelle.

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