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jeudi 29 novembre 2007

Méconnaissance de la réalité économique de la Polynésie française ( réédition réaménagée)

Par lebop, jeudi 29 novembre 2007 à 11:01 :: General

Un récent débat entre Monsieur Jacqui DROLLET et Jean-Christophe BOUISSOU, sur RFO, à propos de la dette et des transferts financiers de l'Etat et des déclarations passées de ce même Jacqui DROLLET ( "Ces transferts sont de 150 milliards de F CFP, mais il faut savoir qu'ils servent à payer Madame le Haut Commissaire, la justice, l'armée, la gendarmerie...") traduisent une grave méconnaissance de la réalité économique de la Polynésie française.

En effet, comme nous vous l'avons détaillé dans des billets précédents ( "Autonomie économique de la Polynésie : nous avons des marges de manoeuvre" et "transferts publics de l'Etat : 148,6 milliards de F CFP en 2005") , Monsieur Jacqui DROLLET ne sait pas que plus la moitié des transferts financiers de l'Etat servent à financer des domaines qui sont de la compétence propre du Pays :

1) l'éducation, l'enseignement supérieur, la recherche et la culture qui ont bénéficié en 2005 de 52,5 milliards Fcfp (environ 437 millions d'euros), soit 35,3% du montant total des dépenses réalisées ;

2) les sommes allouées à la dotation globale de développement économique (DGDE) et au fonds d'investissement au développement économique et social (FIDES), dont l'objectif est "le renforcement de l'autonomie économique de la Polynésie française", ont quant à elles atteint 23,2 milliards Fcfp (environ 193 millions d'euros);

3) un montant de 5,4 milliards Fcfp (environ 45 millions d'euros) a été consacré à "la cohésion sociale" et à la santé.

En outre, un montant de 26,5 milliards Fcfp (environ 221 millions d'euros) "d'investissement en Polynésie française ont fait l'objet (...) d'une demande de défiscalisation", disposition qu'offre la "Loi Girardin".

Sans prendre en considération la défiscalisation nationale ( Loi Girardin), c'est pourtant un montant de de 81,1 milliards de F CFP que l'Etat finance à la place du pays dans des domaines de compétence du Pays. En d'autres termes, même dans un régime politique d'autonomie, nous devrions normalement financer nous- mêmes ce montant de plus de 80 milliards de F CFP (pour l'éducation de nos enfants, notre protection sociale, notre santé...), ce qui représente - rappelons-le - presque deux fois ce que nous rapporte le tourisme, notre première source de devises.

Plus grave : il ne sait pas que, par l'effet du multiplicateur dit keynésien, ce montant de 148,6 milliards de F CFP injecté dans l'économie polynésienne a des retombées économiques très importantes, puisqu'il contribue à former au moins 3/ 5 è de notre PIB ( la richesse que nous produisons dans l'année) !

Ce principe du multiplicateur est facile à comprendre. Supposons que vous dépensez 100.000 F CFP au magasin de votre quartier. Le commerçant dépensera une grande partie de ces 100.000 F CFP auprès d'autres commerçants ou particuliers, qui eux-mêmes dépenseront une grande partie de ce qu'ils ont reçu auprès d'autres personnes qui...etc...etc. Les économistes appellent cet effet en chaine ( facile à comprendre puisque nous expérimentons celà concrètement chaque jour), le "multiplicateur keynésien".

Les spécialistes de l'économie polynésienne ( ISPF, IEOM...) évaluent cet effet multiplicateur pour la Polynésie à 2,5. Récemment, des experts ont même estimé que ce multiplicateur des transferts métropolitains est de 2,7.Autrement dit, 148,6 milliards de F CFP ( un peu moins en fait, car certaines sommes sont versées en France métropolitaine) injectés chaque année dans l'économie polynésienne font des "petits" à hauteur, toujours dans l'année, de plus de 400 milliards de F CFP. Ce qui est, vous en conviendrez, considérable !

Monsieur Jacqui DROLLET ignore cette réalité que chacun d'entre nous vit pourtant : les loyers des gendarmes, les dépenses des retraités, les emplois de fonctionnaires d'Etat, souvent de plus en plus occupés, qui plus est, par des polynésiens, les dépenses diverses de la gendarmerie,de l'armée, des organismes de recherche, les dépenses des professeurs.... font vivre des dizaines de milliers de personnes en Polynésie. Cette réalité, le Ministre de l'Economie et des Finances semble ne pas la connaitre.

Cette méconnaissance n'explique-t-elle pas en partie, l'option pour l'indépendance, du gouvernement ? Ce dernier ne sous-estime-t-il pas l'importance considérable de ces transferts sur notre niveau de vie ? Ne sous-estime t-il pas les efforts très importants qu'il faudrait faire, ne serait-ce que pour maintenir ce niveau de vie sans ces transferts ? A moins que ce gouvernement soit aveuglé par l'idéologie de son Président. Mais le problème, c'est qu'entre l'idéologie et la réalité, c'est toujours la réalité qui gagne.

Nous aurons, bien sûr,l'occasion de revenir régulièrement sur cette question stratégique pour la survie économique, sociale et culturelle de la Polynésie. Mais je voulais juste faire ce point d'étape, tellement j'étais et je reste sidéré de constater une telle méconnaissance de notre réalité par Monsieur Jacqui DROLLET.

Je pèse mes mots : c'est grave.

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mardi 27 novembre 2007

La croissance avant tout ( réédition)

Par lebop, mardi 27 novembre 2007 à 10:55 :: General

La campagne électorale de 2004 et de 2005 a été l’occasion, pour les partis politiques de faire assaut de surenchères d’engagements pour capter les voix de l’électorat polynésien. Cependant, les propositions énoncées dans les domaines politiques, économiques, sociaux et culturels ne peuvent se concrétiser que s’il y a croissance.

C’est d’autant plus criant aujourd’hui avec la « gouvernance tauiste » : le programme annoncé, que les observateurs considéraient comme particulièrement maximaliste, voire démagogique, ne peut se réaliser que s’il y a une croissance forte.

Car il y a une donnée fondamentale que devront intégrer nos gouvernants : tout procède de la croissance. On ne peut pas se soustraire à cette réalité. Définir une stratégie de croissance crédible est un impératif absolu pour pouvoir entrainer notre pays sur le chemin d’une ambition collective.

Sans croissance, pas d’insertion professionnelle des milliers de jeunes qui arrivent sur le marché du travail chaque année, car le chomage de masse continuera à obscurcir l’horizon de notre jeunesse. Sans croissance, la protection de l’emploi local sera vouée à sombrer encore plus dans la logique malthusienne.

De même, sans croissance, inutile d’espérer rompre avec la dépendance financière vis-à-vis des transferts publics de l’Etat ou renforcer notre autonomie économique. L’alternative est donc simple : soit la Polynésie française renoue avec une croissance forte, soit elle sombre dans le déclin rapide.

Pour être crédible, tout projet de développement durable de notre pays dans les prochaines années doit donc décrire une stratégie pour renouer avec une croissance vigoureuse. Pour atteindre l’objectif, il faut accepter de nous comparer aux autres. A l’instar de tout acteur engagé dans la compétition mondiale, l’analyse des meilleures expériences observables à l’étranger doit être placée au cœur de notre réflexion.

Notre problème, c’est que nos hommes politiques consacrent infiniment plus de temps à se demander comment dépenser la richesse du pays qu’à réfléchir aux façons de l’accroitre. En fait, la question de la redistribution passe avant celle de la croissance. Tous les débats sur l’augmentation du SMIC, les augmentations de salaires, la réforme autaeaeraa, la création de nouvelles taxes… procèdent de cette idée de redistribution. Or, raisonner comme cela, c’est mettre la charrue avant les bœufs.

Dans le débat politique polynésien, la notion de croissance économique fait figure d’objet mal identifié. Les raisons de la confusion qui règne autour de ce concept de base de l’analyse économique sont diverses. La plus évidente est que si les évocations de la croissance rythment la vie politique, elles sont rarement éclairantes.En période électorale, les candidats rivalisent de promesses de mesures nouvelles qui engendrent des dépenses importantes sans qu’ils précisent comment ils vont les financer. Or, les financements nécessaires ne peuvent venir que de la croissance. Il est donc essentiel d’en revenir aux fondamentaux.

Qu’est-ce que la croissance ? Quels en sont les déterminants ? Pourquoi est-il si important d’avoir une économie en croissance ?

La croissance économique, c’est l’augmentation de la production totale de biens et de services, c’est-à-dire de ce qu’on appelle le produit intérieur brut. Deux phénomènes s’additionnent pour expliquer la croissance du PIB : l’augmentation de l’emploi et l’amélioration de la productivité des travailleurs. Pour créer plus de richesse, il faut soit travailler plus, soit travailler mieux, c’est-à-dire être plus productif. Le facteur le plus immédiat pour expliquer l’amélioration de la productivité est l’augmentation du capital investi par travailleur pour mettre à leur disposition des outils plus efficaces. Mais cela ne suffit pas à expliquer la totalité de la croissance. La partie restante est attribuable à l’efficacité de l’économie dans l’utilisation de ces facteurs de production, c’est à dire à ce que les économistes appellent la productivité générale des facteurs ( PGF).

Bien entendu, dans l’économie réelle, les choses ne sont jamais si simples. La croissance n’est en général pas due à un des trois facteurs isolés des autres, mais à une combinaison des trois facteurs.

Nos gouvernants peuvent agir sur trois principaux facteurs de productivité que sont la qualité des infrastructures, le capital humain – en particulier la part de la population ayant reçu une éducation supérieure –et le niveau technologique général d’un pays.

Nous aurons l’occasion de revenir sur ces facteurs dans le cas particulier de la Polynésie française. Mais il serait plus que temps que nos gouvernants réfléchissent sérieusement à cette question prioritaire, car il en va de l’avenir à long terme de notre pays.

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lundi 26 novembre 2007

Autonomie économique de la Polynésie : nous avons des marges de manoeuvre ( réédition)

Par lebop, lundi 26 novembre 2007 à 00:24 :: General

Monsieur Bernard POIRINE, professeur d’économie à l’Université de Polynésie française, a été interviewé par la rédaction de la revue « Tahiti Business », dans son numéro de juillet 2006.

Si nous partageons l’essentiel de son argumentation sur la caractérisation de notre système économique, ainsi que le montrent nos nombreux billets passés sur ce sujet, notamment en ce qui concerne le poids décisif du moteur principal que constituent actuellement les transferts publics de l’Etat, nous ne reprenons pas à notre compte la tonalité globale de son propos tel que résumé par les journalistes : « l’économie polynésienne est insubmersible ( quoique l’on fasse) ».

En effet, à écouter notre professeur émérite, nos gouvernants n’auraient, selon lui, aucune marge de manœuvre en matière de politique économique. Pire,en schématisant un peu les propos de notre professeur, il ne faut pas qu’ils agissent, car, lorsqu’ils agissent, ils font des « bêtises »….Tout interventionnisme des pouvoirs publics serait contre-productif et donc inutile.C’est ainsi qu’il en déduit que l’économie polynésienne est insubmersible, quelles que soient les décisions économiques internes, et qu’il vaut mieux « laisser faire ».

C’est là un raisonnement « mécaniciste » qui ne reflète pas totalement notre réalité économique. Dire que notre « superstructure politique » ne doit pas interférer sur l’infrastructure économique, pour reprendre une terminologie marxiste, c’est cautionner la passivité, voire l’irresponsabilité des acteurs politiques et économiques dans le pilotage de notre avenir économique. C’est décourager à l’avance toute initiative de nos entrepreneurs dans de multiples activités viables, y compris pour l’exportation, alors que ces derniers ont obtenu et obtiennent des résultats, malgré le contexte fiscal et social défavorable rappelé avec raison par Monsieur POIRINE.Faut-il rappeler que des milliers de familles vivent de la perle, de la nacre, du noni, de la vanille, du coprah, du tiare, du tamanu... dans nos archipels ? Peut-on considérer les revenus créés par ces activités comme négligeables ?

Il est donc bon de rappeler, en premier lieu, que si le volume des transferts publics, d’un montant approximatif de 150 milliards de F CFP, est le moteur principal qui engendre des effets directs et indirects très importants dans le reste de l’économie, il n’en demeure pas moins que nos ressources propres représentent un montant de l’ordre de 80 milliards de F CFP par an : exportation de services touristiques, dépenses des retraités métropolitains, exportations de perles, exportation de services de transport aérien ( grâce à la création de la compagnie Air Tahiti Nui) et exportations d’autres biens et services ( noni, poissons, bijouterie, vanille, monoï, coprah, nacre, poissons d’aquarium, bière, tamanu….). Ces ressources propres, hors le tourisme, sont quasi-considérées par Monsieur POIRINE comme quantité négligeable.

Non seulement ce n’est pas le cas, mais, en outre,en second lieu, on ne peut pas contester le fait que ces ressources propres se sont nettement accrues depuis la mise en œuvre d’une politique plus volontariste de nos gouvernants qui a particulièrement porté ses fruits à partir de l’année 1996. Le bilan du Pacte de progrès, réalisé par Monsieur Christian VERNAUDON, le démontre clairement.Pour résumer, ces ressources propres ne sont pas apparues d'un coup de baguette magique, mais bien par l'effort de nos entrepreneurs accompagnés activement par nos décideurs locaux qui se sont succédés au pouvoir depuis une quarantaine d'années.

Aussi, je ne peux que refuser l’assertion selon laquelle il serait inutile pour nos gouvernants d’élaborer et de mettre en œuvre une stratégie de développement économique visant à réduire notre dépendance vis-à-vis des transferts financiers de l’Etat. Au contraire, cette stratégie a déjà été mise en œuvre avec un certain succès : d’un taux de moins de 30 % de ressources propres par rapport aux transferts financiers de l’Etat, nous sommes passés à plus de 50 % en une décennie. Ce n’est donc pas un mince résultat.

Il est vrai que, pour diverses raisons, on est en "panne" ces dernières années. Raison de plus pour élaborer une nouvelle stratégie pour la décennie qui vient et de la mettre en œuvre avec constance.

Des marges de manœuvre existent. Non, nous ne sommes pas condamnés à subir avec fatalisme les évolutions économiques et financières du monde qui nous environne ou à dépendre « ad vitam » des transferts financiers de l’Etat.

Oui, nos gouvernants peuvent agir intelligemment sur le plan économique, notamment en tournant le dos au protectionnisme qui ne viserait qu’à maintenir des rentes de situation à des groupes économiques peu efficaces ou peu productifs. Nous rejoignons, en ce sens, une orientation forte de Monsieur POIRINE.

Je plaide donc plutôt pour un pilotage économique éclairé tel que toutes proportions gardées, l’ile Maurice, Fidji, Singapour ou Dubaï…ont réussi à penser et à mettre en œuvre. Nous n’avons pas de pétrole, mais nous avons, comme les autre peuples, des idées que nos gouvernants se doivent de faire fructifier avec imagination, clairvoyance et constance, car il en va de notre avenir.

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samedi 24 novembre 2007

Exemple de pitoïsme : la protection de l'emploi local

Par lebop, samedi 24 novembre 2007 à 11:39 :: General

Le Conseil des Ministres a tranché : ce sera "5" ans. J'ai déjà dit tout le mal que je pensais de cette fausse bonne idée qui fleure bon le "nationalisme" démagogique à la sauce UPLD. Mais il faut avouer que c'était pire avec les syndicalistes ( tous polynésiens, bien sûr) du CESC qui avaient décidé "10 ans" dans la plus totale irresponsabilité. C'est peut être leur culture de la surenchère : on demande 10 pour avoir 5... Quel raisonnement ! Mais c'est dire aussi le "sérieux" de cette institution qui se laisse manoeuvrer ainsi par certains sans évaluation et étude approfondie !

Par provocation, je dirais qu'il nous faudrait plus de chefs d'entreprise polynésiens que de syndicalistes. Malheureusement, il n'existe pas d'écoles pour former des chefs d'entreprises...et heureusement que, dans ce domaine, des chefs d'entreprise "popa'a" ou "tinito" sont là pour prendre des risques et créer des emplois....et donnent ainsi une raison d'exister à nos syndicalistes polynésiens qui peuvent revendiquer "toujours plus" sur cette base construite par d'autres.

Question : a-t-on constaté une invasion d'étrangers ( en fait de métropolitains que, par hypocrisie, on n'ose pas trop nommer...) ces trente dernières années ?

Notre histoire est pourtant là pour démontrer que la mobilité internationale de la main d’œuvre est un facteur important du développement. Un pays a besoin d’être ouvert aux autres, d'accueillir ceux qui créent et qui entreprennent et de laisser ses travailleurs partir se former et travailler à l’étranger.

Maohi, Tinito, popa'a, farani : ce Pays, notre Pays, s'est construit ainsi et est ainsi. C'est un pays métis et c'est ce qui fait sa force et son originalité. Chacun y apporte ses qualités et ses talents. Et c'est le talent de tout le monde qui va faire notre développement.

Jacques ATTALI a ainsi constaté qu'un "lien très fort existe aujourd’hui entre ouverture et croissance, en particulier dans les pays où la natalité s’est effondrée. Ainsi, les pays d’Europe où la croissance est la plus forte sont ceux qui, comme l’Irlande, le Portugal, le Royaume-Uni, l'Espagne et la Suède savent recevoir des étrangers et faire revenir leurs étudiants partis se former ailleurs. Les 600.000 Européens de l'Est venus depuis moins de dix ans au Royaume-Uni ont contribué à 5 % du PIB anglais et les Pakistanais y ont créé l’essentiel des entreprises nouvelles. En Espagne, le quadruplement en six ans du nombre des étrangers est à l'origine de la moitié de la croissance. Au Portugal, plus de 300.000 Ukrainiens, venus d’abord illégalement et remarquablement intégrés, sont un formidable facteur de développement.

Et encore, les Européens sont ils particulièrement timides : Seulement 1,7 % de la population active de l'Union Européenne vient des pays tiers, contre 9,9 % en Australie et 7,3 % au Canada et autant aux Etats-Unis, pays qui recrutent directement, en particulier dans le secteur médical, sur les campus de l'Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud."

La Polynésie...française fait le chemin inverse. Elle veut bien prendre l'argent des français de métropole et en réclamer encore davantage, elle veut bien des touristes métropolitains, mais elle ne veut pas des soit disants " hotu painu faranis" qui occupent des emplois de maitres d'hotels, de réceptionnistes, de commerciaux ou d'infirmières que les polynésiens ne veulent pas occuper... C'est trop dur paï, c'est mal payé paï. C'est mieux l'administration, paï !

Va-t-on aussi exiger des rares investisseurs "étrangers" qui viennent dans nos iles qu'ils aient 5 ou 10 ans de résidence ?

Nous sommes champions pour élever des barrières partout et faire fleurir les "tapu" comme pour nos accès à la mer et au grand large. Ce n'est pas comme celà que nous nous en sortirons.Il faut au contraire prendre le vent du large, car l'avenir est à l'OUVERTURE !

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vendredi 23 novembre 2007

SORTIR DU NOMBRILISME POLYNESIEN ( Réédition remaniée)

Par lebop, vendredi 23 novembre 2007 à 19:18 :: General

Le Monde est en train de basculer. Le centre de gravité de la production de richesses se déplace à vive allure vers l’est et l’Orient. Les anciens pays communistes se développent, et la Russie redevient un grand mondial grâce au prix du pétrole. Aux portes de l’Europe, le poids économique de la Turquie s’impose année après année. Non loin de là, Israël est désormais l’un des leaders mondiaux des hautes technologies. Le moyen-orient reste une zone ambivalente, où la pauvreté des uns côtoie les pays qui bénéficient de manne pétrolière (dont l’Iran !), et en conséquence de masses de liquidités à réinvestir.

Encore plus à l’est, la Chine et I’Inde constituent désormais avec les dragons d’Asie et le Japon le nouvel épicentre industriel mondial. En Amérique Latine, le Brésil a retrouvé un dynamisme qui confirme son futur rôle de grande nation économique et de grenier du monde. La bascule du monde est non seulement géographique, elle est aussi cinétique, avec l’entrée dans l’ère de la cybervitesse. Les avions et les navires qui véhiculent les hommes et les marchandises ne vont guère plus vite qu’il y a vingt ans,mais les technologies électroniques et Internet ont, en dix ans, aboli les distances pour l’information et la connaissance, reliant instantanément les savoir-faire sophistiqués occidentaux au pouvoir-faire à bon marché des usines des pays émergents; de même, les excédents d’épargne des uns sont immédiatement recyclés là où les perspectives de rentabilité sont les plus attractives.

La France, notre "mère-patrie", ne se porte pas au mieux. L'ère des réformes nécessaires s'est ouverte. N'en déplaise aux corporatismes de tous poils.

Il n’y a pas d’autre choix que de s’adapter pour mieux tirer parti du grand saut dans cette révolution technologique et industrielle globale ou le temps et l’espace se contractent. Tout va de plus en plus vite, et les entreprises doivent s’adapter quasi instantanément aux changements de l’environnement, de la concurrence et des attentes des ménages. Des consommateurs qui ont pris l’habitude de payer de moins en moins cher tous ces produits dont la fabrication a été délocalisée. Des consommateurs qui entendent bénéficier des bienfaits de la mondialisation. Mais des consommateurs qui sont aussi citoyens-électeurs et des travailleurs, et qui ont du mal à comprendre que pour tirer parti de la globalisation, il faut d’abord l’accepter et s’y adapter.

Pendant que nous avions les yeux tournés vers notre "pito" et nos énergies concentrées sur nos querelles internes, le monde ne nous a pas attendu et a continué d'évoluer. A nos femmes et hommes politiques de faire la pédagogie de ce grand chambardement, d’exprimer que, face au basculement du monde, les combats d’arrière-garde sont du temps, des efforts, des emplois et des richesses perdus.

Il y a des signes inquiétants : notre tourisme stagne; notre perliculture est encore en convalescence; le noni sombre; la pêche est, aux dires des professionnels, sinistrée; notre commerce est en plein marasme. Un commerçant me disait aujourd'hui qu'il croyait être au creux de la vague il y a trois ans, mais il constate que ce creux s'approfondit. Un sursaut collectif est absolument nécessaire.

Dans ce contexte, il est particulièrement scandaleux que certains continuent à avoir des revendications abusives que nous allons tous payer tôt ou tard.

Je ne veux pas tomber dans un pessimisme excessif. Car notre pays dispose d’atouts pour capter à son profit les opportunités de cette mutation. Mais il faut expliquer et se convaincre que les règles du jeu ont changé, et qu’il faut bien en tirer les conséquences pour préserver un niveau de vie et des relations sociales équitables. Sinon, on risque de se lever un matin avec une grosse "gueule de bois" et un sentiment d'être "largué"...

Nous devons donc, nous aussi, nous remettre en question et nous réformer. A tous les niveaux et à tous les étages du "va'a" polynésien.

Nous n'avons pas de pétrole, mais nous avons des cerveaux,de la créativité et de l'énergie à revendre. A nos politiques de montrer le chemin. En tous les cas, une chose est certaine :ce n'est pas à parler à longueur de journée d'indépendance, de projet de loi organique, à faire de la politique politicienne ou en ronronnant dans la gestion quotidienne que l'on fera face aux énormes défis qui nous attendent. Il est plus que temps de se retrousser les manches !

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mardi 20 novembre 2007

L'avenir de la perle de Tahiti ne sera assuré que par la solidarité entre les producteurs (réédition)

Par lebop, mardi 20 novembre 2007 à 19:31 :: General

La perle de Tahiti, notre principale ressource à l'exportation, traverse depuis quelques années une crise dont la raison principale se situe dans le déséquilibre d'une offre, qui a crû longtemps de plus de 10 % par an, alors que la demande internationale, pourtant dynamique, ne croissait que de 5% par an.Ce déséquilibre a, bien sûr, provoqué une baisse continue des prix et la disparition massive des exploitations perlicoles les moins performantes. On en est arrivé à la situation paradoxale suivante : plus de travail, plus de productivité, plus de production pour chaque ferme, et ce, pour une rémunération de moins en moins importante. Malgré le léger accroissement des prix constaté depuis moins de deux ans, il est impératif de sortir de ce cercle vicieux et la solution ne sera que collective.

L'individualisme des producteurs qui a prévalu et qui prévaut toujours dans la filière a conduit à un résultat collectif contraire aux objectifs et aux attentes de chacun :une production de perles, certes, en forte croissance, mais une rémunération beaucoup plus faible de chaque unité produite. A la base, une règle fondamentale dans l'ECONOMIE DU LUXE avait été oubliée : maintenir la rareté pour maintenir et accroitre la valeur. Dans ce but, il convenait de contrôler colllectivement et réguler les quantités produites de perles ainsi que leur qualité.

Or, un rythme de production longtemps supérieur à la croissance de la demande ne pouvait qu'aboutir au résultat constaté, à savoir une dégradation inexorable de la valeur de notre joyau sur le marché international. Car la somme des intérêts individuels n'a pas conduit à l'intérêt général.En 1999, la Polynésie française vendait 12 fois plus de perles que l'Australie, mais à un prix 8 fois moindre, pour des recettes totales supérieures de seulement 11%. Numéro Un mondial, certes, mais au prix d'une débauche d'énergie et d'efforts de la part de nos producteurs qui s'estimaient, à juste titre, peu payés en retour.Ces derniers vivaient une situation paradoxale et un cercle vicieux : plus de travail, plus de production, moins de rémunération. Et l'année suivante : encore plus de travail pour compenser la baisse de valeur par une production accrue.... Logique infernale à laquelle de nombreux producteurs n'ont pas résisté.

En effet, s'il est un domaine où la liberté d'entreprise s'est exprimée, c'est bien la perliculture : plusieurs centaines d'exploitations perlières ont vu le jour et se sont développées dans un contexte relativement anarchique ( concessions maritimes exagérées,surexploitation des lagons, densité d'exploitation, difficultés de contrôle...). Et la difficulté se situe justement dans le très grand nombre d'acteurs à convaincre de dépasser le chacun pour soi, à encadrer et à organiser.Ceci pour recréer le cercle vertueux : limitation de la production, amélioration de la qualité, ajustement à une demande toujours importante par des stratégies commerciales appropriées, avec, au bout du compte, un prix de la perle nettement réévalué pour un moindre effort sur le terrain.

Plusieurs options ont été envisagées : intauration d'un organisme de commercialisation unique centralisant l'offre, capable de maintenir les cours de la perle en sélectionnant et en appariant les perles vendues ;une autre option avait, à un moment donné, le vent en poupe : la création de 2 ou 3 centrales d'achat visant à prendre en compte la diversité existante des groupements de producteurs ( représentatifs des "gros", des "moyens" et des "petits" producteurs); création d'un label de qualité et d'un bureau d'expertise officiel, de manière à mieux valoriser sur le marché mondial les perles de bonne qualité ;système de quota par ferme; création d'une maison de la perle...Les solutions avancées par les experts existent. Restent la volonté et le courage d'enclencher cette discipline collective face aux groupes de pression et aux intérêts corporatistes contradictoires.

L'enjeu : conserver une image de luxe pour la Perle de Tahiti sur le marché mondial en étant intransigeant sur la qualité et modifier le rapport de forces actuel qui est trop à l'avantage des négociants et des gros clients internationaux. Car ces derniers captent l'essentiel de la valeur en profitant du morcellement de la production et de la division de nos producteurs qui, eux mêmes, s'engluent dans des rivalités de clocher complètement dépassées dans le contexte actuel.

Le défi : surmonter l'individualisme et l'égoïsme viscéral de la profession.Compter cyniquement et uniquement sur la loi de la concurrence et la disparition des plus faibles n'est pas la solution, bien que celà soit l'arrière pensée de nombreux responsables et acteurs.

Car il est indispensable que les pouvoirs publics fassent prévaloir l'intérêt collectif face aux intérêts particuliers de chacun.

Alors, à quand un vrai "Taui" pour notre secteur phare à l'exportation par la mise en oeuvre d'une ou de plusieurs options citées ci-dessus ?

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lundi 19 novembre 2007

La République de l'équité

Par Noindep, lundi 19 novembre 2007 à 00:10 :: General

Pendant que les troupes syndicalisées inondent les cortèges d'une effarante promiscuité, s'installe la fin de la République des Acquis. Celle, si généreuse, qui récompensait non au mérite, mais à la singularité d’une situation, autrefois pénible, mais pervertie, depuis, en une folie séculaire. Dans l’éclatement de la bulle des régimes spéciaux, il en sort une France qui se désocialise, qui se décommunise dans la perversité des qualificatifs numéraires qui faussent l'écriture comptable des programmes politiques.

La confrontation que l'on veut construire entre les avantages acquis des cheminots et les avantages subis des autres, rompus à cotiser quarante annuitées, nourrit un dialogue qui n'a même pas lieu d'être, si ce n'est une bonne promotion de la paralysie que 10% de la population active est capable de nous faire subir. L’entrée en scène des étudiants révolutionnaires marque la permanence de certaines reliques de 1968, à bannir des esprits. Le siècle des cheminots marquera l’histoire sociale de la France, car elle sera désormais la règle pour briser le cercle de l’exception.

Parce que derrière ce coup de force syndical, des corporatismes luxuriants ruinent encore cette équité à géométrie variable. La Polynésie française sera sans doute, une nouvelle fois, le centre d'expérimentation du Pacifique. Celle d'une désindexation proche et prochaine. Le bilan consolidé chez les cheminots permettra d'embraser ce mince avantage d'une légitimité énorme et prononcée. Et nos fonctionnaires risquent de passer à la trappe des scandales, stigmatisés comme les derniers nantis d'une caisse noire de la République qui ferme les robinets pour obtenir un verdict clément de Bruxelles et de ses contribuables.

Car l'indexation outre-mer coûte plus que les 600 millions d'euros d'économies que permettra en année pleine de dégager la fin des régimes spéciaux. Comparativement, c'est deux fois moins que les transferts d'Etat vers la Polynésie française (1,254 milliard d'euros). Autant dire qu'on exercera une pression relativement forte sur cet avantage d'ancien régime, qui comme les cheminots, n'est plus crédité d'un handicap légitime.

On avalisera ou non cette vision "un peu facile" de la caricature, celle de mettre sur un même plan cheminots et fonctionnaires de l’outre-mer. Mais c’est sans doute l’inéquité que ces régimes inspirent, plus que leur nécessité à soutenir la croissance locale, qui sera retenue par les comptables de Bercy et l’opinion populaire.

Ne compte que le défilé de symboles, ceux qui sauront réduire la fracture morale de la société et qui feront sortir la France de cet isolement des dynamiques mondialistes, que l'on range à côté du libéralisme acheteur de notre équilibre social. Mais à force de vouloir croire que le progrès social est « gratuit », on ignore volontairement que la croissance sociale est un jeu à somme nulle. Dans cette ruine budgétaire de la société désolidarisée, on finance les détresses des uns par l’abondance des autres. C’est cela la République de l’équité en 2007.

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dimanche 18 novembre 2007

Budget 2008 du Pays : vrai ou faux budget ?

Par lebop, dimanche 18 novembre 2007 à 11:17 :: General

Monsieur Antony Géros a présenté le projet de budget 2008 du Pays, mais on peut se demander s'il ne s'agit pas là d'une simple opération de communication visant à préparer les élections territoriales de janvier 2008. En effet, les annonces ont pour objectif de "faire passer" un certain nombre de messages positifs: le gouvernement UPLD est devenu "vertueux". Il aurait tourné le dos à sa fringale dépensière du passé.

La preuve ?

Les Ministères se serrent la ceinture ( -25 % de baisse des dépenses de fonctionnement), l'administration est invitée à une certaine modération ( -5 %), le budget de fonctionnement du Pays est maitrisé, le budget d'investissement est à la hausse ( +23 %) et le recours à l'emprunt est modéré ( 8,2 milliards de F CFP de nouveaux emprunts prévus).

Les observateurs et les polynésiens pourront se dire que nous avons là des décideurs responsables qui tirent les enseignements de la gabegie et de l'amateurisme passé et qui vont enfin dans la bonne direction, à savoir une gestion rigoureuse et contrôlée du secteur public et une bonne préparation de l'avenir par une plus grande place au budget d'investissement...

On pourra simplement faire remarquer à Monsieur Antony Géros que sa communication est digne d'un comptable, mais qu'il a fait l'impasse sur le contenu de ce budget en termes d'objectifs, de missions et de programmes, si bien que l'on est bien en peine de savoir quelles sont les lignes de forces et les priorités de ce budget. Un "budget sans âme" en quelque sorte. Mais l'objectif n'était-il pas, justement, d'être le plus neutre possible sur ce plan là ?

De plus, avec l'annonce d'un montant global du budget 2008 en régression par rapport au budget primitif 2007, le Vice-Président entérine l'idée paradoxale que l'économie se porte moins bien aujourd'hui qu'hier. Car on avait l'habitude d'avoir, jusqu'à présent, un budget du Pays toujours croissant en valeur d'année en année... ce qui ne serait pas le cas en 2008. C'est là un précédent inquiétant qui augure mal de la bonne santé de l'économie polynésienne.

A moins que les comparaisons entre budgets primitifs ne sont pas les bonnes et qu'elles ne veulent strictement rien dire, car on sait ce qu'il est advenu du budget primitif de 2007 concocté l'année dernière par Jacqui DROLLET ... et complètement remanié par un collectif budgétaire effectué par le gouvernement TONG SANG. Tout le monde n'a pas la mémoire courte !

On peut aussi observer le très faible autofinancement du budget d'investissement, qui, sans l'aide de l'Etat et le recours à l'emprunt, n'existerait pratiquement pas... preuve de l'absence de marge de manoeuvre qui soit propre au Pays dans la construction de notre avenir.

Mais, en fait, il est clair que le projet de budget présenté n'est que de la poudre aux yeux. Le vrai budget sera bâti après les élections territoriales dans le cadre, classique maintenant, d'un collectif budgétaire. Ce n'est qu'à ce moment là que l'on verra si la "vertu" affichée se concrétisera effectivement, notamment en ce qui concerne le train de vie de nos institutions ( Présidence, Gouvernement, Assemblée, CESC...).

C'est bien la raison pour laquelle le Vice-Président est bien en peine d'esquisser la politique de développement sous-jacente de ce budget. Il laisse cette tâche, ainsi que les mesures impopulaires, par exemple la levée de nouveaux impôts et taxes, aux "suivants". A eux le vrai boulot pour un vrai budget, en d'autres termes. Merci du cadeau !

Mais l'essentiel pour l'UPLD, est de partir en campagne électorale avec l'annonce d'un budget "électoraliste", car vertueux dans l'affichage : pas d'impôts nouveaux, baisse présumée du train de vie du gouvernement, "austérité" pour l'administration... Rien que des choses agréables à l'oreille des électeurs "fiu" du gaspillage des deniers publics. La communication sur ce projet n'est donc qu'une simple tactique électorale.

Aussi, ne confondons pas annonce, affichage, prévision et réalité. Attendonc donc le premier trimestre 2008 pour le "vrai" budget 2008 de la Polynésie française.

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samedi 17 novembre 2007

Mondialisation, Autonomie et Indépendance ( réédition)

Par lebop, samedi 17 novembre 2007 à 11:59 :: General

Le Président du Pays, Monsieur Oscar TEMARU, à plusieurs reprises, a invoqué la nécessité de l’indépendance pour faire face à la mondialisation ou à la globalisation. Mais en quoi l’indépendance nous donnerait de meilleures armes pour faire face à la mondialisation ? Le Président du Pays s’est bien gardé de nous éclairer à ce sujet ou de nous expliquer les bénéfices concrets que nous allions en retirer. En fait, je pense qu’ il serait bien en peine de nous convaincre….

La mondialisation n’est pas aisée à définir. Elle recoupe en effet une réalité aussi diffuse que complexe. Les thèmes qui se rattachent à la mondialisation se caractérisent ainsi par leur hétérogénéité :libre-échange des marchandises, libre circulation des capitaux, inégalités entre pays, délocalisations d’entreprises, essor des nouvelles technologies de l’information et de la communication, dégradation de l’environnement,menaces sur la santé publique, terrorisme, remise en cause de la diversité culturelle sont autant de facettes de ce phénomène. La mondialisation se réfère ainsi à l’ensemble des phénomènes caractérisés par l’existence d’interdépendances et d’interactions entre des acteurs répartis sur l’ensemble du globe. Cette acception explique d’ailleurs le recours croissant au néologisme globalisation, transposition du mot anglais « globalization » dans la langue française.

La Polynésie française est immergée dans la mondialisation de diverses manières : par l’importation de marchandises très diversifiées dont nous avons besoin, par les capitaux métropolitains ou extérieurs que l’on reçoit pour réaliser nos investissements, par les transferts financiers de l’Etat, par l’usage des TIC, aux multiples informations que l’on reçoit et à la circulation des idées qui est démultipliée…. Dans notre vie quotidienne, nous en percevons les bienfaits multiples : accès à des biens matériels de moins en moins couteux, choix et diversité des produits, facilités de communication, facilités de transport extérieur, possibilités d’exploiter nos atouts en matière d’exportation grâce aux moyens de transport maritime ou aériens relativement peu couteux…

La Polynésie bénéficie largement de la libéralisation des échanges de par son niveau de richesses, de par sa capacité d’achat au meilleur prix des meilleures marchandises offertes sur le marché mondial. Cette CAPACITE n’est rendue possible que par notre ancrage à un ensemble plus vaste, la France et l’Europe. Je ne reviendrai pas sur mon billet relatif aux transferts financiers de l’Etat, qui, je pense, était suffisamment explicite sur ce point.

Cette mondialisation n’appporte pas, bien sûr, toujours des bienfaits et elle comporte quelques menaces pour notre petite communauté : concurrence très forte en matière agricole, agroalimentaire et industrielle qui fragilise notre tissu économique local, atteinte à l’identité culturelle, emprise trop forte de certaines firmes multinationales dans notre développement…. De même, nous ne sommes pas à l’abri des délocalisations qui seraient décidées par nos entrepreneurs, de la fuite des capitaux locaux ou de la raréfaction de l’entrée de capitaux dans notre pays, du mouvement de standardisation culturelle…

Notre régime d’autonomie nous permet-il de maitriser les effets négatifs de la mondialisation ? Oui, en ce qui concerne le mouvement des marchandises et de capitaux. Oui, en ce qui concerne la défense de l’identité culturelle, car il suffit qu'on le veuille collectivement. Il nous apporte même plus de moyens en ce qui concerne les moyens de transport (création d’ATN) et les TIC ( capacités d’investissement de l’OPT et de ses filiales).

Notre appartenance à un ensemble plus vaste, à savoir la France, et notre association à l'Europe, nous permettent aussi de mieux maitriser certains effets néfastes de la mondialisation : emprise des mafias, "influence" de certains pays étrangers donneurs d'aides (Chine, Taiwan, Australie...) terrorisme, mouvement de blanchiment de capitaux...

Cette solidarité française et européenne nous permet au contraire de renforcer - paradoxe apparent- notre identité culturelle grâce à des moyens financiers accrus : TNTV, Musée,Académie,Village culturel, promotion du reo maohi dans l'enseignement..etc...etc.... De même, elle permet notre appartenance à la zone Euro jusqu'à l'adoption de cette monnaie, l'accès à l’innovation, la présence d’un encadrement qualifié et de compétences rares ou non disponibles localement… Je résume, car celà a été démontré abondamment sur ce blog.

Qu’apporterait donc de plus l’indépendance ?

J’avoue que j’ai du mal à trouver des arguments dans ce sens, car celle-ci réduirait, au contraire, nos marges de manoeuvre dans de nombreux domaines : économique, commercial, financier, sanitaire, social, culturel…

Edicter nos propres lois ? Pour interdire les importations et réduire ainsi les choix des citoyens-consommateurs ? Refuser la concurrence ? Mettre notre agriculture sous cocon ? Garantir notre autosuffisance alimentaire à tout prix ( et surtout à quel prix, pour nous consommateurs ?) ? Aligner notre protection sociale vers le bas ? Restreindre la circulation des idées ? Supprimer les influences culturelles considérées comme néfastes ? Imposer des normes culturelles plus "authentiques", avec ou sans l'assentiment de nos populations ? S’abstraire du droit international ? Inventer notre propre droit interne tout en respectant les libertés ? Qu'apporterait de plus, comme par magie, la République populaire, fédérale et démocratique Te A'o Maohi ?

Bien au contraire, je crois bien que l’indépendance nous mettrait progressivement à l’écart des bienfaits de la mondialisation. C’est ce que j’observe dans les pays insulaires du pacifique : qui s’intéresse véritablement à ces pays ? Les multinationales ? A part quelques sociétés asiatiques qui viennent piller leurs ressources naturelles (pêche, forêts, mines…), je ne vois pas beaucoup d’investissements. Sauf, peut être, dans l’hôtellerie : certaines chaines hôtelières internationales profitent effectivement des bas salaires pour développer des resorts tropicaux pour touristes australiens ou autres. A priori, en cas d’indépendance, nous ne voudrions pas attirer des investisseurs extérieurs en diminuant nos salaires, n’est ce pas ? Et, justement, en cas d’indépendance, en quoi intéresserions –nous encore les investisseurs ? Quels seraient nos atouts dans la mondialisation ?

Bref, ces pays souffrent plus d’une « insuffisance » de mondialisation que d’un « excès » de mondialisation. Les exemples actuels sont nombreux : Papouasie, Salomon, Vanuatu, Tonga, Cook islands… Ces sociétés retournent progressivement à un statut de sociétés "peu évolutives" et à l’écart du mouvement du monde. Je suppose que ce n’est pas là l’avenir que l’on souhaite à nos jeunes…

Aussi, Monsieur le Président, expliquez-nous votre projet de société et son articulation à la mondialisation, car il ne s'agit pas, dans votre esprit, d'une discussion de café de commerce, n'est ce pas ? Vous nous rendrez grandement service…

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jeudi 15 novembre 2007

La Polynésie malade de sa santé

Par lebop, jeudi 15 novembre 2007 à 18:09 :: General

La fronde endémique qui agite les professions de santé depuis plusieurs années révèle de plus en plus une vérité toute crue : la Polynésie française n'a plus les moyens de faire face aux coûts croissants de son système de santé.

Il ne sert à rien de continuer à faire la politique de l'autruche face à la répétition des revendications corporatistes de nos professions médicales. Nous ne pouvons plus faire face sous peine de faire exploser les dépenses de l'hopital et les coûts du régime maladie de la Caisse de Prévoyance Sociale. En plus, nous n'avons encore rien vu, car les surcoûts très importants du nouvel hôpital sont encore devant nous !

Alors que faire ?

Une "remise à niveau" s'impose. Peut-on encore s'octroyer le luxe des statuts catégoriels améliorés d'année en année du temps de notre "prospérité" du fait de revendications récurrentes ? Loin de moi l'idée de recruter à tout va des médecins smigards qui peuplent les campagnes françaises (oui, oui, ils existent par centaines...), mais, au regard du "toujours plus" qui anime nos "chers" médecins, on peut se poser la question d'élargir les options de recrutement des professions de santé qui s'offrent au Pays. Le chantage à la pénurie de docteurs est tout relatif si on élargit notre champ de vision au vaste monde... Dans un pays où le revenu par habitant est moitié moindre que celui de la métropole, il devient de plus en plus indécent d'exiger des revenus doubles ou triples de ceux des collègues "métropolitains".

La rationalisation des dépenses hospitalières s'impose aussi dans le cadre d'une logique de productivité telle que poursuivie par les hôpitaux français. Développons donc des outils de comparaison pour identifier les sources de surcoût et les maitriser.

Une plus grande place aux médicaments génériques est aussi d'actualité. Allons-y de manière plus volontaire. De même, le coût des médicaments doit à nouveau faire l'objet d'une analyse actualisée.

Une incitation aux investissements et l'ouverture à la concurrence dans le secteur des cliniques privées est d'une urgence absolue. L'état déplorable des deux cliniques privées est indigne d'un pays dit développé.

La responsabilité des clients- patients est bien sûr une autre donnée-clef du problème. Le nomadisme et les abus de nombre de patients doivent être combattus fermement, car, comme on a l'habitude de le dire, "si la santé n'a pas de prix, elle a un coût de plus en plus lourd". Il est vrai que la "solvabilisation" de la demande par nous tous, via la caisse de prévoyance sociale, pousse à la déresponsabilisation. Il convient donc de réfléchir à une plus grande maitrise du système, car la demande ne peut être "infiniment élastique", comme disent les économistes dans leur jargon.

Par contre, je suis tout à fait d'accord pour que la collectivité fasse un effort particulier pour les professionnels de la santé qui acceptent de séjourner dans nos îles, car c'est une question d'équité, comme dirait notre secrétaire d'Etat.

Vaste chantier, me direz-vous. Mais c'est bien la raison pour laquelle la démocratie a inventé un animal particulier : l'homo politicus. C'est au courage de cet animal que la démocratie montre sa force.

Alors, à quand un vrai débat sur l'avenir de notre système de santé et de protection sociale qui dépasse le cercle corporatiste ?

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Autonomie veut dire aussi Responsabilité (réédition réaménagée)

Par lebop, jeudi 15 novembre 2007 à 17:37 :: General

Ce billet est d'autant plus d'actualité que l'Etat, dans son projet de loi organique, a tenu à édicter de nouveaux gardes-fous qui viennent utilement compléter le statut de 2004 qui contenait déjà de grandes avancées comme l'institution d'une chambre des comptes qui soit propre à la Polynésie française. Il est vrai que l'actualité récente, du salaire de Monsieur Jean-Alain FREBAULT, obtenu sur décision de son ami Gaston TONG SANG, et les abus scandaleux d'Emile VERNAUDON, autre grand ami de Gaston TONG SANG, dans sa qualité de Ministre des Postes, grand amateur de vin et d'agapes royales devant l'éternel, ne peuvent que conforter l'Etat dans sa volonté de reprise en mains devant l'immaturité de nombre de nos personnalités politiques.

L'autonomie est avant tout un régime qui vise à être responsable dans les domaines de compétences que nous avons voulu maitriser. Et RESPONSABILITE VEUT DONC DIRE AUSSI RESPONSABILITE FINANCIERE...

En effet, par la lutte des aînés de la génération politique actuellement en place, la Polynésie a souhaité de plus en plus maitriser les leviers de son propre développement. Ce résultat a été acquis de haute lutte et il est bien évident que notre politique de développement économique et social, que nous définissons librement, doit être, dans la mesure du possible, financée par nos propres ressources budgétaires.

Faut-il rappeler que nous avons toute compétence en matière fiscale et douanière, et -dimension très importante - toutes les ressources fiscales prélevées par le Pays sont entièrement destinées au Budget du Pays. L'Etat n'en conserve pas une partie, comme celà est souvent le cas des pays européens où les provinces ou régions disposent pourtant d'une très grande autonomie ( Catalogne, pays basque....).

Malgré celà, nos ressources budgétaires ne suffisent pas pour financer les programmes qui sont pourtant de notre compétence, notamment dans les domaines de la protection sociale, de la santé et surtout de l'éducation. C'est la raison pour laquelle une politique conventionnelle entre l'Etat et le Pays a été déployée depuis plus de 30 ans à l'initiative des pères fondateurs de l'Autonomie, relayée depuis une décennie par la procédure des Contrats de Plan Etat-Territoire, et encore plus récemment, par la Dotation Globale de Développement Economique et le Contrat de Projets.Ces financements de l'Etat dans des domaines de notre compétence se rajoutent, bien sûr, aux financements de l'Etat sur les matières qui restent de sa compétence et que nous n'avons pas à financer, sauf hypothèse d'accession à la souveraineté : Défense, justice, police, recherche.... La somme de tous les financements étatiques en Polynésie française dépasse le montant de 150 MILLIARDS DE F CFP, soit près de dix fois la valeur de nos exportations de perles ou plus de trois fois la valeur de nos recettes touristiques. A lui seul, le financement, par l'Etat, de l'Education, pourtant de compétence du Pays, représente un montant supérieur à la valeur de nos recettes touristiques.

En résumé, il me semble donc être important de rappeler que la voie de la responsabilité et l'autonomie effective est de pouvoir et de vouloir financer progressivement les programmes qui ressortent de notre compétence par nos propres moyens, car c'est nous qui avons voulu cette évolution de haute lutte, avec l'accord, obtenu non sans difficultés, des autorités de l'Etat.L'aberration suprême serait, en effet, de faire financer par quelqu'un d'autre les projets qui seraient de notre propre compétence.

Point n'est donc besoin d'attendre une éventuelle indépendance pour avoir cette volonté. Encore faut-il que nos dirigeants indépendantistes, même s'ils sont indépendantistes, ne fassent pas de contre-sens sur la définition de l'Autonomie et qu'il essayent au moins de comprendre ce régime, à défaut de l'accepter, ou même, pour mieux le combattre, si telle est leur logique. Et ils verront alors que ces deux régimes Autonomie/ Indépendance ne sont pas aussi divergents qu'ils le pensent.

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mardi 13 novembre 2007

Du populisme en Polynésie ( réédition aménagée)

Par lebop, mardi 13 novembre 2007 à 17:55 :: General

Après ce mandat gâché et prématurément abrégé, il m’a paru intéressant de revenir sur le populisme en Polynésie. Existe-t-il ? Comment s'est-il exprimé lors des dernières campagnes électorales et cette mandature ? Quels partis utilisent ce ressort dans leurs discours et leurs actes ? Quelles formes prend-il dans les discours des uns et des autres ? Quelles conséquences produit-il sur les comportements de la population de notre pays ?

Le populisme joue éternellement sur les mêmes ressorts : l’appel aux masses, l’affirmation que le peuple porte en lui la vérité révélée, la conviction que les corps intermédiaires et les institutions ne font qu’occulter cette vérité immanente, le recours à un homme charismatique susceptible d’incarner les aspirations populaires, le culte affectif du chef.

Dans son univers fantasmatique, le populisme rêve d’abolir deux frontières : l’une entre la décision et l’action, l’autre entre le haut et le bas. Dans le premier cas, il s’agit de nier l’épaisseur de la réalité, la puissance des contraintes, la complexité de la société : le peuple veut, le chef fait, le monde se métamorphose ; un chef qui plus est, honnête, efficace, compétent, bienfaisant, légitime. Dans le second, ressurgit la vieille idée des « petits contre les gros ».

Il détourne à son profit les émotions populaires plutôt que de se livrer à une pédagogie sur le modèle de société que l’on veut. Il refuse le compromis. Les institutions ont failli : c’est donc la faute de ceux qui les incarnent. Le système économique ne produit pas le paradis sur terre : c’est la faute des hommes politiques en place, des « chefs d’entreprise qui s’en mettent plein les poches », de « l’affairisme ». Car les élites sont incompétentes, corrompues, illégitimes.

Le populisme s’inscrit aux antipodes des vieux principes de la démocratie représentative qui multiplie les intercesseurs, les médiateurs, les détenteurs de légitimités partielles.

Dans les comportements, il se caractérise par une haine sournoise, une agressivité à peine contenue et une hostilité verbale.

Nous avons pu voir à l'oeuvre tous les responsables politiques, notamment ceux qui n'avaient jamais exercé le pouvoir. Entre discours populiste et efficacité opératoire, le fossé est béant. Un paramètre à méditer pour janvier 2008...

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lundi 12 novembre 2007

Nous ne créons plus de richesses supplémentaires !

Par lebop, lundi 12 novembre 2007 à 17:27 :: General

Une communication de Pierre FREBAULT, ministre de l'économie, est passée relativement inaperçue : c'est l'estimation du produit intérieur brut, en d'autres termes, de notre création de richesses, en 2006.

Notre création de richesses en 2006 a atteint, en valeur, 536 milliards de F CFP. Le taux de croissance en valeur est de 2,4 %, par rapport à 2 % en 2004 et 3,2 % en 2005.

Derrière l'aridité de ces chiffres d'économistes, il faut lire, qu'en fait, déduction faite des taux d'inflation, c'est à dire de la hausse des prix en 2004, 2005 et 2006, notre croissance en termes réels a été nulle.

En effet, la hausse des prix a évolué comme suit :

  • 2004 : 0,8 %
  • 2005 : 2,3 %
  • 2006 : 2,4 %

En 2005 et en 2006, on constate que les taux d'inflation sont quasiment similaires aux taux de croissance du PIB en valeur. Il n'est pas étonnant, dans ces conditions, que le produit intérieur brut par habitant régresse depuis quelques années. Selon l'institut de la statistique, celui-ci avait déjà stagné à 2 millions de F CFP en 2003 et en 2004. Sur la base d'une estimation de population de 252.900 habitants et de 256.300 habitants en 2005 et 2006 ( source ISPF), on peut considérer que le revenu par habitant a régressé ces trois dernières années. En effet, qui dit stagnation du PIB en termes réels et augmentation de la population dit, mécaniquement, baisse du revenu réel par habitant.

Cette situation de stagnation économique devrait interpeller sérieusement notre classe politique, car il en va de l'avenir de notre modèle économique et social. Sans croissance économique, il n'y aura pas d'augmentation des ressources publiques, aussi bien pour financer le budget du Pays que le budget de la protection sociale (sans hausse des côtisations). Autrement dit, pas de croissance, pas de création d'emplois et de redistribution supplémentaires.

Nous avons, au fil de nos billets depuis plusieurs mois, esquissé de nombreuses pistes en vue de dynamiser notre économie et réformer notre secteur public. Nous allons d'ailleurs, publier à nouveau quelques-uns de nos billets les plus démonstratifs dans ce sens au cours des prochains jours et prochaines semaines.

Il sera donc particulièrement intéressant d'analyser les programmes électoraux de nos partis politiques au regard de cette donnée de base qu'est notre situation de stagnation économique. Il faudra bien, notamment, se poser la question des raisons de cette situation. L'une de celles-ci, pour ne pas dire la principale, est à rechercher dans le défaut de gouvernance observé depuis 2004, caractérisé par un "pilotage à vue" dans le plus parfait amateurisme. Celà ne fait aucun doute. Reste à en tirer les enseignements si notre classe politique veut donner de l'espoir aux polynésiens.

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dimanche 11 novembre 2007

Entretien d'Edouard FRITCH à Tahiti Business : sa part de vérité

Par lebop, dimanche 11 novembre 2007 à 11:10 :: General

Edouard FRITCH, Président délégué du Tahoeraa, remet les points sur les I pour ce qui concerne les soubresauts qu'a connu ce parti ces dernières années. Il y relate le choc des ambitions, les impatiences, les appétits et les rivalités personnelles inhérentes à tout appareil de conquête du pouvoir. Avec du recul, on constate que ce parti a été "la" pépinière de toute une nouvelle génération de femmes et d'hommes politiques qui ont dû, cependant, assouvir leurs ambitions en dehors d'un parti tenu d'une main de fer par Gaston FLOSSE.

Edouard FRITCH incarne la loyauté et la fidélité au leader. Il s'est forgé et a gagné ses galons par un travail assidu et persévérant auprès de son maitre en politique. Il a de ce fait derrière lui une longue expérience du pouvoir et on ne peut lui contester une compétence acquise pour les affaires du Pays. Il se pose donc sans état d'âme excessif en défenseur de l'orthodoxie du parti et de garant de ses valeurs : discipline, travail et loyauté.

Il confirme l'ancrage autonomiste du Tahoeraa face à la désinformation ambiante et ne nie pas qu'il y a eu une lutte à couteaux tirés pour le leadership du parti entre Gaston TONG SANG et Gaston FLOSSE, énième coup de boutoir interne pour la conquête de l'appareil du parti. A ce titre, il livre à nouveau son interprétation des derniers évènements politiques à l'aune de cet éclairage. Il insiste notamment sur le fait que le pouvoir est de nouveau aux mains d'Oscar TEMARU du fait de la tactique de la chaise vide de Gaston TONG SANG et de ses alliés qui n'ont pas voulu l'alternance au sein des autonomistes au profit d'Edouard FRITCH pour la Présidence du Pays. C'est dire l'importance du contentieux accumulé !

Il précise aussi qu'actuellement, le Tahoeraa est bien dans l'opposition, mais dans une opposition constructive pour faire avancer, dans des circonstance troublées, et tant bien que mal, le Pays.

Il ne nie pas non plus que tous ces soubresauts internes, combinés au tournant historique d'un dialogue pacifié avec le mouvement indépendantiste ont dû perturber les militants et l'électorat fidèles à son parti, mais il pense que les campagnes d'explication et d'information entamées depuis quelques mois vont produire leurs effets.

Plus intéressante est l'affirmation d'une volonté d'ouverture du Tahoeraa. Il s'agit là d'un vrai tournant stratégique de la part d'un parti qui n'a eu de cesse de bâtir son hégémonie par la marginalisation de ses "concurrents-adversaires" autonomistes et sa lutte idéologique acharnée contre les indépendantistes. Il ne ferme pas, notamment la porte à une nouvelle alliance prioritaire entre autonomistes au cours ou à l'issue des prochaines élections.Mais cette ouverture va même jusqu'aux indépendantistes et l'hypothèse d'un gouvernement d'union territoriale n'est pas exclue. Toutes les hypothèses sont donc envisagées et aucune n'est exclue ! Il râtisse large ...

Les enseignements ont été tirés des effets pervers de l'hégémonie passée qui a cristallisé les rancoeurs, les frustrations et qui ont fait que beaucoup de nos compatriotes se tournent vers une alternative indépendandiste complètement irréaliste. Mais celà, c'est l'avenir et, surtout l'épreuve du pouvoir qui nous le dira...

Edouard FRITCH rappelle aussi que l'autonomie politique, dont il se fait l'ardent défenseur puisqu'il ne veut aucun recul, est un moyen pour la conquête de l'autonomie économique. Et cette conquête n'est pas un long fleuve tranquille comme nous l'avons vu ces dernières années. Il y a eu des avancées et des reculs dans ce domaine, car on oublie souvent que nous vivons dans un monde difficile et que celui qui n'avance pas, recule. Travail, compétence, technicité, efficacité et sens du résultat sont plus que jamais nécessaires à tous les niveaux pour construire patiemment cette autonomie économique que tout le monde appelle de ses voeux.

Il en appelle logiquement au regroupement des énergies et des compétences. Plutôt que les discussions de café de commerce et les critiques faciles visant à faire des hommes politiques les boucs émissaires de tous nos maux, il encourage toutes les forces vives à militer dans les partis existants ( je suppose qu'il veut dire le sien en priorité !) dans le but d'apporter leur pierre à la construction de la Polynésie moderne. C'est effectivement une option pour changer progressivement les choses de l'intérieur, comme on dit.

Alors, fidèles de politita, sautez le pas et allez irriguer nos partis politiques de vos idées dans cette dernière ligne droite ! En espérant simplement qu'il n'est pas déjà trop tard pour influer sur le choix des hommes et des programmes politiques pour la prochaine mandature ...

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samedi 10 novembre 2007

Responsabilité individuelle

Par lebop, samedi 10 novembre 2007 à 10:08 :: General

J'ai suivi sur TNTV, jeudi soir, l'émission dont le thème était " la Polynésie-poubelle ?". J'ai été surpris de voir que seuls quelques responsables d'associations de défense de l'environnement avaient été invités pour répondre aux préoccupations de nos concitoyens relatives à la dégradation de leur environnement quotidien. Et Dieu sait si ces préoccupations furent nombreuses !

On a assisté, en effet, à un florilège de témoignages révélateur du laisser-aller total de nombre de nos compatriotes et des pouvoirs publics face aux multiples atteintes à notre environnement.

Prise de conscience, responsabilité individuelle, responsabilité collective. Nos militants associatifs n'avaient pas d'autre choix que de rappeler ces évidences tant ils avaient conscience de la gravité de la situation : comportements individuels scandaleux non réprimés, laisser-aller des communes, insuffisance des effectifs de la délégation à l'environnement, absence de volonté politique, non suivi des plaintes déposées, absence de corps de gardes natures, absence de sanctions, profusion de décharges sauvages et incontrôlées, aberrations dans les choix de localisation de ces décharges, retards dans les projets de traitement et de recyclage des déchets dans les iles...

Ce fut un impressionnant déballage de ce qui est un indicateur de l'irresponsabilité ambiante, et ce, malgré tous les moyens dont nous disposons. Nos militants associatifs deviennent des don quichote qui se battent contre les moulins à vent, tant ils sont esseulés devant l'énormité de la tâche qui vise à restaurer l'esprit civique au sein d'une société dont beaucoup ont perdu nombre de repères élémentaires.

Nous payons là le prix d'une démagogie, d'un esprit de facilité et d'une certaine lâcheté face à des individus et des entreprises qui croient que tout est possible, notamment celui de s'approprier des biens publics qui, par définition, doivent être partagés entre tous. L'exemple le plus révélateur est le saccage de la vallée de la Papenoo qui se tranforme le week end en "bains publics" de 4 * 4 devenus les nouveaux veaux d'or de certaines familles !

Que dire ? Qu'il est temps, après l'information, après les centaines de millions dépensés en spots télévisés qui enrichissent les boites de com, de restaurer une certaine discipline collective perdue depuis longtemps par certains. Il ne faut pas être candide. L'esprit de responsabilité individuelle, il y en a qui s'en "foutent" éperdument. Il faut annoncer la Loi et la faire respecter sans faiblesse. C'est ainsi dans les pays anglo-saxons : aucune faiblesse dans la sanction des moindres gestes répréhensibles. Et ces pays ont compris depuis longtemps qu'il faut toucher au porte-monnaie. En Australie, tu fais un excès de vitesse, tu payes 200.000 F CFP d'amende. Pas 10.000 F CFP. Et là, tu réfléchis à deux fois.... Les australiens n'étaient pas plus vertueux que vous et moi à l'origine, mais lorsque vous circulez là-bas, le respect du code de la route est flagrant. L'esprit de discipline a été "internalisé" grâce à ces moyens de coercition.

Là aussi, arrêtons le gouvernement du verbe. Que nos élus, à tous les niveaux, arrêtent d'être "compréhensifs", car cette compréhension encourage le "jemenfoutisme". La stratégie du "zéro tolérance" doit être dorénavant la règle. Il faut en avoir bien conscience : en ces temps de dégradation accélérée de notre petite planète terre, notre environnement est notre principale richesse pour nous, pour les touristes qui viennent nous voir, pour nos enfants et nos petits enfants. A continuer dans le laisser aller, nous scions la branche sur laquelle nous sommes assis.

Et chapeau à Guy JACQUET, qui, non seulement se bat contre les moulins à vent, mais balaie devant sa porte ! Et il a raison de "botter le c..l" à toutes nos institutions, tant la lâcheté et l'indifférence ont été érigées en principe.

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vendredi 9 novembre 2007

Beaucoup d'énergie pour pas grand chose

Par lebop, vendredi 9 novembre 2007 à 16:41 :: General

La loi organique mobilise l'essentiel de l'énergie de notre classe politique. Et pourtant, tout le monde, y compris le secrétaire d'Etat Christian Estrosi lui-même, se rend bien compte que ce n'est pas une loi qui va résoudre la question de l'instabilité et de l'immaturité de notre classe politique, car tout réside dans l'état d'esprit et le caractère personnel de nos représentants. Nous avons et nous aurons les élus que l'on mérite et j'ai bien peur que, grosso modo, la nouvelle assemblée ressemblera à l'assemblée sortante. Les leaders des grands partis récompenseront leurs responsables fidèles et la coalition hétéroclite de Gaston TONG SANG sauvera quelques meubles chez certaines de nos plus illustres girouettes.

Ce n'est pas la question de la variation des seuils de quelques pour cent qui changera grand chose. Grosso modo, on peut s'attendre à deux gros tiers pour le Tahoeraa et l'UPLD ( un gros tiers chacun) et un quart à un petit tiers pour les autonomistes à la remorque du nouveau pouvoir central emmenés par Gaston TONG SANG. Tout dépendra du passage du seuil fatidique de 5 % de Nicole BOUTEAU et de Jean-Christophe BOUISSOU. Si ces derniers atteignent ce seuil, ils formeront une nouvelle coalition hétéroclite de second tour avec Gaston TONG SANG où se mêleront idéalistes, opportunistes, chevaux de retour et girouettes. Pour se sauver, certains feront fi de leurs états d'âme et sortiront leurs mouchoirs. L'objectif unique à ce moment là sera de se faire élire à tout prix. Quel grand pas en arrière nous aurons fait là !

Malgré le voeu de nombre d'électeurs de voir un renouvellement de notre classe politique, les appareils politiques en charge de l'investiture interne des futurs représentants et du positionnement de ces derniers sur les listes auront bien d'autres critères que celui de la compétence, de la technicité et de la capacité à proposer un projet de texte législatif ou à débattre de manière constructive. La fidélité au parti sera le critère essentiel. A moins que... les leaders de ces partis en décident autrement.

Pour Gaston TONG SANG, c'est loupé. Il est prisonnier de ses complicités et pactes secrets passés. Il se doit de renvoyer l'ascenseur et de faire une place "éligible" à Emile VERNAUDON, Temauri FOSTER, Teina MARAEAURA. De même, Philip SCHYLE va essayer de sauver son siège. La seule nouveauté serait l'éligibilité de Madame Béatrice VERNAUDON qui pourrait voir là une occasion de "se refaire" après son échec aux législatives. Bref, rien de bien nouveau sous le soleil ...

Quid de Gaston FLOSSE et d'Oscar TEMARU ? Vont-ils se contenter de récompenser les sortants ou auront-ils les moyens de se débarrasser de caciques incompétents et de personnalités dépassées par le train de la modernité ? Sauront-ils se libérer de la pression des maires ou futurs maires qui iront à la bataille quelques mois après les territoriales ? Sauront-ils ou voudront-ils faire émerger une nouvelle génération d'hommes et de femmes politiques en phase avec la polynésie moderne qui essaie de se construire malgré les inerties et les incohérences de la politique de développement menée ?

Signe inquiétant, c'est que nous ne voyons pas l'ombre de programmes politiques à quelques semaines d'une élection capitale que toute la classe politique, à un moment donné ou à un autre, réclamait à grands cris. Plus d'ailleurs, pour contenter une opinion au bord de la crise de nerfs que par réflexe naturel. Pour l'instant, comme pour la loi organique, il y a de fortes chances que la montagne accouche d'une souris. Beaucoup de bruit, de temps, d'énergie et de fureur pour rien. Les polynésiens risquent d'être encore les dindons de la farce. Mais, plus grave, le train de notre développement aura pris 5 à 10 ans de retard. Et ce retard là ne se rattrapera pas...

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Le coût de l'audace

Par Noindep, vendredi 9 novembre 2007 à 08:32 :: General

Christian Estrosi est sans doute le ministre de l'outre-mer qui s'est rendu le plus souvent en Polynésie. Même si le "plus" n'augure pas le "mieux". Pourtant ces visites n'ont pas eu l'effet d'une figuration, ni d'une révolution, mais d'une volonté résolument volontaire, opposée à un "passage touristique" devenu une tradition pour le locataire de la rue Oudinot, pour rendre à l'outre-mer l'autonomie de son avenir.

Ne soyez pas impolis, "rendre" transige du "prendre", les pouvoirs décentralisateurs et les rêves d'une épuration des handicaps physiques de l'outre-mer. Ce que la République souhaite, c'est se désolidariser de l'assistanat qu'elle prête à l'outre-mer, condamnable à terme, mais aussi de ses conséquences. Continuer à arroser l'outre-mer de milliards d'euro sans contre-parties de résultats, c'est engraisser un porc sans le manger. La générosité est perverse de sa qualité.

Elle endigue l'autonomie de ces collectivités, dépourvues de biens et de ressources durables, mis à part la Nouvelle Calédonie, promis à un avenir radieux sur ce marché aride des ressources énergétiques. Tandis que la Polynésie française s'appauvrit de ses politiques, ignorantes et ruinantes de ses querelles. Elle entame le déclin d'une croissance tenue depuis tant d'années dans un coma artificiel par les médecins de Bercy, une intervention coûteuse et mensongère. Sortira t-elle un jour de cette tutelle de l'assistance pour s'éveiller à une dynamique autonome ?

Le discours de C. Estrosi s'oppose à ce que je dis plus haut. Il préfère s'accaparer des compétences gratuites accordés généreusement en 2004 pour le ramener dans le giron républicain. Ignorant des contrôles, absence de suivi, ce statut récite à lui seul l'état des pensées en Polynésie, congestionnées dans une fierté à s'auto-gérer, sans, au fond, savoir le faire. Avoir la prétention ne suffit pas à avoir la compétence.

Remarquez que cet homme fascine de par sa ressemblance avec son mentor, le président lui même, passionné de discours et de réflexions temporisées, de mots simples, et d'une sincérité volontaire. Rien ne présageait pourtant du caractère de l'homme, déterminé avec rompre l'indiscipline générale de ce monde cosmopolite de l'outre-mer.

C'est, en quelque sorte, le passé d'une puissance coloniale française impuissante de ses vérités, le feu et le sang de ses conquêtes, l'assise foncière du baptême de sa force de dissuasion, la colonisation de ces terres et de ces hommes. Cette gloire du débordement, s'équilibre tout juste avec le sang que l'histoire a fait couler. Et pourtant, "le départ de l'Afrique du continent français" a laissé la France bredouille d'une fantastique puissance colonisée, celle de l'Afrique de Papa, riche de ses ressources et pauvres de ses finances. La France l'a tronqué pour un Outre-mer moderne pauvre de ses ressources et riche de ses finances, et que certains trouvent comme un caprice géopolitique cher à entretenir.

C. Estrosi ne le dira sans doute jamais, mais le Président de la République l'a sans doute évoqué. Ce qu' il attend de l'Outre-mer, c'est qu'il devienne un investissement et non une dépense générale. Reste à C. Estrosi d'avoir le courage d'affronter la diversité des peuples et l'indiscipline de ses politiques respectifs pour faire passer le message. Il sait que le coût de l'audace est cher et risqué !

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jeudi 8 novembre 2007

CONSENSUS

Par lebop, jeudi 8 novembre 2007 à 23:19 :: General

La vie politique de notre pays prend elle un tournant prometteur ? A voir les débats et les conclusions consensuelles sur les grands dossiers du moment, à savoir le contrat de projets et le cable à haut débit, j'ose l'espérer. Car il serait temps de tourner le dos aux fausses idées lumineuses, aux ressentiments nationalistes, aux idéologies fumeuses, aux rêves irréalistes et revenir ainsi au pragmatisme qui est celui de répondre concrètement aux problèmes concrets des polynésiens. Rien de plus, rien de moins.

Certes, se "coltiner" la réalité et bâtir jour après jour un Pays est moins passionnant que de faire des déclarations enflammées, rêver d'avoir la tribune à l'ONU et être reconnu dans le Pacifique comme un pair parmi les pairs, mais c'est autrement plus constructif. D'ailleurs, les pays scandinaves en ont fait leur ligne de conduite et ils figurent parmi les pays les plus en avance sur le plan économique, social et écologique. Ils bâtissent déjà la civilisation du troisième millénaire faite de justice sociale, de frugalité énergétique, de flexibilité économique face à la mondialisation et de dialogue responsable entre des forces économiques et sociales égales en puissance. L'Etat est devenu stratège, arbitre et régulateur "intelligent".

Bien sûr, nous sommes un petit pays insulaire peuplé seulement de 260.00 âmes, mais il ne nous est pas interdit d'être intelligent... Le contrat de projets poursuit le partenariat indispensable entre l'Etat et le Pays. Nos élus ont eu raison de mettre de côté les projets intéressant les communes, car un même partenariat reste à bâtir. Il faut arrêter le clientélisme et l'assistanat municipal dans lequel se vautrent certains potentats locaux. Là aussi, l'esprit de responsabilité doit passer dans le recrutement des personnels communaux, dans la gestion de ces mêmes personnels, dans le renforcement de l'encadrement au service des conseils municipaux, dans la hiérarchisation des projets, dans le bon entretien des infrastructures, dans la gestion de l'environnement, dans le traitement et le recyclage des déchets, dans la fourniture d'eau potable, dans la sécurité de proximité... La gestion de tous les services de proximité doit être là aussi performante. Malheureusement, on en est loin, alors que ce n'est pas le personnel qui manque.

Je suis aussi rassuré que nos élus, tous bords confondus, ont dessiné des priorités que j'ai toujours défendu ici. Bien sûr que le cable à haut débit passe avant l'aéroport international des Marquises. Pépé Tama avait souhaité un débat à l'Assemblée dans un précédent billet et il est heureux que le Ministre des Postes ait repris cette idée. Sur le fond, c'est une question de mise à niveau stratégique par rapport à tous les pays du Pacifique qui nous environnent, tout simplement. Fidji, Hawaii, la Nouvelle-Calédonie ont ou vont avoir un cable à haut débit. Nous ne pouvions rester à la traine sous peine d'être déclassés et de perdre des opportunités de développement dont profiteraient nos voisins...et néanmoins concurrents. De même, notre Président a raison d'approfondir la question du cofinancement de cette infrastructure indispensable : Europe, Etat, Pays, OPT sont les financeurs naturels de ce cable dont la rentabilité ne peut s'établir que sur le long terme. Il faut notamment que l'Europe concrétise ses discours généreux à notre égard pour dépasser la modeste enveloppe du Fonds Européen de Développement qui nous est alloué.

Tout celà va dans le bon sens, grâce notamment à la pugnacité et à l'intelligence de Madame Armelle MERCERON qui devient l'archétype de l'élu de la nouvelle génération, car elle sait combiner technicité et bon sens.

Il reste encore de très gros chantiers sur lesquels le même consensus doit prévaloir. Notre protection sociale, par exemple. Il serait temps qu'un grand débat s'instaure à l'Assemblée. Ce dossier ne doit pas rester l'apanage des quelques initiés qui siègent à la Caisse de Prévoyance Sociale et qui décident de l'affectation de plusieurs dizaines de milliards de francs dans leur coin. Un vrai débat citoyen sur l'avenir de notre protection sociale doit s'instaurer, avec tous les éclairages sur les défis et les contraintes de financement à relever. De même, il faudra aller au fond de l'idée de la TVA sociale, car, à mon avis, nous avons jeté le bébé avec l'eau du bain. Ce n'est pas parce qu'un vice-président passé a loupé sa communication que c'était une mauvaise idée, bien au contraire. Cette idée avait le mérite de poser la question de la compétitivité de nos entreprises comme une question centrale, y compris dans le domaine de notre protection sociale.

Un autre chantier est devenu très urgent : c'est celui de nos modes de transports et de l'adaptation de nos infrastructures. Je ne répéterai jamais assez qu'il est temps de cesser ce gâchis des dizaines de milliers d'heures perdues par nos compatriotes dans les embouteillages, les milliards de francs de carburant qui s'envolent en pure perte, du fait d'un manque flagrant d'anticipation et de volontarisme dans la gestion de ce dossier. Il en va de la qualité de la vie de tous les polynésiens. Là aussi, un grand débat citoyen doit avoir lieu pour arrêter ce scandale quotidien qui mine nos vies.

Et sur ces dossiers prioritaires, nos élus doivent avoir le courage de décider. Et s'ils le décident de manière consensuelle, ce sera tant mieux pour nous.

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Implosion des équilibres

Par Noindep, jeudi 8 novembre 2007 à 12:20 :: General

Les gouvernements successifs qui ont fait dériver la pirogue Hokulea ont chacun leurs parts de responsabilités dans cette faillite des idées. Celle qui consiste à voiler les déséquilibres sociaux, d'une pauvreté nivelée par les ascenseurs smicards, ou de l'endettement phénoménal des ménages, guettés par la misère avenante et l'exclusion effrayante.

Il faudrait commencer par supprimer certains dogmes qui nourrissent les pensées destructrices. Celui tout d'abord de croire que toute augmentation du SMIG permet d'enrichir la base de la société active. En dehors d'être un fabuleux levier électoral, toute augmentation du SMIG trahit tout espoir de croissance sociale, et étend la fracture sociale. Car elle rend le coût du travail plus onéreux pour une qualification similaire à l'indice salarial précédent.

Ceux qui sont censés défendre cette précarité nourrie ne se révoltent pas. Les "petits salaires" de ce pays sont malheureusement ceux qui sont les moins défendus. Je parle d'une défense construite et réfléchie, et non des blocages disparates et répétés qui figent leur situation, et qui consistent à rendre les entrepreneurs responsables, alors que ce sont eux qui les font vivre. Les syndicalistes qui défendent l'augmentation du SMIG chaque année, paralysent l'ascenseur social.

J'ose croire que les approches vont être différentes, et que les hommes changeront. Que la santé redevienne une priorité territoriale, et que la formation des jeunes relève d'un challenge ambitieux. Il faut croire à une segmentation des corps de métiers, tous n'ont pas vocation à devenir architectes, médécins ou ingénieurs...et c'est heureux, puisque la société ouvre son plus grand chantier de développement. La Polynésie a besoin de construire ses infrastructures, développer la richesse de ses îles, rallier son indépendance économique à ses pôles de compétitivités...elle aura besoin de ses maçons, de ses ouvriers, de ses médecins et cadres, de tous ceux capables de créer de la richesse physique et de la valeur ajoutée. Un fabuleux réservoir subsiste en métropole, celui de nos étudiants qualifiés effrayés par la bulle sociale et économique spéculatives de notre pays.

Il faudrait poursuivre le chantier des langues, rendre obligatoire l'instruction de l'anglais dès le plus jeune âge, qui est un prisme indispensable pour se construire au sein du Pacifique. Je ne crois pas ceux qui nous croient abandonnés à 18 000 km de la métropole. Nous sommes dans le bassin le plus dynamique du monde, dirigé par l'insolence économique des chinois, et par la présence des deux premières puissances mondiales, les Etats-Unis et le Japon. Vous comprenez que ne pas pouvoir parler Anglais est un frein à toute émancipation diplomatique et économique.

Dans ce récit de crise, nous risquons d'assister à une implosion des équilibres si nous ne parvenons pas à résorber le déficit de valeurs qui nous séparent du normatif. Ce qui devrait être oblige nos politiciens à rompre avec ce dogmatisme ambitieux qui consiste à faire de la politique une religion territoriale. La richesse n'est pas au sein du gouvernement, mais au coeur de la société des travailleurs qualifiés. Tout un challenge pour demain...

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samedi 3 novembre 2007

Michel DAOUST : perte d'un homme de valeurs

Par Noindep, samedi 3 novembre 2007 à 12:28 :: General

C'est avec une terrible peine que la rédaction de Politita.net a appris le décès de Michel DAOUST, avec qui nous avons partagé des moments de réflexions vifs et intenses. Il n'a jamais cherché à obtenir le dernier mot, puisque ce qui comptait pour lui c'était avant tout le dialogue et l'échange sincère, et c'était sans conteste l'une de ses nombreuses grandes qualités.

Il était un ami, un contributeur, quelqu'un qui défendait sans cesse le sens des réalités, et savait le parfumer d'une once d'imaginaire. On ne connaîtra jamais son bord politique, puisque ses valeurs humanistes l'empêchaient de se prononcer à babord ou à tribord, son objectif était que le navire avance et trouve son chemin. C'est son image de la Polynésie, à laquelle il accordait une passion pour sa population, et jamais surpris par les querelles politiciennes.

Il savait reconnaître le mérite de chacun et offrait un grand respect à ceux qui font avancer durablement les choses. L'espoir qu'il fondait en la jeunesse de ce pays était surprenant et salutaire, surtout pour un homme né en métropole. Mais il ne le disait jamais, parce que c'était cela aussi Michel : discrétion et tact en tout état de cause. D'ailleurs, il serait contrarié de lire un tel discours sur lui !

Il est certain, en tous cas, qu'il nous manquera, mais ce que l'on retiendra, pour ceux qui ont partagé des moments avec lui, c'est l'humilité de l'homme et la sincérité de sa pensée.

Que dieu te bénisse Michel.

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vendredi 2 novembre 2007

Soyons simples !

Par Noindep, vendredi 2 novembre 2007 à 15:04 :: General

Il a fallu quelques semaines à O. Temaru pour se réapproprier sa fonction et reprendre ces bonnes vieilles habitudes. Celles qui consistent à faire dos à la République, à lui rappeler son passé immoral, et à la soumettre à nos exigences. Son jeu de la chaise vide entend bien faire remarquer à la France, qu'en dehors des frontières hexagonales, toute intervention relève de l'ingérence, que C. Estrosi accepte en bon diplomate sans critiques. Cette fierté locale est coutumière des collectivités ultramarines, parasitées par l'impudeur de l'Etat à arroser ces terres expatriées de son progrès, qui aujourd'hui entend l'oublier à coup de distributions numéraires.

C'est cette vision cacophonique et à la fois embarrassante que les indépendantistes nous servent, celle de vouloir sans cesse rappeler que la Polynésie est d'abord Polynésienne, et française ensuite, et qu'en terre Outre-mer, l'indiscipline est de rigueur. O. Temaru le premier, absent de toutes rencontres du secrétaire d'Etat, sans doute le ministre de l'outre-mer le plus déterminé à réconcilier la Polynésie avec son histoire. Le recueil sur la tombe de Pouvanaa a Oopa est un symbole fort.

Oscar Temaru préfère irriguer son champ électoral pour la prochaine récolte de janvier, avec de l'engrais Républicain, en oubliant qu'il est le président de tous les Polynésiens. O. Temaru n'a aucune envie de faire avancer les choses, ni de reconnaître l'histoire, ni d'accorder ne serait-ce qu'une chance à la République de se racheter. La politique qu'il mène est vouée à l'échec, puisque sa pensée politique est figée sur les années CEP, et s'inscrit dans une volonté de sanctionner la France en la chassant de la Polynésie. Et après ? Que propose t-il ?

Personne n'est capable d'apporter une réponse sincère, puisque les indépendantistes eux-mêmes n'espèrent pas l'indépendance. C'est une dynamique politique infinie que de vouloir ce qui n'arrivera jamais. On tient en haleine les plus fragiles, et l’on se crée des ennemis permanents. C'est ainsi que l'UPLD survit de son existence, et pas autrement.

Les autonomistes, à l'instar de G. Flosse le savent, mais les indépendantistes se réclamant de représenter la base sociale sont des fabuleux leaders d'opinions. Ce n'est d'ailleurs pas un hasard si l'électorat de O. Temaru réunit les exclus de cette croissance qu’il qualifie d’autonomiste, en fustigeant les autonomistes et la République d’avoir fait évoluer le coût de la vie, et de créer une fracture sociale en Polynésie, alors que les indépendantistes participent depuis leur existence au pouvoir à créer une inflation sociale. Rien de plus, rien de moins...

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