Le débat télévisé sur RFO aura au moins clarifié une chose : Oscar TEMARU s'est bien affirmé comme un indépendantiste pur et dur. Toutes les circonvolutions, toutes les déclarations "atténuantes", toutes les professions de foi édulcorées par des synonymes ont été effacées d'un revers de main. Billes en tête, Oscar TEMARU a affiché ses convictions de manière claire et nette. Celà a le mérite de la franchise.
Quitte à contrarier toutes les précautions de langage de Pierre FREBAULT qui s'est affirmé autonomiste. Ce dernier a voulu noyer le poisson, question de se donner une petite chance de rallier quelques suffrages autonomistes, mais Oscar TEMARU l'a rappelé à l'ordre : à l'UPLD, on est indépendantiste, point final.
Autre point frappant : Pierre FREBAULT procédait par extension de dispositions législatives métropolitaines ( exonération de charges sociales..), c'est à dire une vision départementaliste paradoxale pour un indépendantiste. C'est à se demander à quoi sert l'autonomie, si on n'est pas capable de concevoir nous-mêmes nos propres dispositifs. Mais on n'est plus à une contradiction près à l'UPLD...
Et pour combler le tout ; une démagogie à toute épreuve. A les écouter,demain on rasera gratis. On peut tout faire: construire un aéroport international aux Marquises, aménager la route traversière de Tahiti, exploiter les forêts de pinus, installer des ambassades de par le monde, créer une faculté de médecine... Ne manquait plus que l'aéroport international des Australes, le lycée de la mer... Comment financer tout celà ? Avec quel argent ? On n'en sait rien... A croire que Monsieur Oscar TEMARU a découvert la pierre philosophale. C'est sûr qu'avec cette pierre miraculeuse, il peut demander l'indépendance !
Quant aux accords de Tahiti Nui, ils ne seront écrits que s'il est élu. Il ne s'agit pas de se fatiguer à l'avance. Ce que l'on sait, c'est qu'il voudra disposer des "compétences régaliennes", notamment les affaires étrangères. Ah, les voyages ! Que c'était bien d'aller "serrer la pince" au Premier Ministre japonais ! Dans la foulée, il invente un nouvel objet de droit international : des "ambassades-maisons promotionnelles de Tahiti Nui". Pas besoin de diplomates de carrière : des groupes de danses suffiront pour mettre en exergue le "romantisme" de Tahiti Nui. Un peu loufoque tout çà, mais au point où on en est ...
Messieurs BUILLARD et SANDRAS, en bons autonomistes, sont restés dans le registre logique et raisonnable de députés polynésiens et d'élus de la nation : leur action auprès de l'Etat se fera en prolongement de l'action du gouvernement local. Dans le cadre de la solidarité nationale, les programmes territoriaux pourront être amplifiés par les financements de l'Etat. Schéma classique, sans surprise, qui a toujours fonctionné dans le passé et qu'il s'agira de prolonger. C'est une option d'autant plus réaliste, que s'ils sont élus, ils conforteront la majorité présidentielle de Nicolas SARKOZY.
Michel BUILLARD se fixe comme priorité le logement et l'amélioration des conditions de vie des polynésiens résidant temporairement en France. Bruno SANDRAS va insister, s'il est élu, sur les emplois aidés en faveur des jeunes et l'environnement. Rien que de très pragmatique, mais pourtant essentiel pour l'amélioration de notre qualité de vie.
Sur la forme de l'émission et les questions, on pourra simplement regretter que Monsieur BIJOUX ait confondu un candidat-député avec un représentant du gouvernement du Pays, car de nombreuses questions ( emploi, logement, grands travaux, désenclavement des îles, environnement...) étaient de la compétence des Institutions du Pays.
Le cadre est donc définitivement posé. Il s'agit bien de l'affrontement de deux visions : la vision autonomiste du maintien d'un partenariat serein avec l'Etat pour approfondir notre développement et la vision séparatiste d'un Etat souverain, mais riche comme un émirat arabe, qui nous promet de réaliser les projets les plus ambitieux... A vous de choisir !