Mais dans quel pays est-on lorsqu'on atteint un tel degré zéro dans la réflexion ? Voilà qu'un aéropage siégeant au Conseil économique, social et culturel, instance indemnisée par les contribuables que nous sommes, a "pondu" une énormité tellement grosse que je ne trouve pas les mots : le "pourboire obligatoire" !
Pour faire plus intelligent, on nous balance une expression absconse : le "service charge".
Le principe est simple : on nous rajoutera obligatoirement sur nos notes de restaurant et d'hotellerie 2 %, puis, 4 %, puis 6 % de plus pour "honorer" un service que d'autres, à notre place, auront considéré "à priori" comme excellent ! Ah, l'excellente trouvaille que voilà. Nous devons être le seul pays du monde à avoir eu cette idée lumineuse !
Ce petit pactole va, soit disant, alimenter une caisse collective en faveur des salariés et va donner lieu à une répartition "équitable".
Moi, j'appelle celà un racket destiné à un soviet. Bien loin du principe d'un vrai pourboire.
Qu'est ce qu'un pourboire dans la pratique ? C'est un montant d'argent plus ou moins important, versé quasiment de la main à la main et laissé à la discrétion du client, car ce dernier aura estimé qu'un service personnel exceptionnel, effectué par une personne bien précise, mérite d'être pris en considération d'une manière toute particulière. Ce service-charge est à des années-lumière d'une telle définition du pourboire. On n'y trouve plus d'appréciation du client, absence de choix pour le client puisque c'est obligatoire, rémunération collective du personnel derrière son dos et selon des critères inconnus...et donc déconnectée du service exceptionnel rendu par une personne précise à un moment donné.
Même si le service est mauvais, le personnel, avec la complicité du patron, s'autocongratule, et dit au client de payer ce service ! On marche sur la tête. On déforme une idée et une pratique répandues de par le monde.
On s'assoit complètement sur l'évaluation, par le client, du service supplémentaire éventuellement rendu.
En fait, syndicats de salariés et employeurs se sont entendus sur notre dos : ils ont identifié une prime supplémentaire à verser aux salariés. Mais au lieu de la payer à partir de leurs recettes habituelles, ils se sont coalisés pour que, nous consommateurs, la payons à leur place.
Et l'on s'étonne que ce Pays est hors de prix. Il est certain que ce racket ne va qu'aggraver cette situation. Scandaleux !