Que ce soit Monsieur Myron MATAOA, Président du groupe de l'UPLD à l'Assemblée de Polynésie française s'exprimant dans les médias ou encore Nicole Bouteau commentant le déplacement de François Baroin, tous deux réclament d'avantage de financements de la part de l'Etat Français. Face à cette attitude irresponsable dans une optique autonomiste, plusieurs rappels élémentaires et de bon sens s'imposent pour nos « petits philosophes rois. »
Premièrement, il est nécessaire de prendre conscience de l'effort consentit par la France :
- Les transferts français représentent plus de 25 % de notre PIB soit à peu près 136 Milliards de Fcp. Avec l'effet du multiplicateur keynésien ( coefficient multiplicateur de 2,5) ils induisent en fait une valeur ajoutée globale d'au moins 330 milliards de francs CFP, soit pas loin des 2/3 du Produit intérieur Brut de la Polynésie française !!!
Ils croissent en moyenne de 5%/ an : dans cette perspective il y aurait doublement tout les 40 ans ! Arrivons-nous seulement à faire 5% de croissance par an??!!
- Le cout d’opportunité (de ces transferts) pour la France est à prendre en compte.
Par exemple : Le nombre de professeurs rémunérés par l'Etat et exerçant en Polynésie représente autant de professeurs qui n'exercent pas en France; l'Etat doit donc créer davantage de postes. Cela crée un surcoût.
L'effort consenti par la France peut ainsi être évalué comme équivalent au double des transferts métropolitains (un peu moins si l'on considère l'indexation)
- La prise en compte de la situation financière française, permet de remarquer que la dépense d'1 euro supplémentaire représente un effort consenti d’autant plus grand !
Transition- Voici donc le discours actuel : « allo la terre ici la lune : vous pourriez faire plus d’efforts tout de même ! ». Un retour a la réalité svp…
Deuxièmement plusieurs leçons de bon sens s'imposent lorsque l'on réclame des fonds :
- Présenter des projets crédibles et sérieux. Sortir de son chapeau, à deux jours de l'arrivée de François Baroin un copier / coller des accords de Nouméa, sans avoir au préalable réalisé un consensus, n'est qu'un pur effet de communication. Comment penser une seconde que l'Etat nous donnerait des financements sur cette base ? Cela frôle l'insulte envers l'intérêt général ; c'est un travail de fainéant !
- Montrer que cette aide est productive ; c'est à dire qu'à terme, elle puisse entrainer sa propre diminution. Cela n'est pas le cas ; deux faits l'illustrent : la hausse des dépenses de l'Etat (+5%/an) et la polémique quant à l'utilisation de la DGDE pour des frais de fonctionnement et non pour l'investissement. C'est à cause de raisons similaires (irresponsabilité des gouvernants davantage tournés vers "l'assistanat" plutôt que le développement) que l'aide au tiers monde a été suspendue !
- Afficher des garanties de bonne gestion avec par exemple la mise en place de vraies réformes quant au budget du territoire. Je pense ici à la mise en place d'une sorte de LOLF. Les promesses de réduction des coûts non tenues, sont à proscrire : elles sapent notre crédibilité pourtant si dure a forger !
Cri de colère mesuré : Avons-nous entendu la moindre proposition, ou la moindre formulation de quelques unes de ces nécessités de la part de nos représentants ? Dès lors, il convient de rappeler à nos "petits philosophes rois" qu'il ne tient qu'à eux de se démener pour mériter ces fonds français. En se comportant en enfant gâtés, en tirant sur la ficelle sans montrer une réelle bonne volonté et une quelconque bonne gouvernance, c'est l'autonomie même qui est mise en danger !
Cela peut faire le jeu de la composante indépendantiste de l’UPLD. Néanmoins, lorsque l’on se dit autonomiste convaincu, dont l’entrée en politique fait suite à cette volonté de préserver l’autonomie; une réflexion plus fine et moins grossière s'impose !
Autonomie veut aussi dire responsabilité…