La Polynésie française fait acte de son passé. Le vieux lion entre dans la cage que la Justice imagine pour lui depuis quelques années, sans croire un instant qu’elle serait un jour occupée. Ce culte de l’idole a finit par payer, l’idole n’est plus. C’est un crépuscule éteint dans la folie du secret d’Etat, et d’une Justice consignée à la croisade.

En Polynésie française, la douleur du procès de Pouvanaa Oopa ravive le doute sur la conspiration d’Etat, cette pensée fidèle à la pendue collective des traîtres. Ceux comme Pasqua, Villepin, et aujourd’hui Flosse, spectateurs réjouies d’un secret d’Etat qui se met en scène.

En réalité nous n’aimons pas la vérité. Nous préférons découvrir une pyramide de mensonges, un sommet d’adrénaline, plutôt que de trahir une certaine culture du scandale.

Et pourtant, il faudrait davantage de comportements éduqués en politique. Ceux de nos élus locaux se heurtent sans cesse aux avatars d’une république d’Afrique. Cinquième président en l’espace de trois ans, tout un slogan pour capter le touriste en recherche de quiétude.

A Paris, nos illustres maçons républicains n’en reviennent toujours pas de la dynamique budgétaire que la Polynésie française anime. Alors que les finances publiques coagulent, la Polynésie elle est sous assistante respiratoire dernier cri avec à son chevet des veilleurs prêts lorsqu’elle sortira du coma à lui raconter comment le monde fonctionne aujourd’hui. Un Etat français qui inflige à chaque nouveau né une dette de 23 000 euros qui croît chaque minute de plus que l’Etat vit au dessus de ses moyens.

C’est donc cette image que la Polynésie arbore dans l’opinion nationale qui s’interroge sur le réveille possible du patient. Ce désastre de l’image, on le doit aux ingénieurs de la République française, ceux qui ont su faire fusionner les prétentions mondiales de la France et la mégalomanie polynésienne, la même qui a irradié les mentalités depuis trente ans. Cette dette sans conditions, cet arrosoir qui inonde les terres au lieu de les cultiver. Avec tous ces moyens, la Polynésie a t-elle construit son autonomie économique ? Quel outils disposons-nous aujourd’hui ?

Quel élu local aura le courage de faire prendre conscience aux Polynésiens que lorsque cette dette aura épuisé sa valeur et aura acquis trop de risques, nous pourrions déposé le bilan ?