Le silence est de rigueur lorsque la scène est pleine de sang. L’homme qui est sur scène raconte sa pyramide de Sponzi, révélée par l’opulence et l’opacité de sa gouvernance. Lui qui aujourd’hui est meurtrie entre le génie de la réussite et la culpabilité des moyens, s’exécute et dilapide son courage pour cacher l’émotion qui l’anime.

Devant l’audience dispersée par le doute, l’homme donne la réplique à des silences pour réanimer sans grandes illusions des mémoires collectives corrompues à la parade judiciaire.
Elle qui consomme tout ce qu’elle peut sur place et emporte le reste à Nuutania.

Pour faire triompher la vérité sur tous nos excès, on viole l’intimité des uns pour affaiblir les esprits et faire prisonnier les plus faibles en échange d’aveux.
Cette meute judiciaire qui croit s’acharner sur une proie qu’elle croit pleine d’odeur et de sang se lave les mains sur le sang de ses victimes. Nous nous remémorons avec sourire la complaisance compassionnel de l’Etat à l’égard d’élus locaux obsédés par le sensationnel et qui signait sans rechigner des milliards pour faire danser ses marionnettes.

On chasse l’homme pour ne pas qu’il succombe à la faillite du secret d’Etat. Le trésor de famille que Charles Pasqua expose au grand jour pour se blanchir ravive la curiosité populaire. Le destin d’Alain Juppé a fait son chemin. Cette République déloyale abrite des paroisses qui prêchent la raison d’Etat et il n’est pas difficile d’imaginer les plaisirs qui s’instruisent et les calomnies qui s’y construisent. Cleartsream, l’Angola Gate sont les avatars d’une seconde démocratie au secours d’élus en panne d’idées politiques.

C’est donc à cette machine de guerre que Gaston Flosse doit la levée de son immunité et qui aura lui aussi le choix d’entreprendre une croisade contre le « mensonge d’Etat ». Aujourd’hui désarmé, il est remis comme un prisonnier de guerre à la colère des foules et à une justice sanglante. L’homme aux 76 ans infatigables n’a plus rien à perdre, la Polynésie française non plus.