Il fut un temps où les Polynésiens baignaient dans l’insouciance de leur réussite. Les milliards à gogo nourrissaient ces lianes budgétaires qui ont fait l’opacité de notre jungle politique.
On sait désormais que certains hommes ont acheté le destin de la Polynésie française, au prix parfois de l’éthique et de la loi.

C’est désormais un virage à 180° que la justice opère, un contraste affiché avec le laxisme de l’ancien temps lorsque l’on achetait juge et procureur pour masquer l’envers du décor du miracle polynésien. Le libéralisme judiciaire opéré jadis, bouscule la rigueur d’aujourd’hui. Cette justice spectatrice des précédentes décennies s’est soudainement réveillée pour dénoncer une complaisance qu’elle subordonnait en tout temps.

Gaston Flosse est sans doute l’homme le moins défendable de la terre et je ne prendrais pas le risque de m’y prêter. Il n’a aucunement hésité à mobiliser tous les moyens du pays pour servir sa cause, celui de son parti, et en dernier lieu celui des Polynésiens. Et qui ne le savait pas ? La Justice ? L’Etat ?

Inutile de préciser que la négligence passée de l’Etat a été nourri par ce besoin de couvrir la plaie nucléaire. Sans les essais nucléaires la France ne pourrait afficher l’arrogance qu’elle a à chaque sommet du G8. Du moins elle serait ridicule.

Aujourd’hui, comme un amnésique, l’Etat oublit quel destin il nous a vendu. Un destin pourri de milliards de francs que nous avons longtemps accepté.
Epurer un tel système mérite plus que de simples perquisitions et de mise en garde à vue. Tous sont inexorablement coupables d’avoir rejoint un tel système, ils méritent tous la prison.

Mais à la vue de cette société rongée par de l’argent blanchi par le temps, comment peut-on espérer qu’à l’avenir les choses changent ? Peut-on faire de la politique sans baigner dans ce système unanimement accepté par tous ?