Si vis pacem para bellum
La Polynésie française a énormément d’atouts. Parmi ces atouts, on peut compter sa démographie. La population de la Polynésie française est comme beaucoup de pays en développement très jeune. D’une part parce que son vieillissement est tout juste entamé, et parce que son taux de fécondité reste élevé. (2,2)
Les familles polynésiennes ont toujours été très nombreuses. Des familles de 5 à 8 enfants en moyenne nés dans les années 50-60. C’est notre “baby boom”.
Un tel taux de fécondité n’est pas propre à la Polynésie française, puisque c’est ce que les démographes ont qualifié de fécondité post-guerre.
Pourtant, les femmes polynésiennes ont toujours fait plus d’enfants que leurs homologues européennes. D’une part parce que l’émancipation de la femme au travail a débuté tard en Polynésie française (année 80) et parce que le développement des moyens de contraception a débuté lui aussi tardivement. La proéminence d’une Eglise encore bien ancrée dans les moeurs n’est pas étranger à ce phénomène.
Cette démographie nous a donc, et nous est encore très favorable. La moitié de notre population a moins de 25 ans. Un système d’éducation efficace doit également exister pour promouvoir au mieux la création de synergies sociales.
Tout système de sécurité sociale, universel ou non, doit se modéliser en fonction de la démographie de la société qui l’héberge. La France qui fait face à un vieillissement important de sa population (conjugaison d’une augmentation de l’espérance de vie, et d’une fécondité maîtrisée), doit revoir le fondement du fonctionnement de son système de protection sociale.
La Polynésie française aurait pu adopter un système similaire : le système universaliste basé sur la couverture des soins (logique d’assurance) et sur la couverture des risques du quotidien (logique d’assistance). La Polynésie française a opté pour la logique d’assurance, avec une logique d’assistance réduite à sa plus simple expression. Exit l’allocation chômage, le RMI… La société polynésienne, si jeune, n’a pas besoin de ce type d’assistanat qui ne disparait jamais. La France vient tout juste de remplacer le RMI (Revenu Minimum d’Insertion) par le RSA (Revenu de Solidarité Active). Une assistanat sans fin qui coûte 23 000 € / minute à la France. (2 737 000 XPF)
A l’heure où le système locale accuse 9 milliards de déficit pour la seule branche maladie, comment peut-on anticiper les mutations de notre société pour éviter que le système implose et que l’on soit obliger “de fermer la CPS” dixit le président ?
Le fléau de la grippe A qui a provoqué près de 700 arrêts maladies par jour conjugué à un emploi salariat qui chute à 65 000 personnes, risque encore de fragiliser la structure de notre système de santé.
Comment éviter un black-out social ?
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wakrap 2 septembre 2009 à 15:29
Bonjour,
Oh là. Une belle inversion: la logique d’assurance consiste à assurer un risque, c’est à dire un accident, une chose ne devant pas arriver. Dans ce domaine on peut situer le chômage, le RMI, la lourde maladie.
Par contre le bobo et la grippe sont naturels, cycliques, et parfaitement prévisibles à l’échelle de toute vie.
La faillite des systèmes sociaux est inscrite dans leur génèse précisément car ils confondent ces principes, et la petite maladie ne répond pas à une logique d’assurance car c’est banal, et régulier tout au long d’une vie. Cela devrait répondre à une logique de prévention et d’épargne, comme pour la retraite.
La grippe amène un paquet de coup de fils le matin en toussotant disant “je tousse, je peux pas venir au travail”. Beaucoup d’opportunisme à ce niveau, et comme c’est à l’employeur de payer les 3 premiers jours de maladie de sa poche, la cause est entendue.