Il n’aura pas fallu longtemps pour voir le pire se produire. En plus d’un président qui renoue avec de veilles habitudes que l’on croyait vaincu par le temps, la Polynésie française accuse pour la première fois depuis 1988 une récession de son économie. La crise s’est perdue en chemin, mais elle est finalement là.

Le fantasme plan de relance, digne d’une fiction d’Hollywood n’aura rien fait. Peut-être évitera t-il une récession plus lourde l’année prochaine, mais nul doute que personne n’y croit. J’irais même jusqu’à dire que personne n’y a cru. Anthony Geros à qui l’on a confié les clefs du royaume est sans doute l’homme le plus discret de la terre surtout pas celui à qui il faut confier 260 000 habitants et 500 milliards de richesse.

Cette récession à la fois économique et intellectuelle de nos élus m’attriste pour une jeunesse en quête de repères et pour des entreprises en quête d’espoirs. Les jeunes attendent que l’on trace les 25 prochaines années de la Polynésie française inscrites dans un schéma directeur clair et avec des projets ambitieux, mais aussi réalistes. Et dire aux entreprises que l’on arrêtera de faire flamber la marmite smicarde, et que l’on leur permettra d’embaucher plus de polynésiens. La CPS nous a révéler de terribles malaises : il n’y a pas assez de cotisants, c’est certain lorsqu’il y a peine 69 000 personnes déclarées .

Où est donc cette manne, cette ressource qui ferait que tout pourrait changer ? Où avons-nous échoué et pourquoi ?

Sans la réponse à cette simple question, il est certain que cette première récession sera longue et douloureuse, et qu’elle nous plongera dans une dépression sinon aussi longue, mais sans doute fatale pour notre survie.