elections_municipales_premier_tour_On y a cru jusqu’au bout, lui se voyait déjà à la tête d’une machine de guerre. Il n’y a malheureusement pas cru longtemps, seul 10 jours d’exil ont suffit à lui redonner raison, à le ramener à une docilité qu’il éduque pour plus tard, à une patience qui a dérapé par l’usure. C’est l’aveu flagrant d’une ambition qui déborde.

Edouard Fritch a tout de même remis quelques pendules à l’heure. Le parti orange méritait un tel coup de gueule d’autant plus justifié qu’il est aujourd’hui le seul et unique parti de l’opposition, lui qui ironie du sort était il y a moins de 10 ans le seul et unique parti de la majorité. Son petit écart individuel a peut-être sauver l’intérêt collectif du parti. Malheureusement nul n’est prophète en son pays.

Gaston Flosse à qui je continue de reconnaître des qualités de stratèges sans commune mesure, doit construire comme chez nos amis socialistes, la synthèse. Sa personnalité, qui est l’édifice vivant d’un parti meurtrie par les quêtes, a trop d’influence sur son environnement décisionnel. Comme on a séparé l’Eglise et l’Etat en 1905, le Tahoeraa doit aujourd’hui se séparer de ce qui relève du spirituel et de son socle dur de valeurs.

Le parti qui se vide depuis quelques années de sa substance identitaire aura des challenges de plus en plus ambitieux à relever. Edouard Fritch sait qu’il est le premier de la lignée, et ne veut pas hériter d’un patrimoine empoisonné. Convaincu que le Tahoeraa peut encore relever des défis de conquérant, il laisse languir son ambition pour ménager l’égocentrisme de son chef.

En réalité dans cette affaire, c’est Edouard Fritch qui donne un sursis à Gaston Flosse. Non pour prendre la tête du Tahoeraa, mais pour continuer à afficher sa présence. Sans héritier le royaume est condamné à sa propre perte, et son roi à la folie de la solitude.

Le Tahoeraa, le berceau de tous nos génies politiques, n’est-il pas condamner à disparaître ?