Edouard FirtchVoilà. Ca y est. Enfin ? Le fidèle parmi les fidèles, le parrain, le dauphin, le prince, celui que tout le monde voyait rester à bord du Titanic-Tahoeraa avec le capitaine a finalement pris son envol et s’oppose à son père politique. Le glas a-t-il finalement sonné pour le Tahoeraa ?

Car ne nous trompons pas de sujet. Chacun pourra donner 1001 raisons au pourquoi du comment de l’attitude de M. Fritch (allant du “seul ayant eu le courage de s’opposer frontalement et directement au Lion” au “l’amertume d’avoir vu tout le monde partir et le laisser s’occuper du grand-père”), lui seul sait de quoi il en retourne.

Mais laissons M. Fritch et sa conscience à eux-même et observons comment en 5 ans à peine, un parti omnipotent, omniscient, omni-ce-que-vous-voulez est devenu une barque dont le tout le monde voit maintenant le naufrage annoncé.

La politico-sphère polynésienne prête les mots de Louis XV à M. Flosse: Après moi, le déluge. Le Lion acceptera-t-il de son propre parti, de son propre enfant, ce qu’il avait refusé des urnes en 2004: l’heure de la retraite ?

Ecrire de tels mots est facile, voire lâche vu la position actuelle de M. Flosse et du Tahoeraa. Je me permet de préciser mon point de vue. J’ai la même reconnaissance envers M. Flosse qu’envers M. Temaru: ils ont servi à façonner la Polynésie d’aujourd’hui. En bien ou en mal, à chacun sa chapelle mais ces deux hommes peuvent être appelé sans ambiguïté des metua. Mais leur rôle de metua impliquait également le devoir de retrait, précédé du devoir de préparer la génération future. Sur ces deux points, ces deux metua ont fauté.

Encore une fois, la vraie question n’est pas de s’inquiéter de ce qui va se passer aujourd’hui mais bien demain. Le signe le plus évident du danger imminent qui guette le Tahoeraa n’est pas tant le départ de M. Sandras ou de M. Reynal mais bien de M. Rohfritsch.

Alors ? Alors voilà: le bordel ambiant ne va pas s’améliorer d’un coup de cuillère à pot, et ce même bordel ambiant est lié au manque de “formation” (ou “préparation” ou le terme qui vous sied le plus) de la génération suivante. Lorsque les pères deviennent grand-pères, c’est le signe de passer le relais aux nouveaux parents. A la génération dirigeante actuelle (i.e. nos parents), pitié, ne faîtes pas les mêmes erreurs que vos parents, ne pensez pas que tout le temps que vous souhaitez vous sera imparti, ne pensez pas que nous ne sommes bon qu’à vous écouter.

Venez nous chahuter, venez nous mettre à l’épreuve, venez voir ce que nous avons dans le ventre, pour que vous n’ayez jamais à dire: tu quoque fili mi ?