Rien à dire pour ce “nouveau” gouvernement, un colmatage de dernière heure pour satisfaire l’envie des uns, et les caprices des autres. Cette majorité d’union est la nouvelle figure imposée de nos élus, qui s’amusent à calquer des modèles (Calédonien il paraît, Quito Braun Ortega sera sans doute content de l’apprendre), et à écouter des théories.

Le principe même de cette union n’a qu’un motif personnel. C’est le désaveu flagrant du président du pays à son ennemi d’hier, et la récupération des déchus qui ont pourri dans l’attente. La barque coule, mais le capitaine continue de l’alourdir.
Car ce n’est pas moins de 16 ministres qui viennent composer ce gouvernement (si l’on compte le vice-président), statutairement réduit normalement à 15, à qui l’on dessert aujourd’hui le mérite d’être les acteurs d’un changement qui s’impose mais qu’on laisse languir dans le bain de la crise.

Gouverner à 3 partis et près de 46 représentants il me semble, est bien entendu plus évident à démontrer à une opinion circonspecte de cette gloire, que la prospérité veille à leur chevet, et qu’elle n’a attendu que la formation fragile d’un gouvernement empli de rancunes et de colère pour s’attaquer à la crise. Enfin !

Car dans toute cette mascarade digne d’une pièce burlesque, ces acteurs de la stabilité ne sont ni moins que des “satellites” de grands partis. To Tatou Aia, ce meelting-pot politique, a “pompé” son suffrage dans le bassin électoral des uns et des autres. Que dire de plus que cette opportunisme a chaviré nos équilibres pour les traduire dans de éloquentes incompréhensions. Et dans ce même meelting-pot, on arrive encore à extraire des courants que Jean Christophe Bouissou veut traduire avec succès. Lui à qui l’on peut reconnaître le mérite d’avoir “vécu” son autonomie en quittant le parti orange, saborde à chacun de ses passages, les partis qui l’accueillent. En parlant de stabilité et d’union, il me fait presque regretter de ne pas avoir vécu il y a 6 siècles, où Machiavel était “l’homme cynique dépourvu d’idéal, de tout sens moral et d’honnêteté”.

Désormais complètement rejeté dans l’opposition, le Tahoeraa devient l’électron libre, cette position qu’il affectionne tant, mais dans la colère et dans l’excès, “plaque tout”, hommes et idées y compris, pour afficher avec indignation, une fierté démesurée, et qui ne fait pas honneur au courage tant mérité qu’on prête à son leader. Refuser la paix, au seul principe de ne pas être celui qui déterre la hache, me paraît scandaleux et anti-politique. Où est le message de paix lorsque l’on préfère afficher la paresse d’un tel attachement idéologique au détriment d’un véritable acte de bravoure ?

On se le demande bien.