f16d83f733L’effervescence devient ébullition, la dernière ligne a été franchie par le Tahoeraa. Certains jeux sont fait, d’autres sont presque conclus pour la formation d’un nouveau gouvernement. Ceux qui ont observé la vie politique polynésienne depuis 2004 savent néanmoins que crier victoire trop vite est le meilleur moyen de finir le caleçon aux chevilles, dans une position très peu enviable.

Dans tout ce brouhaha où plus personne ne sait vraiment quoi penser, où “ennemis”, “amis”, “majorité”, “opposition” sont des étiquettes qui changent de personnes en moins de temps qu’il n’en faut au soleil pour passer le zénith, une petite voix peine à se faire entendre, celle de la Délégation de la Polynésie Française à Paris, réfugiée dans l’autarcie d’un bilan accablant.

La situation de l’actuelle Délégation, c’est-à-dire sous la direction de Maeva Salmon, n’a cessé de se dégrader depuis la nomination de cette dernière. Les mots d’ordre sont immobilisme et paraître, comme pour donner la réplique à ceux qui condamment cette structure crée ex-nihilo, d’incompétence et d’inutilité. “Ses propres locataires”, les premiers, gémissent l’incompétence à des oreilles polynésiennes sourdes de propos étrangers aux mots “majorité” et “remaniement”. Les agents de la Délégation avaient vaillamment tenté de faire entendre leurs griefs mi-2008 par l’intermédiaire des médias mais le plus grand défaut de l’actuelle Déléguée est également sa (seule) qualité: une capacité hors-du-commun à noyer le poisson.

Son remplacement ne peut être que salutaire, puisqu’il sera difficile pour le prochain Délégué (ou la prochaine Déléguée) de faire pire. Néanmoins, les remous actuels de la pirogue Polynésienne détourne les regards de notre Président d’un problème grave, d’une Délégation au bord du gouffre de l’inutilité et de l’abandon, et non pas par manque de compétence interne mais par simple despotisme d’une unique personne. C’est d’ailleurs comme pour toutes nos structures publiques, un vice répété et qui à force devient un vice conssenti. A proscrire absolument !

La première vitrine de la Polynésie Française en métropole mérite-t-elle un tel sort ? Au moment où les négociations se jouent autour des sièges qu’auront chaque parti de la prochaine alliance, y aura-t-il une personne intéressé par ce service de la Présidence qui se dirige vers un état de déliquescence ? Un état de vice, un îlot anarchique dans l’organisation gouvernementale ?

Certains diront encore que nous laissons filer la démocratie dans les petites mains de tyrans modernes. Mais, ne sommes-nous pas les créateurs de ces hommes et femmes à qui l’on a prêté l’autonomie pour ne pas dire l’indifférence la plus grande dans leur gestion à tel point qu’ils sont devenus autoritaires et au dessus de tout ? Sommes-nous capable d’être omniscient à nos propres erreurs et d’en reconnaître la propre faute ?