J’ai toujours le sourire lorsque la presse consacre deux pleines pages à la jeunesse étudiante, et qu’aux côtés de nos majors universitaires, se dresse un pôle d’entreprises attentif, et résolument fier de sa jeunesse.

Car au-delà de ces quelques perles rares qui recevront 250 000 FCFP, une grande partie de notre ressource est ailleurs. Expatriée aux quatre coins du globe, elle regorge d’ingénieurs, de cadres, de commerciaux, de futurs chefs d’entreprises….mais aussi de parcours riches de diversité que l’on peut raconter dans toutes les langues. Ce sont nos étudiants polynésiens partis déguster la saveur des tropiques économiques qui sauront nous sortir de ce régime immobile.

Même si la comparaison est impossible avec d’autres pays, la Polynésie n’est pas prête à les accueillir. D’une part, elle ne sait pas valoriser ses atouts (salaire élevé, imposition faible, paysage radieux), et d’autre part l’artifice avec lequel on construit la vie économique déplaît à beaucoup : maîtrise idéologique du SMIG, taux de chômage vif, isolationnisme géographique, domination du politique… C’est “cette paresse de l’instant” qui conquière les peurs, et ravive avec intérêt ce refus de collaborer.

Revenir en Polynésie, c’est collaborer à ce chantage de la surenchère que les politiques nous obligent à suivre. Encore aujourd’hui, notre Mimile national renchérit et fait les gros titres des Nouvelles. C’est cela la vie quotidienne en Polynésie : Ragots, chantages, magouilles. Le tiercé perdant sur lequel aucun étudiant parierait.

Je souffle une petite suggestion à la presse. Pour votre prochain dossier, vous pourriez essayer d’interviewer quelques étudiants expatriés et leur demander pourquoi ils ne veulent pas rentrer ? ça changera un peu de la pagaille habituelle.

A bon entendeur.