Spéculation sociale

Par Noindep • 21 August 2008

La récession est à nos chevets. Elle tamise avec éloquence une économie massacrée par un gouvernement malveillant, et des entreprises immobilisées par l’avarie de la demande. Derrière cet “effet d’ambiance”, la vitrine polynésienne veut briller de ses paysages. Nul doute qu’ils seront de moins en moins à s’arrêter devant la vitrine des tropiques polynésiens si l’inflation continue de défiler avec une telle insolence. Avec 4,3% d’inflation, (un record depuis presque dix ans), c’est tout le mécanisme de la croissance qui s’enraye. Une pente vertigineuse pour un pouvoir d’achat affaibli par les avalanches mondialistes et handicapé par une croissance aride.

Voici les trois solutions pour enrayer la hausse de l’inflation.

- La première est une relance de la consommation par une baisse des impôts et des taxes, celle si chère à la droite RPR. La baisse symbolique et inutile de la TVA d’1 point, sensée calmé la fiesta inflationniste est un coup d’épée dans l’eau.. Comme dirait l’autre « ça en touche une sans faire bouger l’autre ».
Cette volonté de préserver la stabilité psychologique du consommateur est salutaire, même si l’impact réel est nul (c’est un impôt indirect – le consommateur ne le ressent pas). Pis, cette baisse va dégrader les comptes publics, et conduire à l’augmentation future des impôts. Surtout lorsque l’on sait que la TVA est la première rentrée fiscale du pays.

- La seconde est une relance de l’offre publique. On pourra ainsi raviver les investissements, et redonner un second souffle à l’emploi. C’est tout l’intérêt de ce collectif budgétaire, totalement dédié au re-financement des entreprises publiques. Une nouvelle ère de grands chantiers saura donner une visibilité sur l’avenir, et regagner la confiance des investisseurs. C’est la conjugaison d’une visibilité limitée, et d’une offre publique démotivée qui déstructurent l’investissement global. La défiscalisation malgré son dynamisme, ne saura pas à elle toute seule stabiliser la barque.
Il convient également de noter la mauvaise santé financière des SEM, et leur impossibilité à matérialiser un projet de relance.

- La troisième solution (qui est à mon avis la bonne) est un contrôle du SMIG. Il est devenu le gage identitaire d’une société obsédée par son niveau de vie. Cette croyance religieuse dans le SMIG est à la fois dangereuse pour les bas salaires, et cataclysmique pour nos entreprises. Que les apôtres de cet évangile arrêtent de vanter le SMIG comme le reflet d’une société abondante. A l’heure d’aujourd’hui, son augmentation rend le coût du travail plus cher et nourrie une inflation vive et construite. Arrêtons donc de l’augmenter sans arrêt. Presque 40% d’augmentation depuis 4 ans.

C’est cette spéculation sociale qui fait la fortune électorale des politiques, et la faillite de nos entreprises.

Il ne suffit pas de se battre à coup de boîtes de conserves, ou d’essayer de deviner les marges des distributeurs pour résorber cette crise. En leurs temps, les politiques auraient dû chacun se battre pour garantir une concurrence accrue sur chaque marché, et empêcher le développement de tout monopole. Ils ont l’air fin aujourd’hui lorsqu’ils nous parlent de concurrence, alors que l’EDT, l’OPT, et les hydrocarbures restent des vaches à laits importantes pour le territoire. Et qui plus est ces entreprises pèsent lourd dans le budget des ménages.

Alors de qui se moque t-on vraiment ?

Commentaires

Ia ora na Noindep,

La morosité ambiante, tient plus à mon sens de l’instabilité politique, que d’un ralentissement structurel de notre économie. Celle-ci étant basée sur les transferts métropolitains, nous avons encore de beaux jours devant nous.

Comment inverser la tendance actuelle ?

Il n’y a pas de solution miracle, tu évoques trois pistes :

1 Baisse de la pression fiscale
2 Relance de l’activité par la commande publique
3 La baisse des charges patronales par un encadrement du SMIG

Je suis d’accord sur la baisse de la pression fiscale, à la condition que le système soit repensé globalement. La réforme devrait aller vers plus d’équité, et devra s’accompagner de la mise en place d’un impôt sur le revenu.

La relance de la commande publique est effectivement ce qu’attendent les entrepreneur du BTP.

Par contre, je pense que les petits revenus n’ont pas à faire les frais de la morosité économique. Notre SMIG doit progresser. Le problème des employeurs n’est pas tant l’augmentation des bas salaires, mais les conséquences qu’elle entraine sur la révision de leur grille salariale et surtout l’augmentation de leur charges sociales. Là aussi, une augmentation du SMIG, devrait s’accompagner d’une réforme sur notre système de rémunération. Je pense à un assouplissement des textes donnant plus de souplesse aux employeurs, et une réflexion sur le mode de financement de notre sécurité sociale supportée aujourd’hui essentiellement par les salariés et les employeurs.

Par Te Ma Arii le 22 August 2008 at 3:31

Iaorana Noindep,

Je serai d’accord avec toi sur l’essentiel de ton analyse et les trois mesures énoncées.

Néanmoins, ces trois mesures devraient être incluses dans un véritable programme de relance et de développement économique, dont le préalable incontournable est le retour de la CONFIANCE !!!

Question subsidiaire : Comment retrouver la CONFIANCE ???

Cordiales salutations,
Te Ma Arii (Ariimate)
“Si vis pacem, para iustitiam.”

Par Noindep le 22 August 2008 at 10:03

La confiance est quelque chose qui se mérite et qui malheureusement temporaire. On ne donne jamais sa confiance, on fait confiance à une personne à un moment T.

Tu as tout à fait raison, la confiance est un prémice obligatoire dans toute croissance économique. C’est ce que Alain Peyrefitte évoque dans son livre “la société de confiance” que je recommande à tous de lire.

Malheureusement la Polynésie est une société de défiance.

COmment redonnez la confiance ?

Aux consommateurs :
- Amener une transparence totale dans les prix, et dans les marges réalisés par les distributeurs. Leur expliquer pourquoi ces marges sont faites et si elles sont tolérables.

Aux entreprises :
- Geler le SMIG pour les 3 prochaines années. Les 40% de majoration depuis 4 ans couvre largement 10 ans d’augmentation !
Geler le SMIG c’est aussi donner une chance aux jeunes d’entrer sur le marché du travail.
- Ouvrir les marchés en monopole publique à la concurrence comme pour l’OPT.

A la société :
- Remettre à flot les SEM, et empêcher la faillite d’Air Tahiti Nui
- Stopper les chaises musicales en politique, respecter les votes du suffrage
- Dépolitiser les SEM et leur dirigeants
- Intégrer une “clausse d’intégrité” dans les partis politiques et à l’assemblée

Tous les commentaires y compris ceux de Noindep sont pertinents.

OUI, tout le monde est d’accord pour réclamer une meilleure gouvernance (dépolitisation des SEM, intérgrité, stop des chaises musicales,retour à l’intérêt général….).
OUI, tout le monde est d’accord pour qu’il y ait des mesures fiscales favorables aux consommateurs (baisse de la fiscalité, concurrence, vérité des prix,..) et aux entreprises (baisse de la fiscalité, baisse des charges sociales, maîtrise du smig, relance de la commande publique,….)
OUI, il faut un retour de la confiance.
OUI, il faut un retrouver la stabilité.

Toutes ces idées ont été débattues et évoquées à maintes occasions, dans la presse, lors des campagnes électorales, à l’APF, sur ce blog,….

Nos placards dont remplis de diagnostics, de programmes, de plans, de prospectives, de propositions. Les idées en tout genre ne manquent pas.

Mais, nous savons tous que des idées ne valent que par les personnes qui savent et qui peuvent les porter.

Une des questions qui se pose donc est : qui est le leader capable de porter ces idées et d’incarner cette réalité ?

Flosse avait été sanctionné. Oscar avait peiné durant sa présidence. Tong sang a déjà montré ses limites d’incapacité….

Je crois sincèrement que l’heure des Fritch, Géros,.. sont arrivés….Il faudrait plutôt spéculer sur nos futurs guides.

Par Te Ma Arii le 23 August 2008 at 3:12

Iaorana Noindep,

Je suis tout à fait d’accord avec Loti.

Cependant, il ne faudrait pas “spéculer sur nos futurs guides”.

Il faudrait rechercher les femmes et les hommes, intègres et compétents, qui seront prêts à se dévouer pour gérer notre Territoire pour l’intérêt général.

Il faudrait chercher ces personnes partout, et sans exclusive, et envisager la mise en place d’un Gouvernement Collégial comme en Nouvelle-Calédonie !

Cordiales salutations,
Te Ma Arii (Ariimate)
“Si vis pacem, para iustitiam.”

‘Ia ora na ‘Outou
Je vous rejoins tous ,Noindep , Opahi , Loti, Te Ma Arii dans vos commentaires
Que pouvont nous attendre de nos politiques actuellement pour la relance ? Rien .Ils sont tous en ce moment obnubilés par les sénatoriales , et demain ça sera un autre combat politique ? alors l’économie dans tout ça ?
Ce qu’ils nous faut en l’absence de responsables , de guides ,de programmes votés ….: c’est la motivation , la volonté , ne pas attendre d’hypothétiques subventions , aides etc..Provoquer les banques. Créer des micro-entreprises , acheter des patentes , s’associer en famille , se lancer , faire bouger tout ça . Arrêtons l’assistanat !!!
A ohipa tätou i teie nei
Tapati maita’i
Able

Par wakrap le 27 August 2008 at 22:16

Bonjour,

Je suis très étonné de ce message et des réponses.
Je crois bien avoir lu que Noindep proposait 3 solutions pour contrer l’inflation. Or ces 3 solutions sont la source de l’inflation. Le XXeme siècle a été celui des politiques de relance, de l’intrusion du politique dans l’économie et il concentre à lui seul la quasi totalité des crises économiques et de l’inflation.
Proposer des politiques de relance est à ce titre totalement surréaliste. Et les SMIC est ni à encadrer ni à réguler; il est simplement à supprimer.
A titre d’exemple l’Allemagne qui a les salaires les plus élevés d’europe n’a pas de SMIC. Les salaires sont libres et négociés par les syndicats par branche.

Sur la proposition de l’impôt sur le revenu : c’est la pire des propositions que j’ai lu. C’est l’impôt le plus injuste qui soit et le plus pénalisant, et surtout le plus immoral car il crée la revendication sociale assimilable à du racisme social consistant à traiter les gros revenus comme des profiteurs.
D’autre part cet impôt ne s’attaque pas aux riches mais à ceux qui sont en voie d’enrichissement par leur travail. Les riches n’ont plus besoin de revenus, ils sont déjà riches.

En étant bienveillant avec l’impôt, on ne peut aujourd’hui imaginer autre chose que la flat tax, appliquée par de très nombreux pays, et de plus en plus, en raison de son équilibre perçu comme raisonnable de par sa proportionnalité, et surtout de sa simplicité de mise en oeuvre, à très faible coût de gestion.
On supprime tout les prélèvements sans aucune exception et on les remplace par une flat taxe avec une franchise sur les premier 100 000 ou 150 000 F.
C’est simple, c’est clair, celà fait quasiment disparaître la fraude et surtout celà supprime toute manipulation du monde politique dans l’économie. Tout le monde à la même enseigne.

http://www.heritage.org/Research/Taxes/bg1866.cfm

http://fr.wikipedia.org/wiki/Imp%C3%B4t_%C3%A0_taux_unique

http://www.mises.org/rothbard/flattax.pdf

Bonjour Wakrap

J’avais cru comprendre que la Flat tax était un impôt sur le revenu à taux unique, et non progressif comme il l’est actuellement en métropole. A moins qu’il existe une nouvelle Flat tax ?

Par wakrap le 28 August 2008 at 21:06

C’est bien ce type d’impôt mais qui s’applique à tout type de revenu dans le principe, afin de simplifier au maximum son calcul et élargir son assiette. L’IR tel qu’il est évoqué habituellement est un impôt d’invention française du temps où Clémenceau disait que “la France est un merveilleux pays; on y plante des fonctionnaires, il y pousse des impôts” et progressif. C’est cette progressivité qui le rend particulièrement nocif pour l’économie et la mobilité sociale. De taux extrêmes comme 92% ont existé aux USA après guerre.
La CST s’en rapproche assez si ce n’est sa progressivité, certes limitée.

Par wakrap le 2 September 2008 at 4:13

Bonjour,
Je viens de faire une petite compilation des flat tax européennes actuelles.

C’est l’Estonie qui a commencé en 1994, avec un taux de 26%, ramené à 23%, puis à 20% en 2009. On trouve ensuite les autres Etats Baltes (Lettonie 25%, Lituanie, 24%), et aujourd’hui la Russie avec 13%, l’Ukraine avec 13%, de même que la Slovaquie, la Serbie à 14%, la Roumanie à 16%, la Géorgie à 12%.
Voilà pourquoi, d’autres pays vont suivre : la Bulgarie, avec un taux unique à 10% ; la République Tchèque, où le gouvernement libéral de Mirek TOPOLANEK a joué sa survie sur l’instauration d’une flat tax à 15%, puis à 12,5% en 2009. On annonce aussi des projets identiques en Hongrie, en Pologne, et même, au delà des pays de l’Est, en Grèce.

Faisons simple à Tahiti, non?

Il s’agit donc bien d’un IR, avec des modalités d’application simples. L’idée est interessante, mais se pose la question de la fixation du taux.

Je préfèrereais un taux unique par niveau de revenu plutôt qu’un taux progressif par fourchette de revenu.

 

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