A un jour de la visite du “dernier” secrétaire d’état à l’outre-mer, la Polynésie retient son souffle. Cette visite tardive semble avoir bénéficier d’une réflexion mature pour ne pas dire très longue, faisant oublier au passage le report constant de celle du président de la République, sensiblement désintéressé de nos problèmes bénins. Ce dernier aurait pu en marge du sommet du G8 au Japon se rendre en Polynésie. La considération parle d’elle-même…

Yves Jégo est en mission de reconnaissance pour l’Elysée. À l’heure de la “tarification des avantages acquis”, l’équipe de nettoyeurs de Bercy liste les ogres de la République. Et le président Sarkozy semble lui-même être en phase avec ce genre de propos. Le contrat de Projets l’a sans doute pris de court, Gaston Tong Sang, en bon président solidaire, désolidarise de son propre gré, la nation de sa collectivité. Et tout le monde s’étonne de la sympathie de N. Sarkozy à l’égard de Gaston Tong Sang ? Que le bon dieu m’entende !

L’ignorance des foules est tout l’enjeu des grèves qui se profilent. La venue “extraordinaire” de Yves Jégo tombe à Pic : le pétrole flambe, le coût de la vie s’emporte, et les salariés s’énervent. Oui mais à qui la faute ? Le mal de la conjoncture n’est sans doute pas à cause de la France. Encore moins celle de son secrétaire d’Etat. Militer pour le pouvoir d’achat n’est que la perversion d’une revendication sociale en une revendication politique. Faire du séjour d’Yves Jégo le pire qu’il est connu traverse et travesti l’esprit des syndicats. Ils oublient sans doute que ce n’est pas en ayant un comportement “d’adolescent attardé” que l’on sauve la Polynésie de son malaise profond. À force de vouloir faire de la croissance sociale par un réchauffement permanent de la marmite smicarde, on oublie presque de la remplir avec de la croissance économique. Et c’est d’ailleurs la terrible faute des syndicats en Polynésie, celle d’avoir à la fois confondu social et politique, et d’avoir voulu s’engraisser sur une croissance économique anorexique, voir franchement boulimique.

Alors M. Ronald Terorotua, avant de vouloir rendre cauchemardesque le séjour de Y. Jégo, venez à la table de rencontre avec des propositions, et des projets construits pour les salariés de Polynésie française. S’en prendre au mandataire pour sanctionner le destinateur ne changera en rien le message porté. Acceptez cette terrible réalité : La Polynésie n’est plus la protégée de la République, et l’avenir n’est plus gratuit. Apprenons à guérir cette pensée du passé.