Guérir nos pensées

Par Noindep • 19 July 2008

A un jour de la visite du “dernier” secrétaire d’état à l’outre-mer, la Polynésie retient son souffle. Cette visite tardive semble avoir bénéficier d’une réflexion mature pour ne pas dire très longue, faisant oublier au passage le report constant de celle du président de la République, sensiblement désintéressé de nos problèmes bénins. Ce dernier aurait pu en marge du sommet du G8 au Japon se rendre en Polynésie. La considération parle d’elle-même…

Yves Jégo est en mission de reconnaissance pour l’Elysée. À l’heure de la “tarification des avantages acquis”, l’équipe de nettoyeurs de Bercy liste les ogres de la République. Et le président Sarkozy semble lui-même être en phase avec ce genre de propos. Le contrat de Projets l’a sans doute pris de court, Gaston Tong Sang, en bon président solidaire, désolidarise de son propre gré, la nation de sa collectivité. Et tout le monde s’étonne de la sympathie de N. Sarkozy à l’égard de Gaston Tong Sang ? Que le bon dieu m’entende !

L’ignorance des foules est tout l’enjeu des grèves qui se profilent. La venue “extraordinaire” de Yves Jégo tombe à Pic : le pétrole flambe, le coût de la vie s’emporte, et les salariés s’énervent. Oui mais à qui la faute ? Le mal de la conjoncture n’est sans doute pas à cause de la France. Encore moins celle de son secrétaire d’Etat. Militer pour le pouvoir d’achat n’est que la perversion d’une revendication sociale en une revendication politique. Faire du séjour d’Yves Jégo le pire qu’il est connu traverse et travesti l’esprit des syndicats. Ils oublient sans doute que ce n’est pas en ayant un comportement “d’adolescent attardé” que l’on sauve la Polynésie de son malaise profond. À force de vouloir faire de la croissance sociale par un réchauffement permanent de la marmite smicarde, on oublie presque de la remplir avec de la croissance économique. Et c’est d’ailleurs la terrible faute des syndicats en Polynésie, celle d’avoir à la fois confondu social et politique, et d’avoir voulu s’engraisser sur une croissance économique anorexique, voir franchement boulimique.

Alors M. Ronald Terorotua, avant de vouloir rendre cauchemardesque le séjour de Y. Jégo, venez à la table de rencontre avec des propositions, et des projets construits pour les salariés de Polynésie française. S’en prendre au mandataire pour sanctionner le destinateur ne changera en rien le message porté. Acceptez cette terrible réalité : La Polynésie n’est plus la protégée de la République, et l’avenir n’est plus gratuit. Apprenons à guérir cette pensée du passé.

Commentaires

Par Coconain le 19 July 2008 at 23:11

Entièrement d’accord avec Noindep: ce n’est pas en gâchant la visite du secrétaire d’Etat sur des questions purement de compétences locales - comme la baisse du pouvoir d’achat par exemple - que l’on réglera le problème!
Néanmoins, si certaines revendications syndicales sont à l’origine des dysfonctionnements économiques actuelles, il n’en reste pas moins que la poussée de fièvre sociale semble légitime.
A moins d’être aveugle, force est d’admettre que le fossé se creuse entre nantis et démunis. Il suffit pour s’en convaincre de constater la mise en circulation croissante de grosses cylindrés telles BMW X3, X5, Cayenne (désolé pour la publicité) etc seulement réservés en métropole à de grands patrons. Et l’évocation des crédits à long terme n’explique pas tout…
Non, qu’on le veuille ou non, il existe dans notre pays de trop grandes disparités qu’il convient de gommer avant qu’il ne soit trop tard. Raison pour laquelle je reste plus que jamais favorable à l’introduction d’un impôt sur le revenu. A partir d’un certain montant et quitte à baisser parallèlement les taux de TVA qui frappe toutes les couches de la population. Sans oublier de taxer au passage ces fonctionnaires (retraités compris) qui passent leur temps à nous faire pleurer sur leur situation.
Autre point sur lequel je pense tout le monde est d’accord: il faut limiter les dépenses gouvernementales. De la même manière que le nombre de ministres du gouvernement ne doit pas dépasser quinze personnes, il serait temps de réglementer le nombre de personnel de cabinet. A l’agriculture (F. Roomataroa), il serait plus d’une vingtaine. Ce qui n’a jamais été démenti par l’intéressé. Idem chez Clarentz Vernaudon (Jeunesse et Sports) où notre brave Mimile a placé tous ses affidés sans que personne ne bronche chez TTA. Tout cela permettrait de faire bien des économies et par conséquent d’abaisser la pression fiscale ou d’aider ceux d’entre nous qui en ont le plus besoin. Voilà ce que l’on attendait de Gaston Tong Sang. En vain.

Par Tiaturi le 21 July 2008 at 0:10

Ce qui suit, m’a été adressé par un de mes amis à qui j’avais fait part de ma grande déception de TTA & Co! En retour, je l’adresse à “Coconain”, après l’avoir légèrement modifié.

Je comprends la déception de ceux qui ont eu confiance en ceux de TTA, mais il faut comprendre que l’homme par nature est changeant et infidèle comme l’Israël de l’ancien testament; le grain et l’ivraie poussent ensemble.
Comme dit l’apôtre Paul “je ne fais pas le bien que je veux faire mais je fais le mal que je ne veux pas faire”… ainsi nous ne sommes pas mieux logés que Paul.
A cela il faut rajouter que tout homme est guidé par son propre intérêt (instinct de survie), il ne faut pas s’étonner qu’en politique il y ait des surprises.
Pour l’essentiel, que ce soit avec GTS ou FLOSCAR qu’importe, à partir du moment ou l’on fait de bons choix pour le long terme et que l’on ne détourne pas l’argent public pour des intérêts personnels ou partisans!Wait and see!

Par Coconain le 21 July 2008 at 3:11

Merci Tiaturi pour cette pensée profonde mais je précise que mes convictions politiques ne sont pas celles de TTA qui, faut-il le rappeler, a été créé ni plus ni moins que pour reproduire la vague victorieuse du slogan “Taui” en 2004 et qui en fin de compte se révèle aussi décevant.
Aussi, je ne me sens pas du tout trahi mais plutôt conforté par l’idée que les électeurs, en général, sont des veaux!!

Par Loti le 25 July 2008 at 0:27

Notre profond malaise provient du fait que notre avenir n’est plus lisible. Il n’est plus lisible pour les entreprises, ni pour nos comptes sociaux, ni pour la population, ni pour les chômeurs, ni pour ceux qui espèrent des lendemains plus enthousiasmants….L’espoir d’un avenir plus clément n’est plus lisible.

Cette situation est nouvelle pour notre population car par le passé de ces 25 dernières années nous a habitué à une autre situation, plus prospère, plus entreprenante, plus créative en termes de projets.

Aujourd’hui, tout le monde est inquiet. Inquiet de perdre son emploi, inquiet de rester dans le chômage, inquiet de ne pas pouvoir réaliser le chiffre d’affaires suffisant pour faire aux charges de l’entreprise, inquiet de ne pas pouvoir vendre ses perles, inquiet du manque de réservation dans les hôtels, etc….

Face à cette réalité, notre inquiétude ne peut se résoudre à baisser car il n’y a plus d’autorité à la tête de notre Pays. La faiblesse de Tong sang devant les maîtres-chanteurs de son groupe politique, la faiblesse de Tong sang face à l’Etat qui fait financer ses compétences et ses obligations par le Pays, alimentent nos interrogations et nos angoisses de parent, de chef d’entreprise, de gens responsables tout simplement.

Lorsqu’on ne sait pas comment qualifier l’avenir, on a tendance à se réfugier dans le passé. C’est humain, pourrait-on dire ! Cela fait 5 ans que l’incertitude plane sur notre avenir. Une partie de notre population a voulu, en 2004, ranger Flosse au rang du passé. Mais, le taui et Tong sang n’ont pas réussi à tourner la page Flossienne et à écrire les leurs. C’est ainsi que le passé hante notre quotidien. C’est ainsi que certains reproduisent les gestes du passé, faute de modèle nouveau. Notre pays n’a plus ses héros et ses exemples……

Comment alors mettre en perspective cet avenir d’espoir attendu par les Polynésiens ?

Il n’y a pas de solution miracle. Il faut au moins rassembler les hommes et les femmes qui ont une volonté forte d’agir sans faille pour l’intérêt général, des compétences de haut niveau pour gérer les affaires publiques et la durée nécessaire de l’action qui mène aux résultats.

Il faut aussi que l’Etat, partenaire de notre développement et respectueux de son devoir de solidarité nationale, se comporte en acteur impartial de notre avenir.

Par atchoum le 25 July 2008 at 18:29

A l’occasion de la visite du secrétaire d’Etat, la Polynésie a fait une fois de plus la preuve de son incohérence et de son immaturité.
Mr. Edouard Fritch, attendant le départ du secrétaire d’Etat pour venir cracher dans un rictus haineux ses contre-vérités. On ne l’a pas vu se manifester en tête à tête, lacheté ou conscience de l’innanité de ses arguments.
Le secrétaire d’Etat appelant les investissements étrangers, ce qui fait hurler l’opposition alors que c’est ce qu’elle réclame constamment, argumentant que c’est à cause de la France que ceux-ci sont si rares.
Les “dirigeants” locaux se réclamant de la moindre virgule du statut d’autonomie interne mais hurlant dès que l’Etat s’y conforme (voir hopital du Taaone).
Le leader syndical Terorotua venant encore nous servir la-dette-de-la-France, une vieille sérénade dont on ne se lasse pas . Crois-t-il vraiment à ses arguments?
Pour une fois le secrétaire d’Etat a été clair : la Polynésie se veut autonome et associée à la France. Chiche ! mais faites votre part du travail au lieu de pleurer dans vos couches.
Ce n’est pas avec de vieux représentants ou qui se croient tels que nous sortirons de notre marécage. La France nous tend une perche, probablement la dernière !!

il paraitrait que les communes sont de competences nationales; l’etat dans sa coherence refusera donc la prise en charge annoncee par tong sang de 5milliards aux communes par le pays ??

on sussurre dans les spheres financieres que bercy (controle des impots) s’interesse a un certain montage d’investissement opere sur un hotel de bora, celui-la meme qui fait rugir l’opposition !

Je voudrais aussi faire remarquer qu’en polynesie, la presse “generaliste” a toujours ete orientee dans le sens de ses interets, et prendre tous leurs ecrits pour verite vraie, c’est faire preuve d’autant de naivete que les electeurs ayant vote tong sang pour un changement de gouvernance…

 

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