Ma récente expérience à l’étranger m’a démontré oh combien nous avons adopté le modèle français. Sans l’avoir toute fois assimiler à 100%, nous sommes à mon sens en train d’entamer le même déclin.

Avec un volume horaire de 1650 heures par an, la France est sans aucun doute le pays qui travaille le moins. Les 35h ont naturalisé un système injuste, idiot, et sans aucun intérêts ; sinon celui de freiner l’expansion française, et soit disant libéraliser le pôle des loisirs. Que quelqu’un m’explique “cette curiosité sociale“.

Le gros problème de ce modèle est sans doute la modélisation des salaires. Le système anglo-saxon divise le salaire en deux : un fixe et un variable. Et contrairement à nous, les anglo saxons accordent une priorité au variable, et une infine partie au fixe. Respectueusement 2/3, 1/3.

Cette part de variable permet en effet “d’éduquer le facteur motivation“. Avec une partie variable plus élevée, les salariés sont poussés à travailler plus, et à gagner plus. De plus cela permet d’améliorer “la rentabilité de la masse salariale” des entreprises, en embauchant les plus motivés, et par forcément au seul bénéfice des diplômes.

Le marché du travail serait sans doute plus sélectif, mais il n’hébergera plus les “passagers clandestins”, les rentiers des 35h et du “toujours moins”. “La magie de l’acquis” que propose la puissance publique ne participe pas à motiver ses propres troupes.

En Polynésie, on fait un peu près la même bêtise avec des correctifs qui méritent d’être souligner : la non adaptation des 35h, et le reniement des étages de la précarité (RMI, Indémnités chômages). En refusant de calquer exactement le modèle social français, nous nous sommes épargnés les préjudices d’une dette indéfectible et intransigeante.

Et pourtant, nos défis restent nombreux. A l’image de la fonction publique en France, la prolifération des SEM nourrit l’emploi…précaire celui-ci. Les SEM donnent l’illusion d’une dynamique d’emploi artificielle et de court terme. Les budgets du territoire alimentent cette précarité souterraine. Le patronyme, la puissance de son réseau social sont les atouts d’un bon CV. Exit la compétence, l’expérience, et la motivation. Sans parler de la “flambée ignorante” du SMIG qui favorise l’exode des bas salaires vers la précarité, et le rajeunissement d’une inflation vive et construite.

Pour éviter ce chaos social que la France subit sans pitié, nous devons rajeunir notre gouvernance sociale, et construire de l’emploi et non seulement en créer. Les jeunes diplômés sont nombreux mais écoeurés de l’orgie politique qui règne en Polynésie. “A ce prix là, moi je ne rentre pas” me disait récemment l’un d’entre eux.
L’avenir de la Polynésie c’est eux, et c’est en continuant à ignorer cet appel de plus en plus sourd que l’on déconstruit le pays. C’est la chronique d’une faillite sociale annoncée !