Comment ne pas être sensible à cet élan de générosité que Hiro Tefarere appelle de ses voeux. Avec un manque budgétaire de près de 5 millions, la Saga Painapo fait profiter à plusieurs centaines d’enfants l’accès à des vacances “normales”. Chaque année ce programme quasi-gouvernemental a eu un succès foudroyant. C’est le témoin d’une jeunesse écartée de ses propres richesses, reflet d’une société qui se désolidarise.

Il serait à mon avis ridicule d’être pris d’un élan de générosité singulier et éphémère, au nom de ne je ne sais quelle morale, et d’oublier demain le véritable problème de fond. Ce qui est en jeu dépasse bien entendu le besoin d’évasion de centaines d’enfants défavorisées. C’est aussi l’aveu consternant d’une société ivre de rêves, qui offre ces plus belles richesses à ses hôtes, et qui est incapable d’en faire profiter à sa propre population. Comment voulez-vous que les Polynésiens comprennent notre schéma de développement économique (pourquoi il faut tout faire pour faire venir plus de touristes ?) si eux-mêmes estiment qu’ils n’ont pas même accès à une ressource qui les appartient ?

Hiro Tefarere a bien fait d’en appeler à l’humilité des élus, même si ce n’est pas à eux de financer un tel projet. Il relève de la société, de la collectivité que de permettre à tout le monde de vivre des plaisirs de ses terres et ses lagons, et de goûter au rêve Polynésien. OUI LES POLYNESIENS AUSSI Y ONT DROIT. ON L’OUBLIE TROP SOUVENT !

Je remercie Hiro Tefarere d’avoir oser effriter l’ego de nos élus, qui en pleine récession économique, doivent peut-être apprendre, non à mériter, mais à accomplir un travail de qualité à la hauteur de ce que la collectivité les récompense. Un geste de leur part sera un grand progrès d’humilité, un acte de bravoure politique. Si rare ces temps-ci…