La signature du contrat de projets par le chef de l’Etat pourrait procurer du soulagement, de la quiétude, voir même une certaine satisfaction. Gaston Tong Sang tient tellement à gouverner autrement, qu’il va jusqu’à financer le déficit de l’Etat français. Si ça ne fait pas plaisir à N. Sarkozy… Ben oui, avouons-le, la Polynésie française n’a pas montré qu’elle est exemplaire dans la gestion des fonds publics. Ces crises politiques systémiques, son avarice à proposer des avancées régulières, sa paresse à instaurer un climat économique favorable, sont venues conforter l’idée d’une Polynésie déméritante, inconsciente, refermée.

Voici l’image que nous avons construite. Gaston Tong Sang ose prendre le risque d’en conforter la cause.

Aujourd’hui, l’Etat avoue son désir de “responsabiliser l’outre-mer”. On responsabilise quelqu’un lorsqu’on lui donne plus de liberté. On lui laisse également le soin désormais, d’assumer le risque de son quotidien. Fille de la République, la Polynésie française n’a jamais reconnu l’autorité légitime de sa mère patrie. Encore moins son autorité charismatique. Seule son autorité légale a du sens. Max Weber avait en soi raison : “l’Etat a le monopole de la violence légitime…”

Cette violence que l’on a refusé de se faire à nous-même, se présente aujourd’hui comme une fatalité. C’est celle “des vaches maigres” (dixit le CEPF), et la fin du gaspillage. Oui mais nous l’abondance et le gaspillage on aime ça. Privez-nous de ça, notre quotidien perd son sens. Ce recul que l’on est désormais obligé de prendre, Gaston Tong Sang nous l’impose. Qu’il est raison ou tort, ce choc de défiance à l’égard de notre quotidien illusoire doit se déclencher au sein des consciences. C’est accepter de s’assumer. Accepter de financer sa liberté. C’est aussi cela l’autonomie, même si on a toujours voulu la nier. Que faire maintenant ? S’assumer ou se défiler ?