Gaston Tong Sang fait la tournée des bars ministériels. Il veut sauver de la dérive, les acquis d’une autonomie gourmande et obèse. Mais aussi séduire les nouveaux “bobo” de la Sarkozie, les impressioner, même sans parvenir à les convaincre. C’est tout le challenge du président de la Polynésie française : maintenir l’acquis sans trahir l’avenir. Et “les montages en défisc” semblent pâtir de la présidence Sarkozy, rompue à circonscrir les abus pour rationaliser les dépenses. Et ce n’est pas parce que l’on est apprécié par le chef de l’état que l’on échappe à cette inquisition étatique. Les impondérables de la présidence sarkozy demandent une impartialité en tout temps, et pour tous les genres. Accorder de l’aise à certain régime, c’est tout sauf la présidence Sarkozy.

Il reste donc à Gaston Tong Sang beaucoup de travail. Celui de convaincre les fiscalistes de la DGI (Direction Générale des Impôts) que l’on a besoin de l’A 340-300 d’Air Tahiti Nui ou encore que le câble sous-marin mérite le soutien financier de l’Etat. C’est ce type de projet qu’il faudra à tout prix défendre pour éviter l’érosion complète des circuits financiers opaques que l’on a su tirer à notre avantage. Et ce n’est pas parce que son contrat de projet est signé que Gaston peut crier victoire. Bien au contraire, il reste au chef de l’Etat à le parapher, et a en approuver les modalités.

Dans la contrainte des dépenses actuelles, seule une diminution de la participation forfaitaire de l’Etat pourrait satisfaire à la “raison d’état”. Celle d’une dépense rationnalisée et analytique. A lire les premières lignes du contrat de projet, l’Etat restreint sa participation directe…et pourtant son aide indirecte ne cesse de croître. Je n’imagine pas le président le parapher en l’état…et il promet de le signer à sa venue en Polynésie. C’est pour cette raison que la date est sans cesse ajourner.

J’adresse à Gaston Tong Sang mon soutien le plus sincère. Sa tâche est d’autant ardue, qu’il doit défendre des enjeux à l’échelle nationale, tout en aménageant les susceptibilités locales. Et si être président, c’est être diplomate ?