Nos étudiants méritent mieux.

Hargous, Bredin et autres estampillés "Maohi" à leur tour par RFO. Quel mépris pour la jeunesse estudiantine ! Encore plus fort! Après les combattants tahitiens, nos étudiants en Métropole sont estamplillés "Maohi" au journal en tahitien du lundi soir. Les Maohi, polynésiens d'aujourd'hui ? Et pourquoi pas les Gaulois, français d'aujourd'hui ? Ne nous sommes-nous pas trompés de siècle? Cela peut paraître anachronique mais on nous jure que c'est très tendance. Nous sommes au 3ème millénaire. Il n'y a plus d'indigènes, ni de Gaulois. Nous ne vivons pas au présent-composé mais pleinement au présent. Il faut à présent grandir et s'identifier, comme le font tous les peuples, à son pays Tahiti ou la Polynésie. Nous sommes Tahitiens ou Polynésiens. PORINETIA est la traduction incontestée de Polynésie. Par conséquent, un étudiant polynésien se dit logiquement piahi (no) porinetia. S'il s'agit d'un étudiant tahitien en France, on traduira par piahi (no) Tahiti i Farani. Il n'est pas nécessaire d'être plus fort qu'un élève de 10 ans pour le comprendre. Ou alors on est intellectuellement malhonnête pour refuser l'évidence et persister dans l'erreur. Le mensonge à soi-même et aux générations futures continue. On leur visse dans le crâne qu'un maohi est un polynésien français. Ils croient détenir la vérité vraie avec leur clé USB en main. Au nom de quoi sont-ils estampillés "Maohi" ? Au nom de quelle idéologie ? Il faut en finir avec ce mensonge qui perdure car maohi signifie tout simplement INDIGENE. >Nous ne lui connaissons aucune frontière. Cette traduction dérange, écorche les oreilles susceptibles. Un indigène est un indigène. Il faut dire les choses crûment. Il est inutile de lui trouver de doux euphémismes du genre polynésien ou autres.

Nous serions vraiment curieux de savoir comment RFO Martinique désigne les étudiants martiniquais en Métropole. Sont-ils des Nègres ou des Martiniquais en France ? Pourquoi serions-nous des Indigènes de Polynésie en France ? Franchement, nos étudiants tahitiens et polynésiens méritent plus de considération. Identifions-les à leur pays !

Hiti Roa

Monsieur,

Je suis étudiant en métropole et je ne me sens aucunement offensé par cela, bien au contraire. Vous vous trompez lorsque vous comparez le mot « maohi » au mot gaulois : comparons ce qui est comparable. Nous sommes de culture maohi, autant que les Néo-zélandais d’origine sont des maoris. Ils ne se sentent pas offensés et traités d’indigènes, ils sont fièrs de leur culture ; autant que nous le sommes

Le mot maohi rassemble et unit tous les archipels derrière une même idéologie, une culture particulière, pas forcément d’antan. Il est certain que nous n’avons pas la même sensibilité aux choses, c’est ce que j’appelle la culture… Maohi.

Ce mot ne signifie pas non plus indigène, il parle à tous les polynésiens. N’est-il pas arrogant que de parler de Piahi no Tahiti, alors qu’il existe des Marquisiens, des Paumotu et des Raromatai étudiant en France ? Quant au mot Porinetia, ce n’est qu’une pale copie de « Polynésie » transcrit en tahitien, il ne représente aucunement ce que l’on ressent.

Vous semblez sous-entendre dans vos paroles que les polynésiens vivent dans le passé. Sachez que ma vision des choses est différente. Un européen garde un cap et regarde droit devant lorsqu’il navigue, alors qu’un polynésien regarde son sillage au loin pour voir s’il va droit ou pas… C’est ainsi que nous avons « mua » = devant et « muri » = derrière dans l’espace, alors que dans le temps « i mua » = dans le passé et « i muri » = le futur ce qui ne pourrait pas être compris par un esprit Français.

« Te peu maohi », c’est toutes les actions émises pour démarquer notre culture de celle des autres, et c’est pour cela qu’il ne faut pas être choqué que RFO nous appelle ainsi, car nous le sommes dans l’âme, des Maohis. Voyez les yeux pleins de joie et de bonheur, lorsqu’au rassemblement des étudiants polynésiens, nous dansons, nous chantons, n’est ce pas une expression de la culture maohi ? Ni revisitée, ni mis à jour, c’est ça être polynésien en France. Et c’est ainsi que nous pouvons évoluer dans un pays qui nous est étranger. Il ne faut pas avoir peur du mot maohi, ni le craindre, il faut en être fier.

Je ne comprends pas votre point de vue et c’est pour cette raison que je vous réponds.

Cordialement,

Mana