AVENIR 2020 : Chap.3 : "Mon métier : Je fais de la politique"

Par Noindep • 28 April 2008

L’autonomie a planté dans ses jardins le fruit de son handicap. Celui d’avoir transféré tellement de compétences au fenua, que nous avons besoin aujourd’hui d’un staff incroyable pour faire vivre cette autonomie. La politique en Polynésie c’est comme l’immigration. A force d’autoriser trop de monde, on crée un appel d’air. Passons à la Politique choisie plus qu’a la politique subie !

Passer le nombre de représentants à 57 a sans doute été la plus belle bêtise de Gaston Flosse (encore une autre !). Le rapport avec la population est de 1 élu pour 4561 habitants en Polynésie (260000/57) contre 1 pour 112 651 en métropole (60 millions/577). Nous avons tellement technocratisé notre politique qu’elle est devenu le premier bassin d’emploi. Le chômage y est rare, et pire même sans qualification vous y accédez ! Cerise sur le gâteau, vous avez des indemnités de départs de plus 6 mois si vous vous y prenez bien !

Tout ça pour dire qu’on fait de la politique dans une logique mercantile et non pour l’intérêt général.

Et c’est ce schéma de pensée qui fait que nous changeons de président tous les 3 mois ! Aucune fonction politique peut se revendiquer d’un tel turnover ! C’est pathétique ! Il faudrait donc commencer par supprimer le plan de carrière fabuleux que représente la politique.

Quelques propositions :

  1. Réduire le nombre d’élus à 30. C’est sans doute aussi son nombre trop important qui fait que l’on a du mal à souder des groupes politiques. Répartition égale de 6 sièges par archipels. Le débat sur la représentation des archipels est ainsi supprimé.
  2. Les élus de l’Assemblée de la Polynésie française toucheront une indemnité relative à leur présence. Instaurer des jetons de présence comme dans les conseils d’administrations plutôt que des salaires fixes. Chaque jeton sera fixé à 25 000 fcp/séance. Ils seront donc obligés de siéger à chaque séance et à ce que je sache, être un élu à l’Assemblée ne rend pas matériellement impossible le cumul d’un emploi. Au passage, suppression de toutes indemnités.
  3. Aucun candidat ne pourra occuper plus de deux fois le poste de président de la Polynésie française. (cas du Président de la République)
  4. Chaque élu qui changera plus de deux fois de groupes parlementaires sera considéré comme démissionnaire. (au nom de la clause d’intégrité)

Si nous appliquons déjà ces quelques règles, on finira peut-être, et je dis bien peut-être par stopper cet appel d’air vers le métier irrationnel d’Elu politique en Polynésie française. Ce serait un bon début…

Commentaires

Par Puru haari le 28 April 2008 at 17:12

Salut NOINDEP,

Tu as de bonnes idées pour réformer notre politique. Même si, ce dont elle aurait bien besoin, c’est d’un bon coup de karcher… Tes propositions donnent de la richesse au débat…
Je ne sais pas si la réduction du nombre d’élus est quelque chose de possible. En tout cas, il est certain que les archipels n’ont pas assez d’élus alors que les îles du Vent ont beaucoup trop d’élus. Certains des 57 élus valent leurs salaires, alors que beaucoup ne valent même pas le smig. Il serait peut-être intéressant de se pencher sur la question : Quel est l’intérêt de nos institutions ? Existent-elles pour faire fonctionner correctement le pays ? Ou, sont-elles là pour faire figure de "pâle copie" du régime présidentiel ? Lorsque c’est la troisième institution (l’assemblée) qui élit la première (le président) qui nomme la deuxième (le gouvernement), c’est à se demander comment est-ce que l’Etat a pu accepter un tel statut ! (Oui, je sais, c’est l’amitié Flosse – Chirac qui l’a permis…). J’irais même à m’interroger s’il ne serait pas plutôt intéressant d’inventer un nouveau régime politique, de nouvelles institutions, une nouvelle administration, adaptés à la Polynésie. Pourquoi faut-il forcément copier la tradition républicaine (le nombre de représentants "57" correspond à exactement 1/10° du nombre de députés "577"… Ce n’est qu’un exemple de la folie de la "pâle copie") ?
Pour ce qui est de limiter le mandat présidentiel à deux fois, cela ne fonctionne que si le président est élu au suffrage universel. Et ce n’est pas encore le cas au fenua. Le problème étant que nous vivons actuellement sous un régime à "la quatrième république", avec une première institution (le président) instable. Alors qu’il est bien connu que ce qui a stabilisé la République en France, c’est l’élection au suffrage universel du président ("la clé de voûte" de De Gaulle).
Pour l’heure, on dit que les électeurs polynésiens ne peuvent élire directement leur président, parce que cela ferait doublon avec le Président de la République. Le seul, selon la constitution à avoir une légitimité nationale (à lui seul). Même si – autre contradiction du statut de 2004 – "la Polynésie française se gouverne librement et démocratiquement". Une disposition qui devrait lui permettre de choisir son mode de gouvernance, et donc la manière dont elle veut être dirigée. Je pense qu’il faudra bien qu’un jour l’Etat lâche sur ce point, parce que changer de président tous les 50 jours, ça devient quelque peu…
Ah oui, il n’y a pas de disposition limitative au quinquennat du Président de la République. Chirac aurait pu se présenter une troisième fois. Même si, il a eu la sagesse – lui – de faire ses "adieux" en grand homme.
Quant à la "cause d’intégrité" – dont tu as déjà parlé – il faudrait qu’elle soit appliquée depuis la campagne jusqu’à l’installation à Tarahoi. Que les élus respectent leurs engagements de campagne. Mais bon, bouter hors de Tarahoi de tels élus, c’est inconstitutionnel…

A bientôt pour la suite de tes propositions.

Par Puru haari le 28 April 2008 at 17:12

Salut NOINDEP,

Tu as de bonnes idées pour réformer notre politique. Même si, ce dont elle aurait bien besoin, c’est d’un bon coup de karcher… Tes propositions donnent de la richesse au débat…
Je ne sais pas si la réduction du nombre d’élus est quelque chose de possible. En tout cas, il est certain que les archipels n’ont pas assez d’élus alors que les îles du Vent ont beaucoup trop d’élus. Certains des 57 élus valent leurs salaires, alors que beaucoup ne valent même pas le smig. Il serait peut-être intéressant de se pencher sur la question : Quel est l’intérêt de nos institutions ? Existent-elles pour faire fonctionner correctement le pays ? Ou, sont-elles là pour faire figure de "pâle copie" du régime présidentiel ? Lorsque c’est la troisième institution (l’assemblée) qui élit la première (le président) qui nomme la deuxième (le gouvernement), c’est à se demander comment est-ce que l’Etat a pu accepter un tel statut ! (Oui, je sais, c’est l’amitié Flosse – Chirac qui l’a permis…). J’irais même à m’interroger s’il ne serait pas plutôt intéressant d’inventer un nouveau régime politique, de nouvelles institutions, une nouvelle administration, adaptés à la Polynésie. Pourquoi faut-il forcément copier la tradition républicaine (le nombre de représentants "57" correspond à exactement 1/10° du nombre de députés "577"… Ce n’est qu’un exemple de la folie de la "pâle copie") ?
Pour ce qui est de limiter le mandat présidentiel à deux fois, cela ne fonctionne que si le président est élu au suffrage universel. Et ce n’est pas encore le cas au fenua. Le problème étant que nous vivons actuellement sous un régime à "la quatrième république", avec une première institution (le président) instable. Alors qu’il est bien connu que ce qui a stabilisé la République en France, c’est l’élection au suffrage universel du président ("la clé de voûte" de De Gaulle).
Pour l’heure, on dit que les électeurs polynésiens ne peuvent élire directement leur président, parce que cela ferait doublon avec le Président de la République. Le seul, selon la constitution à avoir une légitimité nationale (à lui seul). Même si – autre contradiction du statut de 2004 – "la Polynésie française se gouverne librement et démocratiquement". Une disposition qui devrait lui permettre de choisir son mode de gouvernance, et donc la manière dont elle veut être dirigée. Je pense qu’il faudra bien qu’un jour l’Etat lâche sur ce point, parce que changer de président tous les 50 jours, ça devient quelque peu…
Ah oui, il n’y a pas de disposition limitative au quinquennat du Président de la République. Chirac aurait pu se présenter une troisième fois. Même si, il a eu la sagesse – lui – de faire ses "adieux" en grand homme.
Quant à la "cause d’intégrité" – dont tu as déjà parlé – il faudrait qu’elle soit appliquée depuis la campagne jusqu’à l’installation à Tarahoi. Que les élus respectent leurs engagements de campagne. Mais bon, bouter hors de Tarahoi de tels élus, c’est inconstitutionnel…

A bientôt pour la suite de tes propositions.

Parceque nous sommes tellement frustrés par la situation politique actuelle, nous en venons tous, comme noindep à proposer des solutions. ça fait sourire car la situation n’est pas forcemment ce qu’elle est et comme noindep nous parlons sans savoir.

Pour reprendre le texte de noindep, "Les élus de l’Assemblée de la Polynésie française toucheront une indemnité relative à leur présence. Instaurer des jetons de présence comme dans les conseils d’administrations plutôt que des salaires fixes. Chaque jeton sera fixé à 25 000 fcp/séance. Ils seront donc obligés de siéger à chaque séance "

La présence d’un élu en séance ne veut pas forcemment dire que l’élu travaille. ça veut juste dire qu’il vient voter. Là où il faillit à son devoir c’est lorsqu’il n’étudie pas en amont de la séance les projets de texte qu’il va être amené à voter. l’élu consciencieux étudie les textes, vient en réunion des commissions de l’assemblée et fait des recherches, il prépare des interventions et surtout il devrait voter en toute conscience car son vote va influencer la vie des personnes concernées par le texte en question. Il doit aller rencontrer les gens concernés pour s’assurer que les projets de lois proposés par le gouvernement n’ont pas seulement été cogités par des "grands penseurs" de l’avenue Pouvanaa qui ne connaissent pas forcemment la réalité du terrain. On ne peut exiger d’un élu qu’il étudie tous les textes mais au moins qu’il se penche et se prononce sur les textes qui l’affecte plus particulièrement.

L’élu fera son travail lorsqu’il aura de l’intégrité, lorsqu’il aura compris son rôle de parlementaire et lorsque notre mentalité politique aura évolué.

Deuxio et pour la forme, "Passer le nombre de représentants à 57 a sans doute été la plus belle bêtise de Gaston Flosse ". Il faut se rapeler que bien que GF ait proposé ce texte, celui-ci est passé par le Sénat et a été voté à l’assemblée nationale, qui a approuvé le nouveau nombre de représentants. La "bêtise de GF" a été cautionnée.

Parceque nous sommes tellement frustrés par la situation politique actuelle, nous en venons tous, comme noindep à proposer des solutions. ça fait sourire car la situation n’est pas forcemment ce qu’elle est et comme noindep nous parlons sans savoir.

Pour reprendre le texte de noindep, "Les élus de l’Assemblée de la Polynésie française toucheront une indemnité relative à leur présence. Instaurer des jetons de présence comme dans les conseils d’administrations plutôt que des salaires fixes. Chaque jeton sera fixé à 25 000 fcp/séance. Ils seront donc obligés de siéger à chaque séance "

La présence d’un élu en séance ne veut pas forcemment dire que l’élu travaille. ça veut juste dire qu’il vient voter. Là où il faillit à son devoir c’est lorsqu’il n’étudie pas en amont de la séance les projets de texte qu’il va être amené à voter. l’élu consciencieux étudie les textes, vient en réunion des commissions de l’assemblée et fait des recherches, il prépare des interventions et surtout il devrait voter en toute conscience car son vote va influencer la vie des personnes concernées par le texte en question. Il doit aller rencontrer les gens concernés pour s’assurer que les projets de lois proposés par le gouvernement n’ont pas seulement été cogités par des "grands penseurs" de l’avenue Pouvanaa qui ne connaissent pas forcemment la réalité du terrain. On ne peut exiger d’un élu qu’il étudie tous les textes mais au moins qu’il se penche et se prononce sur les textes qui l’affecte plus particulièrement.

L’élu fera son travail lorsqu’il aura de l’intégrité, lorsqu’il aura compris son rôle de parlementaire et lorsque notre mentalité politique aura évolué.

Deuxio et pour la forme, "Passer le nombre de représentants à 57 a sans doute été la plus belle bêtise de Gaston Flosse ". Il faut se rapeler que bien que GF ait proposé ce texte, celui-ci est passé par le Sénat et a été voté à l’assemblée nationale, qui a approuvé le nouveau nombre de représentants. La "bêtise de GF" a été cautionnée.

Par Te Ma Arii le 28 April 2008 at 19:08

Bonjour Noindep,

Un tout petit commentaire:

Tu devrais aussi mentionner le "Régime des retraites" très avantageux des élus du peuple (représentants et ministres) !!!

Te Ma Arii <tamaariifenua@gmail.com>
"Si vis pacem, para iustitiam."

Par Te Ma Arii le 28 April 2008 at 19:08

Bonjour Noindep,

Un tout petit commentaire:

Tu devrais aussi mentionner le "Régime des retraites" très avantageux des élus du peuple (représentants et ministres) !!!

Te Ma Arii <tamaariifenua@gmail.com>
"Si vis pacem, para iustitiam."

Par able le 29 April 2008 at 5:11

Pas mal des propositions Noindep !
J’ajouterais pour les politiques : la compétence …..
Mais comment l’acquérir? A l’école par des diplômes , sur le tas par l’expérience … Si c’est le cas , est-ce vraiment un facteur de talent ? Quand même cela ferait déjà une sélection !
Aita roa te rahi ua perefeta ‘oia i roto te fenu’a !

Par able le 29 April 2008 at 5:11

Pas mal des propositions Noindep !
J’ajouterais pour les politiques : la compétence …..
Mais comment l’acquérir? A l’école par des diplômes , sur le tas par l’expérience … Si c’est le cas , est-ce vraiment un facteur de talent ? Quand même cela ferait déjà une sélection !
Aita roa te rahi ua perefeta ‘oia i roto te fenu’a !

c clair que la politique est moyen de s’en sortir socialement , qd on voit les zigotos qui sont à l’assemblée si certains on ne les aime pas, on ne pas leur retirer une certaine intelligence car certains ça fait peur

c clair que la politique est moyen de s’en sortir socialement , qd on voit les zigotos qui sont à l’assemblée si certains on ne les aime pas, on ne pas leur retirer une certaine intelligence car certains ça fait peur

Par Maharepa le 29 April 2008 at 12:21

Noindep, tes propositions méritent d’être discutées et critiquées. Certaines sont, me semble-t-il, peu réalistes et surtout porteuses d’effets pervers pires que celles que tu dénonces à juste titre. Permets-moi de faire quelques commentaires.

1/ Réduire l’APF à 30 élus : le problème n’est pas tant celui du nombre d’élus au sein de l’APF. La question réside plus dans la qualité des élus. Il fut un temps où l’APF comprenait une trentaine d’élus et cela n’a pas empêché, à cette époque déjà, le phénomène de nomadisme politique. Il nous faut des élus de conviction au sein de l’APF. C’est cela que les électeurs désirent. Mais comment les électeurs peuvent-ils concrètement avoir la possibilité de les sélectionner ? Le sujet est vaste car il s’agit là de discuter de modes électoraux qui ne seront plus basés sur un scrutin de liste.

2/ 6 élus par archipels : cela signifie que les archipels éloignés représenteront 30 élus et les IDV 6 élus. C’est totalement anti-démocratique. Les IDV représentent 75 % de la population et les archipels éloignés 25 %. La représentativité sera complètement faussée. De plus, 30 élus pour les archipels, c’est potentiellement amplifier le phénomène des "girouettes". Les élus des îles raisonnent selon une logique de moyens. C’est pour cela qu’ils veulent être toujours du côté de la majorité quelle qu’elle soit. Imaginez les dégats lorsque vous aurez 30 élus sur 36 qui raisonneront uniquement en termes de moyens et de "sucettes".

3/ Instaurer les jetons de présence : cela créera des effets pervers car les élus chercheront à se rémunérer à hauteur de ce qu’ils souhaiteront. Il y aura réunionite juste pour assurer une présence rémunérée. Le système de jeton de présence n’est bon que si les personnes concernées considèrent les jetons octroyés comme un complément de rémunération. Pour les élus, c’est leur rémunération principale. Il y aura inévitablement une course aux jetons et donc apparition d’effets pervers.

4/ Démissionnaire après deux changements de groupe : le principe de liberté qui est inscrit dans la Constitution ne permet pas, malheureusement, de sanctionner les élus qui changent de camp. Le sénateur Flosse et le député Sandras ont déposé une proposition de loi anti-girouette au parlement. Cette proposition n’était pas recevable…car anti-constitutionnelle. C’est regrettable.

En revanche, la proposition de limiter le mandat de président à deux est sans doute la seule qui soit juridiquement recevable et qui mérite un débat.

Par Ta'ata Maohi le 29 April 2008 at 17:05

Pour la proposition de 25.000 Fcp la séance, pourquoi pas, mais il ne faut pas oublier qu’un représentant travaille aussi (ou est censé travailler!) en dehors des séances, en commission. Ce que l’on voit à la Tv, avec les séances dans l’hémicycle n’est qu’une petite partie du travail que devrait effectuer un représentant à l’APF! Les 2 sessions de l’APF durent 90 jours chacune, entre temps c’est en commission que le boulot se fait.

Par Papacrabe le 18 May 2008 at 22:05

Pardon de cette pensée, mais j’ai laissé plusieurs commentaires au cours de la semaine qui me semblent avoir été mis sous scellés… Suis-je blacklisté ? Pourquoi ?

 

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