Je pensais avoir tout vu, tout entendu...et pourtant. Dans le génie de la bêtise humaine, Cyril Legayic et Mahinui Temarii viennent de monter ensemble sur le haut du podium. Les luttes partisanes ne sont pas neuves, et j'en respecte les attributs politiques. Le clientélisme ne dépasse aucune conscience, elle les emprisonne. Mais quand même....

En politique lorsque l'on se met à juger les hommes sur leur appartenance ethnique, c'est qu'on est à bout de souffle. On a tellement de mal à rétorquer sur les qualificatifs politiques, que l'on fait flamber l'audience. Rappelez-vous Oscar Temaru dans ses vieux jours. C'est au tour de Gaston Tong Sang d'en faire les frais. Parce qu'il est d'origine chinoise, et qu'il participe à la vie de sa communauté, il est forcément au service des hommes qui la dirigent. La communauté chinoise est un fabuleux moteur économique, politique et culturel en Polynésie. Les gens qui la composent sont pour la plupart, il est vrai, dominants au sein des petits commerces, et des grandes entreprises. Et alors ? Ils sont là parce qu'ils ont travaillé dur et non parce qu'ils sont chinois. Réduire les hommes à leur origine est moralement condamnable.

À entendre nos deux syndicalistes, les chinois seraient ces riches propriétaires Bourgeois que Marx voulait remonter contre les dignes prolétaires. Cette référence des idées est la preuve que nous sommes face à un "retard des idées" supplée à une "paresse du progrès". Il est tellement plus simple d'insulter que de réfléchir. Il est également plus simple de se taire que d'agir.

Nos deux syndicalistes sont en train de scinder l'identité des polynésiens. Que des illuminés se déclarent plus Maohi que Polynésiens, ce n’est rien dire d'autre qu'être autonomistes mais pour le Tahoeraa. Tout ça pour dire qu'être Maohi, Chinois, ou Marquisiens c'est être avant tout Polynésien. Notre identité culturel qu'on le veuille ou non est pluridisciplinaire, et est le fruit de la diversité. Ceux qui ne s'y reconnaissent pas ont un défi intellectuel à résoudre avec eux-même.

C'est pour cette raison que je soutiens la ligue polynésienne des droits humains dans leur combat contre ces dérives.