Ce billet fait suite à celui ci

Actuellement, nous pensons à des stratégies de développement pour la Polynésie d'après le schéma de pensée suivant :

  1. On analyse chacun de nos besoins : tourisme, pêche, éducation, logements sociaux...
  2. On évalue les possibilités de développement dans nos secteurs d'activités (tourisme, pêche, perliculture...) et les investissements nécessaires pour les développer.
  3. On négocie des contrats avec l'Etat pour bénéficier de fonds pour mettre en place des stratégies par secteur.

Concernant le développement, le gouvernement de la Polynésie française dirige donc une entreprise (la Polynésie française) et il gère des domaines d’activités (la perliculture, la pêche, le tourisme, l’agriculture…). L’état est son banquier.

Néanmoins, une collectivité territoriale doit elle avoir cette approche centralisatrice pour le développement de son territoire ?

Je pense que non pour deux principales raisons.

Tout d'abord, cette approche n'est pas efficace. Elle a pour principal pivot le gouvernement de la Polynésie française, celui ci doit penser le développement et le planifier à lui seul. Or, avec les multiples changements d'équipes (changement de gouvernement, changement de ministre, de conseillers...) et les importants délais et coûts de transactions imputables aux structures publiques en Polynésie française, le processus de décision et de mise en place est long et couteux. De plus, dans un environnement complexe (mondialisation, important nombre d’interactions entre de multiples acteurs, imprévisibilité quant au futur…) une approche centralisatrice ne peut être efficace, car on ne peut tout prévoir et planifier. Résultat : la stratégie est mise en place à retardement et est donc dépassée.

Deuxièmement, cette approche ne permet pas d'innover dans la stratégie de développement pour la Polynésie. Tout d’abord, comme dit précédemment, dans un environnement complexe, le territoire ne peut analyser et tirer profit de toutes les opportunités de développement dans tel ou tel domaine, en ayant une approche centralisatrice. Ensuite, cette approche en termes de domaines d’activités historiquement définis (pêche, agriculture, perliculture..) n’est pas l’approche à avoir pour des structures publiques dont le but est le développement d’un territoire. En effet,; une entreprise peut décider d’abandonner un secteur d’activité ou de le revendre. Une collectivité, elle ne le peut pas, elle tient compte de l'histoire et des contraintes politiques (grèves...). Une collectivité peut donc financer des secteurs d'activités à perte. Cela signifie des fonds en moins investis pour le futur, en développant de nouveaux secteurs.

La manière dont est pensée le développement par les différents gouvernements qui se sont succédés est inefficace et peu innovante. C'est plutôt inquiétant pour espérer se développer dans un monde globalisé qui se réinvente chaque jour.

Qu’en pensez-vous ? Quelle autre approche, selon vous, est opportune ?

Etude de cas : Vous étes le président de la Polynésie française, vous avez pour mission la mise en place d’une stratégie de développement sur 10 ans. Quelle approche allez vous adopter ?

Pour ma part, je suis pour une approche globale basée sur la diversité, la coordination, et ayant pour principal acteur du développement : l’entrepreneur.

Néanmoins que veulent dire tout ces mots mis bout à bout ?

Je vous laisse et me laisse, la nuit pour y réfléchir.

Bonne étude de cas.