Stratégie de développement pour la polynésie française : penser le développement autrement

Par Pépé Tama • 20 April 2008

Ce billet fait suite à celui ci

Actuellement, nous pensons à des stratégies de développement pour la Polynésie d’après le schéma de pensée suivant :

  1. On analyse chacun de nos besoins : tourisme, pêche, éducation, logements sociaux…
  2. On évalue les possibilités de développement dans nos secteurs d’activités (tourisme, pêche, perliculture…) et les investissements nécessaires pour les développer.
  3. On négocie des contrats avec l’Etat pour bénéficier de fonds pour mettre en place des stratégies par secteur.

Concernant le développement, le gouvernement de la Polynésie française dirige donc une entreprise (la Polynésie française) et il gère des domaines d’activités (la perliculture, la pêche, le tourisme, l’agriculture…). L’état est son banquier.

Néanmoins, une collectivité territoriale doit elle avoir cette approche centralisatrice pour le développement de son territoire ?

Je pense que non pour deux principales raisons.

Tout d’abord, cette approche n’est pas efficace. Elle a pour principal pivot le gouvernement de la Polynésie française, celui ci doit penser le développement et le planifier à lui seul. Or, avec les multiples changements d’équipes (changement de gouvernement, changement de ministre, de conseillers…) et les importants délais et coûts de transactions imputables aux structures publiques en Polynésie française, le processus de décision et de mise en place est long et couteux. De plus, dans un environnement complexe (mondialisation, important nombre d’interactions entre de multiples acteurs, imprévisibilité quant au futur…) une approche centralisatrice ne peut être efficace, car on ne peut tout prévoir et planifier. Résultat : la stratégie est mise en place à retardement et est donc dépassée.

Deuxièmement, cette approche ne permet pas d’innover dans la stratégie de développement pour la Polynésie. Tout d’abord, comme dit précédemment, dans un environnement complexe, le territoire ne peut analyser et tirer profit de toutes les opportunités de développement dans tel ou tel domaine, en ayant une approche centralisatrice. Ensuite, cette approche en termes de domaines d’activités historiquement définis (pêche, agriculture, perliculture..) n’est pas l’approche à avoir pour des structures publiques dont le but est le développement d’un territoire. En effet,; une entreprise peut décider d’abandonner un secteur d’activité ou de le revendre. Une collectivité, elle ne le peut pas, elle tient compte de l’histoire et des contraintes politiques (grèves…). Une collectivité peut donc financer des secteurs d’activités à perte. Cela signifie des fonds en moins investis pour le futur, en développant de nouveaux secteurs.

La manière dont est pensée le développement par les différents gouvernements qui se sont succédés est inefficace et peu innovante. C’est plutôt inquiétant pour espérer se développer dans un monde globalisé qui se réinvente chaque jour.

Qu’en pensez-vous ? Quelle autre approche, selon vous, est opportune ?

Etude de cas : Vous étes le président de la Polynésie française, vous avez pour mission la mise en place d’une stratégie de développement sur 10 ans. Quelle approche allez vous adopter ?

Pour ma part, je suis pour une approche globale basée sur la diversité, la coordination, et ayant pour principal acteur du développement : l’entrepreneur.

Néanmoins que veulent dire tout ces mots mis bout à bout ?

Je vous laisse et me laisse, la nuit pour y réfléchir.

Bonne étude de cas.

Commentaires

Par Te Ma Arii le 26 April 2008 at 21:11

"Deuxième tentative le 26 Avril 2008, à 18H10"

Bonjour Pépé Tama,

A mon humble avis, vu l’état général dans lequel se trouve le Territoire, une stratégie sur 10 ans me semble trop courte.
La première contrainte sera la gestion de "l’existant", c’est-à-dire que fait-on pour la période de "transition" ???
En effet, on ne pourra pas simplement faire table rase de notre situation actuelle du jour au lendemain, car cela risquerait de prendre du temps pour faire évoluer les choses ???

Si nous prenons l’année 2008 comme point de départ pour Ensemble définir quel sera "L’AVENIR de la Polynésie (Française)", il sera impératif de procéder en urgence à la consultation de tous les partenaires sociaux et de la Société Civile (par l’intermédiaire du CESC notamment,…).
Cette étape devra être conclue le 31 Août, et tous les avis devront être transmis au Gouvernement et à l’Assemblée.

Je proposerai une cellule interministérielle (6 personnes maximum, dont deux membres du CESC, assistées de six collaborateurs de haut niveau) sous l’autorité directe du vice-président du gouvernement pour animer et coordonner cette première étape.
Le mois de Septembre serait l’occasion d’un large débat public aux seins des Institutions Politiques, à partir des recommandations et des propositions de la Société Civile et des partenaires sociaux, et au cours du mois d’Octobre ou Novembre, seraient décidées et mises en œuvre les premières mesures concrètes, effectives à l’occasion du budget 2009.
Je pense que le débat sera permanent, mais qu’il faudra procéder par période quinquennale (la durée normale de la mandature de l’Assemblée de la Polynésie Française) avec un bilan annuel indiquant les progrès et/ou les échecs rencontrés, proposant éventuellement des modifications, et qu’il faudra entre 15 et 25 ans pour (re)bâtir notre Fenua.

Cependant, à mon avis, il y aura trois conditions préalables et incontournables :
- Un accord unanime (des élus et de la Société Civile) pour la mise en œuvre effective d’une "Gestion de bon père de famille" des affaires publiques;
- La mise en sommeil de toute revendication sur "L’AVENIR INSTITUTIONNEL" de la Polynésie (Française) pendant toute la période de la "RECONSTRUCTION et de la RECONCILIATION" de notre Fenua (mais n’excluant pas quelques indispensables retouches du Statut actuel et du Code Electoral) ;
- La participation de L’ETAT IMPARTIAL, Garant de la Légalité, dans le cadre d’un véritable partenariat (à ce titre le Haut-Commissaire pourrait accepter d’adjoindre deux ou trois observateurs qualifiés auprès de la cellule interministérielle susvisée, et à titre consultatif ???).

Voici donc schématiquement exposées, quelques idées pour lancer le débat.

Iaorana,
Te Ma Arii
"Si vis pacem, para iustitiam."

Par Pépé Tama le 29 April 2008 at 7:55

Bonjour et merci pour ta contribution. Dslé de ne l’avoir publié plus tôt, j’ai quelques petits examens en ce moment.

Concernant ta proposition, elle me semble intérréssante neanmoins on reste dans le même schéma de pensée :

1- On analyse chacun de nos besoins en consultant les partenaires sociaux et économiques dans divers domaines (peche etc etc)
2- Les ministres (cellules interministérielles) et conseillers évaluent les possibilités de développement
3- On trouve des fonds.

Pour ma part cette approche que tu proposes est insuffisante comme je l’ai exposé dans le billet, elle est trop centrée sur NOUS et non sur le monde qui nous entoure. Ainsi simplement consulter les parties prenantes de la société ne suffit qu’a avoir une liste de besoins.

Une vrai stratégie de développement pour la polynésie française doit avant tout etre basée sur une vision et se poser cette question :

Comment se développer en tenant compte du monde dans lequel nous vivons ?

Il faut donc analyser la mondialisation ses tendances, les courants actuels qui existent en terme de développement et non commencer par se regarder le nombril, même si dans l’esprit, la collaboration de toutes les parties prenantes est bénéfique.

Je suis entrain de préparer un nouveau billet à ce sujet, mais je suis tout à fait pour le fait de continuer la réflexion sur ce billet.

Pour les trois conditions que tu poses comme préalable et incontournables, je suis entièrement d’accord avec toi.

Par Pépé Tama le 29 April 2008 at 7:55

Bonjour et merci pour ta contribution. Dslé de ne l’avoir publié plus tôt, j’ai quelques petits examens en ce moment.

Concernant ta proposition, elle me semble intérréssante neanmoins on reste dans le même schéma de pensée :

1- On analyse chacun de nos besoins en consultant les partenaires sociaux et économiques dans divers domaines (peche etc etc)
2- Les ministres (cellules interministérielles) et conseillers évaluent les possibilités de développement
3- On trouve des fonds.

Pour ma part cette approche que tu proposes est insuffisante comme je l’ai exposé dans le billet, elle est trop centrée sur NOUS et non sur le monde qui nous entoure. Ainsi simplement consulter les parties prenantes de la société ne suffit qu’a avoir une liste de besoins.

Une vrai stratégie de développement pour la polynésie française doit avant tout etre basée sur une vision et se poser cette question :

Comment se développer en tenant compte du monde dans lequel nous vivons ?

Il faut donc analyser la mondialisation ses tendances, les courants actuels qui existent en terme de développement et non commencer par se regarder le nombril, même si dans l’esprit, la collaboration de toutes les parties prenantes est bénéfique.

Je suis entrain de préparer un nouveau billet à ce sujet, mais je suis tout à fait pour le fait de continuer la réflexion sur ce billet.

Pour les trois conditions que tu poses comme préalable et incontournables, je suis entièrement d’accord avec toi.

Par Te Ma Arii le 29 April 2008 at 12:59

Bonjour Pépé Tama,

Sur le fonds, nous ne pourrions qu’être d’accords.

La nuance principale que je soulignerai, c’est qu’il faudrait d’abord régler "les problèmes intérieurs au Fenua", être certains de quoi nous serions capables de construire et d’entreprendre, et ainsi être mieux préparé à affronter "les enjeux et les difficultés extérieures".

Nous pourrions continuer sur ton nouveau billet.

Te Ma Arii
"Si vis pacem, para iustitiam."

Par Pépé Tama le 29 April 2008 at 15:51

Justement pour ma part je ne sépare pas l’intérieur et l’extérieur au territoire car les deux sont liés, les deux sont en constante intéraction (le monde influe sur nous et nous influons sur notre environnement ) , ainsi c’est la dynamique qu’il faut regarder et non avoir une approche découpée (intérieure / extérieure). Je fais au plus vite pour finir mon billet afin d’etre plus clair et précis sur mon propos.

Par Te Ma Arii le 30 April 2008 at 22:42

Bonsoir Pépé Tama,

Je dois avouer que ton approche est novatrice en ce qui me concerne.
Je suivrai la suite de ta démarche avec intérêt.

Te Ma Arii
"Si vis pacem, para iustitiam."

 

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