Dans ce ruissellement social coule à nouveau les larmes de notre progrès. Les syndicats ont de nouveau matraqué les consciences dans une rythmique incessante du “toujours plus”. On rend les salariés victimes d’une embuscade patronale, alors qu’en paralysant le pays, les syndicats insufflent au pouvoir d’achat un défi supplémentaire : celui d’éviter à tout prix l’émergence d’une paupérisation des classes ! Et c’est en faisant descendre la foule dans la rue qu’ils pensent nourrir la croissance sociale. Que d’illusion !

En réalité, cette « paralysie annuelle des foules » démontre avec quelle facilité le pays est fragile : Alors que les élections viennent de se terminer, les syndicats nous font un 4ème tour. Et pour se faire entendre, ils prennent l’économie en otage.

La Polynésie vit depuis trop longtemps dans cette “évidente schizophrénie” du progrès. Elle fait supporter sa réussite par sa démographie dynamique, et sa créance coloniale. Continuer à s’auto-identifier comme des rentiers de la République est à l’opposé de l’indépendance, et même pire, à l’encontre de l’autonomie. Vouloir s’émanciper, c’est s’extirper de la maternité de l’Etat, et matérialiser sa capacité à s’auto-gérer.

Le gouvernement sera d’ailleurs appelé à proposer un nouveau schéma économique. On ne lui demandera plus de constater les fissures de la bâtisse, on lui demandera de bâtir l’édifice. Gaston Flosse qui a été le premier à pronostiquer 300 000 touristes dès 2000, n’a eu de cesse, comme ceux qui l’ont succédé, de créditer la conjoncture de tous les maux. Depuis 2000, nous sommes dans une croissance touristique appauvrissante, sans que cela ne gêne personne. Et pourtant depuis les moyens sont gigantismes et les investissements de promotions extérieures faramineux ! (Cf. ATN). Mais silence, c’est un sujet qui fâche !

Je prend le nouveau gouvernement comme prochain responsable des récessions à venir. Ils ont corrompu le suffrage à leur crédit et restent très silencieux sur leur programme économique. J’attend de comprendre pourquoi.