J’ai une immense admiration pour ceux qui, à longueur de journée essayent de rationaliser, catégoriser, “cliver” les listes qui se présentent aux suffrages des électeurs pour ces municipales. De vrais entomologistes de la politique ! Et pourtant, nos journalistes du monopole Hersant s’y essayent, relayant les thèses de To tatou ai’a en fervents propagandistes de ce conglomérat électoral qu’ils sont devenus. On apprend ainsi que le maire Tahoeraa de Paea est aussi To tatou ai’a et que To tatou ai’a soutient tardivement le maire sortant Tahoeraa de Papara… Un vrai chop suey !

Un effort de “cartésianisme” que même les journalistes de Métropole ont abandonné, tant la situation de certaines municipalités et le positionnement du Modem rendaient, en “Métropole”, la situation complexe.Vous avez dit mariage de la carpe et du lapin ?

Et pourtant, tous les jours, on constate que des listes rouges sont plus ou moins orangées ou “bleuies” (Punaauia, Paea…), que des listes oranges sont souvent bleuies ou rougies ( Papara,Mahina…), que des listes bleues sont orangées ou rougies ( Mahina, Teva I Uta…) Ne parlons pas des iles et des archipels des iles sous le vent ou des tuamotus : même une chatte n’y retrouverait pas ses petits !

Tout simplement, par ce que, comme je l’ai dit, les leaderships locaux sont, dans nos communes, déterminés par des critères qui dépassent la rationalité “occidentale”. S’y mêlent l’affect, le charisme, les relations familiales, les affinités personnelles,les amitiés d’enfance, la “notabilité” professionnelle ou religieuse… C’est bien la preuve que les clivages idéologiques sont, encore plus qu’aux territoriales, relativisés et même ignorés. Comment, en effet, “idéologiser” la propreté, la police de proximité, la maintenance des écoles, l’accompagnement social, l’animation de la vie associative ou les formalités administratives ?

Certes, il reste des villes emblématiques. Ainsi, la “revanche” des territoriales semble se focaliser sur Pirae : il faut faire tomber Edouard Fritch, le fidèle d’entre les fidèles de Gaston Flosse. “On” va lui faire payer à ce “renégat”, ce “paria”, ce “parjure”, notre éviction du pouvoir territorial. Tu parles d’un enjeu “noble”…

La montagne de la “revanche” accouche ainsi d’une souris ..et le général Tong Sang fait le grand écart entre les colonels “Emile, “Hiro” et “Sandra” ou “Philip” et “Emma”… Il n’a encore rien vu, car comme l’a déjà dit “Jean-Christophe”, il faudra se méfier des iliens. Comme pour conjurer le risque d’éclatement de cette nouvelle famille opportuniste, ce dernier veut d’ailleurs faire croire ou espérer que la coalition majoritaire “bleu-orangée” n’en a plus pour longtemps. La méthode Coué en guise de stratégie post-électorale et de “ciment rouge”, en quelque sorte…

Cette reconstitution de clivages qui n’existent pas est d’autant plus ridicule que le pouvoir territorial s’installe. “On” voudrait bien l’éviter par des manoeuvres diverses, en nous resservant du plus que réchauffé judiciaire, mais il s’installe. Avis aux Nouvelles de Muriel Pontarollo, n’oubliez pas, pour Gaston Flosse, la formule : “tout mis en examen est présumé innocent etc, etc…”. Question d’être “équitable” avec tous les justiciables…

Comme le ” cinquième tour” et le “sixième tour” ne font que commencer, il faut arrêter le rouleau compresseur “bleu-orange” avant que l’implosion du conglomérat rouge n’ait lieu. Implosion contre implosion. Mais n’a pas implosé celui qui devait imploser !

Les médias “rouges”, couleur de l’intégrité et de la moralité comme on sait, ont donc décidé de placer le combat sur le plan judiciaire. Ils font feu de tous bois. Il ne faut plus qu’Emile soit tout seul à Nuutania, car “certains” ont fait cent fois pire. Le refrain est bien connu.Encore faut-il le démontrer “rationnellement”et “juridiquement”, cette fois ci…

Mais peut être que la zénitude s’est aussi déplacée. Les chiens aboient, la caravane passe…et le roseau plie, mais ne rompt pas. Gageons qu’ils vont redoubler d’efforts. Le courrier des lecteurs des militants zélés, les SMS de radio 1 et de NRJ ne suffisent pas. Il faut passer à la vitesse supérieure. Mais le lion n’est pas mort ce soir…