AVENIR 2020 : Chap.8 : Vaincre les paradoxes - Partie 1 : Le SMIG

Par Noindep • 4 juin 2008

Certaines idées nous paraissent vraies, non parce qu’elles sont scientifiquement démontrables, mais parce que la foule s’en accommode. Ces paradoxes sont consommateurs de temps, et parrainent à chaque fois un immobilisme consternant. Pis, ils transcendent les clivages politiques, et c’est encore plus grave.

Notre société souffre d’une prospérité stérile, comme d’une misère féconde. On oublie à chaque revalorisation du SMIG, que l’on tue la couche populaire, que l’on congédie des points de croissance, que l’on nourrie le chômage. Le SMIG, salaire minimum interprofessionnel garanti, est notre indice de misère sociale. Plus il augmente, plus on exige que les travailleurs soient de plus en plus qualifiés. On ne peut pas payer quelqu’un d’avantage sans qu’il ait fourni des gains de productivités supplémentaires. Il est déplorable de croire que l’augmentation du SMIG récompense le travail : il le pénalise, le brutalise et le martyrise. Dans cette conquête idéologique, il est impossible de faire croître le nombre de travailleurs, sans augmenter leur niveau de qualification. Et les politiques oublient bien souvent ce “volet qualification”. La vraie question est la suivante : Le SMIG doit-il être indicé sur l’inflation ?

La France, fainéante de ces 1650h annuelles de travail, a longtemps indicé le SMIG sur l’inflation. Sauf que lorsque la crise « stagflationniste » des années 80 finance l’envolée de l’indice des prix, c’est la machine qui implose. La Polynésie doit apprendre à promouvoir sa croissance, qui est le seul indice qui référence la création de richesses, et non l’inflation, qui décrit la décrue du pouvoir d’achat.

Le mal Polynésien est d’avoir calqué un modèle français ivre de démagogie sociale, à la démographie opposée, sur une société polynésienne, jeune et naïve, à qui l’on a appris à quémander “le toujours plus”. Désormais, le SMIG suivant l’inflation, il est impossible de diminuer le coût de la vie. L’augmentation du SMIG, favorise la croissance des salaires, la consommation, le crédit, l’inflation, l’importation…Ceux qui se veulent les protecteurs des petites gens, doivent accepter avant tout, de stopper les idéologies sociales démagogues. Outre le SMIG, les revendications syndicales disparates pénalisent l’emploi, et découragent les entreprises.

Tout est de savoir qui est capable de briser ce vertige du paradoxe. Celui de croire que l’on veut faire baisser le niveau de vie, tout en favorisant l’augmentation continue du SMIG. Les politiques ont choisi une société qui vit à crédit, et qui dépense aujourd’hui, sur des ressources qu’elle gagnera demain. Une belle tragédie à la française…

Commentaires

Par Hipa Kane le 4 juin 2008 at 14:26

Noindep,

Il faut comparer ce qui est comparable.

L’indexation du SMIG sur l’indice du coût de la vie, permet aux plus faibles revenus de ne pas subir de plein fouet la diminution de leur pouvoir d’achat déjà infime.

Prendre le SMIG comme seul responsable, de la morosité économique qui à mes yeux n’est qu’une vue de l’esprit, c’est un racourcis que je ne suivrai pas.

Si l’on aborde la question de la baisse du côut de la vie, la question doit être aborder globalement.

Notre société souffre de sa structure économique. Essentiellement basée sur des transferts financiers de l’Etat et le poids excessif de l’emploi salarié administratif avec des salaires - hormis la grille des cadres A (CC1) - défiant toute concurrence.

La question essentielle serait plutôt la suivante : avons nous le courage de baisser les salaires de l’administration, pour rendre attractif le secteur privé, et suciter des vocations d’entrepreneur ?

Par Hinano BESSALEM le 4 juin 2008 at 19:38

La "guerre mondiale économique" a déjà débuté. Afin de développer notre économie, il faut pouvoir être concurrentiel au niveau de prix , mais également des prestations.

Ainsi pouvons nous continuer à augmenter constamment les salaires du public ou du privé, augmentation qui se répercute de facto sur les prix?
Pouvons nous continuer à creuser les inégalités de richesses entre les salariés du privé et du public, ou du public et du public ( car n’oublions pas les salaires indexés)?

Pouvons nous réellement faire face aujourd’hui, à la chine, à l’inde, ou certains territoires du pacifique sud, à la main d’oeuvre beaucoup moins chère que nous?

Peut on vouloir être entrepreneur, lorsqu’il faut annuellement rémunérer des SMIG en augmentation, augmentation qui va se répercuter sur le prix de vente des produits de l’entreprise, et rendre donc l’entreprise moins concurrentielle, face en particulier aux prestations internationales.

L’inégalité des répartitions des richesses c’est un autre problème de déstabilisation sociale, qui cumulée à l’augmentation constante du SMIG et donc des prix, met la Polynésie française dans une grande difficulté socio économique.

C’est pourquoi, je trouve que le comportement des différents partis politiques au pouvoir depuis des décennies est irresponsable, voire monstrueux, car au lieu de construire le Pays en permettant le développement économique grâce à la manne financière de l’Etat et des contribuables polynésiens, ils ont préférés dilapider les fonds publics à des fins particulières.
Mais avec le Gouvernement SARKOZY, c’est fini cette époque de gaspillage financier, alors il est bien évident que les comportements politiques et syndicaux devront être modifiés en conséquence en Polynésie Française, sous peine d’avoir rapidement des émeutes dans nos rues.
Si les comportements ne sont pas modifiés, il est évident qu’après avoir dit que c’est de la faute des français et des chinois tout ce malheur en Polynésie, les polynésiens se battrons entre "frères", parce que personne n’aura voulu être responsable et partager les richesses du Pays.

Si ce moment là arrive , j’espère que mes enfants, ma famille, mes amis seront à l’abri.

Ensemble pour garantir la paix sociale et le développement économique de la Polynésie Française, tout devient possible.

Hinano BESSALEM
Blog: http://www.polynesiefrancaise.fr

Par Te Ma Arii le 5 juin 2008 at 1:33

Bonjour Noindep,

Sept semaines après avoir lancé son sujet:
"Stratégie de Développement pour la Polynésie Française : Penser le Développement autrement",
du 20 Avril 2008, je reste toujours dans l’attente de la suite promise par Pépé Tama.

Que se passe-t-il ???
Je crois bien que depuis cette date, il n’est plus du tout intervenu sur votre site ???

C’est vrai que j’étais alors le seul qui a commenté son sujet, et j’attendais donc avec impatience la suite de ce débat à priori passionant ???
Ce serait vraiment dommage que, sur un sujet de cette importance, aucune suite ne soit donnée!!!

Cela donnerait vraiment la mauvaise impression, pour un humble internaute que je suis, que finalement la seule stratégie qui semblerait se dégager de vos commentaires et divers sujets, serait une "stratégie de l’incantation" ou "du vœux pieux", comme on peut constater sur "certains autres sites" ???

Te Ma Arii <temaariifenua@gmail.com>
"Si vis pacem, para iustitiam."

 

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