C’est par 29 voix, la majorité absolue, que Gaston Flosse, Président du Tahoeraa Huiraatira, a été élu Président de la Polynésie française !

Scénario encore inimaginable ce matin. La discipline de Parti a fonctionné à plein. Les trois groupes de l’Assemblée de Polynésie française ont fait bloc derrière leur leader :

  • Le Tahoeraa a reconstitué son unité mise à mal lors de l’élection du Président de la Polynésie française. Le respect dû au Président du Parti est revenu dans cette famille politique. Même celle qui a vôté blanc n’a pas vôté contre son Président. Une loyauté au Parti qu’il convient de souligner ;
  • Le groupe To tatou ai’a s’est rangé derrière son leader Gaston Tong Sang : 27 élus, 27 voix ;
  • Le groupe de l’UPLD a suivi les consignes de son Metua Oscar Temaru. Par son désistement, ce matin, de la course à la Présidence du Pays, il a entendu le message d’union des polynésiens prôné par Gaston Flosse et confirmé dans le discours énoncé par ce dernier. Tous ces élus ont vôté commme un seul homme pour Gaston Flosse. Une unité et une loyauté exemplaires à leur Metua Oscar Temaru, et ce, dans la plus pure tradition maohi.

Réconciliation des autonomistes et réconcilation des Polynésiens. C’est une vision plus englobante qui a été privilégiée aujourd’hui par rapport à jeudi. Dans cette volonté d’union, le groupe de To tatou ai’a a théoriquement toute sa place. Cependant, les réactions de dépit des élus de ce groupe, qui traduisent un énervement à chaud, indiquent que To tatou ai’a refusera probablement la main tendue en faveur d’un gouvernement d’union territoriale. Mais sera-ce le cas de toutes les 8 composantes de ce conglomérat électoral territorial qui part dispersé aux élections municipales ?

Cette élection, selon les observateurs et politologues, est parfaitement légale. De plus, elle s’appuie sur des résultats en voix et en sièges des deux partis, l’UPLD et le Tahoeraa, qui sont clairs. La majorité relative de Gaston TONG SANG ne suffisait pas. Il fallait la majorité absolue en voix et en sièges.Nul ne pouvait parler pour le Tahoeraa, à sa place et qui plus est, en enfonçant la tête de son leader historique dans l’eau pour mieux l’étouffer. Là est l’erreur majeure.

Il est clair aussi que le groupe to tatou ai’a a complètement sous-estimé l’importance stratégique d’un groupe-charnière. Après avoir diabolisé le projet d’alliance entre le Tahoeraa et l’UPLD, après avoir recherché, aux territoriales, la majorité absolue en voix et en sièges tout en refusant une alliance des autonomistes entre le premier et le deuxième tour, après avoir tenté de marginaliser le leader du Tahoeraa dans son propre parti, après avoir “chipoté ” sur un projet d’accord avec le Tahoeraa en ayant une pure vision comptable du partage des responsabilités, le To tatou ai’a a surestimé sa capacité à prendre le pouvoir en considérant son partenaire autonomiste comme un simple supplétif ou un strapontin pour accéder à ce pouvoir. Et qui plus est, sans avoir de respect pour le Président de ce Parti, villipendé par les médias du monopole Hersant et critiqué quotidiennement par toutes les composantes de to tatou ai’a.

Le groupe de To tatou ai’a n’a oublié qu’une seule chose : le To tatou ai’a est le to tatou ai’a et le Tahoeraa est le Tahoeraa. Vouloir passer par-dessus la tête du leader du Tahoeraa, vouloir parler à la place du Tahoeraa et de son principal responsable, considérer que celui-ci n’a pas l’autorité au sein de son propre parti ou est isolé ou que certains des membres du Tahoeraa feraient office de cheval de Troie alors qu’ils viennent d’être récemment élus sous la bannière du Tahoeraa, a été une erreur d’évaluation fatale. Forts d’une “baraka” qui ne leur a pas manqué jusqu’à présent, Gaston TONG SANG et ses amis ont voulu pousser trop loin leur avantage. Ils regretteront longtemps de ne pas avoir signé des deux mains et tout de suite un projet d’accord de partenariat avec le Tahoeraa Huiraatira qui était clairement à leur avantage !

D’erreurs tactiques en erreurs tactiques provoquées par une trop grande confiance en soi, Gaston TONG SANG a commis une erreur stratégique majeure : avoir tout misé sur la marginalisation du vieux lion. Ce dernier, en recréant l’unité des élus d’un Parti dont il est le Président légitime, vient de rugir à nouveau.

Le Président du Tahoeraa est de retour à la tête du Pays avec un message de réconcilation des polynésiens. Certains y verront, bien sûr, une volonté de conquérir le pouvoir à tout prix. D’autres y verront la sincérité d’un Metua qui, au terme d’une réflexion et d’une vision personnelles de l’avenir de notre Pays, a la conviction chevillée au corps qu’il faut bâtir aujourd’hui l’Unité des Polynésiens. Oscar Temaru , l’autre Metua a dit : chiche. Je te fais confiance. L’Unité du Peuple polynésien avant tout. Alors, pourquoi pas ? L’espoir ne fait-il pas vivre ? En Maohi, faisons confiance en nos deux Metua.