L’ISPF (Institut de la statistique de Polynésie française) a rendu public les chiffres de la fréquentation touristique pour l’année dernière. En 2007, 218 241 touristes se sont rendus à Tahiti, soit une baisse de 1,5% par rapport à l’année 2006 et 3 308 touristes en moins sur l’année.

Le marché européen (métropole y compris), premier marché avec près de 40 % des touristes,est en hausse de 3,2%.Le marché Nord américain, marché qui représente le tiers de notre fréquentation, chute de -10,3% Le marché japonais augmente légèrement sa part du flux touristique, de 9,8 à 10,6%.

La part du marché des croisières a augmenté de manière sensible ( +10,5%), pour représenter environ le quart du flux touristique. Ce segment reste donc une composante importante du tourisme polynésien, mais il fléchit depuis l’année 2000.

Le flux touristique en provenance de la région Pacifique, notre bassin naturel, reste quelque peu décevant comparativement à Fidji ou aux iles Cook.Par exemple, l’Australie ne représente que 5,4 % de ce flux.

Sur longue période, la fréquentation touristique est comparable à celle atteinte en 1999. Récapitulons :

  • 1999 : 210.800
  • 2000 : 253.107 ( année-record)
  • 2001 : 227.658
  • 2002 : 189.030
  • 2003 : 212.767
  • 2004 : 211.893
  • 2005 : 208.067
  • 2006 : 221.549

Par cette stagnation de longue durée,nous vivons depuis une dizaine d’années une sorte de “malédiction touristique”, alors que dans le même temps, le budget de promotion touristique a quasiment triplé en francs courants et que la fusion de certaines structures publiques a eu lieu. De même, les recettes touristiques stagnent aux alentours de 50 milliards de francs par an.

Pourquoi cette stagnation ? Il faudra bien que nos décideurs s’interrogent sérieusement sur cette question, car il s’agit de notre principale ressource propre. S’agit-il d’une question de stratégie ? Certes, il faut faire de la prospective. Certes, il faut une stratégie, car il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va. Mais plus qu’un document, il faudra s’attacher à maitriser deux paramètres : la qualité du service et la réduction du prix des prestations sur l’ensemble de la filière ( tarifs aériens, taxis, hotels, pensions, restauration, prestations…)

On a pensé et on pense toujours réformer les structures alors que la solution passe par une véritable révolution des comportements et un professionnalisme à toute épreuve. Aura-t-on la lucidité et le courage d’aborder enfin de front le problème ?