Les élections font couler beaucoup d’encre pour le moment. Je voudrais, personnellement, parler des Marquises. Benoît KAUTAI a été élu dès le premier tour, par le Henua enata et le Henua enana, ce qui lui fait deux sièges à l’assemblée. J’aimerais parler de quelques propositions dont les Marquises rêves depuis plusieurs années sans avoir la satisfaction du but atteint. Mon développement modeste se fera sur l’idée du rattachement direct à la Métropole, l’aéroport international (même si l’on n’en parle pas beaucoup) et les différents ouï-dire des Marquisiens.

Il est clair que si les marquisiens lui font confiance à 53,60% dès le premier tour c’est qu’il a un discours qui plait, en tout cas aux Marquisiens.Vous vous rendez compte il a battu Sarkozy (53.06%) en un tour ! (joke) Son discours est clair, il voudrait un rattachement, plus ou moins partiel à la France. Il dit qu’il est dans la continuité du combat de Lucien KIMITETE. Voici donc son champ de bataille, simple et efficace.

  • Le premier reproche que je pourrais lui faire est de parler pour un défunt. Je trouve malsain de se servir de la mémoire de Lucien pour récolter des voix, une utilisation marketing (si je puis dire) qui me dérange.

Certes KIMITETE s’est battu pour des Marquises, moins oubliées, autrement dit plus subventionnées, et pour une dépendance des Marquises à l’Etat français. Si j’étais Monsieur KAUTAI je ne me servirai pas d’une telle marche pour grimper les escaliers.

  • Sans être trop critique, penser que les Marquises (A peu près 8000 personnes ou, sur une base de 280000 habitants, 2,8% de la Polynésie Française) pourrait intéresser la France, ça me parait peu probable. Il suffirait de s’unir en tant que Poly(plusieurs)nésien, possédant des langues similaires, des cultures similaires et donc des sensibilités aux problèmes similaires, pour se battre ensemble contre le reste du monde.

Même s’il assure qu’il ne veut pas se dénouer de la Polynésie, il sera obligé de se retrouver devant un compromis. Rien que l’idée d’indépendance-dépendance m’horripile.

  • Les Marquises ont un charme et des atouts touristiques réels. Elles plaisent aux différents touristes « verts » ou encore aux nostalgiques de Brel et Gauguin, mais sans la Polynésie Française, d’elles-mêmes, elle ne pourrait sûrement pas réunir les touristes qu’elles ont aujourd’hui. Une des solutions serait de se battre pour que les marquisiens de Tahiti et ses îles soient incités à rentrer aux Marquises. Que l’utilité marginale qu’ils auraient à rentrer soit supérieure ou égale à celle de rester à Tahiti.

Beaucoup de Marquisiens de souche ont des diplômes et des compétences mais ne sont pas intéressés de rentrer par le manque de travail, et c’est au Politique de changer cela. Plus de population leurs permettrait d’avoir plus de poids et donc sûrement plus de subventions.

  • Pour ce qui est d’un aéroport international, pour aider au développement économique et ensuite sociale comme réponse aux problèmes ; cette idée me parait mauvaise.

Comme je le disais, l’atout des Marquises c’est leur virginité. Une terre peut toucher par l’homme avec des oiseaux endémiques (Upe), des pierres endémiques (cailloux fleuris, phonolite de Ua pou), des paysages et des vues divines ; il serait dommage de détruire ceci par cela. La terre des hommes pourrait être tachée d’une trace bitumée et plusieurs pustules hôtelières près de « terre déserte », une autoroute devant les canyons de Toovi et des ordures dans la vallée de Hatiheu. Ainsi ce territoire vierge pourrait devenir pollué en quelques années avec ce genre d’infrastructure. Sans compter les champignons pour la flore, les rats pour la faune. Je pense que ni moi, ni les Marquisiens veulent d’une vision idyllique type Aéroport de faa’a…

On parle aujourd’hui de développement durable et d’énergie renouvelable. Ne rêvez vous pas comme moi d’un Henua enana (enata) développé économiquement tout en étant un laboratoire des énergies propres. Des touristes qui s’allient à la nature si belle et si spéciale des Marquises. Des peintres qui reviennent sur les traces de Gauguin pour découvrir sa motivation, mais aussi une différence nuancée à travers la Polynésie qui nous est chère. J’aime la Polynésie Française, pour moi, elle contient comme je l’ai appris en primaire, cinq archipels, et non pas quatre. Et de ces cinq pétales de la tiare apetahi, se forme sûrement le plus beau pays du monde. To’u Havaiki…