Le 1er tour de ces territoriales installe l’émoi. Non seulement il engrange une victoire des proclamés marginaux d’hier, mais rédige aussi le testament d’un archaïsme du pouvoir. C’est sans dire que le destin nous prend de court. Et pourtant, voici depuis quelques semaines que l’on vide les vases des uns que l’on remplit avec la source des autres. C’est notamment dans ces puits de voix, que la source est la plus aride. Prenez l’exemple de Papeete, dont le maire a pris la liberté de divulguer sa “stratégie des deux bols”. Il venait boire dans l’un pour le recracher dans l’autre. Le doute installé n’a laissé que très peu de place au pronostic : Papeete est désormais un fief de Gaston Tong Sang. Michel Buillard sans doute aussi. Pis, le réservoir historique, Pirae, l’eau de source du Tahoeraa réputée imbuvable par les autres partis, rempli le verre de Gaston Tong Sang. C’est un jeu de vases communicants mortel pour le Tahoeraa.

Dans cette implosion des repères, jadis fiables et localisés, on s’adonne à une jungle des symboles. Mis à part la commune de Faa’a, vivier idéologique de ses pairs, les électeurs se permettent de trahir certains prismes idéologiques, quitte une journée à donner froid à l’opinion. On panique, on se flatte, on récuse tous les commentaires. On ne connaît pas les enjeux de ces élections, sinon le caprice d’une « mère patrie » On continue de cantonner la “dissolution de Pirae” à un soit disant partage des compétences entre G.Flosse et O. Temaru. Les « autonomistes nouveaux », gourmands de voix, ont mis en faillite l’école qui les a formé. Ensemble, ils ont causé la mort du roi, mais ils oublient qu’ils sont nés là bas, dans ce berceau autonomiste.

Ne soyons pas nostalgiques de cette époque “de grands chantiers” qui a fait la réputation de G. Flosse, mais construisons nous de nouvelles exigences sur l’autonomie, sur les hommes qui la gouvernent, et apprenons (pour mieux réagir) de ceux qui la combattent. C’est à mon sens, la meilleur attitude à avoir au 2ème tour.