La guerre du pain aura-t-elle lieu ?

Par lebop • 14 January 2008

Le problème, dans tous ces dossiers économiques et sociaux médiatisés comme le prix de la baguette, c’est que l’une des parties prenantes, par une stratégie de communication bien pensée, veut faire croire qu’elle est dans son bon droit et veut rallier les citoyens-consommateurs à sa cause en énonçant des arguments qui sont toujours en sa faveur. C’est ainsi que le syndicat des boulangers avance une augmentation du prix de la farine, alors qu’on apprend par le Ministre en charge de l’économie que le prix administré en faveur des boulangers est stable depuis de nombreuses années…

La nature humaine est ainsi faite que, lorsqu’on défend une cause, on aime bien l’habiller des plus beaux atours pour rallier “l’opinion” à sa cause. Le choix des arguments, mais aussi le choix de la date, n’est donc pas anodin. Et c’est certain que le Président du syndicat des boulangers, en nous tenant en haleine depuis plus d’une semaine, a bien choisi son moment…Mais il se gardera bien de dire qu’il a des arrières-pensées politiques…

Et le Ministre, comme tous les ministres précédents, a raison de temporiser sur ce type de dossier. Il faut, en effet, laisser à ses services, en l’occurence le service des affaires économiques, le temps d’examiner le bien fondé de cette demande par une analyse minutieuse de la structure de coûts des boulangeries concernées, structure qui commence à peine à lui être transmise par ces mêmes boulangers ” en colère”. Jusqu’à présent, ce service a très bien fait son travail, puisque nous avons, parait-il, le pain le moins cher du monde.

Cette semaine verra donc s’ouvrir les discussions sérieuses, loin des éclats de voix, loin des menaces ou des chantages à l’augmentation unilatérale du prix du pain ou à une grève dans la fabrication de notre précieux pain quotidien.

Et la logique voudrait qu’entre parties responsables, un compromis se dégage pour un nouveau prix du pain se situant dans l’intervalle entre 47 francs et 60 francs.Il n’en sera pas autrement, puisque l’actuel Ministre de l’économie, Monsieur Pierre FREBAULT, se fait l’ardent défenseur des “petits”. Et que ce dernier ne peut se permettre qu’une corporation d’employeurs vienne ternir son bilan d’une maitrise des prix de certains produits de première nécessité.

La pièce de théatre est toujours la même. Les protagonistes changent quelquefois. Mais la méthode de négociation est rôdée : je montre mes muscles, j’essaie de me mettre l’opinion de mon côté avant la partie de bras de fer, je menace éventuellement pour faire monter la pression, mais je discute, je me range aux arguments de l’autre partie, par ce qu’ils sont rationnels et qu’ils s’appuient sur des chiffres objectifs. Et je signe un compromis acceptable par les deux parties. Jusqu’à la prochaine fois…

Pour une fois que nous avons un produit qui coûte moins cher que partout ailleurs dans le monde, nous devrions nous en féliciter et poursuivre sur cette voie. Car c’est la preuve tangible que nous pouvons être “bons” lorsque nous le voulons, même si c’est à l’insu de notre plein gré !

Commentaires

"Pour une fois que nous avons un produit qui coûte moins cher que partout ailleurs dans le monde, nous devrions nous en féliciter et poursuivre sur cette voie."

Ne vous y trompez pas, si il y a des subventions dans ce secteur, c’est que quelqu’un paye!!
Quand l’argent va dans le pain, c’est de l’argent en moins pour les hopitaux et autres~. Vous préférez un pays qui dépense pour ses hôpitaux ou pour son pain?…

Vous devriez vous indignez d’être dans un pays où le prix de la baguette de pain n’est pas libre… digne du communisme le plus farouche.

Laissez moi vous raconter ce qu’il se passe au Zimbabwé où les prix ont été aussi réglementé (pour "les faire baisser"). Le pays est rentré en hyperinflation (inflation à 4 chiffres) et comme les commerçants ne pouvaient plus vendre au-dessus du prix décidé par le gouvernement: ils ont fermé boutique.

J’espère que vous comprennez maintenant?.. Non pas encore?..
Alors je continue.

"Il faut vendre vingt mille baguettes par jour pour être rentable", ce n’est pas moi qui le dit, c’est Franklin Sui.
Que va-t-il se passer si il n’y a pas de hausse?… Des boulangeries vont fermer, il y en aura donc moins, et vous devrez donc faire plus de kilomètres pour aller chercher votre pain. Ce sera donc un mini-Zimbabwé: avec une raréfaction du produit…

Et moi qui croyait que Politita avait compris depuis longtemps que:
Lorsque l’on veut faire baisser les prix, il ne faut pas de réglementation des prix, mais de la concurrence.

Mais ce n’est pas grave: on peut imaginer qu’il ne reste plus qu’une seule boulangerie à Tahiti (elle sera juste devant la Présidence) comme ça tout le monde mangera le même pain de la même qualité au même prix… Super!

(Une dernière petite couche avant de partir:
si un boulanger fait un pain de meilleur qualité que le voisin pourquoi n’aurait-il pas le droit de le vendre plus cher?).

Par Hiro junior le 15 January 2008 at 10:15

Jcn50 : tu t’excites un peu vite. Au cas où tu serais nouveau dans ce pays, le prix du pain est très bas depuis 30 ou 40 ans. Et à ce que je sache, on en trouve toujours partout.Et il ne reste pas qu’une seule boulangerie…. Moi, je vois où conduit la concurrence…. En France, à quel prix est la baguette ? En Nouvelle-Calédonie, elle est à 100 francs…

L’alternative à la concurrence est justement ce qui se fait pour la baguette : transparence totale des couts. Et comme l’administration a la décomposition totale des coûts et qu’elle peut le vérifier, les boulangers ne peuvent pas raconter des bobards.

Le syndicat des boulangers, comme tu l’as remarqué, ne réclame d’ailleurs pas la concurrence, mais veut 60 francs de la baguette.

Je me méfie à priori de tous les commerçants qui prônent la concurrence. En général, quand ils la prônent, c’est qu’ils savent qu’elle n’existera pas… La concurrence existe sur tous les autres types de pain. Tu as vu à combien ils vendent ces pains ? Alors, il ne s’agit pas de sauter comme un cabri et de dire : concurrence, concurrence… Le problème c’est de faire en sorte que cette concurrence existe effectivement. Et là, c’est une autre paire de manche….

Par wakrap le 15 January 2008 at 11:59

Comme toujours je suis sidéré que l’on puisse encore défendre l’intervention réglementaire dans la production d’un bien aussi basique que le pain.
Le pain à Tahiti est mauvais!! Vraiment très mauvais.
Les arguments de jcn50 sont déjà réalisés et depuis longtemps; il n’y a plus de baguette de qualité à Tahiti. Elle a disparu.
Nous n’avons que le mauvais pain à 47 francs ou bien des pains spéciaux très chers.
Mais la bonne baguette pas trop chère, disparue, envolée.
Bastiait écrivait toujours "il y a ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas"
Vous voyez le prix imposé de la baguette réglementaire.
Vous ne voyez pas que la baguette non réglementaire et bonne à manger a disparu.
Moi j’aimerai avoir un pain sympa dans les 100F.
Aujourd’hui j’ai soit une daube à 47 F soit un bon pain à 250F.

Par wakrap le 15 January 2008 at 12:04

J’oubiais pour jcn50, au Zimbabwe l’inflation mensuelle est à 4 ou 5 chiffres, annuelle elle est maintenant à 5 ou 6 chiffres avec changement d’étiquettes minimum 2 fois par jour.
6592% en septembre et octobre serait à 14 840 %

Par Frosty le 15 January 2008 at 16:12

Laissez le zimbabwe aux zimbabwéeiens. J’ai toujours vécu ici ( 50 ans) et j’ai plutôt vu une amélioration de la qualité de notre pain. Merci de ne pas trop pousser le bouchon pour faire passer vos idées ultralibérales qui ne peuvent avoir cours dans une petite économie comme la nôtre. Donnez-nous des solutions praticables, plutôt que des élucubrations hayekiennes.

Par wakrap le 15 January 2008 at 16:38

J’ai peur qu’il n’y ait aucune solution à proposer.
Le problème est l’intervention réglementaire en tant que telle.
Croire en une solution est mystique. Aussi mystique que lorsqu’on croyait, quand il y avait de l’inflation, qu’il fallait réglementer et diriger les prix. Il a suffit de supprimer la réglementation des prix et la manipulation de la monnaie qui allait avec, pour que l’inflation disparaisse il y a plus de 20 ans.
Le problème n’est pas le prix du pain.
Le problème est l’absence de pain de bonne qualité à prix correct. C’est différent.
Et vouloir régler le problème du prix administré du pain est une chimère car c’est l’administration du prix elle même qui engendre le problème de rareté.
Aucune théorie là dedans. C’est un cas pratique et que nous constations tous, tous les ans par les tensions boulangers gouvernement et chaque jour par l’absence de bon pain à prix raisonnable.
Inutile de chercher à donner un nouvel outils au pompier. Il suffit me mettre un terme aux agissements du pyromane: le territoire par son administration du prix.

Par wakrap le 15 January 2008 at 16:42

Et croyez vous que c’est bon pour le tourisme qu’il soit impossible de servir aux touriste un bon pain dans l’hotellerie de gamme moyenne ainsi que dans la restauration de même gamme? La liste de ce que l’on ne voit pas est très très longue.

Par hinanui le 15 January 2008 at 20:30

De toutes les façons, le pain n’est pas bon pour la santé. donc, si demain , il n’y a plus de pain , ce n’est pas plus mal car nous coûterons tous moins chers à la collectivité avec des maladies en moins!!!

On aura moins d’obèses dans notre fenua! et moins de complications diabétiques et autres. Et on aura moins de cholestérol car sans pain il y a point de beurre!!! et ainsi de suite !!!

cela mettra , j’espère, tous les internautes d’accord et on n’aura plus ce débat stérile!!

Par François le 15 January 2008 at 20:55

Quel absolutisme dans la pensée ultralibérale. Faut-il rappeler que sur le plan de la théorie économique, la planification parfaite est équivalente à la concurrence pure et parfaite ! Il n’y a rien de plus transparent que le prix du pain. La comptabilité analytique du pain est connu par coeur par les techniciens du service des affaires économiques qui travaillent sur les comptes d’exploitation des boulangers. Au franc près. Et c’est cette transparence qui permet à l’administration de réfuter les arguments fallacieux des professionnels.Information parfaite et transparence des coûts : l’idéal pour identifier le prix optimal ! Et c’est ce que ces techniciens font très bien !

Car : oui, malheureusement, les professionnels sont de mauvaise foi. Vous verrez : l’instauration de la concurrence va engendrer une envolée du prix du pain.Avec la “cartellisation” de cette profession, il y aura forcément entente au sein du syndicat professionnel des boulangers pour une augmentation du prix du pain. La preuve, ils exigent d’ores et déjà, et dès maintenant, un prix de 60 francs ! C’est bien beau de parler de concurrence, mais dans le monde réel de la Polynésie, cette concurrence ne se décrète pas. C’est la triste vérité…

@ Hiro Junior: "La concurrence existe sur tous les autres types de pain. Tu as vu à combien ils vendent ces pains?"
–> Un prix c’est aussi la rémunération d’un travail.
Je suis désolé, j’aurais tellement voulu vous écrire "c’est la concurrence qui est la cause de ces prix élevés" pour vous faire plaisir… Mais je ne vais quand même pas mentir.
Il va falloir mettre fin à vos préjugés:
ufp.coldo.com/index.php/

Par wakrap le 16 January 2008 at 11:09

François,

Faut il te rappeler que la notion de concurrence pure et parfaite est une illusion totale et n’existe pas, c’est un mythe néolibéral qui ne concerne en rien les libéraux.
Pour un libéral la concurrence n’est rien d’autre que la liberté règlementaire. Tu peux avoir concurrence avec un seul intervenant, simplement un autre intervenant peut surgir à tout moment sans aucune contrainte réglementaire. Sur ce point les libéraux sont en désaccord profond avec les instances de régulations de la concurrence qui ont cette vision de la concurrence pure et parfaite.

Maintenant ton discours sur la pertinence du prix actuel du pain qui serait le bon parce que décidé après étude et contrôle. En gros je m’en fous, pour parler crument mais sans aucune provocation.
Le problème fondamental est qu’on n’a que ce pain de mauvaise qualité ou bien un pain hors de prix.

Le prix du pain est secondaire en réalité. Ce qui compte c’est l’absence de pain de bonne qualité à prix raisonnable.
Pourquoi dans un pays où le pain est très largement consommé et le petit commerce très présent n’y a t’il aucune boulangerie????
Voilà une question pertinente , non?

Maintenant, je vais encore rajouter un point à la liste de ce que l’on ne voit pas, et c’est hinanui qui l’a évoqué.
Les conséquences sanitaires entrainées par la surconsommation de pain pas cher.
C’est une des sources majeures de la mauvaise alimentation locale qui a établi la tartine mayonnaise baguette en repas de base. Avec tous les problèmes d’obésité, diabète…qui en résultent.
Un fois que tu essaies de faire l’addition de tous les problèmes (il faudrait prendre le temps de faire une liste) engendrés par ce prix artificiellement maintenu bas, tu obtiens le coût réel du pain. Est il finalement si bas que ça?

La planification donne toujours et toujours une mauvaise allocation des ressources. Ce n’est pas une théorie, c’est visible toujours et toujours, pour le pain comme pour le reste.

Un liberté retrouvée sur le prix du pain fera évidemment remonter ce prix, mais fera aussi disparaitre ses effets nocifs. La concurrence ne sera pas parfaite. Heureusement, elle est humaine.
Aujourd’hui les ressources de base atteignent des prix record sur les marchés internationaux, il faut que les consommateurs s’y adaptent et modifient leurs habitudes en fonction. Un bon moyen de soutenir une agriculture locale, non? Et sans contrainte ni règlement ni loi ni taxe ni subvention.

Je paye ma bagette $1.95 a Yalaha Bakery qui se trouve a 10 mns de chez moi, puis tu peux y trouver d’autres types de pain Bio.
http://www.yalahabakery.com/brea...

A mon avis ces boulangers de Tahiti ont le droit de vendre leur pain a un prix plus eleve. Il ne faut quand meme pas charier. Si certains peuvent se payer des Hinanos, ils devraient egalement pouvoir contribuer a un peu plus pour leur pain. Cela permettrait a ces boulangers de pouvoir vivre de leur travail. Se reveiller tres tot chaque matin pour preparer le pain est un travail pas facile. Alors une petite motivation financiere n’est pas une mauvaise chose. Puis je prefere manger mon pain qui a ete prepare avec coeur et amour plutot qu’avec un esprit d’amertume.

Par François le 16 January 2008 at 19:13

jcn50 : drôle de sens de l’humour. C’est plutôt du dénigrement des idées des autres en les dénaturant complètement Je ne vois pas en quoi je suis concerné par ta loi. Tu te roules toi-même dans ta propre absurdité. Je constate simplement que toi et wakrap vous vous “foutez” du prix du pain, comme il le précise. Allez le dire aux petits tetuanui du coin et vous allez voir comment vous allez être reçus ! Ceci dit, je n’ai toujours pas vu d’alternative opérationnelle où on sera sûr d’un meilleur résultat qu’actuellement.

Par wakrap le 17 January 2008 at 0:39

Une petite question : en quoi le "petit tétuanui du coin" (selon François) est il différent du reste des humains qui eux se foutent du prix du pain?
Ce problème est purement politique, créé par les politiques qui ont fait croire qu’ils peuvent décider du prix des choses. Bref on est dans un cercle vicieux, chacun sait bien que c’est une erreur et qu’il faut en sortir.
Après 13 messages , toujours pas un seul argument pour justifier le prix administré du pain plutôt que celui des savates, du thon ou que sais-je.
Chaque fois on revient sur des arguments émotionnels.
Et malheureusement je comprends bien qu’il est difficile de sortir de cette illusion du tout pouvoir des politiques. Mais l’enrichissement et la dignité de chacun, "petit tetuanui compris" sont à ce "prix".
Il y a mille façon d’aider ceux qui en ont besoin. Mais les prix artificiels déresponsabilisent et sont une erreur car ils entretiennent l’idée fausse que l’économie peut être manipulée avantageusement.
Il est important d’envisager une sortie des prix administrés comme de la TDL… et tout ce qui fausse l’information donnée par le prix.
Tous les partis le savent bien mais sont aussi content d’acheter une clientèle électorale ainsi.

Par François le 17 January 2008 at 1:37

Arrêtes, Wakrap, de dire n’importe quoi : tu n’as pas vu le micro trottoir sur RFO et l’opposition unanime des petits tetuanui et de leurs vahine à l’égard du prix du pain…. Il n’y a plus transparent que le prix du pain, justement. Transparence des coûts et des prix, car information parfaite : là est la force des techniciens de l’administration dans ce dossier, car c’est un substitut au marché dans une situation de concurrence pure et parfaite. Et c’est pour celà que, pour le pain, spécifiquement, le prix administré est efficace. Je ne milite pas pour une généralisation des prix administrés. Mais, pour le pain, c’est efficace, parce que les divers gouvernement qui se sont succédé l’ont décidé ainsi pour ce produit précis, un produit central dans la consommation populaire des polynésiens. La preuve : le résultat est là et il est incontestable. Point final.

Par François le 17 January 2008 at 1:37

Arrêtes, Wakrap, de dire n’importe quoi : tu n’as pas vu le micro trottoir sur RFO et l’opposition unanime des petits tetuanui et de leurs vahine à l’égard du prix du pain…. Il n’y a plus transparent que le prix du pain, justement. Transparence des coûts et des prix, car information parfaite : là est la force des techniciens de l’administration dans ce dossier, car c’est un substitut au marché dans une situation de concurrence pure et parfaite. Et c’est pour celà que, pour le pain, spécifiquement, le prix administré est efficace. Je ne milite pas pour une généralisation des prix administrés. Mais, pour le pain, c’est efficace, parce que les divers gouvernement qui se sont succédé l’ont décidé ainsi pour ce produit précis, un produit central dans la consommation populaire des polynésiens. La preuve : le résultat est là et il est incontestable. Point final.

Par François le 17 January 2008 at 1:37

Arrêtes, Wakrap, de dire n’importe quoi : tu n’as pas vu le micro trottoir sur RFO et l’opposition unanime des petits tetuanui et de leurs vahine à l’égard du prix du pain…. Il n’y a plus transparent que le prix du pain, justement. Transparence des coûts et des prix, car information parfaite : là est la force des techniciens de l’administration dans ce dossier, car c’est un substitut au marché dans une situation de concurrence pure et parfaite. Et c’est pour celà que, pour le pain, spécifiquement, le prix administré est efficace. Je ne milite pas pour une généralisation des prix administrés. Mais, pour le pain, c’est efficace, parce que les divers gouvernement qui se sont succédé l’ont décidé ainsi pour ce produit précis, un produit central dans la consommation populaire des polynésiens. La preuve : le résultat est là et il est incontestable. Point final.

@ François: non je ne dénigre personne! J’ai trouvé marrant d’imaginer un excès de réglementation (au point d’en interdire la maladie!). Vous aussi vous faites de l’humour: vous parlez de "concurrence pure & parfaite" alors qu’il y a réglementation des prix: on croit rêver, surtout qu’il n’y a AUCUN "DROIT DE LA CONCURRENCE" en Polynésie! Si vous aimez la réglementation, demandez s’en donc un à vos "techniciens de l’administration" de pondre un droit de la concurrence! Franchement: interdire aux boulangers de fixer soi-même le prix du pain qu’ils fabriquent de leurs mains, c’est aussi absurde que d’interdire la maladie.
Ceci montre que je ne me fous pas du prix du pain… au contraire: depuis le début je demande que ce prix soit LIBRE (pour info: c’est le cas en France depuis 1978 en ce qui concerne le pain). C’est pour ça que j’ai tourné en dérision la réglementation (des prix, salaires, et autres~).

Je vais retenter de vous expliquer (très gentillement et sans froisser) que: la réglementation des prix c’est tout le contraire à la "concurrence pure & parfaite" que vous recherchez!!… Merci de continuer à me lire.

Pour vous expliquer, on va prendre le problème à l’envers. Imaginons qu’il n’y aient que 2 boulangeries à Tahiti. Les 2 boulangers s’entendent sur le prix de vente, et décide de fixer LE MEME PRIX DE VENTE de la baguette de pain.
Que nous dit le droit sur la concurrence en Métropole concernant les pratiques anticoncurrencielles?

Code de Commerce, livre IV, titre II, article L420-1:
"Sont prohibées [...] les actions concertées, conventions, ententes expresses ou tacites ou coalitions, notamment lorsqu’elles tendent à :
[...]
2° Faire obstacle à la fixation des prix par le libre jeu du marché en favorisant artificiellement leur hausse ou leur baisse ;"

On est d’accord: le fait que les 2 boulangers s’entendent sur le prix est anticoncurrentiel (parce qu’il y a "entente"), et aussi parce que le prix de vente n’est pas fixé par le marché (mais par les 2 boulangers).

Maintenant, veuillez considérer la situation suivante SVP: parmis les 2 boulangers précédents, il y en a un qui ne fabrique pas de pain. Son nom c’est: "le gouvernement de la Polynésie", qui FIXE (publiquement!) et par arrêté le prix de la baguette de pain!
J’espère que vous voyez le point commun avec la situation précédente?…
L’entente des 2 boulangers == "L’entente forcée" entre le gouvernement de la Polynésie et les boulangers de Tahiti…
Au regard de l’article L420-1 cité précedemment, vos "techniciens de l’administration" serait passible des peines prévues par l’article L420-6, je cite: "Est puni d’un emprisonnement de quatre ans et d’une amende de 75000 euros le fait, pour toute personne physique de prendre frauduleusement une part personnelle et déterminante dans la conception, l’organisation ou la mise en oeuvre de pratiques visées [par l'article L420-1]".

Pensez-vous toujours, au regard de mon explication, que la réglementation du prix du pain a pour conséquence: une "concurrence pure & parfaite"?… Merci de bien vouloir répondre.

@ François: non je ne dénigre personne! J’ai trouvé marrant d’imaginer un excès de réglementation (au point d’en interdire la maladie!). Vous aussi vous faites de l’humour: vous parlez de "concurrence pure & parfaite" alors qu’il y a réglementation des prix: on croit rêver, surtout qu’il n’y a AUCUN "DROIT DE LA CONCURRENCE" en Polynésie! Si vous aimez la réglementation, demandez s’en donc un à vos "techniciens de l’administration" de pondre un droit de la concurrence! Franchement: interdire aux boulangers de fixer soi-même le prix du pain qu’ils fabriquent de leurs mains, c’est aussi absurde que d’interdire la maladie.
Ceci montre que je ne me fous pas du prix du pain… au contraire: depuis le début je demande que ce prix soit LIBRE (pour info: c’est le cas en France depuis 1978 en ce qui concerne le pain). C’est pour ça que j’ai tourné en dérision la réglementation (des prix, salaires, et autres~).

Je vais retenter de vous expliquer (très gentillement et sans froisser) que: la réglementation des prix c’est tout le contraire à la "concurrence pure & parfaite" que vous recherchez!!… Merci de continuer à me lire.

Pour vous expliquer, on va prendre le problème à l’envers. Imaginons qu’il n’y aient que 2 boulangeries à Tahiti. Les 2 boulangers s’entendent sur le prix de vente, et décide de fixer LE MEME PRIX DE VENTE de la baguette de pain.
Que nous dit le droit sur la concurrence en Métropole concernant les pratiques anticoncurrencielles?

Code de Commerce, livre IV, titre II, article L420-1:
"Sont prohibées [...] les actions concertées, conventions, ententes expresses ou tacites ou coalitions, notamment lorsqu’elles tendent à :
[...]
2° Faire obstacle à la fixation des prix par le libre jeu du marché en favorisant artificiellement leur hausse ou leur baisse ;"

On est d’accord: le fait que les 2 boulangers s’entendent sur le prix est anticoncurrentiel (parce qu’il y a "entente"), et aussi parce que le prix de vente n’est pas fixé par le marché (mais par les 2 boulangers).

Maintenant, veuillez considérer la situation suivante SVP: parmis les 2 boulangers précédents, il y en a un qui ne fabrique pas de pain. Son nom c’est: "le gouvernement de la Polynésie", qui FIXE (publiquement!) et par arrêté le prix de la baguette de pain!
J’espère que vous voyez le point commun avec la situation précédente?…
L’entente des 2 boulangers == "L’entente forcée" entre le gouvernement de la Polynésie et les boulangers de Tahiti…
Au regard de l’article L420-1 cité précedemment, vos "techniciens de l’administration" serait passible des peines prévues par l’article L420-6, je cite: "Est puni d’un emprisonnement de quatre ans et d’une amende de 75000 euros le fait, pour toute personne physique de prendre frauduleusement une part personnelle et déterminante dans la conception, l’organisation ou la mise en oeuvre de pratiques visées [par l'article L420-1]".

Pensez-vous toujours, au regard de mon explication, que la réglementation du prix du pain a pour conséquence: une "concurrence pure & parfaite"?… Merci de bien vouloir répondre.

@ François: non je ne dénigre personne! J’ai trouvé marrant d’imaginer un excès de réglementation (au point d’en interdire la maladie!). Vous aussi vous faites de l’humour: vous parlez de "concurrence pure & parfaite" alors qu’il y a réglementation des prix: on croit rêver, surtout qu’il n’y a AUCUN "DROIT DE LA CONCURRENCE" en Polynésie! Si vous aimez la réglementation, demandez s’en donc un à vos "techniciens de l’administration" de pondre un droit de la concurrence! Franchement: interdire aux boulangers de fixer soi-même le prix du pain qu’ils fabriquent de leurs mains, c’est aussi absurde que d’interdire la maladie.
Ceci montre que je ne me fous pas du prix du pain… au contraire: depuis le début je demande que ce prix soit LIBRE (pour info: c’est le cas en France depuis 1978 en ce qui concerne le pain). C’est pour ça que j’ai tourné en dérision la réglementation (des prix, salaires, et autres~).

Je vais retenter de vous expliquer (très gentillement et sans froisser) que: la réglementation des prix c’est tout le contraire à la "concurrence pure & parfaite" que vous recherchez!!… Merci de continuer à me lire.

Pour vous expliquer, on va prendre le problème à l’envers. Imaginons qu’il n’y aient que 2 boulangeries à Tahiti. Les 2 boulangers s’entendent sur le prix de vente, et décide de fixer LE MEME PRIX DE VENTE de la baguette de pain.
Que nous dit le droit sur la concurrence en Métropole concernant les pratiques anticoncurrencielles?

Code de Commerce, livre IV, titre II, article L420-1:
"Sont prohibées [...] les actions concertées, conventions, ententes expresses ou tacites ou coalitions, notamment lorsqu’elles tendent à :
[...]
2° Faire obstacle à la fixation des prix par le libre jeu du marché en favorisant artificiellement leur hausse ou leur baisse ;"

On est d’accord: le fait que les 2 boulangers s’entendent sur le prix est anticoncurrentiel (parce qu’il y a "entente"), et aussi parce que le prix de vente n’est pas fixé par le marché (mais par les 2 boulangers).

Maintenant, veuillez considérer la situation suivante SVP: parmis les 2 boulangers précédents, il y en a un qui ne fabrique pas de pain. Son nom c’est: "le gouvernement de la Polynésie", qui FIXE (publiquement!) et par arrêté le prix de la baguette de pain!
J’espère que vous voyez le point commun avec la situation précédente?…
L’entente des 2 boulangers == "L’entente forcée" entre le gouvernement de la Polynésie et les boulangers de Tahiti…
Au regard de l’article L420-1 cité précedemment, vos "techniciens de l’administration" serait passible des peines prévues par l’article L420-6, je cite: "Est puni d’un emprisonnement de quatre ans et d’une amende de 75000 euros le fait, pour toute personne physique de prendre frauduleusement une part personnelle et déterminante dans la conception, l’organisation ou la mise en oeuvre de pratiques visées [par l'article L420-1]".

Pensez-vous toujours, au regard de mon explication, que la réglementation du prix du pain a pour conséquence: une "concurrence pure & parfaite"?… Merci de bien vouloir répondre.

Par wakrap le 17 January 2008 at 13:43

Là, je suis d’accord avec ce que tu dis, François.
Manque seulement la raison qui fait que l’on ne généralise pas cette gestion administrative à d’autres articles et le plus grand nombre possible si c’est efficace in fine. Là se trouve une incohérence.

Les réactions d’un micro trottoir montrent très bien la situation de dépendance que cela a entrainé.
Les deux seuls arguments que tu me proposes sont ad populum : parce que tous les interwievés et tous les gouvernements le soutiennent.

J’ai donné précedemment des arguments pour monter que le résultat est différent de la présentation qu’est le prix officiel du pain en évoquant les couts extérieurs: tourisme, santé, nutrition perturbée, aucune boulangerie à tahiti , un comble pour un pays gros consommateur de pain…liste non exhaustive

C’est sur ces arguments que je souhaite une réponse sinon le débat est clos.

Par wakrap le 17 January 2008 at 13:43

Là, je suis d’accord avec ce que tu dis, François.
Manque seulement la raison qui fait que l’on ne généralise pas cette gestion administrative à d’autres articles et le plus grand nombre possible si c’est efficace in fine. Là se trouve une incohérence.

Les réactions d’un micro trottoir montrent très bien la situation de dépendance que cela a entrainé.
Les deux seuls arguments que tu me proposes sont ad populum : parce que tous les interwievés et tous les gouvernements le soutiennent.

J’ai donné précedemment des arguments pour monter que le résultat est différent de la présentation qu’est le prix officiel du pain en évoquant les couts extérieurs: tourisme, santé, nutrition perturbée, aucune boulangerie à tahiti , un comble pour un pays gros consommateur de pain…liste non exhaustive

C’est sur ces arguments que je souhaite une réponse sinon le débat est clos.

Par François le 17 January 2008 at 21:18

@jcn50 : je n’ai jamais dit que le prix administré du pain était la concurrence pure et parfaite. Je connais quand même mes définitions ( concurrence pure et parfaite : atomicité, information parfaite et fixation du prix d’équilibre par le marché…), mais je dis que dans ce cas précis, la fixation du prix du pain par les techniciens de l’administration était quasiment équivalente à la concurrence pure et parfaite. Car, à l’exception de la fixation du prix d’équilibre par le marché, nous avons toutes les conditions : atomicité ( multiplicité des boulangers), information parfaite (communication de tous les comptes d’exploitation par quasiment tous les boulangers) et, en remplacement du prix d’équilibre par le marché, décision rationnelle du législateur. Le résultat, c’est un prix “canon” !

J’ai fait un peu de théorie économique ( je suis modeste) et je confirme : la concurrence pure et parfaite est équivalente à la planification sur le plan théorique ( cours de première année de fac). Mais sur le plan théorique, seulement. Dans la pratique, la planification ne peut fonctionner. C’est pour celà qu’on ne peut généraliser l’administration des prix pour tous les produits sur tous les marchés.

@ François: Juste au cas où vous n’auriez pas remarqué vos contradictions, j’ai extrait 2 citations de vous:

Citation 1:
"je n’ai jamais dit que le prix administré du pain était la concurrence pure et parfaite."

Citation 2:
"je dis que dans ce cas précis, la fixation du prix du pain par les techniciens de l’administration était quasiment équivalente à la concurrence pure et parfaite."

Citation 2 (version courte):
"je dis que [...] la fixation du prix du pain [...] était [...] équivalente à la concurrence pure et parfaite."

Mise en relation:
"je n’ai jamais dit que le prix administré du pain était la concurrence pure et parfaite." =//= "je dis que [...] la fixation du prix du pain [...] était [...] équivalente à la concurrence pure et parfaite."

Par wakrap le 18 January 2008 at 16:11

Ouf, je vois que tu as une foi aveugle en nos représentants. En particulier quand tu parles de rationalité chez eux. Permet moi de ne pas partager cet avis et de loin….

Les définitions que tu donnes sont certainement correctes car figurant dans des bouquins mais malheureusement elles concernent des concepts erronés (tu en conviens en nous confirmant que cela ne marche pas in fine) et surtout se basent sur une prémisse fausse le prix comme étant seulement une valeur financière, monétaire.
Donc déterminable, "mathématique".
Pourtant, le monde nous montre que le prix est une information, une simple information que l’on va monétiser. Et comme toute information elle est partiale, interprétée différemment par les hommes et par conséquent incertaine.
C’est l’absence de prise en compte de cette incertitude et variabilité humaine qui explique la systématique plantade de la planification.

J’étais tout à fait d’accord avec toi quand tu disais que le prix déterminé par la loi était exact (sous entendu calculé précisément à partir des éléments fournis) et faux si l’on prend en compte les éléments non fournis comme le coût santé.
Par contre il s’agit dans tous les cas d’un "faux prix bien calculé" car il est différent du prix variable que produirait le marché libre.

Dernière chose: la concurrence parfaite est une illusion ne serait-ce que parce qu’elle nécessite une information parfaite de tous les humains sans exception à partir d’un comportement parfaitement fixe et prévisible de tous les humains.
Bref cette théorie est simplement inhumaine, mais ravit tous les apprentis sorciers (criminels comme les cocos ou non) qui veulent faire plier le peuple à leur volonté.
Quel dommage que l’on vous fasse perdre tant de temps en économie avec ces théories inhumaines.

Pour le fun je vais aller plus loin dans le raisonnement.
En partant du principe que le prix du pain décidé répond à un objectif. (Je ne pense pas que l’on puisse nier l’existence d’un objectif, sinon il n’y aurait pas de décision politique).
Or cette information (le prix) se trouve alors en position de monopole car l’on interdit à toute autre information d’apparaitre, comme proposer un autre prix, ce qui permettrait de connaitre les préférences des hommes.
Le prix fixé produit donc sa propre contradiction en supprimant l’information quand même essentielle , celle du choix du consommateur, tout en prétendant nécessiter et posséder une information parfaite pour son élaboration.
Il prétend satisfaire le consommateur tout en supprimant le moyen de connaitre quel serait le choix du consommateur.
En réalité ce prix satisfait l’électeur non informé sur le dos du consommateur qui n’est plus libre.

 

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