Le Tahoeraa a tenu son congrès devant 6000 militants. Pour la constitution des listes aux élections territoriales, priorité a été donnée à la fidélité. Aux iles du vent, Gaston Flosse mène, sans surprise, son dernier combat. Il s’est entouré des fidèles des bons et mauvais jours : Armelle Merceron, Edouard Fritch, Teura Iriti et Teva Rohfritsch. Une grande majorité des maires n’a pas succombé aux sirènes de Gaston Tong Sang et est resté fidèle au parti. Aux iles sous le vent, aux australes et aux marquises, les élus sortants se représentent pour être reconduits.

On constate qu’il y a eu peu de renouvellement là aussi, à part Teva Rohfritsch, mais il est vrai que ces personnalités ont fait la preuve de leur expérience et de leur compétence à diverses fonctions, soit à l’Assemblée, soit au gouvernement.

Les élus communaux ont bien compris qu’il était de leur intérêt de poursuivre leur combat politique au sein d’un parti de gouvernement. En effet, quelle que soit la configuration politique au lendemain des élections territoriales, le Tahoeraa est sûr de faire partie de la majorité et de participer à un gouvernement. Le leader de ce parti avait, déjà, depuis quelques mois, un coup d’avance. Son dialogue avec le parti indépendantiste lui ouvre la possibilité de constituer un gouvernement d’union territoriale à certaines conditions qui restent à négocier et finaliser. En même temps, Edouard Fritch n’a pas exclu la possibilité d’une alliance prioritaire entre autonomistes. J’avais estimé dans un billet précédent que par cette ouverture tous azimuths, il “ratissait large”.

Ce coup d’avance a permis, entre autres conséquences, de rassurer les maires et élus municipaux qui ont conscience de la nécessité de travailler de concert avec la majorité et le gouvernement qui dirigeront le Pays demain. Contrairement à certains maires des Marquises qui veulent jouer l’Etat contre le Pays, ils savent bien qu’il “faut être bien avec tout le monde”, notamment avec les autorités du Pays qui disposent d’un budget conséquent de plus de 160 milliards de francs par an.

Autre atout de ce parti: l’expérience gouvernementale. Une expérience qui nous a permis d’accomplir, pendant cette dernière décennie, des avancées économiques et sociales majeures, mais non dénuée d’erreurs. Les rapports de la Chambre territoriale des comptes sont là pour le rappeler, et il convient donc d’en tirer les enseignements afin que de telles erreurs ne se reproduisent plus.Aussi, j’attend avec impatience le programme de ce parti, car je trouve, là aussi, sa diffusion bien tardive.

Il faut espérer, d’ailleurs que la brève campagne électorale ne se transforme pas, comme en 2004, en rappels des dérapages et erreurs de gestion qui ont émaillé ces 6 ou 7 dernières années. Car on peut dire que malheureusement, tous les partis, sans exception, ont montré leurs faiblesses sur ce plan là.

On serait tenté de dire que les électeurs doivent, entre divers maux, “choisir le moindre”. Chacun appréciera, bien sûr, ces maux à la lumière de sa propre subjectivité. Ce n’est pas l’idéal, mais peut être que la politique se résume à celà : discerner le moins mauvais du mauvais et choisir en conséquence.