EN AVANT POUR DES REFORMES STRUCTURELLES (réédition réaménagée)
Par lebop, vendredi 14 décembre 2007 à 17:00 :: General
Dans l'attente très impatiente des programmes politiques de nos partis qui vont, à n'en pas douter, nous caresser dans le sens du poil, je voudrais réaffirmer la nécessité de nous réformer. Ce mandat, a, non seulement été complètement raté, mais il nous a empêché de voir la réalité en face et de nous remettre en question. Pourtant, il n'y a plus de temps à perdre.
Tous les indicateurs se mettent en berne : tourisme stagnant, exportations en chute libre, commerce morose, couts salariaux en forte hausse, inflation des prix des produits alimentaires, chute des investissements productifs, absence totale d'investissements étrangers, situation précaire de certains établissements publics et société d'économie mixte... Je ne veux pas tomber dans la sinistrose, mais la situation est grave.
Plutôt que de se renvoyer les responsabilités, comme on le constate actuellement dans le secteur touristique, il est plus qu'urgent de s'atteler, chacun à sa place, à la tâche avec rigueur et détermination, car elle est immense. Revenir les pieds sur terre en matière de coûts de production, de rapport qualité-prix de nos prestations, de professionnalisme et ne pas avoir peur de parler de "productivité". Voilà une oeuvre exaltante : restituer de la valeur aux milliards de francs CFP gaspillés en pure perte par "copinage", clientélisme, amateurisme, par laisser-aller, par incompétence, par dilettantisme dans tous nos secteurs d'activité, qu'ils soient privé, public ou parapublic.Les "gisements" de productivité sont immenses, car il y a beaucoup de "coulage".
Dans la gestion de nos institutions, du secteur public,de l'hopital, de la Caisse de prévoyance sociale, des sociétés d'économie mixte,de nos entreprises stratégiques( EDT, OPT, Brasserie), de l'agriculture, de la pêche, l'heure doit être à la gestion rigoureuse.... Ce seront autant de milliards de "pertes en ligne" débusquées et autant de milliards de création de valeur ajoutée à notre richesse collective.
Il est malheureux de constater, par exemple, que le gouvernement actuel n'a pas tiré les enseignements du passé: encore trop de ministres, encore trop de conseillers techniques et train de vie encore trop dispendieux. Nous pouvons encore réduire d'un bon tiers le coût de nos institutions.
Notre pays a vécu trop longtemps dans sa bulle et a perdu tout sens de la "normalité" : nos billets et vos commentaires se succèdent et dénoncent le coût prohibitif de nos billets d'avion, de l'acconage et de la manutention portuaire, de nos produits agricoles, du thon pêché pourtant dans nos eaux, de notre aéroport, de nos taxis, de l'internet, des communications téléphoniques,des services bancaires, de l'énergie, du transport aérien domestique, de la réparation automobile, des pièces détachées, de la restauration, des coiffeurs.... l'absence de vrais transports en commun, un rapport qualité-prix médiocre de notre industrie touristique...J'arrêterai là notre inventaire à la Prévert, pour ne pas trop nous ou vous démoraliser ! Comme je l'ai déjà dit, les prix, comme les arbres, ne peuvent pas monter jusqu'au ciel !
Oui, une réforme structurelle s'impose et nous devons tous, là où nous sommes, y contribuer. C'est tout un ensemble de mauvaises habitudes, de comportements, de logiques, de structures qu'il faut revoir. Il nous faut absolument faire revenir notre pays dans la réalité du monde tel qu'il est. Un monde dur où il nous faut gagner notre place par notre sueur et nos efforts. Ce sera l'objet de mes prochains billets qui approfondiront les thèmes de la réduction de la dépense publique, de la réforme de la fiscalité, de la qualité et de l'efficacité du service public, du coût de la vie...déja abordés, pour certains, dans nos précédents billets.
Il nous faudra aussi bâtir une vraie stratégie de développement à court et moyen terme où la création de nouvelles richesses et de nouvelles activités aura une place centrale. C'est la seule voie pour que les nouvelles générations croient encore en l'avenir du Fenua. Oui, il y a du pain sur la planche, mais le jeu en vaut la chandelle !