Dilemme de l’équité

Par Noindep • 1 December 2007

De quel droit les politiques de Paris bouleversent l’équilibre approuvé par le cosmopolitisme d’un cercle politique pourri de ses reliques, et barbante de ses attraits ? L’avalanche réformatrice que Paris prépare risque d’enneiger les mentalités polynésiennes habituées au luxe de l’indifférence. Trahie depuis 2004 par ses politiques, la Polynésie n’alimente plus l’égo qu’elle exhibait autrefois. Exempte des dérives caricaturales de l’outre-mer, celles d’un chômage de masse, d’un handicap démographique, d’une pauvreté relative et tout aussi stigmatisée. Elle a su longtemps comptabiliser à ses mérites, l’euphorie d’un paradis d’autre fois, enterrée dans un isolement des problématiques contemporaines, intégrée dans un avenir touristique radieux en nombre. Depuis 2001, le tourisme dévisse de la conjoncture, la Polynésie a libéralisé sa politique, et Paris vante son avarice à financer une reconversion lourde. Des essais nucléaires à la reconversion, la France s’est perdue dans le fil de la raison, en voulant à la fois détruire et construire ces terres du Pacifique.

Et depuis, au nom du chaos post-nucléaire, on solde les compétences pour blanchir le passé. On a dit oui à tout, quitte à laisser la Polynésie française flairer les frontières de l’indépendance. Le statut de 2004 retenait cette bascule de l’autorité dans la soumission. Sa base est devenu fragile, et croire que ce statut sera la preuve d’un équilibre tangible qui fait balancer à la louche, droits et devoirs, ne présage rien de bon. Vouloir à tout prix aspirer à de nouvelles règles, mettre dans l’indifférence les rentiers d’un statut qu’ils estiment légitime, canaliser les compétences pour tarir les budgets, laisse entrevoir la naissance d’une République oppressive, démonstrative et administrative.

Les fonctionnaires à qui l’on prête un zèle gratuit, auront à leur dépens à lire une fiche de paie rabotée de son indexation. Un délai de 80 jours pour ceux qui oseraient tenter l’extraordinaire. A partir de 2008, il faudra trouver un nouveau réservoir pour remplir le vivier de la croissance, qui voit ses ressources se tarir par la “rigueur budgétaire” qu’impose Paris. Travaillons plus pour gagner moins fera écho en Polynésie, puisqu’elle n’aura même pas le choix, ni le droit, de compenser ce déficit numéraire supprimé au nom de l’équité. C’est juste et injuste à la fois, révoltant et compréhensible, destructeur et réparateur. L’horizon vers lequel on jette son regard tranchera ce dilemme de l’équité.

Commentaires

Par Pigeon voyageur le 30 November 2007 at 20:10

Tahitipresse) - L’Assemblée de la Polynésie française a adopté à l’unanimité, vendredi matin, une résolution, proposée par le sénateur et président du Tahoeraa huiraatira Gaston Flosse, visant à demander aux présidents du Sénat et de l’Assemblée nationale d’intervenir, afin que soit rejeté l’amendement du sénateur Arthuis appelant à la suppression du régime d’indemnité temporaire de retraite pour les fonctionnaires.

En présence des représentants de l’intersyndicale des fonctionnaires d’Etat de la Polynésie française, l’Assemblée est donc devenue, le temps de l’examen de cette résolution, une tribune en faveur des retraités de la fonction publique, victimes, selon Gaston Flosse, de "remises en cause répétées - ndlr de leurs avantages - depuis quatre ans." Le sénateur a mis en garde contre une possible extension de ces remises en cause sur l’index correcteur que touchent tous les fonctionnaires installées en Polynésie française.

Un "danger" pour l’économie polynésienne

L’amendement déposé par le sénateur Jean Arthuis vise à plafonner l’indexation des pensions à 35% pour les personnes non nées sur les territoires concernés ou qui n’y étaient pas en poste cinq ans avant leur départ à la retraite, et à supprimer celle-ci pour tous ceux qui prendront leur retraite à compter du premier janvier 2008.

"C’est un véritable danger, car si cet index correcteur est remis en cause, ce sont 19 milliards Fcfp par an ( 158 millions d’euros) qui ne rentreront plus dans l’économie polynésienne", a déclaré en substance Gaston Flosse, pour qui "aucune étude sérieuse" ne montre la nécessité d’une telle réforme. "On met en avant l’existence de quelques dizaines de fraudeurs, mais ce n’est rien comparé aux fraudes au RMI en France," a-t-il ajouté.

G. Flosse soutenu par To tatou ai’a et l’UPLD

"Je partage totalement l’avis du sénateur", a déclaré Gaston Tong Sang au nom du groupe To tatou ai’a, qui a adressé jeudi un courrier au secrétaire d’Etat à l’Outre-mer pour "attirer de façon urgente son attention sur les graves conséquences que pourrait avoir l’adoption de l’amendement". L’ancien président a par ailleurs affirmé avoir défendu la cause des fonctionnaires lors de son dernier déplacement en métropole, début novembre.

"Gaston Tong Sang dit avoir défendu les fonctionnaires au cours de son déplacement, on se demande avec quels effets", a ironisé Raymond Van Bastolaer (UPLD), tandis que Jacky Bryant (UPLD également) a lui dénoncé l’"effet Kleenex" consécutif à la fin des essais nucléaires. Armelle Merceron (Tahoeraa) a quant à elle appelé à ne pas "lutter mollement contre ce genre d’initiatives, comme l’a fait Gaston Tong Sang".

Quant au président de la Polynésie française, Oscar Temaru, il a abondé dans le même sens que les représentants en donnant lecture d’une lettre de soutien à l’intersyndicale des fonctionnaires, en date du 8 novembre 2007, dans laquelle il les assure de son "soutien total" contre la "brutalité de l’action envisagée".

La proposition de résolution a finalement été adoptée par 56 voix sur 57, en raison de l’absence de l’hémicycle d’Hiro Tefaarere (To tatou ai’a). Un vote salué par Marc Ploton, secrétaire général de l’intersyndicale des fonctionnaires de Polynésie française, présent dans le public, qui a affirmé que les syndicats ne resteront pas "les bras croisés" sur ce dossier. La résolution a été transmise en urgence au Sénat, à Paris, qui doit examiner samedi cet amendement en séance plénière.

Par hinanui le 30 November 2007 at 20:57

cette attitude d’Arthuis est inconcevable car il sait très bien que nos économies outre-mer sont artificielles .

c’est l’heure de vérité pour Estrosi. On verra s’il est aussi dynamique que les autres qui se sont battus pour que cette réforme n’aboutisse jamais.

plus de palabres, à l’action. Jugeons sur les faits.

Par Pigeon voyageur 2 le 1 December 2007 at 19:03

Le Tahoeraa Huiraatira se réjouit que l’amendement déposé par les sénateurs Arthuis et Marini, visant à remettre en cause la retraite indexée des fonctionnaires d’Etat, ait été retiré lors de la discussion de la loi de finances au Sénat.

L’initiative du sénateur Gaston Flosse de faire adopter à l’unanimité par l’Assemblée de la Polynésie française une résolution demandant le retrait de cet amendement a été couronnée de succès.

Le Tahoeraa Huiraatira, et ses parlementaires, resteront toutefois vigilents et poursuivront, chaque fois que nécessaire, le combat engagé depuis maintenant cinq années par Gaston Flosse, afin de mettre en échec toute nouvelle tentative de remise en cause de l’indexation des retraites servies outre-mer.

Cette majoration est non seulement nécessaire pour maintenir le pouvoir d’achat des retraités de l’Etat, mais ses effets induits sont indispensables à l’économie polynésienne et aux emplois qu’ils génèrent.

Le groupe Tahoeraa Huiraatira à l’Assemblée remercie ses collègues des autres groupes de s’être associés à l’initiative du sénateur Gaston Flosse.

Par Pigeon voyageur 2 le 1 December 2007 at 19:03

Le Tahoeraa Huiraatira se réjouit que l’amendement déposé par les sénateurs Arthuis et Marini, visant à remettre en cause la retraite indexée des fonctionnaires d’Etat, ait été retiré lors de la discussion de la loi de finances au Sénat.

L’initiative du sénateur Gaston Flosse de faire adopter à l’unanimité par l’Assemblée de la Polynésie française une résolution demandant le retrait de cet amendement a été couronnée de succès.

Le Tahoeraa Huiraatira, et ses parlementaires, resteront toutefois vigilents et poursuivront, chaque fois que nécessaire, le combat engagé depuis maintenant cinq années par Gaston Flosse, afin de mettre en échec toute nouvelle tentative de remise en cause de l’indexation des retraites servies outre-mer.

Cette majoration est non seulement nécessaire pour maintenir le pouvoir d’achat des retraités de l’Etat, mais ses effets induits sont indispensables à l’économie polynésienne et aux emplois qu’ils génèrent.

Le groupe Tahoeraa Huiraatira à l’Assemblée remercie ses collègues des autres groupes de s’être associés à l’initiative du sénateur Gaston Flosse.

Par hinanui le 1 December 2007 at 19:53

pigeon voyageur 2. c’est bien de remettre les pendules à l’heure. Merci Bien pour ces compléments d’information fort intéressants.

L’indexation maintient un niveau des prix vers le haut, notamment en matière de loyers.
Une désindexation serait la bienvenue pour désintoxiquer l’économie de cette espèce d’hormone.
Lorsque les prix seront plus en rapport avec la réalité économique, alors rien n’empêchera par exemple les retraités du public de rester et surtout les retraités du privé de venir et d’apporter une mane financière beaucoup plus considérable.
L’indexation, c’est un combat de quelques riches et non une mesure pour faire avancer le pays.Le levier est beaucoup plus important pour un gros traitement.
On peut raisonablement la limiter à ce qui serait le minimum compensatoire.
Ensuite il faut la supprimer et compenser par des subventions dans les domaines nécessaires (transport, education, santé, police…)

L’indexation maintient un niveau des prix vers le haut, notamment en matière de loyers.
Une désindexation serait la bienvenue pour désintoxiquer l’économie de cette espèce d’hormone.
Lorsque les prix seront plus en rapport avec la réalité économique, alors rien n’empêchera par exemple les retraités du public de rester et surtout les retraités du privé de venir et d’apporter une mane financière beaucoup plus considérable.
L’indexation, c’est un combat de quelques riches et non une mesure pour faire avancer le pays.Le levier est beaucoup plus important pour un gros traitement.
On peut raisonablement la limiter à ce qui serait le minimum compensatoire.
Ensuite il faut la supprimer et compenser par des subventions dans les domaines nécessaires (transport, education, santé, police…)

Par hinanui le 2 December 2007 at 15:31

libre , ton analyse est surréaliste.

Le niveau des loyers n’a rien à voir avec les retraités. C’est une question d’offre et de demande . Révises tes classiques et arrêtes de dire des absurdités du genre , c’est le combat de quelques riches.

Les retraités d’Etat peuvent être des plantons, des secrétaires , des agents administratifs ,des enseignants, des mécaniciens et pas seulement des hauts fonctionnaires d’Etat .

Ce sont souvent également des retraités locaux. Alors, un peu de compassion avec eux si tu avais ne serait-ce qu’un membre de ta famille dans cette situation.

Par ailleurs , sais -tu que ces retraités contribuent à l’économie de notre fenua pour environ 20 milliards ? Tu devrais donc les remercier plutôt que de les fustiger.

Encore merci à Gaston Flosse et à son parti d’avoir pensé à eux. Voilà la différence avec les autres partis .
La réactivité et la compétence.

Le travail, la discipline et la loyauté , ce sont des valeurs sûres qui ne trahissent pas la polynésie Française!!

Par hinanui le 2 December 2007 at 15:31

libre , ton analyse est surréaliste.

Le niveau des loyers n’a rien à voir avec les retraités. C’est une question d’offre et de demande . Révises tes classiques et arrêtes de dire des absurdités du genre , c’est le combat de quelques riches.

Les retraités d’Etat peuvent être des plantons, des secrétaires , des agents administratifs ,des enseignants, des mécaniciens et pas seulement des hauts fonctionnaires d’Etat .

Ce sont souvent également des retraités locaux. Alors, un peu de compassion avec eux si tu avais ne serait-ce qu’un membre de ta famille dans cette situation.

Par ailleurs , sais -tu que ces retraités contribuent à l’économie de notre fenua pour environ 20 milliards ? Tu devrais donc les remercier plutôt que de les fustiger.

Encore merci à Gaston Flosse et à son parti d’avoir pensé à eux. Voilà la différence avec les autres partis .
La réactivité et la compétence.

Le travail, la discipline et la loyauté , ce sont des valeurs sûres qui ne trahissent pas la polynésie Française!!

En 2006 les transferts de l’Etat vers le Territoire ont été de 229,04 milliards.
Même si l’Etat supprimait l’indexation de tous les retraités (de TOUS et non de quelques uns comme c’était prévu) celà représenterait 5,9% d’économie sur mêmes transferts.

Celà représenterait aussi le malheur de 6700 familles, (essentiellement des polynésiens, nettement plus de 6000), celui du noyau familial direct mais aussi celui des enfants et petits-enfants qui sont généralement aidés par les grands parents.

Par ailleurs remarquons que les transferts 2006 ont été augmentés de 10% par rapport à ceux de 2005. Il y a tout lieu de supposer que ceux de 2008 auront au moins la même augmentation: les 5,9% d’économie seraient effacés d’un coup de chiffon.

Vous croyez vraiment que le sacrifice des 6700 familles ferait baisser les loyers?

 

Qu'en pensez-vous ?

Ami lecteur, amie lectrice, un petite information à votre intention pour vous faciliter la rédaction de votre réaction. Politita modère a posteriori les commentaires. Un nouveau filtre permet de mettre en ligne immédiatement les commentaires qui ne semblent pas injurieux.

Ce filtre n'est en aucun cas parfait et certains commentaires déplacés seront rectifiés après coup ou, plus embêtant, certains commentaires très corrects peuvent ne pas passer de suite. Nous les validerons peu de temps après.

Votre participation à cette discussion implique vous soyez poli envers tous, même ceux que vous n'aimez pas ;) Nous vous remercions pour votre compréhension et vous souhaitons un agréable commentaire.

« Méconnaissance de la réalité économique de la Polynésie française ( réédition réaménagée) | Home | Toujours pas de visions, de projets ou de programmes en vue ! »

+ commentés

Instrumentalisation et gain de temps

125 commentaire(s)

"Scandaleux !"

110 commentaire(s)

VIVE LA DEMOCRATIE POLYNESIENNE !

108 commentaire(s)

Pétition de J.C. BOUISSOU, l'Espoir ?

104 commentaire(s)

Ouvrons les yeux .

103 commentaire(s)