Dernier combat
Par Noindep, dimanche 30 décembre 2007 à 16:51 :: General
Quoi de plus rassurant que d'entendre lors de son dernier congrès, G. Flosse casser le faux mythe d'un Tahoeraa opportun, rancunier, illuminé par la gourmandise du pouvoir...celui que beaucoup, et moi-même ont volontairement prêté à son leader. Il est vrai qu'il a encore reculé les frontières du possible en politique, celui d'aller jusqu'à collaborer avec ses opposants de toujours, dont la divergence dépasse le clivage de méthode du PS / UMP, mais récite bel et bien un projet de société différent sous toutes les approches. S'opposer sur un destin si lourd qu'est l'autonomie ou l'indépendance d'un pays est, vous me l'accorderez, bien différent du débat "35h ou Travailler Plus" des élus métropolitains.
Pour son dernier combat, G. Flosse a décidé de se battre ardemment contre "ces brigueurs" ou "ces briseurs du pouvoir" qui ont plongé la Polynésie dans une dynamique vicieuse de l'instabilité. Parce que oui, G. Flosse sort pour la dernière fois son épée pour partir avec les honneurs plus que les regrets d'une prime majoritaire encore mal digérée. Il a pu construire, et détruire sa propre carrière sous la gourmandise continuelle qu'il avait du pouvoir, de diriger, contrôler, arbitrer les conflits et les réussites de ce pays. En 2004, la démocratie le rappelle à l'ordre, et l'oblige après 30 ans de pouvoir à battre le rappel et à goûter à la difficulté de l'opposant jamais écouté qu'il a fait subir à la nouvelle majorité depuis tant d'années. On ne s'attardera pas à disserter sur cette prime majoritaire, "l'erreur de sa vie", mais on mentionnera tout de même que beaucoup ont craint, et ses militants en premier, que sur l'émeute émotionnelle, il quitte le plateau, comme L. Jospin en 2002.
G. Flosse risque de gagner les élections prochaines. Pourquoi ?
"La plus juste action aurait été de "tous rentrer à la maison", qui est à mon avis la dernière solution pour "soigner la Polynésie de cette infection des idées".
Parce qu'il est devenu, aux dépens de ses confrères autonomistes, le dernier rempart d'une autonomie authentique, celle qui prône "l'autonomie éclairée", et qui n'hésite pas à remettre un secrétaire d'Etat à sa place. Que C. Estrosi n’en fasse pas une affaire personnelle, il n'est pas le premier à subir un tel rappel à l'ordre. Mais c'est sans renier ses convictions, que G. Flosse établit son propre projet sociétal en Polynésie, celui d'un projet vigilant qui tente d'accompagner la société dans son développement ultra-rapide, qui est passée subitement d'une société traditionnelle à une société moderne, ignorant même les étapes à suivre que P. Bourdieu pouvait par exemple enseigner : Agriculture, Industrie, Services. La Polynésie est un mélange de tout cela, elle veut vivre comme une société de services, sans avoir les réservoirs financiers des deux premiers. G. Flosse est attaché à la France et il le dit et le répète: "La Polynésie est mon pays, la France est ma nation"
Oui, G. Flosse gagnera les élections de janvier, parce qu'il bénéficiera du flou artistique des autonomistes cartellisés, qui croient que leur docilité face au pouvoir central leur apportera la victoire locale. C'est oublier le "Think Global, Act local". C'est sur le terrain qu'il faut convaincre avant de "cirer les pompes" de Paris. J'ai le regret de dire que G. Tong Sang ne mobilisera pas les esprits sur l'équilibre politique qu'il prétend apporter, mais apportera à contrario un "flou des idées", et contaminera les partis politiques qui l'ont rallié. J'ose croire en la lucidité de J-C Bouissou qui saura s'extirper à temps du naufrage. La plus juste action aurait été de "tous rentrer à la maison", qui est à mon avis la dernière solution pour "soigner la Polynésie de cette infection des idées".
Il est certain que je serai catalogué de "pro-flosse", un nostalgique de la rigueur du vieux lion, et du pouvoir centralisé. Si vous voulez, mais je pense que la Polynésie manque de vrais hommes capables de diriger et d'instaurer de vraies idées. Ne serait ce pas ce dont la Polynésie manque ? De la rigueur et des hommes faits pour le pouvoir et non que le pouvoir appelle ?