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dimanche 30 décembre 2007

Dernier combat

Par Noindep, dimanche 30 décembre 2007 à 16:51 :: General

Quoi de plus rassurant que d'entendre lors de son dernier congrès, G. Flosse casser le faux mythe d'un Tahoeraa opportun, rancunier, illuminé par la gourmandise du pouvoir...celui que beaucoup, et moi-même ont volontairement prêté à son leader. Il est vrai qu'il a encore reculé les frontières du possible en politique, celui d'aller jusqu'à collaborer avec ses opposants de toujours, dont la divergence dépasse le clivage de méthode du PS / UMP, mais récite bel et bien un projet de société différent sous toutes les approches. S'opposer sur un destin si lourd qu'est l'autonomie ou l'indépendance d'un pays est, vous me l'accorderez, bien différent du débat "35h ou Travailler Plus" des élus métropolitains.

Pour son dernier combat, G. Flosse a décidé de se battre ardemment contre "ces brigueurs" ou "ces briseurs du pouvoir" qui ont plongé la Polynésie dans une dynamique vicieuse de l'instabilité. Parce que oui, G. Flosse sort pour la dernière fois son épée pour partir avec les honneurs plus que les regrets d'une prime majoritaire encore mal digérée. Il a pu construire, et détruire sa propre carrière sous la gourmandise continuelle qu'il avait du pouvoir, de diriger, contrôler, arbitrer les conflits et les réussites de ce pays. En 2004, la démocratie le rappelle à l'ordre, et l'oblige après 30 ans de pouvoir à battre le rappel et à goûter à la difficulté de l'opposant jamais écouté qu'il a fait subir à la nouvelle majorité depuis tant d'années. On ne s'attardera pas à disserter sur cette prime majoritaire, "l'erreur de sa vie", mais on mentionnera tout de même que beaucoup ont craint, et ses militants en premier, que sur l'émeute émotionnelle, il quitte le plateau, comme L. Jospin en 2002.

G. Flosse risque de gagner les élections prochaines. Pourquoi ?

"La plus juste action aurait été de "tous rentrer à la maison", qui est à mon avis la dernière solution pour "soigner la Polynésie de cette infection des idées".

Parce qu'il est devenu, aux dépens de ses confrères autonomistes, le dernier rempart d'une autonomie authentique, celle qui prône "l'autonomie éclairée", et qui n'hésite pas à remettre un secrétaire d'Etat à sa place. Que C. Estrosi n’en fasse pas une affaire personnelle, il n'est pas le premier à subir un tel rappel à l'ordre. Mais c'est sans renier ses convictions, que G. Flosse établit son propre projet sociétal en Polynésie, celui d'un projet vigilant qui tente d'accompagner la société dans son développement ultra-rapide, qui est passée subitement d'une société traditionnelle à une société moderne, ignorant même les étapes à suivre que P. Bourdieu pouvait par exemple enseigner : Agriculture, Industrie, Services. La Polynésie est un mélange de tout cela, elle veut vivre comme une société de services, sans avoir les réservoirs financiers des deux premiers. G. Flosse est attaché à la France et il le dit et le répète: "La Polynésie est mon pays, la France est ma nation"

Oui, G. Flosse gagnera les élections de janvier, parce qu'il bénéficiera du flou artistique des autonomistes cartellisés, qui croient que leur docilité face au pouvoir central leur apportera la victoire locale. C'est oublier le "Think Global, Act local". C'est sur le terrain qu'il faut convaincre avant de "cirer les pompes" de Paris. J'ai le regret de dire que G. Tong Sang ne mobilisera pas les esprits sur l'équilibre politique qu'il prétend apporter, mais apportera à contrario un "flou des idées", et contaminera les partis politiques qui l'ont rallié. J'ose croire en la lucidité de J-C Bouissou qui saura s'extirper à temps du naufrage. La plus juste action aurait été de "tous rentrer à la maison", qui est à mon avis la dernière solution pour "soigner la Polynésie de cette infection des idées".

Il est certain que je serai catalogué de "pro-flosse", un nostalgique de la rigueur du vieux lion, et du pouvoir centralisé. Si vous voulez, mais je pense que la Polynésie manque de vrais hommes capables de diriger et d'instaurer de vraies idées. Ne serait ce pas ce dont la Polynésie manque ? De la rigueur et des hommes faits pour le pouvoir et non que le pouvoir appelle ?

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samedi 29 décembre 2007

Listes de l'UPLD : les "bleus" rempilent

Par lebop, samedi 29 décembre 2007 à 21:04 :: Petite analyse

Un accouchement dans la douleur, là aussi, selon Tahiti Presse. Devant 4000 sympathisants, Oscar Temaru n'a pas été en mesure de préciser le positionnement des candidats sur les listes des iles du vent et des iles sous le vent. C'est bien étonnant quand on connait le fonctionnement du Tavini où c'est le leader charismatique qui décide et les militants qui entérinent ce choix. Il faut dire que le changement de mode de scrutin va laisser beaucoup de bleus des iles du vent sur le carreau, car il sera impossible de refaire le "grand chelem" de 2004. Alors, il s'agit de gérer avant l'heure les inévitables déceptions de certains.

Quels seront les critères de la méritocratie bleue ? La compétence ? Vu l'incapacité de certains à organiser un travail législatif digne de ce nom, beaucoup des bleus sortants de l'Assemblée sont restés des "bleus" sur ce plan là. La fidélité et la loyauté au Parti ? Sans doute. Dans ce cas là, seul le leader peut en juger.

Il semblerait, cependant, que deux techniciens méritants, Pierre Frébault et Marc Collins soient sur la liste des iles du vent. Mais le sont-ils à des places éligibles ? On ne le sait pas encore.

Grosso modo, là aussi, les sortants rempilent, notamment aux iles du vent. Outre Oscar Temaru qui conduit la liste des iles du vent, on retrouve Chantal Flores aux Australes, Vito Maamaatuaiahutapu, le spécialiste des bus chinois, aux Tuamotus de l'ouest. Petite curiosité et "reconversion" surprenante : l'une de nos girouettes, Michel Yip, ressort du chapeau de l'UPLD aux Tuamotus de l'est, seule exception au principe de "loyauté" au Parti. Le meneur de liste aux iles sous le vent n'est pas connu, signe, semble-t-il, d'une certaine tension. Aux Marquises, un courageux inconnu, Georges Taupotini, est chargé de la délicate mission de porter la parole taviniste en terre "départementaliste".

Méthode coué habituelle : le leader à vie est sûr d'avoir la majorité absolue. Il aurait rajouté que c'est par la grâce de la parole divine que celà ne m'aurait pas étonné.

Il est clair qu'il faut laisser les choses se décanter ce week end chez les bleus et que "l'après dépôt de liste" occasionnera quelques remous. Mais le leader se fera fort de mettre le parti en ordre de marche. Comme d'habitude, pourrait-on dire.

Pour le programme, décidément la "cinquième roue de la charette", nous attendrons là aussi...

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Listes du Tahoeraa : priorité à la fidélité

Par lebop, samedi 29 décembre 2007 à 16:37 :: Petite analyse

Le Tahoeraa a tenu son congrès devant 6000 militants. Pour la constitution des listes aux élections territoriales, priorité a été donnée à la fidélité. Aux iles du vent, Gaston Flosse mène, sans surprise, son dernier combat. Il s'est entouré des fidèles des bons et mauvais jours : Armelle Merceron, Edouard Fritch, Teura Iriti et Teva Rohfritsch. Une grande majorité des maires n'a pas succombé aux sirènes de Gaston Tong Sang et est resté fidèle au parti. Aux iles sous le vent, aux australes et aux marquises, les élus sortants se représentent pour être reconduits.

On constate qu'il y a eu peu de renouvellement là aussi, à part Teva Rohfritsch, mais il est vrai que ces personnalités ont fait la preuve de leur expérience et de leur compétence à diverses fonctions, soit à l'Assemblée, soit au gouvernement.

Les élus communaux ont bien compris qu'il était de leur intérêt de poursuivre leur combat politique au sein d'un parti de gouvernement. En effet, quelle que soit la configuration politique au lendemain des élections territoriales, le Tahoeraa est sûr de faire partie de la majorité et de participer à un gouvernement. Le leader de ce parti avait, déjà, depuis quelques mois, un coup d'avance. Son dialogue avec le parti indépendantiste lui ouvre la possibilité de constituer un gouvernement d'union territoriale à certaines conditions qui restent à négocier et finaliser. En même temps, Edouard Fritch n'a pas exclu la possibilité d'une alliance prioritaire entre autonomistes. J'avais estimé dans un billet précédent que par cette ouverture tous azimuths, il "ratissait large".

Ce coup d'avance a permis, entre autres conséquences, de rassurer les maires et élus municipaux qui ont conscience de la nécessité de travailler de concert avec la majorité et le gouvernement qui dirigeront le Pays demain. Contrairement à certains maires des Marquises qui veulent jouer l'Etat contre le Pays, ils savent bien qu'il "faut être bien avec tout le monde", notamment avec les autorités du Pays qui disposent d'un budget conséquent de plus de 160 milliards de francs par an.

Autre atout de ce parti: l'expérience gouvernementale. Une expérience qui nous a permis d'accomplir, pendant cette dernière décennie, des avancées économiques et sociales majeures, mais non dénuée d'erreurs. Les rapports de la Chambre territoriale des comptes sont là pour le rappeler, et il convient donc d'en tirer les enseignements afin que de telles erreurs ne se reproduisent plus.Aussi, j'attend avec impatience le programme de ce parti, car je trouve, là aussi, sa diffusion bien tardive.

Il faut espérer, d'ailleurs que la brève campagne électorale ne se transforme pas, comme en 2004, en rappels des dérapages et erreurs de gestion qui ont émaillé ces 6 ou 7 dernières années. Car on peut dire que malheureusement, tous les partis, sans exception, ont montré leurs faiblesses sur ce plan là.

On serait tenté de dire que les électeurs doivent, entre divers maux, "choisir le moindre". Chacun appréciera, bien sûr, ces maux à la lumière de sa propre subjectivité. Ce n'est pas l'idéal, mais peut être que la politique se résume à celà : discerner le moins mauvais du mauvais et choisir en conséquence.

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TO TATOU AI'A : accouchement de la liste des iles du vent dans la douleur

Par lebop, samedi 29 décembre 2007 à 12:00 :: Petite analyse

La "trêve des confiseurs" n'est pas respectée. Les listes des élections territoriales commencent enfin à tomber drues comme la pluie. Ainsi, on apprend que la liste de To tatou ai'a aux iles du vent n'était pas encore "bouclée" quelques heures avant d'être présentée aux 300 personnes du congrès réuni stade willy Bambridge.

Le moins que l'on puisse dire est que le renouvellement est bien faible. Hormis Sandra Levy Agami aux iles du vent, on a vraiment à faire à une coalition de sortants qui veulent "sauver" leurs sièges : "l'ami de 30 ans" de Gaston Flosse aux iles du vent, j'ai nommé Gaston TONG SANG, la girouette Foster Temauri aux Tuamotus est, l'autre girouette Teina Maraeura aux Tuamotus ouest, les "sécessionnistes" Benoit Kautai et Jospeh Kaiha aux Marquises, l'empereur du commerce de Huahine, Marcelin Lisan, aux iles sous le vent, accompagné de son ami Paul Ropiteau, tous deux transfuges du Tahoeraa...Rien que des carriéristes de la politique qui ne demandent qu'à "rempiler" pour notre bien, bien sûr.

Ah si, j'oubliais la grande nouveauté de la liste des iles du vent : la "nomination" à la quatrième place de Madame Heifara IZAL, une toute nouvelle en politique. Tellement nouvelle que je ne connais pas son "background" en politique. Tout ce que je sais, c'est qu'elle est là parce qu'elle est la compagne de Monsieur Emile Vernaudon.

Ah bon : je ne savais pas que c'était une qualité en politique d'être la compagne d'un homme politique en prison. Enfin ! Par cette simple " vertu", voilà Madame Heifara IZAL "promue" à une place tout à fait éligible. Saura-t-elle débattre à l'Assemblée, présenter une proposition de délibération ou analyser le budget du Pays ? Saura-t-elle, si elle est élue, conserver son libre arbitre, ou s'agira-t-il, pour Emile Vernaudon d'être représentant par procuration ? Malheureusement, j'ai bien peur que cette personne sera une marionnette de plus dans le jeu politique polynésien.

En tous les cas, je m'adresse à nos amis commentateurs : pour ceux qui connaitraient le parcours de Madame Heifara IZAL, je suis preneur d'informations. Car j'aime bien savoir si un ou une nouvelle venu(e) en politique a consacré une partie de sa vie au service de son peuple. Dans ce cas, il faut croire que, si "action", il y a eu, ce fut dans l'ombre ( et non pas à l'ombre) d'Emile Vernaudon.

Ce qui est clair, c'est que Hiro Tefaarere, celui qui défiait tous les autres leaders, celui qui allait les "éradiquer" du paysage politique, ne sera plus à l'Assemblée. En voilà un, qui, à force de déclarations tonitruantes fortement teintées de nombrilisme, se retrouve transformé en brasseur d'air. Il semblerait, d'ailleurs, qu'il ne soit pas content, mais Gaston TONG SANG a joué finement en ne lui laissant pas le choix de se retourner. Il faut dire qu'avec un leader en prison, la situation n'était pas "top optimale" pour un Ai'a api condamné à amener ses fantassins pour élire des colonels qui ne sont pas de la maison ! De la piétaille, quoi !

Pour les idées et le programme de to tatou ai'a, à part "rerentrez les sortants, girouettes et compagnie", il faudra encore patienter. A un mois du scrutin, c'est fort...

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mercredi 26 décembre 2007

A propos de colonialisme et de repentance

Par lebop, mercredi 26 décembre 2007 à 07:13 :: General

Je me permet de reprendre un éditorial de Jacques Marseille du 13 décembre 2007 publié dans le Point qui démontre à quel point exiger d'une "ex nation coloniale" à faire acte de repentance est déplacé et dépassé. L'histoire est ce qu'elle est et on ne peut demander aux habitants actuels de ces nations de pardonner ou d'excuser des actes commis par d'autres.

Je cite :

"La France doit exiger des excuses de l'Italie.

A l'heure où le gouvernement algérien exige des « excuses » de la France pour les crimes imputés à la colonisation, il est temps que la France se libère enfin du poids qui l'étouffe depuis plus de deux mille ans... et exige à son tour de l'Italie des excuses pour les crimes perpétrés par César et ses légions contre nos ancêtres les Gaulois.

En effet, si la conquête romaine, comme la conquête française de l'Algérie, a fait bénéficier notre pays de certains bienfaits, elle l'a fait au prix de massacres et d'asservissements dont il n'est pas illégitime de rappeler les manifestations les plus cruelles.

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mardi 25 décembre 2007

Bonnes fêtes à tous !

Par Noindep, mardi 25 décembre 2007 à 16:29 :: General

En ce temps de fêtes, la rédaction de Politita.net tient à adresser ses meilleurs voeux à ses lecteurs. Elle souhaite de Joyeuse Fêtes à l'ensemble des Polynésiens, et espère que la nouvelle année qui arrive soit celle de la Réflexion, de la Prospérité et du Bon Sens pour chacun de nos dirigeants. Elle espère que enfin les Polynésiens, et particulièrement la Jeunesse de ce pays, reprendront goût à la Politique, et qu'ils sauront dépasser le clivage des débats stériles, pour construire et faire jaillir un nouveau patrimoine d'idées.

C'est dans cet esprit que nous continuerons à participer au "débat politique éclairé", en restant des veilleurs d'informations et des vecteurs de proposition. Aussi nous appelons chacun à venir y participer, dans un respect mutuel pour donner une chance à la Polynésie de réussir.

Bonnes fêtes à tous, et Bonne année 2008.

"Ia oaoa i te ie Noera e Iaorana I te Matahiti Api 2008"

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dimanche 23 décembre 2007

Le dixit nouveau est arrivé

Par lebop, dimanche 23 décembre 2007 à 22:08 :: Revue de Presse

Le dixit 2007-2008 ne faillit pas à sa réputation de revue sérieuse et novatrice par les éclairages originaux qu'elle apporte sur l'évolution de notre société. Dominique Morvan, la responsable des éditions Créaprint annonce d'ailleurs la couleur. Elle souhaite que s'ouvre une ère "économie positive", qui demandera "de réformer nos comportements en changeant de mode de production et de consommation". Vaste chantier, mais chantier nécessaire, tellement nous avons cru vivre dans notre bulle sans nous poser trop de questions sur le devenir de notre écosystème et sur notre société de gaspillage, faiblement orientée vers le recyclage de la surabondance des biens consommés dans notre petit pays.

Le premier article de la revue effectue un rapide survol politique en revenant sur "l'historique d'une instabilité chronique", avec plusieurs motions de censure et cinq changements de gouvernement pendant les années 2004-2007. Une mandature quasiment perdue pour l'avènement, justement, d'un autre mode de développement.

Autre originalité : le tableau des 200 premières entreprises de Polynésie décliné non seulement par chiffre d'affaires, mais aussi par ordre alphabétique et par effectif est le seul exercice notoire visant à surmonter la confidentialité exagérée des entreprises polynésiennes relative à leur activité. Le tout complété par un bilan économique et une "analyse par secteur d'activité" particulièrement étoffé et réalisé par Florence Mayot. Celle-ci estime que 2006 aura été une année "pas brillante, mais pas catastrophique". Elle rappelle ainsi que dans un contexte politico-économique instable, "l'attentisme est de mise et (que) seule la définition d'un cadre de développement durable pourra rassurer les acteurs économiques quant aux perspectives 2008.

Posant la question d'une "fin des quarante glorieuses" pour le commerce et d'un "paradoxe polynésien" en matière d'infrastructures, les rédacteurs essaient de discerner les dynamiques économiques susceptibles de favoriser l'émergence d'une "économie positive". Un plaidoyer pour l'instauration d'un pôle de compétitivité basé sur la valorisation des ressources naturelles et renouvelables ouvre une piste intéressante , car elle invite à un renouvellement de l'action des pouvoirs publics qui se doivent d'encourager et d'accompagner l'inventivité des acteurs économiques. Nous devons, nous aussi, surmonter nos handicaps par l'innovation, la recherche et la formation. Reste à rendre opérationnel ce concept et à l'adapter à nos spécificités.Reste surtout à faire émerger de vrais entrepreneurs et porteurs de projets qui ne se contentent pas seulement de vivre des marchés publics, des transferts publics métropolitains ou de la consommation de plus en plus atone des ménages polynésiens. En ce sens, l'ouverture vers l'extérieur sera de plus en plus une nécessité incontournable.

Dans le domaine du tourisme, de nouveaux segments doivent aussi être développés, par exemple le tourisme maritime, qu'il s'agisse de nautisme "dont le Pays entend faire un axe fort dans sa promotion de la destination" ou du tourisme de croisière, un segment de marché "en plein essor". Celà rejoint les récentes prises de position du ministre du tourisme sur la nécessité de diversifier nos segments de clientèle.

J'ai aussi été intéressé par l'article de de Benoît Massuyeau qui fait quelques hypothèses d'évolution de notre système de protection sociale et de ses besoins de financement. J'y reviendrai, car ce dossier ne doit pas uniquement relever de la compétence des administrateurs ou de la direction de la caisse de prévoyance sociale. Nous devrons, en effet, assumer les conséquences des choix ou des non-choix effectués aujourd'hui. C'est donc un débat de société qu'il faut engager sur ce thème.

Il est difficile de résumer une revue qui alterne articles descriptifs dignes d'une encyclopédie de la Polynésie et articles de fond. Le mieux, c'est que vous vous procuriez ce dixit 2007-2008, car il a le mérite de compléter et/ou de dépasser les analyses habituelles sur ces divers thèmes et contribuer ainsi à l'approfondissement des débats et réflexions en cours sur divers sujets d'actualité.

Je vais d'ailleurs m'attacher dans mes futurs billets à prolonger également ces réflexions.

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vendredi 21 décembre 2007

Savoir réconcilier

Par Noindep, vendredi 21 décembre 2007 à 22:35 :: General

Les ripostes construites sur les aveux ou les non dits d'un secrétaire d'Etat à l'outre-mer, déterminé à restaurer la "bonne présence française", celle si longtemps dissipée dans la cacophonie du chiraquisme qui hésitait alors entre plus ou encore plus d'autonomie en Polynésie française, sont de plus en plus visibles.

Le Tahoeraa, qui promet d'embellir son statut d'opposition d'une "vigilance éclairée" joue au coup par coup. On régule les gourmandises budgétaires du gouvernement, sans pour autant immobiliser la Polynésie dans un coma des partis. On fait des concessions pour mieux tarir la source du malaise idéologique qui existe entre l'autonomie de G. Flosse et l'indépendance d'O. Temaru.

Quelqu'un me disait récemment, l'indépendance c'est ne plus continuer à vouloir se rattacher à quelque chose, mais plutôt à une autre. L'autonomie c'est vouloir se créer ses propres lois. N'a t-il pas clarifié en une phrase la rime idéologique qui fait que notre poésie politique n'est jamais comprise ?

Celle des indépendantistes, rancunier de l'eldorado nucléaire que la France a construit dans nos îles, et qui désormais réclame l'indépendance par rapport à la France pour se rattacher à un autre pays : à la Nouvelle Zélande ? Même sur cette question, l'indépendantiste de base reste sur sa faim.

Ou celle des autonomistes intraitables face à "l'ingérence Française" en Polynésie, mais qui sans renier les financements de la France, veulent "adapter la France à la Polynésie", au lieu de l'inverse. "Think Global, Act local".

Pourtant ils arrivent à se retrouver sur la solidarité des terres territoriales, celle du statut des Marquises, aucunement disposée à proclamer son "indépendance" pour la France seule ? La guerre face au secrétaire d'Etat, c'est parfois ensemble qu'ils la mènent.

Pour ne pas arranger les choses, N. Sarkozy joue la surenchère de la rigueur, en intégrant un bon retour en force de l'Etat. Il avait promis : il ne laissera personne sur le bord de la route, et surtout pas sur celle des réformes. C'est sur ce "chantier des mentalités", que la Polynésie se retrouve à "re-rouler" sur les autoroutes nationales, où les lois républicaines sont les mêmes pour tous. La vitesse des dépenses est abaissée, et des radars seront placés pour sanctionner les déviants.

Pour la route PPT-Paris, le gendarme Estrosi n'hésite pas à faire le trajet, non pas deux, trois mais quatre fois par an pour "éduquer la Polynésie à l'autorité Elyséenne". Il réussirait où tous ses prédecesseurs ont échoué depuis tant d'années? Faire plier les vieux "metua" polynésiens aux souhaits de l'Etat?

Impossible me dit-on. Oui, tant que l'on arrêtera de vouloir normaliser et dresser la Polynésie à un idéal Parisien, celui qui consiste à vouloir ramener la Polynésie dans le berceau des régions. "Il s'agit là M. Estrosi, du meilleur moyen de promouvoir l'indépendance, en offrant aux indépendantistes l'image d'un Etat colonisateur des libertés et des pouvoirs de ces collectivités", me dit-on.

Sans prendre le pas sur l'avenir, je dirais que sans la construction de cette "capacité et cette volonté à réconcilier", je n'imagine pas la guerre Territoire-Etat se terminer sur une si douce plaidoierie. Il faudra à mon avis s'attendre à une riposte sereine de l'Elysée qui consistera à trancher le coeur des polynésiens en deux, encore aujourd'hui partagés entre leur liberté et leur souveraineté. Deux choses encore bien différentes...

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jeudi 20 décembre 2007

Mission impossible pour Gaston Tong Sang : constituer une liste aux iles du vent

Par lebop, jeudi 20 décembre 2007 à 19:36 :: Petite analyse

Plus c'est gros, plus ça passe. Et même les Nouvelles, journal d'investigation et critique s'il en est, gobe le gros mensonge de Gaston Tong Sang. Mais il est vrai que l'on sait depuis longtemps pour qui ce quotidien "roule". Très critique pour certains, très complaisant pour d'autres.

Gaston Tong Sang ne dévoile pas sa liste aux iles du vent, car il ne veut pas se la faire piquer !

Mais qui en voudrait de sa liste qui était censée être celle du renouveau ? Où est le sang neuf ?

Toutes les places éligibles sont déjà occupées par des "vieux routiers" de la politique.

Jugeons en sur la base des premiers noms qui circulent sous le manteau :

  1. Gaston Tong Sang;
  2. Béatrice Vernaudon;
  3. Jean-Christophe Bouissou ou Emile Vernaudon ( s'il est libéré avant le congrès reporté de to tatou aia);
  4. Thilda Fuller ;
  5. Clarenntz Vernaudon;
  6. Emma Algan ;
  7. Robert Tanseau;
  8. Sandra Levy Agami

...

On peut arrêter là cette liste, car il est peu probable que, déjà, toutes les personnalités citées soient élues.

On peut aussi comprendre les tiraillements et la difficulté de l'accouchement de cette liste. Emile Vernaudon en sera ou pas ? Gros état d'âme. Grosse interrogation. Sortira t-il ou ne sortira-t-il pas de prison ?

Mais surtout, gros dilemme par rapport à un extrait de la profession de foi de Gaston Tong Sang qui circule sur le net : "Oui à une Polynésie respectueuse des anciens, de la famille, de la libre expression, de l’éthique, de l’intégrité, de la transparence dans la gestion des affaires publiques". Que peuvent dire les électeurs face à ce non respect des principes dans l'hypothèse où Emile Vernaudon est présent sur cette liste ?

Il est vrai que le Ai'a Api, à l'écouter, "pèse" 11.000 militants...et on se demande si Emile Vernaudon, Natacha Taurua ou Hiro Tefaarere, le directeur de campagne, pourraient accepter d'avoir devant eux Béatrice Vernaudon, Sandra Levy Agami, Thilda Fuller ou Emma Algan ?

Et si Emile Vernaudon est troisième sur la liste, comment va réagir Jean-Christophe Bouissou ? Va-t-il préparer une liste alternative en cas de "coup de jarnac" ?

Non vraiment, je n'aimerais pas être à la place Gaston Tong Sang. C'est vraiment "mission impossible", car chacun va défendre jusqu'à la dernière minute son "bout de gras". Les 5 ou 6 places "éligibles" vont être très, très chères...

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mercredi 19 décembre 2007

Estrosi ou tintin chez les demeurés

Par lebop, mercredi 19 décembre 2007 à 18:33 :: Petite analyse

Le récent déplacement de Monsieur Christian ESTROSI n'a fait que confirmer mes craintes. Ce qui ressemblait, au début, à de l'éloquence, s'est transformée en diarrhée verbale digne d'un marchand de foire et d'un vendeur de pacotille.

Trop de communication a tué la communication.Trop de démagogie a tué la sincérité.Trop de "brosse à reluire" a tué l'honnêteté intellectuelle.Trop de double jeu a tué l'impartialité.Trop de petits chèques distribués aux copains que l'on se choisit a tué le partenariat bien compris entre l'Etat, le Pays et les Communes. Trop de promesses ont tué la confiance. Trop d'aumône tue la responsabilité.

Nous apprenons donc par la bouche de notre secrétaire d'Etat que ses ancêtres, que nos ancêtres, ne sont plus les gaulois ni les romains,mais bien les maohis.

Nous apprenons aussi que nous avons deux évènements planétaires : Hawaiki Nui et le Festival des Arts des Marquises.

Nous apprenons que Pouvanaa Oopa sera réhabilité, mais -chut - c'est une surprise.

Nous apprenons que les reo maohi peuvent s'exprimer à l'Assemblée et que le Conseil d'Etat doit donc se la fermer... même si la Constitution ne le permet pas, mais qu'il va essayer de la changer, même si c'est très difficile de changer une Constitution... mais il va réunir des spécialistes qui vont en discuter... Vous me suivez ?

Nous apprenons que le reo maohi, la langue du peuple maohi, a le même statut que le "niçart". Eh beng ding dong, pitchoun ! Merci pour nous...

Nous apprenons que la colonisation, ce n'était pas tout rose, ni tout noir. Donc un peu "blanc". Nous voilà bien avancés...

Nous apprenons que le contrat de projets est vidé de toute substance, puisque notre secrétaire d'Etat distribue tout l'argent de l'Etat avant même la signature de ce contrat par le président Sarkozy.

Nous apprenons que nous sommes tous beaux, tous intelligents et tous gentils... Et ce n'est pas Félix Bernardino, Simone Grand, Reinui Tirao, Frère Maxime et Pascal Luciani qui le contrediront, eux qui n'ont eu le droit que d'écouter le monologue de Monsieur le secrétaire d'Etat " qui devine nos pensées et va nous aider plus vite que son ombre". Ils n'ont quasiment rien dit, mais il a "vachement" apprécié ce qu'ils n'ont pas pu dire, tant ils sont exemplaires et qu'il les admire ! Il a même répondu à des questions qu'ils n'ont pas posé, c'est vous dire ses dons de voyance !

Après l'Université, la Chambre de Commerce, la fédération de surf, les maires des Marquises... tout le monde aura droit à l'obole, puisque, c'est bien connu, le Pays, et surtout Oscar, ne fait rien. Mais je ne me mêle pas des affaires du Pays et l'Etat est impartial. Croyez-moi sur parole, car c'est "moi -je Estrosi" - qui parle !

Nous apprenons enfin que Monsieur Estrosi va créer par-dessus la tête du Pays, la "Province marquisienne", que l'Etat Sarkozy va traiter directement avec elle, en faisant fi du partenariat avec le Pays.

Là, c'est beaucoup plus grave : à force de vouloir diviser pour régner, à force de vouloir imposer une, puis deux lois organiques avec notre "consentement forcé", à force de lever les communes contre le Pays, les Marquises contre Tahiti, on veut la balkanisation du Pays et on installe les ferments d'une guerre civile dont nous essayons de nous éloigner depuis 2004.

Alors, "Tintin beau parleur chez les sous-développés", cà peut être rigolo quoique lassant à la longue, mais "Estrosi apprenti-sorcier", c'est beaucoup plus dangereux.

Alors, s'il vous plait, Monsieur Estrosi, comme nous l'a proposé un commentateur, à votre prochaine visite, un petit conseil : faites le tour de l'île en moto, arrêtez vous à Teahupoo pour faire du surf avec Pascal Luciani, refilez-lui un chèque si vous voulez. Mais, s'il vous plait, arrêtez de nous saouler de paroles grandiloquentes dignes d'un notable de province à des villageois "un peu demeurés, mais gentils" de l'arrière pays niçois. Et surtout, arrêtez de venir nous diviser, car nous le sommes suffisamment pour que vous ne veniez pas en rajouter. Merci.

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mardi 18 décembre 2007

Marc COLLINS : un réformateur courageux

Par lebop, mardi 18 décembre 2007 à 13:30 :: General

Enfin ! Un ministre qui n'a pas peur d'afficher sa volonté de réforme. Je dis bravo. Pas de langue de bois, pas de circonvolutions, pas de souci du "qu'en diront les pseudos professionnels".

Le diagnostic est clair et limpide : notre secteur touristique est sinistré par l'amateurisme, par le ronronnement des habitudes, par le manque d'imagination et d'innovation, par un rapport qualité-prix très médiocre, par des professionnels autosatisfaits et pourtant dépassés, par une bureaucratie budgétivore et à faible productivité...

Le constat est sans complaisance, mais lucide. La comparaison avec les pays concurrents, les dizaines d'iles ayant développé, comme nous, " le tourisme tropical balnéaire" est sans appel. Pourquoi leur croissance est à deux chiffres et que nous, nous stagnons ? Pourquoi Fidji explose ? pourquoi l'île Maurice marque des points ? Pourquoi les Maldives et les Seychelles ont la côte auprès de la jet set internationale ? Qu'ont-ils et que font-ils de plus ?

La réponse est simple : ils font, comme nous, du haut de gamme, mais à un prix au moins deux fois moindre. La recette par touriste est deux à trois fois supérieure en Polynésie par rapport à Fidji, non pas parce qu'ils "en ont" pour deux ou trois fois plus en qualité de service en Polynésie, mais parce qu'ils n'ont pas le choix. En effet, quand on voit les complexes de Denarau à Fidji avec golf et loisirs intégrés, qu'est ce qui pourrait inciter les touristes australiens, néo zélandais, coréens ou japonais à venir en Polynésie ?

Le problème, c'est que nous ne produisons pas de la valeur ajoutée supplémentaire par une réelle différence, mais du coût ajouté obligatoire. Des packages hors de prix. Des "pièges à honeymooners", qui, une fois qu'il ont payé 1.500.000 francs ou 2 millions le voyage de leur vie, se disent, après l'ivresse du 7 è ciel, qu'on ne les y reprendra pas deux fois ... Et on fait mine de s'étonner depuis 30 ans que le "tourisme répétitif" se traine à 5 ou 10 % de la clientèle qui vient nous voir !

Et pourtant : nous avons été inondés de défiscalisation à la sauce Pons, Paul et Girardin. En attendant la "sauce" Estrosi... Nos bungalows sur pilotis ( à 20,30,40,50 millions pièce, malgré la double défiscalisation nationale et locale !!!), "must" de notre destination, sont devenus hors de prix et complètement banalisés.

Et pourtant, le GIE Tahiti tourisme dispose de plus de 2 milliards de F CFP de budget par an ( en augmentation exponentielle ces dernières années, comme les effectifs). C'est bien pratique, d'ailleurs, pour tous les pseudo-professionnels : celà les dispense de faire des efforts promotionnels de leur côté. Le GIE paye tout, fait tout, et si celà ne marche pas, c'est de la faute du GIE. Et chacun de se défausser sur l'autre dans des discussions à n'en plus finir et sans voir la réalité en face.

Cette féodalité bureaucratisée qu'est devenue le GIE Tahiti tourisme, structure qui vit à 99 % des fonds publics ( avec donc une contribution marginale des soit disants professionnels), ne veut pas rendre des comptes, selon les dires mêmes du Ministre Marc COLLINS. On ne veut pas lui donner les bilans de ces 15 dernières années, l'évolution des effectifs, des budgets des représentations extérieures, des frais de consultants divers... Incroyable ! Un Etat dans l'Etat !

Les Ministres passent, mais le GIE reste... Et, au vu du vent réformateur qui souffle et qui est prêt à renverser les rentes de situation, les positions acquises, le copinage et les habitudes entre initiés, je suppose que tout ce beau monde n'a qu'une hâte. Vivement un nouveau gouvernement et qu'on change de Ministre !

Car de quoi se mêle-t-il ? Pourquoi veut-il savoir comment l'argent public est employé ? Pourquoi parle-t-il d'efficacité ? Pourquoi nous compare-t-il avec Fidji ou Maurice ? Pourquoi démontre-t-il que notre ratio budget de promotion/ touriste est le plus élevé du monde ? Quelle mouche l'a piqué ?

Son crime ? Il dit qu'il faut qu'on retrousse nos manches, qu'on innove, qu'on soit plus imaginatif, qu'on développe de nouvelles niches de marché, qu'on optimise les diverses aides publiques, qu'on maitrise nos coûts, qu'on améliore notre rapport qualité-prix, qu'on diversifie notre base de loisirs....Un vrai crime de lèse-majestés bien assises dans leurs fauteuils de cuir ...

J'espère, en ce qui me concerne, qu'il restera longtemps à son poste. Car voilà un Ministre "nouvelle génération", un vrai professionnel, qui plus est, et qui a fait ses preuves dans le privé, qui a le courage de taper dans la fourmilière pour que notre tourisme, fer de lance de notre développement, redécolle à nouveau.

A faa itoito. And you are the right man at the right place !

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lundi 17 décembre 2007

Halte au protectionnisme commercial !

Par lebop, lundi 17 décembre 2007 à 17:23 :: General

Les socio-professionnels de notre pays ne cessent de nager dans leurs contradictions. Ils sont contre le protectionnisme lorsqu'il s'agit des autres, mais il sont pour lorsqu'il s'agit d'eux ! J'en voudrais pour preuve la question de la franchise douanière de 30.000 F CFP sur les marchandises achetées par correspondance, via internet ou lors de déplacements à l'extérieur.

Ces temps ci, on assiste à un lobbying souterrain des commerçants représentés par la Fédération générale du Commerce visant à revenir à 10.000 F CFP de franchise douanière...c'est à dire revenir à la situation d'avant 2006. On n'arrête pas, sur cette question, de faire du yoyo et de souffler le chaud et le froid au détriment des citoyens-consommateurs. 10.000 F, 20.000 F,30.000 F : on n'arrête pas de vouloir changer les règles du jeu.

C'est quand même étrange qu'une profession qui se bat pour la suppression de la taxe de développement local -au point de commettre un rapport à charge réalisé par un professeur à la retraite - selon l'argument tout à fait réel que cette taxe érode de manière excessive le pouvoir d'achat des consommateurs polynésiens sur nombre de produits de consommation courante, veuille se protéger de la concurrence des commerçants étrangers d'une manière aussi exorbitante.

Cette profession dit vouloir une compétition loyale avec les industriels, mais elle ne veut pas de cette compétition avec ses homologues étrangers ! Comment tenir un tel discours schizophrène ?

Il faut rappeler avec force que cette option protectionniste est , non seulement une solution à courte vue, mais une impasse.

La profession commerciale devrait plutôt se poser la question de base suivante : comment se fait-il que le citoyen-consommateur polynésien a une telle attitude de défiance et que l'on assiste carrément à une fuite partielle de ce dernier devant l'achat local ? La réponse à cette question est évidente : à cause des marges abusives.

La mondialisation, c'est aussi l'instantanéité de l'information. C'est donc la possibilité de comparer à tout moment les prix des produits et services offerts dans notre pays et dans les pays environnants. Et lorsque l'on constate que les prix de certains biens et services sont trois à quatre fois plus élevés ici qu'ailleurs, les citoyens qui ont la chance de pouvoir voyager font une "orgie" d'achats à l'extérieur pour alléger drastiquement le poids de certaines dépenses. C'est là une réaction rationnelle de consommateurs rationnels.

Que l'on ne vienne pas nous dire que c'est la faute à notre fiscalité ou à la taille de notre marché. Certes, il s'agit d'explications partielles, mais la principale cause est bien le comportement de marge abusif du commerce d'importation.

Constituer ou reconstituer des barrières artificielles est une attitude de facilité qui n'est qu'un pis aller à court terme. On ne pourra jamais empêcher cette réaction de fuite à moins de mettre un douanier derrière chaque résident qui se déplace à l'extérieur ou d'instaurer un régime communiste avec interdiction d'achats à l'extérieur à la clef.

La vraie démarche offensive est d'arrêter de prendre les touristes ou les résidents pour des "pigeons à plumer". Quand je vois les prix exorbitants des produits en soit disant duty free au sein de notre aéroport, la culbute sur les prix de produits soit disant polynésiens produits à Bali et revendus ici par des tas de petits négociants, les prix pratiqués par des soit disants artisans qui vendent des produits indonésiens au marché de Papeete au décuple du prix indonésien, des DVD à 3 ou 4000 F alors qu'ils sont à 15 ou 20 dollars ailleurs...., je me dis qu'on marche de plus en plus sur la tête.

Il ne faut pas empêcher les polynésiens de bénéficier des bienfaits de la mondialisation par des marges et des prix exorbitants.

Bien au contraire, pour les commerçants, le cercle vertueux ne peut être que l'offensive sur les prix : lorsque les polynésiens verront un écart raisonnable, de l'ordre de 20 %, entre les prix pratiqués ici et les prix pratiqués là-bas, ils n'auront plus aucune raison de "fuir" le commerce local à la moindre occasion. Ils seront de nouveau "fidélisés". Fidélisation, c'est le résultat que recherche un commerçant intelligent, c'est à dire un commerçant conscient de son intérêt à moyen et long terme.

Le "juste prix" : j'aime bien cette expression.

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dimanche 16 décembre 2007

Christian Estrosi fait remonter nos statistiques touristiques

Par lebop, dimanche 16 décembre 2007 à 20:26 :: Humour

Notre secrétaire d'Etat mouille sa chemise pour le "Fenua". Eh oui, parce qu'entre parenthèses, il commence à parler le "polynésien" : iaorana, maeva, tavana, fenua, nana... Il a commencé par tous les noms qui finissent en "a". Après tout, c'est une méthode comme une autre, taravana !

Il mouille sa chemise, car il sait que notre tourisme est en berne. Il montre donc l'exemple et il voudrait revenir nous voir tous les quinze jours s'il n'y avait cette maudite campagne électorale anticipée. Mais, promis, juré, il reviendra dès que celle-ci sera terminée, et si possible, avec Peretiteni Sarkozy...et Carla Bruni. Oui, oui, oui ! Oscar TEMARU pourra éventuellement organiser un mariage, comme il l'avait promis à Ségolène et François (ça ne leur a pas porté chance, les pôvres...).

Alors Estrosi vient poser des "premières pierres", question de montrer que l'Etat tient aussi un carnet de chèques. Première pierre d'une annexe de la prison. Mais les journalistes ne nous disent pas s'il a apporté des oranges à Emile. C'est dommage, d'ailleurs, qu'il ne s'agisse pas de l'inauguration, car la prison aurait au moins accueilli Emile dans des conditions plus décentes au regard de la surpopulation carcérale. Deux à trois détenus par cellule. Pauvre Emile. Lui faire endurer çà. Je suis sûr qu'à sa sortie, on en fera un militant enragé de l'amélioration de la condition pénitentiaire en Polynésie française. Car n'oublions pas que nous faisons partie de la patrie des droits de l'homme, parole d'Estrosi !

Il est venu aussi inaugurer les nouveaux locaux de la gendarmerie de Faaa. C'est bien : les mutoï farana, pardon farani, se doivent d'être bien logés, surtout à Faaa, bastion indépendantiste. Car lorsqu'Oscar leur en fera voir de toutes les couleurs, il faut qu'ils soient en forme, nos gendarmes.

En plein congrès de To tatou ai'a, il est venu témoigner de l'Etat impartial...en emmenant, à ce qu'il parait, Béatrice Vernaudon et Gaston Tong Sang, dans son "guardian" confortable aux Marquises. Il ne se mêle pas de politique locale, lorsqu'il s'avance, un peu vite peut être, sur le budget 2008 non encore vôté. Il nous fait le coup du professeur es stabilité. L'avenir nous le dira, puisque la loi organique censée nous l'apporter - cette fichue stabilité- s'applique dorénavant.

Il est venu confirmer et répéter à son ami Michel BUILLARD que la ville de Papeete aura bien son chèque d'1,8 milliard de F CFP pour "s'assainir". Pas aux prochaines élections, mais sur un bien plus long terme. Enfin, on pourra se ballader en ville sans sentir les remugles nauséabonds des "caniveaux" et autres égouts qui quadrillent le centre ville. Il était temps. Mais comme je vous l'ai dit, un schéma d'assainissement, ce n'est pas porteur, électoralement parlant, et çà coûte cher. C'est mieux de faire des plateaux sportifs de quartier et d'organiser des tournois de foot.

J'espère que dans la hotte du père Noël Estrosi, il y a de nouveaux cadeaux. En fait, comme il a inscrit 4 milliards de F CFP au budget de l'Etat pour la mise en oeuvre du contrat de projets, il vient lancer les travaux par anticipation, et ce, sans même attendre la signature de ce fameux contrat par Sarkozy et le futur Président du Pays. Il va plus vite que la musique. Mais c'est vrai que ce sont de bonnes nouvelles. L'Etat est là et intervient directement par-dessus les élus du Pays. On en revient presque à l'administration directe. Tant que ce sont des chèques, c'est un moindre mal...

Tiens, au fait. Dans la belle ville de Nice, ils ont inauguré le tramway. Et j'ai vu un documentaire où Estrosi marquait l'actuel maire de Nice à la culotte, avec son éternel sourire "Gibbs", lors de la cérémonie d'inauguration. Et j'ai appris aussi que ce tramway a été le théatre d'une grosse affaire de corruption. Aue, moi qui croyais qu'en France métropolitaine, les élus étaient irréprochables ! J'en suis resté sur le derrière. Quoi, en France métropolitaine aussi, il y a du clientélisme, de la corruption, du détournement de fonds publics ? Renseignement pris, transparency international ne classe pas la France parmi les pays les plus vertueux. Loin de là...

Mais, ça ne fait rien. Je suis prêt à écouter Professeur Estrosi. Il nous promet plus de vertu et plus de stabilité. En somme, il nous dit : "faites ce que je dis, mais ne faites pas comme Nice l'a fait". Moi, je dis : Estrosi fera un bon maire de Nice. Maeva Estrosi tana -euh- tane ! A Faaitoita, futur Tavana Ma !

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To tatou Ai'a : combien de divisions ?

Par lebop, dimanche 16 décembre 2007 à 11:59 :: Humour

Hier,vers 16H 30, je faisais mes courses dans un super marché de Papeete et j'ai rencontré une flopée de jeunes qui n'étaient clairement pas en âge de vôter, affublés d'un tee-shirt trop grand pour eux. C'était des tricots "to tatou ai'a" au recto et "huahine" au verso. J'en ai donc conclu que ces jeunes avaient accompagné leurs parents pour un voyage, je suppose tous frais payés par le maire de l'île, le fameux roi du commerce de Huahine, j'ai nommé Monsieur Marcelin LISAN. Un voyage mémorable, que l'on fait une fois dans sa vie, vers les lumières de la capitale, la société de consommation, loin des contraintes des adultes... J'étais content pour eux. Qu'ils en profitent. Après tout, ce n'est pas Noël tous les jours.

Ces jeunes faisaient donc partie du "contingent" de 1500 personnes attendues ( il n'était pas précisé "votants", ni "adultes"), les piliers raromatai de l'enfant du pays TONG SANG qui a décidé de se battre dans la catégorie supérieure, à savoir aux Iles du Vent.

Habitant Punaauia, je ne pouvais pas, bien sûr, ne pas passer, devant la salle Maco Nena et le stade Willy Bambridge. Vers 17 heures, il y avait un certain attroupement éparpillé de ci delà, autour de la cuisine de campagne, que j'évaluerais à quelques centaines de personnes. Quelques bus arrivaient et déversaient, je suppose, le contingent des iles transportés à grands frais par un parti qui ne manque pas de finances.

Alors, Gaston TONG SANG, combien de divisions ?

A ce sondage "à la louche" qui ne vaut que ce qu'il vaut, je dirais : "pas grand chose". Et pourtant toutes les recettes apprises au sein du "Parti-Mère" avaient été employées. Spectacles annoncés à grands coups de "pub", chanteurs, repas, transport, hébergement, distribution de tee shirts, arearea, décor de Noël sur le stade aménagé par l'ami Michel Buillard, Maire de Papeete... Rien n'y a fait. Cette générosité "eut payé" dans le passé, mais il faut croire qu'elle ne paye plus. L'embrigadement des masses populaires n'est plus ce qu'il était. Il est vrai qu'un parti de "notables" largement amortis ne peut faire du jour au lendemain un parti de militants.

Mais pourquoi Hiro TEFAARERE n'a-t-il pas prêté ses 11.000 encartés à TONG SANG ? En bon directeur de campagne, il se devait de faire en sorte que la démontration de force réussisse. N'est-il pas dans le même radeau de la méduse ? A moins que ces 11.000 encartés, électroniques, qui plus est, ne se soient évaporés comme neige au soleil de Nuutania. Mais pourquoi Robert TANSEAU n'a-t-il pas préparé en parallèle un banquet chinois, comme il en a l'habitude, pour "intéresser" la communauté chinoise de Papeete ? De peur d'une cohabitation avec Hiro TEFAARERE, compagnon de route de ces mêmes commerçants lors du feu d'artifice de 1995 ?

Mais pourquoi Jean-Christophe BOUISSOU n'a-t-il pas fait venir ses 2500 militants de Faaa à cette bringue gratuite ? Et béatrice VERNAUDON, ses militants de Pirae ? Allez savoir...Décidément, la solidarité polynésienne n'est plus ce qu'elle était !

Amis ou faux amis ? Et tout celà en présence, à quelques centaines de mètres de là, de l'ami ESTROSI, venu spécialement pour la circonstance pour admirer le feu d'artifice en la résidence du Haut Commissariat de Papeete.

Comme démonstration de force, c'est raté. A mon avis, il manquait quelques vedettes françaises ou américaines au show. Trop "local". Les djeuns, ils veulent des vedettes extérieures. Ils veulent des nouvelles têtes. Et le bruit des casseroles, c'est pas trop leur truc !

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Prospective, patrimoine et aménagement du territoire : le hangar à pirogues de Mahina

Par lebop, dimanche 16 décembre 2007 à 10:27 :: General

La polémique qui a éclaté cette dernière semaine à propos de l'implantation d'un "hangar à pirogues" en plein site classé de la pointe Vénus est révélatrice de l'absence de sens des responsabilités de certains élus, en l'occurence de l'ex Ministre des sports du gouvernement TONG SANG, Monsieur Clarentz Vernaudon, et du conseil municipal de Mahina, face au patrimoine de notre Pays et aux générations futures.

Car sans être au fait des détails de ce dossier, je me rappelle qu'il y a un peu plus d'un an et demi, Monsieur Jacqui Drollet, en sa qualité de ministre du tourisme, nous avait présenté un concept d'aménagement intégré de la pointe Vénus avec l'accord explicite de Monsieur Emile Vernaudon et de son conseil municipal. Ce concept, réalisé après études qui ont dû couter quelques dizaines de millions de F CFP, semblait cohérent sur le papier et visait à rénover un site historique qui s'était bien dégradé depuis quelques années. Il avait une dimension de valorisation du patrimoine et de valorisation touristique qui allait redonner du lustre et de la densité à l'un de nos rares sites historiques.

Patatras ! Suite à l'arrivée du gouvernement TONG SANG, non content de l'abondance des subventions reçues par le maire de Mahina, on découvre que Monsieur Clarentz Vernaudon, en accord avec le maire, a donné des directives au Directeur de l'Institut de le jeunesse et des sports, placé à cette fonction par ses soins, en vue de construire sans autorisation formelle et dans des conditions "abracadabrantesques", un "hangar à pirogues" complètement inesthétique et incongru sur ce site historique.

Il est vrai que le Maire et son adjoint politique du Ai'a Api se devait de contenter une clientèle qui pèse lourd aux élections - les piroguiers de Mahina - en construisant ce hangar métallique (à quel coût ? Y a -t-il eu appel d'offres ou appel à concurrence ?) à quelques mois d'un scrutin municipal particulièrement fatidique pour Monsieur Emile VERNAUDON et son équipe. Il convient d'ailleurs de remarquer au passage que l'abondance des subventions - plus de 3 milliards de F CFP - distribuées généreusement par Messieurs TONG SANG et FOSTER à Monsieur Emile VERNAUDON, faisait partie de cette stratégie de "bétonnage" d'une municipalité particulièrement convoitée par d'autres appareils politiques.

Mais au-delà de cette "cuisine" particulièrement peu appétissante, cet exemple est révélateur de l'absence totale de sens de la prospective dans l'aménagement du territoire de certains de nos élus. Aucun schéma directeur n'est suivi. Ou lorsqu'il y en a un, le décideur du moment "détricote" ce que le décideur précédent avait arrêté. De nouvelles études succèdent aux précédentes études qui encombrent les armoires. Et des projets voient le jour par simple lubie ou par simple tactique d'opportunité politicienne.

On fait des "coups" en comptabilisant le nombre d'électeurs potentiels gagnés grâce à la réalisation de tel ou tel projet en s'affranchissant de tout schéma directeur ou de toute réflexion sur une valorisation "intelligente" de notre patrimoine. Quitte à avoir pour des décennies une verrue sur un site historique. A cette allure, pourquoi pas une énième salle omnisports à côté du hangar à pirogue, projet toujours très prisé de nos édiles municipaux, car ce sont des réalisations "massives" qui se voient... quitte, à ce, qu'ensuite, la maintenance de ces infrastructures laissent à désirer. Peu importe, on construira ces mêmes infrastructures dans dix ans. Il faut bien faire vivre les entreprises du BTP, avec, au passage "quelque chose" pour le commanditaire du projet !

Il serait peut être temps de faire de la prospective,de respecter les schémas, plans généraux d'aménagement et plans d'assainissement qui coûtent des centaines de millions en études diverses, d'avoir un minimum de continuité malgré les changements d'équipes gouvernementales ou municipales et d'avoir conscience de la rareté de notre patrimoine historique. C'est vrai que la constance et la cohérence sont moins "payantes" électoralement, mais on aura au moins la fierté d'avoir contribué à un développement harmonieux du Pays.

On voit là la nécessité de porter à la décision du Pays une nouvelle génération de femmes et d'hommes politiques.

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samedi 15 décembre 2007

Réformes structurelles : l'exemple néo zélandais ( réédition)

Par lebop, samedi 15 décembre 2007 à 13:05 :: General

La Nouvelle-Zélande fut longtemps considéré comme l'un des pays les plus protectionnistes et les plus étatistes de la planète. A partir de 1984, sous la houlette du ministre travailliste des Finances, Roger DOUGLAS, le pays soumet ses structures économiques à de profondes transformations, alors que son économie était descendue du cinquième rang mondial en 1950 ( pour le revenu par habitant) au vingt-sixième rang mondial dans les années 1980.

Le gouvernement de gauche commence par ouvrir le plus possible l'économie en réduisant tous les tarifs douaniers à l'importation et en supprimant toutes les subventions aux agriculteurs. Le système fiscal est complètement simplifié : le taux maximum d'impôt sur le revenu des sociétés est passé de 45 % à 33 %, ce qui a éradiqué la fraude fiscale. Le secteur bancaire est complètement libéralisé et le secteur public privatisé.

Sur le plan social, l'âge du départ à la retraite est fixé à 65 ans, les indemnités de licenciement sont réduites et les prestations de santé sont tarifées en fonction du revenu des usagers. Pour éviter des coûts de gestion exorbitants du régime maladie, la concurrence entre caisses (l'équivalent de la CPS) est généralisée. La loi "employment contract act" de 1990 met fin à la pratique du syndicat obligatoire, introduit un régime de contrats individuels ou par groupes et ouvre la voie à des négociations salariales décentralisées et non plus tenues au niveau national entre patronat et syndicats.

Entre 1992 et 2002, la Nouvelle-Zélande a connu une croissance de 3,6 % en moyenne et une baisse du chômage de 12 % à 5 %. les dépenses publiques sont tombées de 59 % du PIB en 1987 à 33 % en 2005. Quelques exemples de l'ampleur des transformations : en 1984, le ministère des transports employait 5600 fonctionnaires, dix ans plus tard, il n'en comptait plus que 53. ; le département des forêts est passé de 17.000 fonctionnaires à 17 et le Ministère de l'emploi de 28.000 à un seul, son ministre !Le poids du gouvernement a été réduit de 66 % en quelques années.

D'après un rapport de la Banque mondiale, la Nouvelle-Zélande est le pays dont l'économie est la moins règlementée et celui dans lequel la création d'entreprises est la plus facile.

Tout n'est, bien sûr, pas transposable ici.

Mais :

  • la forte réduction des dépenses publiques,
  • la privatisation de services publics ou la création d'agences indépendantes évaluées aux performances,
  • la baisse, voire la suppression de l'impôt sur les sociétés, notamment pour les activités qui produisent pour la première fois en Polynésie de nouveaux biens et services ( car qui dit absence de ces activités, dit de toutes les façons, absence d'IS...),
  • les négociations salariales par entreprise et l'intéressement aux résultats des salariés,
  • la gestion performante de la Caisse de prévoyance sociale ( par exemple, avec l'indicateur : évolution du coût de gestion/ prestations versées),
  • l'allongement de l'âge du départ à la retraite à 65 ans (l'espérance de vie s'est nettement accrue en Polynésie),
  • la suppression progressive de la protection économique ( droits de douane,taxe de développement local, quotas...),
  • la simplification des formalités de création d'entreprise,
  • l'analyse coût-efficacité des multiples dispositifs d'aides publiques...

sont autant de pistes à approfondir pour nos propres réformes structurelles.

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DES CONSTANTES DANS LES REFORMES STRUCTURELLES : QU'ATTEND-ON POUR LES APPLIQUER A NOTRE ECHELLE ? (réédition réaménagée)

Par lebop, samedi 15 décembre 2007 à 10:06 :: General

Les réussites irlandaises, hollandaises, canadiennes, suédoises, danoises, néo zélandaises et australiennes ont des explications communes. Je voudrais les résumer :

• restructuration des finances publiques : gel des salaires de la fonction publique pendant un certain temps,réduction des effectifs du secteur public, économies budgétaires qui ont pour conséquence une baisse du poids relatif des dépenses publiques par rapport au PIB ;

• cette baisse des dépenses publiques crée les conditions d'une réduction de la fiscalité et des charges sociales ;

• les tarifs douaniers sont supprimés ou nettement réduits ;

• en ce qui concerne les entreprises, l'impôt sur les sociétés est réduit ;

• le salaire minimum n'est pas une variable centrale, contrairement à la "tradition" française copiée par la Polynésie. Quelquefois même, un SMIC "jeunes", inférieur au SMIC général et dont le niveau varie en fonction de l'âge, est introduit ;

• l'octroi de la protection sociale est plus rigoureux afin de diminuer l'impact négatif sur les incitations à travailler, innover et investir ;

• afin d'améliorer l'efficacité des réformes, on crée des agences autonomes et semi-autonomes financées partiellement par l'Etat. Ces nouvelles structures ont permis d'introduire des indicateurs de performances et la pratique d'une vraie évaluation. Avant même la mise en place d'une agence, un rapport d'audit doit apporter la preuve que celle-ci améliorera l'efficacité et permettra de maitriser les coûts du service rendu. Les secteurs concernés par les agences sont l'économie, les finances, l'environnement, la santé publique, l'éducation et la culture. Les employés sont recrutés après des entretiens d'embauche. Le statut de fonctionnaire n'existe plus ;

• le processus de privatisations des établissements publics est mené à fond ;

• en ce qui concerne le développement économique, l'aide de l'Etat est ciblée sur les entreprises ou les secteurs d'avenir. Ensuite, elle ne vise qu'à améliorer l'environnement général de l'ensemble des entreprises. Ceci a résulté de la constatation que l'Etat est mal armé ou mal informé pour pouvoir aider efficacement les entreprises et qu'il valait mieux laisser agir le marché;

• toutes ces mesures ont pour but ultime de donner un maximum d'oxygène au secteur privé, car c'est lui qui, fondamentalement, crée des richesses et de "vrais" emplois.

Dans tous ces pays, ces mesures, appliquées avec des variantes, ont porté leurs fruits : accélération des créations d'emploi et baisse de la population vivant en-dessous du seuil de pauvreté.

Un principe est à la base de tout : la responsabilité des décideurs politiques et administratifs est la clé. Le parlement devient plus attentif aux résultats des politiques publiques qu'à leur budget : il examine à la loupe les programmes et évalue les résultats.

Ici, en Polynésie française, a-t-on vu l'Assemblée évaluer sérieusement les performances d'un Ministère, d'un établissement public, d'un GIE ou d'une société d'économie mixte ? A-t-on fixé des objectifs de performances à des responsables d'organismes publics ? Les choisit-on sur des critères de compétence ? Insuffle-t-on la concurrence là ou on peut l'insuffler ( dans les télécoms, internet, le fret interinsulaire...) ? A-t-on l'habitude de comparer nos performances avec celles de pays comparables ?

Peut être que la création d'une commission de contrôle budgétaire et financier au sein de l'Assemblée, prévue par la loi organique maintenant en application, va modifier la donne. A condition, bien sûr, que l'Assemblée ne soit plus une chambre d'enregistrement....

Surtout une question devient primordiale : comment dépenser moins et plus efficacement ? C'est un renversement complet par rapport aux raisonnement habituels de nos élus. Une vraie révolution des mentalités.

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vendredi 14 décembre 2007

EN AVANT POUR DES REFORMES STRUCTURELLES (réédition réaménagée)

Par lebop, vendredi 14 décembre 2007 à 17:00 :: General

Dans l'attente très impatiente des programmes politiques de nos partis qui vont, à n'en pas douter, nous caresser dans le sens du poil, je voudrais réaffirmer la nécessité de nous réformer. Ce mandat, a, non seulement été complètement raté, mais il nous a empêché de voir la réalité en face et de nous remettre en question. Pourtant, il n'y a plus de temps à perdre.

Tous les indicateurs se mettent en berne : tourisme stagnant, exportations en chute libre, commerce morose, couts salariaux en forte hausse, inflation des prix des produits alimentaires, chute des investissements productifs, absence totale d'investissements étrangers, situation précaire de certains établissements publics et société d'économie mixte... Je ne veux pas tomber dans la sinistrose, mais la situation est grave.

Plutôt que de se renvoyer les responsabilités, comme on le constate actuellement dans le secteur touristique, il est plus qu'urgent de s'atteler, chacun à sa place, à la tâche avec rigueur et détermination, car elle est immense. Revenir les pieds sur terre en matière de coûts de production, de rapport qualité-prix de nos prestations, de professionnalisme et ne pas avoir peur de parler de "productivité". Voilà une oeuvre exaltante : restituer de la valeur aux milliards de francs CFP gaspillés en pure perte par "copinage", clientélisme, amateurisme, par laisser-aller, par incompétence, par dilettantisme dans tous nos secteurs d'activité, qu'ils soient privé, public ou parapublic.Les "gisements" de productivité sont immenses, car il y a beaucoup de "coulage".

Dans la gestion de nos institutions, du secteur public,de l'hopital, de la Caisse de prévoyance sociale, des sociétés d'économie mixte,de nos entreprises stratégiques( EDT, OPT, Brasserie), de l'agriculture, de la pêche, l'heure doit être à la gestion rigoureuse.... Ce seront autant de milliards de "pertes en ligne" débusquées et autant de milliards de création de valeur ajoutée à notre richesse collective.

Il est malheureux de constater, par exemple, que le gouvernement actuel n'a pas tiré les enseignements du passé: encore trop de ministres, encore trop de conseillers techniques et train de vie encore trop dispendieux. Nous pouvons encore réduire d'un bon tiers le coût de nos institutions.

Notre pays a vécu trop longtemps dans sa bulle et a perdu tout sens de la "normalité" : nos billets et vos commentaires se succèdent et dénoncent le coût prohibitif de nos billets d'avion, de l'acconage et de la manutention portuaire, de nos produits agricoles, du thon pêché pourtant dans nos eaux, de notre aéroport, de nos taxis, de l'internet, des communications téléphoniques,des services bancaires, de l'énergie, du transport aérien domestique, de la réparation automobile, des pièces détachées, de la restauration, des coiffeurs.... l'absence de vrais transports en commun, un rapport qualité-prix médiocre de notre industrie touristique...J'arrêterai là notre inventaire à la Prévert, pour ne pas trop nous ou vous démoraliser ! Comme je l'ai déjà dit, les prix, comme les arbres, ne peuvent pas monter jusqu'au ciel !

Oui, une réforme structurelle s'impose et nous devons tous, là où nous sommes, y contribuer. C'est tout un ensemble de mauvaises habitudes, de comportements, de logiques, de structures qu'il faut revoir. Il nous faut absolument faire revenir notre pays dans la réalité du monde tel qu'il est. Un monde dur où il nous faut gagner notre place par notre sueur et nos efforts. Ce sera l'objet de mes prochains billets qui approfondiront les thèmes de la réduction de la dépense publique, de la réforme de la fiscalité, de la qualité et de l'efficacité du service public, du coût de la vie...déja abordés, pour certains, dans nos précédents billets.

Il nous faudra aussi bâtir une vraie stratégie de développement à court et moyen terme où la création de nouvelles richesses et de nouvelles activités aura une place centrale. C'est la seule voie pour que les nouvelles générations croient encore en l'avenir du Fenua. Oui, il y a du pain sur la planche, mais le jeu en vaut la chandelle !

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jeudi 13 décembre 2007

Tony Géros jette l'éponge au milieu du gué

Par lebop, jeudi 13 décembre 2007 à 19:26 :: General

On s'attendait à mieux du fidèle lieutenant d'Oscar TEMARU qui a pourtant connu des "combats" bien plus durs dans le passé. Il déclare jeter l'éponge, car il ne peut pas aller plus loin. C'est trop lui demander. Mais, Monsieur le Ministre des Finances, les élus de l'opposition, Armelle MERCERON en tête, ne vous demandent rien de plus que de leur présenter un budget "sincère". Est-ce trop vous demander ?

Celà est quand même surprenant de la part d'un leader indépendantiste dont on ne conteste pas la "sincérité" de son engagement idéologique. Pourquoi ce qui est possible pour votre engagement ne l'est pas pour le budget du Pays ? Je ne comprend vraiment pas.

L'enseignement que je tire de ce débat budgétaire, c'est que la souveraineté du Pays est encore loin... Face aux besoins croissants de notre société, nos dirigeants actuels sont désemparés. Ils ont recours à des expédients quelque peu grossiers : maximisation de supposées recettes, minimisation de dépenses pourtant bien réelles.

Pourtant, Monsieur Tony Géros était dans le bon chemin. N'avait-il pas écrit à la représentante de "l'Etat colonial" que ce même Etat allait bien tenir sa promesse de verser sa contribution à la protection sociale des malheureux polynésiens "colonisés" que nous sommes ?

Le gouvernement TEMARU ne vient-il pas de faire le point des dizaines de conventions Etat-Pays qui contractualisent les interventions de l'Etat dans de nombreux domaines qui sont pourtant de la compétence du Pays ? J'espère qu'il s'est enfin rendu compte de l'importance de la contribution de l'Etat pour notre survie... et en même temps de l'importance cruciale de poursuivre l'action menée par ses prédécesseurs à la tête du Pays auprès des ministères métropolitains. En bref, la politique conventionnelle et le contrat de projets sont des nécessités incontournables pour notre niveau de vie et notre développement futur.

Le plus risible dans tout celà, ce sont les déclarations du conglomérat de Monsieur Gaston TONG SANG qui ressemble, entre parenthèses, de plus en plus au radeau de la méduse. Des élus, vraiment peu exemplaires dans leur grande majorité et qui tentent de se sauver sous l'aile protectrice de leur nouveau sauveur. Et qui désigne en qualité de Directeur de campagne, Monsieur Hiro TEFAARERE, le responsable des évènements de 1995 qui ont tant fait de mal à la communauté commerçante de Papeete !

En effet, que dit-il ce conglomérat ? Il vient affirmer " à postériori" qu'il a toujours dit que c'est à la nouvelle équipe issue des élections territoriales de présenter son budget ! Première nouvelle ! Que ne l'a-t-il dit plus tôt ! Dans ce cas là, on nous aurait épargné le spectacle d'une Assemblée et d'un Gouvernement qui s'escriment à vôter un budget ! Des jours de discussions inutiles en quelque sorte... Ce n'est vraiment pas sérieux. On pourrait dès lors se demander si notre argent est dépensé efficacement par nos élus. Ces derniers auraient mieux fait de partir en vacances... ou en campagne, plutôt que de "faire semblant" de présenter et de vôter un budget !

Quelle misère... Si notre gouvernement actuel ne fait pas preuve d'une plus grande maturité, peut-on, après, se plaindre, d'une "reprise en main" de l'Etat par l'application de la loi organique "Estrosi" ? A méditer...

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mercredi 12 décembre 2007

Parlez nous d'avenir !

Par lebop, mercredi 12 décembre 2007 à 19:39 :: General

Les entretiens de Nicole BOUTEAU et de Jean-Christophe BOUISSOU avec Ludovic Lardière, rédacteur en chef de Tahiti Business, sont très symboliques des discours politiciens de ces derniers mois. Ils interprètent et réinterprètent à leur manière l'instabilité, les discordes, les revirements, les combinaisons et les alliances. Ils réécrivent l'histoire à leur propre profit, sans erreur aucune et droit dans leurs bottes. Ils sont dans le vrai et ce sont les autres qui ont tout faux. Ils nous expliquent que leurs "zigzags" successifs sont en fait de la ligne droite. Moi, je veux bien, mais je n'ai pas la mémoire courte... Où étaient-ils au début de la mandature qui s'achève ?

Le problème, c'est que ce discours qui ressemble beaucoup à de la "cuisine politicienne" n'est plus d'actualité et n'intéresse pas la population, tellement cette dernière est saturée des anathèmes lancés par les uns sur les autres. On peut le comprendre de la part de Nicole BOUTEAU, plus trop au fait de l'actualité politique, économique et sociale pour cause d'inéligibilité à la suite d'une décision judiciaire. Par contre, celà est beaucoup plus incompréhensible de la part de Jean-Christophe BOUISSOU, lui aussi condamné récemment pour avoir favorisé l'attribution d'un logement social au bénéfice d'un membre de sa famille. Sur ce plan là, au moins, il y a égalité.

Nos deux personnalités disent que les questions dont elles débattent dans cette revue sont secondaires au regard des vrais besoins de la population, mais toujours est il qu'elles ont font l'exclusivité de leurs propos. Pourtant, Monsieur Bouissou énonce les têtes de chapitre : vision de l'avenir et du développement économique du pays, confiance des chefs d'entreprise et des investisseurs, développement du tourisme, montée de la précarité, fracture sociale, protection sociale, régimes maladie, fonctionnement du prochain hôpital, environnement... Malheureusement, il ne fait que les énoncer et ne propose rien d'original ou d'audacieux sur toutes ces questions.

Mais quand est-ce que ces deux personnalités vont nous parler d'avenir ? Elles ne cessent de parier sur les jeunes, mais elles ne dessinent pas de perspectives pour leur donner de l'espoir. Comment construire cet avenir ? Quelle vision de notre développement économique, social et culturel ? Quels objectifs ? Quels programmes ? Quelles mesures ?

Vous me direz que j'insiste. Oui, j'insiste, car nous sommes à quelques semaines d'élections majeures. J'essaie d'être un citoyen éclairé, informé et rationnel. J'ai besoin de "jauger" la hauteur de vues, la vision, la capacité, la compétence, réelle ou supposée de nos femmes et de nos hommes politiques. Et j'avoue que j'en ai un peu "marre" d'entendre des discours qui égrènent des constats ou des têtes de chapitre d'une histoire que ces personnalités doivent écrire. C'est de leur responsabilité.

Oui, ces personnalités qui briguent nos suffrages doivent être nos "éclaireurs". Ils doivent nous expliquer, nous guider, nous proposer. Ils doivent aussi décider, mettre en oeuvre, évaluer, contrôler et sanctionner. Il leur incombe de mettre en mouvement l'administration, quitte à la réformer si elle fait preuve de trop d'inertie. En bons gestionnaires de l'argent public, ils ont l'obligation d'optimiser les choix budgétaires et d'évaluer le rapport coût-efficacité des dépenses publiques. Ils doivent prendre les meilleures décisions d'investissement pour notre Pays.

Ces dernières années ne nous ont pas apporté la preuve d'une telle vision et d'une telle capacité. La différence se fera là. Alors, qu'attendent-ils pour tracer le chemin ?

Je suis effectivement très impatient maintenant d'être éclairé. Car je ne veux pas être gouverné par des personnes qui me demandent de signer un chèque en blanc en leur faveur.

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mardi 11 décembre 2007

Fin d'une époque

Par Noindep, mardi 11 décembre 2007 à 23:57 :: General

La Polynésie française fait face à ses réalités mensongères et aux hommes qui les ont nourri. Depuis que le Shériff est derrière les barreaux, c'est une boule d'émotions paradoxales qui exfolient l'opinion des Polynésiens. Un sentiment de compassion, de satisfaction, d'incompréhension s'accompagne souvent d'une colère silencieuse. On peut tous avoir le coeur sur la main et être solidaire de cette tragédie politique et familiale, mais le schéma rénovateur que doit absolument s'imposer la Polynésie passe par une mutation des mentalités de ceux qui la gouvernent.

Il est d'ailleurs étonnant que dans un pays peuplé de 260 000 habitants, une majorité soit au courant "d'affaires" que la Justice ignore toujours. Trop longtemps peut-être, elle a "toléré" les traditions d'une société politique particulière, nostalgique de son passé royaliste où l'on vivait avec ses lois et qu'il était coutumier de maîtriser l'opinion par tous les moyens ! Certains se sont trop longtemps cru anoblis par je ne sais quelle chance "de l'excès", et bercés par une Justice "douce et éduquée" , qui, en Polynésie se réduit à un groupe d'individus. Certains ont su en apprivoiser les reliques, raison pour laquelle on « importe » des nouveaux juges sans arrêt.

Le cas "Emile Vernaudon", rompu à payer le prix fort, pour aucun crime, s'annonce historique. La Justice sort enfin d'une longue léthargie qui l’a condamné au silence du verdict, et s'improvise désormais à mettre cette société parallèle sur le flanc. Le gazon est trop vert en Polynésie, on l'a beaucoup trop arrosé.

Et j'espère que la Justice ne savourera pas la médiatisation de sa force de dissuasion maintenant, aussi efficace soit-elle, mais qu'elle éradiquera "cette race primaire de politiques, indolore aux règles sociétales et légales, et s'improvisant "décideur politique" par sentiments plus que par vocation, et qui chemin faisant, font passer leurs idées par le chèque plus que par le suffrage".

En refusant la liberté provisoire du maire, la Justice avise ses futurs clients qu'elle fauchera à coup de procédures pénales, les animateurs de cette partouze politique, qui détruit depuis tant d'années l'innocence de la société polynésienne. Gare à ceux qui les financent.

Rassurons-nous, il n'est pas question de procéder à une chasse aux sorcières, ne serait-ce que pour féconder la population carcérale. Mais de permettre à la Polynésie d'en finir avec cette « fracture de l’équité judiciaire », et de tarir ces sources de délinquance moderne. La fin de toute une époque...

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Supplice chinois et tutti kanti...

Par lebop, mardi 11 décembre 2007 à 17:57 :: Humour

Nos élus de l'Assemblée étudient de manière sérieuse le projet de budget concocté par notre ministre des finances Tony Géros. On ne pourra pas dire qu'ils ne méritent pas leur salaire de décembre, nos élus. Il faut dire que Madame Armelle MERCERON mène la danse d'une main de maitre et impose à Monsieur Géros un supplice chinois magistral.Je dirais même qu'elle fait oeuvre pédagogique, car je ne doute pas que cette formation budgétaire accélérée permettra, à l'avenir, aux élus de l'UPLD de parler "programme budgété" en connaissance de cause. Et c'est tant mieux pour la démocratie polynésienne. Merci madame le professeur !

Mais même si Tony Géros y perd son maohi et son flegme légendaire à un point tel qu'il veut laisser sa place, cette course d'obstacles lui permettra de finaliser un budget véritablement "sincère" basé sur des dépenses et des recettes "réelles". Ce n'était, initialement, pas le cas, quelques milliards en trop ou en moins se balladant de ci, de là.... Mais, il n'est pas interdit de passer de la catégorie "amateur" à la catégorie "professionnel", n'est ce pas ? En tous les cas, on espère qu'avec tout ce nouveau capital de connaissance acquis de manière accélérée, il pourra à son tour former le Président Oscar TEMARU lui-même, car la bonne gouvernance future passe par là...

Et pendant ce temps là, le quotidien les Nouvelles nous a fait une "une" aguicheuse, comme à son habitude, sur les listes des partis en présence. Quelle déception d'apprendre ce que l'on savait déjà. Oscar, Gaston Nui, Gaston Iti, Nicole Bouteau, Teiva manutahi, Tonio Perez, têtes de liste aux iles du vent, quel scoop ! Je croyais notre rédactrice en chef beaucoup plus prophète que celà ... Non, ce n'est pas aujourd'hui que nous découvrirons les éventuelles personnalités émergentes qui renouvelleront notre classe politique...

Ce dont je suis sûr, c'est que la liste de Gaston TONG SANG sera, elle profondément renouvelée. Avec toutes les têtes qui tombent ces derniers jours, Emile, Natacha, Joinville... il n'aura pas le choix. On aura ainsi le privilège de constater que c'est la justice qui obligera Gaston TONG SANG à mettre ses actes en conformité avec ses paroles. Moralisation, Renouvellement... La Justice "l'incite" enfin à montrer l'exemple. Chest pasbeau cha ?

Je suis sûr aussi que Jean Christophe BOUISSOU savait avant l'heure ce qui allait se passer pour qu'il entre enfin au bercail, le panier à salade passant faire le ménage pour lui laisser place nette, si l'on peut dire. Il savait qu'il allait, par la "force des choses" enfin fréquenter des gens recommandables. Mais, encore plus fort,c'est Béatrice VERNAUDON qui avait du entendre la voix de l'esprit saint pour avoir eu la patience d'attendre que la moralisation qu'elle prône tant soit enfin passée au sein du conglomérat dont elle fait partie. Sa patience est enfin récompensée et je ne doute pas qu'on l'entendra enfin s'exprimer après une pénible traversée du désert en bien mauvaise compagnie.

Mais, enfin, ne vendons pas trop la peau de l'ours. Hiro TEFAARERE (le héros qui a relancé l'économie polynésienne grâce à sa "destruction créatrice" de 1995) , Christian TAUPUA (le champion des chantiers de développement) et Clarentz VERNAUDON ( vous savez celui qui avait un chantier naval dans la presqu'ile et qui a fabriqué des bateaux qui ne flottent pas...), les gardiens du temple du Ai'a Api ( ou ce qu'il en reste), trio bien connu du palais de justice, n'ont pas dit leur dernier mot. Ils ont encore des "personnalités" à placer : Clément PITO, par exemple.... C'est vrai qu'il ferait un bon ministre de la coutume, lui qui participe à la réunification des chefferies du Pacifique Sud en attendant de récupérer les terres royales au détriment de la plèbe polynésienne !

Alors, liste de "pieds nickelés" ou "liste renouvelée" ? Quel suspense, mes amis, quel suspense !

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dimanche 9 décembre 2007

Où sont les experts ?

Par lebop, dimanche 9 décembre 2007 à 20:17 :: General

Il faut craindre que la campagne électorale, qui a déjà commencé depuis plusieurs mois pour certains appareils politiques, ne va pas déroger à la règle des précédentes campagnes électorales, à savoir le respect des "traditions". Des réunions publiques visant à rameuter les militants à partir de réflexes tribaux dans les "districts" et dans les iles, et pour la zone urbaine, des rassemblements autour de déjeuners ou diners-débats de "socio-professionnels" ou de "jeunes" plus ou moins embrigadés, comme on l'a vu récemment, clientélisme gouvernemental oblige. Grosso modo, on prêche le même cathéchisme ou le même prêt à penser répété à longueur d'année devant des convaincus en espérant que ces convaincus porteront la bonne parole auprès de leur famille ou de leurs amis.

Naturellement, il s'agira d'attirer aussi à soi les élus municipaux ou autres, autant de leaders d'opinion qui pourraient, pense-t-on en haut lieu, convaincre les électeurs de leurs ressorts communaux à la manière de féodaux ou de notables de province qui auraient encore un certain pouvoir d'influence autour des chapelles ou des temples du village. Des promesses leur seront faites, mais pour ne pas dévoiler aux adversaires sa tactique, les listes électorales ne seront connues que les derniers jours d'avant les élections... Bonjour les crocs en jambe de dernière minute !

Moi qui croyait que l'on vivait dans une démocratie moderne, faite de débats contradictoires, projets contre projets, faite de l'émergence de nouvelles personnalités, comme nous l'avaient promis ceux qui devaient renouveler la classe politique... Mais j'ai beau chercher, je ne vois rien venir. A quelques semaines d'élections majeures, pas de projets, pas de listes, pas de personnalités émergentes.

C'est à se demander si nos partis politiques ont dans leurs rangs des experts qui leur permettent d'effectuer un diagnostic de la société polynésienne, de discerner des priorités grâce à un effort de prospective ou d'anticipation, de proposer des mesures et de les budgéter en tenant compte des contraintes budgétaires du moment. Je parle bien d'experts, si possible bénévoles. Pas de ces "techniciens" hautement rémunérés et à peine intéressés qui peuplent les cabinets pléthoriques de nos gouvernements successifs.

Pour tout dire, je suis assez perplexe devant la pauvreté du débat politique actuel, si on peut l'appeler ainsi. Qui fait assaut d'imagination, de créativité, de courage ou de proposition crédible ? On nous serine les mêmes phrases passe partout, les mêmes généralités, ceci pour ne pas déplaire à "l'électorat". On nous parle de rupture, de renouvellement ou de moralisation comme de autant de ritournelles pour gogos.

Tout se passe dans les coulisses, dans les jeux d'influence, dans des négociations d'arrière boutique, dans de la petite cuisine électorale, loin des regards des électeurs. En surface, le "spectacle", constitué d'une juxtaposition de réunions publiques, est bien fade. Chaque grand parti installé a l'air de se contenter de cultiver son propre jardin. Les nouveaux, quant à eux, ont pour principale préoccupation d'aller cueillir dans le jardin des autres, plus d'ailleurs dans le jardin autonomiste que le jardin indépendantiste. C'est plus facile...

Vous avez dit démocratie moderne ?

Je me demande bien comment les jeunes pourront avoir envie d'aller vôter.

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Ignorance des foules

Par Noindep, dimanche 9 décembre 2007 à 13:48 :: General

L'incarcération provisoire d'E. Vernaudon a jeté un gros pavé dans la mare électorale. Elle est devenue plus trouble pour To Tatou Ai'a, plus limpide pour l'UPLD, mais reste avant tout plus transparente pour la société. Comme le président de la République l'a déclaré récemment à propos de J. Chirac :"c'est toujours dommage que la justice intervienne si tard !". Un slogan un peu dur, mais totalement juste ! A ceux qui s'exclament, "oui, il n'est pas le seul", espérons que ce n'est que le début d'une longue saison.

E. Vernaudon appartenait à cette génération de Seigneurs nés dans les rouages de la Chiraquie Outre-mer, à laquelle G. Flosse lui même appartient. Croire aux dogmes que la foule est sensible au charisme, à l'argent et à la compassion. Promettre ce que l'on ne pourra jamais faire, acheter les consciences à coup de numéraires. Bref, la bonne dictature africaine. N'oublions pas que G. Flosse et E. Vernaudon se sont longtemps côtoyés, et se sont même mutuellement parrainés de leurs idées autonomistes. Mais tous deux ne font pas partie de la même "caste". G. Flosse a depuis, appris à contourner "les emmerdes de la justice", parce qu'il a osé rester dans la Chiraquie lorsque celle-ci implosait, et surtout s’est immunisé de la Justice grâce au Sénat. E. Vernaudon s'est cru en plein moyen âge, où l'on attribue dons et sanctions à qui l'on souhaite, en prenant sa mairie comme son château, et confondre les ressources de cette dernière et les siennes. Mais il a oublié aussi que lorsque l'on part en guerre sans alliés, on est voué à l'échec.

En réalité, nous faisons sous-traiter notre démocratie par des sociétés politiques, celle des Partis qui croient que le pouvoir leur appartient, alors qu'ils en sont que locataires et mandataires. Si nous parvenons à détruire cette fausse-idée du "pouvoir-carrière", où l'on croit que la politique est un métier, nous assainirons la société de ces bactéries qui germent et qui infectent nos poumons politiques.

Il serait sans doute facile de les éradiquer, si le peuple n'était pas autant coutumier de ses versatilités. "Ce n'est jamais la faute du peuple", sans doute, mais il faudrait que nous apprenions tous à différencier escroc et homme politique, identités tant confondues en Polynésie. Lorsque nous assignons au pouvoir un homme, par le nombre de meetings qu'il a réalisé, par l'irrigation financière qu'il a déversé et promis dans notre quartier, qu'il fasse preuve d'empathie à l'égard de notre situation, est illusoire. Un homme politique n'a pas les moyens de promettre sans admettre certaines réalités. Or, voilà, depuis toujours, que l'on n'a jamais oser dévoiler les réalités compensatoires de promesses généreuses. C'est cette ignorance des foules qu'il faut à tout prix supprimer des mentalités, "en arrêtant de nourrir les hommes qui vont nous pendre".

Dans l'attente de cette découverte des bonnes consciences, j'espère que cette nouvelle année 2008 bâtira les piliers d'un changement radical et que l’on offre tous à la Polynésie une véritable chance de se construire politiquement.

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vendredi 7 décembre 2007

Politita : deux ans maintenant

Par lebop, vendredi 7 décembre 2007 à 20:38 :: General

Politita vient de dépasser ses deux ans d'âge. Sa fréquentation n'a cessé de croître et nous avons la prétention de penser que son influence est réelle. Combien de fois n'avons nous pas lu ou entendu des hommes politiques et des journalistes utiliser les mêmes expressions que celles émises dans nos billets. Nous avons même lu dans la rubrique "des lecteurs nous écrivent" des journaux, des articles reprenant des billets entiers de notre blog sans que nous soyons les auteurs de ces articles !

Récemment encore, un professeur, Monsieur Christian MONTET, rebondissait dans un récent article de la "dépêche économie" du lundi, sur notre billet relatif à la régression de notre PIB par habitant en confortant nos analyses. Et, cerise sur le gateau, le nouveau " Fenua Economie" fait sa une sur l'importance cruciale des transferts publics métropolitains et de leur effets multiplicateurs pour notre système économique et social (qui est, en fait, un "sous-système" du système économique métropolitain). Combien de billets n'ai-je pas écrit sur ce sujet pour sensibiliser nos concitoyens sur la particularité de notre mode de développement, sur la nécessité de le comprendre afin de proposer des réformes réalistes et "faisables", loin des incantations et des mirages indépendantistes.

En même temps, nous avons proposé et nous proposons des voies de réforme. Nous disons même qu'il y a urgence à les mener. Car notre "modèle" de développement s'essouffle. Il a atteint ses limites. Tous les jours, se succèdent des articles relativement alarmistes. Si nous ne faisons rien, si nous n'anticipons pas, si nous ne nous fixons pas des objectifs clairs, si nous n'avons pas de stratégie pour les dix ans qui viennent, nous irons droit dans le mur.

Aujourd'hui, par exemple, on nous annonce une année touristique 2008 catastrophique. On s'aperçoit tout d'un coup que nous avons vécu sur un modèle obsolète, que notre stratégie de promotion est " à côté de la plaque", que les touristes s'ennuient, que notre rapport qualité-prix est médiocre, que les touristes ne reviennent pas, que le triptyque "soleil, plage et mer" ne suffisent plus, que nos bungalows sur l'eau existent maintenant partout et sont proposés bien moins chers que chez nous... Le "new deal" touristique, qui n'est pour l'instant qu'un slogan, reste à inventer. Mais, au moins, le diagnostic est lucide. C'est un bon début, mais tout reste à faire.

Bien sûr, nous ne sommes pas tendres avec nos hommes politiques. Mais, à l'inverse, nous ne pensons pas, comme beaucoup de commentateurs, qu'ils sont les responsables de tous nos malheurs. C'est trop facile de les désigner comme des boucs émissaires de tout ce qui ne va pas. C'est trop facile de penser qu'ils n'ont que des défauts. Ils pilotent tant bien que mal notre société dans un régime d'autonomie encore neuf, qui a commencé il y a 30 ans. Ils ont choisi la voie de la responsabilité, à l'inverse des DOM qui ont choisi la facilité de l'assistanat métropolitain tout en ayant un taux de chomage record que nous n'avons pas atteint ici.

Nous disons qu'il y a des pistes de réforme et nous ne nous contentons pas de constater, de critiquer, de dire ce qui ne va pas à longueur de journée ou d'éditorial comme nous le constatons par ailleurs. Il est plus facile de critiquer que de proposer. Ainsi nos économistes professionnels sont prompts à dire ce qui ne va pas, à décrire nos dysfonctionnements, à théoriser nos handicaps, mais ils se gardent bien de nous proposer des voies de réforme réalistes, c'est à dire des réformes supportables et "acceptables" par le corps social, les syndicats et les divers groupes de pression économiques et sociaux.

Contrairement à ce que certains veulent faire croire, des résultats ont été obtenus sur le plan économique et social.Sur longue période, notre autonomie économique s'est accrue, même si elle reflue ces dernières années. C'est vrai que rien n'est gagné et qu'en ces temps de mondialisation, les avancées peuvent être remises en cause, car tout va vite.

En conséquence, notre classe politique doit passer un nouveau cap, celui de nous annoncer des réformes nécessaires à venir, celui de l'explication pédagogique de la nécessité de ces réformes. Et surtout d'avoir le courage de les mettre en oeuvre. Malgré l'absence de projets ou programmes politiques à un peu plus d'un mois et demi des élections, nous gardons espoir...

Politita continuera donc son chemin. Merci encore au groupe fondateur de s'être lancé dans cette aventure. Merci à Michel DAOUST, qui, malheureusement nous a quitté, d'avoir insuflé dynamisme et motivation dans ce groupe. Merci à Peter, notre administrateur en chef et à Noindep, mon compagnon de route de ces dernières semaines, à la prose si particulière et si fertile !

Politita a toujours l'ambition d'être un "éveilleur de consciences". Et ceci, d'autant plus que nous entrons dans une campagne électorale dont l'issue sera déterminante pour les cinq ans qui viennent. Nous participerons donc de manière active au débat. Et nous rappellerons les multiples propositions que nous ou nos fidèles commentateurs ont pu faire durant ces deux années d'existence. Ceci pour que notre "Fenua" avance dans la bonne direction, celle de l'approfondissement de l'autonomie politique et de la conquête d'une autonomie économique croissante.

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mercredi 5 décembre 2007

I am a poor lonesome cow boy

Par lebop, mercredi 5 décembre 2007 à 14:16 :: Chroniques

Triste fin pour le shériff. Il était pourtant prévenu par la Justice pour ce qui concerne d'éventuelles récidives, ce qui ne l'a pas empêché, justement, de récidiver et d'être pris la main dans le pot de confiture qu'était devenu notre Office des Postes. Car lorsqu'on lit les journaux d'aujourd'hui, les actes répréhensibles ont été pratiqués avec une telle "simplicité" et une telle candeur qu'on en a les bras coupés. D'ailleurs, les qualifications de la mise en examen sont très, très lourdes, tellement l'évidence est là. C'est accablant, même si, selon l'usage journalistique, toute personne mise en examen a droit à la présomption d'innocence. Mais quelle présomption quand les évidences sont là et qu'il y a détention préventive ?

Non, le torrent de boue n'est pas venu de l'extérieur, Monsieur TONG SANG. Il a été fabriqué de l'intérieur, par celui-là même qui affirmait qu'il faisait confiance à la justice et que seul le tout puissant a le pouvoir de le juger.

La justice a jugé.

Elle juge un leader de parti dont toute la carrière politique a été bâtie sur le clientélisme. Un clientélisme éhonté pour essayer d'arriver à la plus haute marche du pouvoir, c'est à dire la Présidence du Pays. A défaut de charisme, à défaut d'idéologie et d'idées tout court, Emile usait du clientélisme comme un expert. Sa recette, c'était de "rendre service". A l'assemblée, il "rendait service", au conseil de gouvernement, il "rendait service", à Mahina, il "rendait service", en qualité de Ministre, il "rendait service", en qualité de Président de conseil d'administration, il "rendait service".

Ses milliers de "clients" à qui il avait trouvé un emploi, octroyé une subvention, réalisé des travaux, distribué des terrains ou des maisons, versé des salaires....avec l'argent public, devaient, bien sûr, lui renvoyer l'ascenseur, quitte à les encarter au "Parti" pour les conserver près de lui. A toutes les fonctions électives, il a dépensé des centaines de millions de F CFP, voire des milliards à rendre service. Bien sûr, l'homme public doit rendre service, mais pas n'importe comment et à n'importe quel prix. Pas en détournant l'argent public. L'argent public, c'est l'argent de tous et donc de chacun.

Cette pratique, il n'en avait pas, bien sûr, l'exclusivité. Loin de là. Mais il est clair qu'il l'avait érigé en art exclusif de gouvernement. Rien d'autre ne comptait. Et il fallait être "du côté du manche" pour avoir des moyens financiers, d'où ses revirements d'alliance successifs tout au long de sa "carrière". Pour avoir du "carburant" et "booster" ainsi sa clientèle. Un projet pour le Pays ? Une stratégie de développement ? Non, du "baratin" tout celà. Seule comptait "l'action", le "terrain", les "sections". Le moyen se confondait avec la fin.

Et puis, que veut le peuple selon Emile ? Un terrain, une maison, un emploi. Point final. Pas besoin d'épiloguer. Pas besoin de discours. Pas besoin d'intellectuels. Pas besoin d'experts. Pas besoin d'écrire des bouquins. Emile connaissait les besoins du peuple et il aimait "rendre service". Il faut croire que, pour lui, le peuple est toujours intéressé. A mon avis, il a dû confondre les gens "intéressés" (il y en a, certes, beaucoup dans ce pays) et le Peuple.

Emile, c'était la parfaite incarnation d'un populiste à la mode tahitienne.

La Justice a "actionné" ses leviers. Elle passe. Laissons-là passer.

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mardi 4 décembre 2007

Lutte contre les monopoles (suite)

Par lebop, mardi 4 décembre 2007 à 18:42 :: General

Suite de quelques commentaires sur notre blog :

Prof ..."Idem pour les grandes surfaces généralistes : l'enseigne Carrefour écrase tout le monde. Encourageons l'implantation d'une enseigne aussi puissante qu'elle. Au hasard, Wal Mart , la plus grande entreprise du monde... Rien que ça !

Actuellement, je dis qu'il y a collusion entre Carrefour et les petits commerçants : les marges confortables de Carrefour (qui créent des surprofits pour Monsieur Louis WANE) permettent aux petits commerçants de vivre très correctement. Vous comprenez mieux pourquoi la FGC est contre l'implantation d'une autre enseigne ?

Troisième solution : casser le corporatisme syndical. Vous me direz : un peu utopique vu la "culture du blocage". Mais enfin, quand on voit les gros salaires de complaisance à l'OPT, à l'EDT, à Tikiphone, Mana, Setil, etc, etc... Tout ça donne des prix élevés à la sortie...

Quatrième solution : réformer la règlementation commerciale (plus de produits à marge plafonnée), in