Exemple de pitoïsme : la protection de l'emploi local
Par lebop, samedi 24 novembre 2007 à 11:39 :: General
Le Conseil des Ministres a tranché : ce sera "5" ans. J'ai déjà dit tout le mal que je pensais de cette fausse bonne idée qui fleure bon le "nationalisme" démagogique à la sauce UPLD. Mais il faut avouer que c'était pire avec les syndicalistes ( tous polynésiens, bien sûr) du CESC qui avaient décidé "10 ans" dans la plus totale irresponsabilité. C'est peut être leur culture de la surenchère : on demande 10 pour avoir 5... Quel raisonnement ! Mais c'est dire aussi le "sérieux" de cette institution qui se laisse manoeuvrer ainsi par certains sans évaluation et étude approfondie !
Par provocation, je dirais qu'il nous faudrait plus de chefs d'entreprise polynésiens que de syndicalistes. Malheureusement, il n'existe pas d'écoles pour former des chefs d'entreprises...et heureusement que, dans ce domaine, des chefs d'entreprise "popa'a" ou "tinito" sont là pour prendre des risques et créer des emplois....et donnent ainsi une raison d'exister à nos syndicalistes polynésiens qui peuvent revendiquer "toujours plus" sur cette base construite par d'autres.
Question : a-t-on constaté une invasion d'étrangers ( en fait de métropolitains que, par hypocrisie, on n'ose pas trop nommer...) ces trente dernières années ?
Notre histoire est pourtant là pour démontrer que la mobilité internationale de la main d’œuvre est un facteur important du développement. Un pays a besoin d’être ouvert aux autres, d'accueillir ceux qui créent et qui entreprennent et de laisser ses travailleurs partir se former et travailler à l’étranger.
Maohi, Tinito, popa'a, farani : ce Pays, notre Pays, s'est construit ainsi et est ainsi. C'est un pays métis et c'est ce qui fait sa force et son originalité. Chacun y apporte ses qualités et ses talents. Et c'est le talent de tout le monde qui va faire notre développement.
Jacques ATTALI a ainsi constaté qu'un "lien très fort existe aujourd’hui entre ouverture et croissance, en particulier dans les pays où la natalité s’est effondrée. Ainsi, les pays d’Europe où la croissance est la plus forte sont ceux qui, comme l’Irlande, le Portugal, le Royaume-Uni, l'Espagne et la Suède savent recevoir des étrangers et faire revenir leurs étudiants partis se former ailleurs. Les 600.000 Européens de l'Est venus depuis moins de dix ans au Royaume-Uni ont contribué à 5 % du PIB anglais et les Pakistanais y ont créé l’essentiel des entreprises nouvelles. En Espagne, le quadruplement en six ans du nombre des étrangers est à l'origine de la moitié de la croissance. Au Portugal, plus de 300.000 Ukrainiens, venus d’abord illégalement et remarquablement intégrés, sont un formidable facteur de développement.
Et encore, les Européens sont ils particulièrement timides : Seulement 1,7 % de la population active de l'Union Européenne vient des pays tiers, contre 9,9 % en Australie et 7,3 % au Canada et autant aux Etats-Unis, pays qui recrutent directement, en particulier dans le secteur médical, sur les campus de l'Inde, de la Chine et de l’Afrique du Sud."
La Polynésie...française fait le chemin inverse. Elle veut bien prendre l'argent des français de métropole et en réclamer encore davantage, elle veut bien des touristes métropolitains, mais elle ne veut pas des soit disants " hotu painu faranis" qui occupent des emplois de maitres d'hotels, de réceptionnistes, de commerciaux ou d'infirmières que les polynésiens ne veulent pas occuper... C'est trop dur paï, c'est mal payé paï. C'est mieux l'administration, paï !
Va-t-on aussi exiger des rares investisseurs "étrangers" qui viennent dans nos iles qu'ils aient 5 ou 10 ans de résidence ?
Nous sommes champions pour élever des barrières partout et faire fleurir les "tapu" comme pour nos accès à la mer et au grand large. Ce n'est pas comme celà que nous nous en sortirons.Il faut au contraire prendre le vent du large, car l'avenir est à l'OUVERTURE !