La République de l’équité
Pendant que les troupes syndicalisées inondent les cortèges d’une effarante promiscuité, s’installe la fin de la République des Acquis. Celle, si généreuse, qui récompensait non au mérite, mais à la singularité d’une situation, autrefois pénible, mais pervertie, depuis, en une folie séculaire. Dans l’éclatement de la bulle des régimes spéciaux, il en sort une France qui se désocialise, qui se décommunise dans la perversité des qualificatifs numéraires qui faussent l’écriture comptable des programmes politiques.
La confrontation que l’on veut construire entre les avantages acquis des cheminots et les avantages subis des autres, rompus à cotiser quarante annuitées, nourrit un dialogue qui n’a même pas lieu d’être, si ce n’est une bonne promotion de la paralysie que 10% de la population active est capable de nous faire subir. L’entrée en scène des étudiants révolutionnaires marque la permanence de certaines reliques de 1968, à bannir des esprits. Le siècle des cheminots marquera l’histoire sociale de la France, car elle sera désormais la règle pour briser le cercle de l’exception.
Parce que derrière ce coup de force syndical, des corporatismes luxuriants ruinent encore cette équité à géométrie variable. La Polynésie française sera sans doute, une nouvelle fois, le centre d’expérimentation du Pacifique. Celle d’une désindexation proche et prochaine. Le bilan consolidé chez les cheminots permettra d’embraser ce mince avantage d’une légitimité énorme et prononcée. Et nos fonctionnaires risquent de passer à la trappe des scandales, stigmatisés comme les derniers nantis d’une caisse noire de la République qui ferme les robinets pour obtenir un verdict clément de Bruxelles et de ses contribuables.
Car l’indexation outre-mer coûte plus que les 600 millions d’euros d’économies que permettra en année pleine de dégager la fin des régimes spéciaux. Comparativement, c’est deux fois moins que les transferts d’Etat vers la Polynésie française (1,254 milliard d’euros). Autant dire qu’on exercera une pression relativement forte sur cet avantage d’ancien régime, qui comme les cheminots, n’est plus crédité d’un handicap légitime.
On avalisera ou non cette vision “un peu facile” de la caricature, celle de mettre sur un même plan cheminots et fonctionnaires de l’outre-mer. Mais c’est sans doute l’inéquité que ces régimes inspirent, plus que leur nécessité à soutenir la croissance locale, qui sera retenue par les comptables de Bercy et l’opinion populaire.
Ne compte que le défilé de symboles, ceux qui sauront réduire la fracture morale de la société et qui feront sortir la France de cet isolement des dynamiques mondialistes, que l’on range à côté du libéralisme acheteur de notre équilibre social. Mais à force de vouloir croire que le progrès social est « gratuit », on ignore volontairement que la croissance sociale est un jeu à somme nulle. Dans cette ruine budgétaire de la société désolidarisée, on finance les détresses des uns par l’abondance des autres. C’est cela la République de l’équité en 2007.
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Commentaires
Quelle poésie!
Un régime spécial existe en Polynésie.
La tranche 3 de retraite actuellement réservés aux élus.
Et ce petit "zavantage zacqui" fait rêver du monde, en particulier nos amis médecins dont c’est la revendication forte noyée bien sûr pour les médias dans la novlangue revendicatrice habituelle.
Et cette tranche est une dette pour nos enfants, une dette de plus, encore une. Avec un revenu de plus de 1 300 000F par mois gardes comprises, ne serait il pas "éthique" de sobrement assumer par son épargne sa propre retraite? Et si ce revenu est insuffisant alors qu’ils aient le courage de demander une augmentation de revenus! Et non de mettre des dettes sur nos enfants.
Espérons que nous saurons rester indemnes de ce genre d’avantages, ou tout au moins éviter leur extension.
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