Monsieur Pierre FREBAULT, Ministre du Travail, annonce qu’il donnera à nouveau un “coup de pouce” au SMIG. Sur ce point, on ne peut pas reprocher au gouvernement UPLD un manque de constance. On reconnait là un certain dogmatisme : face à la réalité, c’est l’idéologie qui doit l’emporter… en oubliant, qu’ensuite, la réalité se venge… par une destruction d’emplois !

L’augmentation inconsidérée du SMIG ces dernières années a nécessité la construction d’une usine à gaz,le “DARSE”, où, in fine, c’est nous, contribuables qui payons ces hausses successives par le biais du budget du Pays. Une invention technocratique que l’on doit à Jean-Christophe BOUISSOU et que l’on traine comme un boulet. En effet, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué…

L’idéologie c’est de croire que l’on vit en “économie fermée” et que, pour donner du pouvoir d’achat aux smigards, il suffit d’augmenter le SMIG. Si l’on pousse cette logique jusqu’à la caricature, pourquoi s’arrêter à 140 ou 150.000 F CFP et ne pas aller jusqu’à 200.000 F CFP ? Malheureusement pour ceux qui tiennent absolument à réaliser au moins une de leurs promesses de campagne, l’économie polynésienne est une économie ouverte. Et un salaire, c’est aussi un coût pour les entreprises, notamment celles qui doivent rester compétitives face à la concurrence internationale.

C’est ainsi que le tourisme,par exemple, notre principal secteur pourvoyeur en devises, prend de plein fouet ces augmentations successsives et inconsidérées du SMIG. Pourtant, en raison du positionnement “haut de gamme” de notre hotellerie, il faut, pour que le service soit en adéquation avec le prix des chambres, au moins deux emplois par chambre. On en est loin, car les groupes hoteliers sont obligés de minimiser le coût salarial et ils se rabattent sur l’une des “variables d’ajustement” à leur disposition, à savoir la réduction du nombre d’emplois dans leurs hotels.

Résultat : non seulement, le service est “dégradé” ( les touristes n’en ont pas pour leur argent), mais une augmentation inconsidérée du SMIG tue l’emploi et écrase la hiérarchie des salaires. A cette allure, nous rejoindrons la tendance française, à savoir que l’augmentation “politique” du SMIC crée des millions de smicards supplémentaires. Est-ce celà que l’on veut pour notre Pays ?

Que Monsieur le Ministre du travail fasse preuve d’ouverture d’esprit et explore d’autres pistes. Il est louable de se fixer des objectifs. En principe, la politique de l’emploi peu qualifié a deux objectifs : le plein-emploi des peu qualifiés et la lutte contre la pauvreté au travail. Pour ce faire, elle dispose de trois instruments : le salaire minimum, la baisse des charges patronales et la prime pour l’emploi.

Réfléchissons donc sur d’autres options que le salaire minimum. Et surtout, n’oublions pas qu’une politique de redistribution des revenus est tout à fait respectable, à condition que la croissance ait été obtenue au préalable. Ces dernières années, ce n’est pas le cas. Et il convient donc de ne pas “mettre la charrue avant les boeufs” !