La concertation approfondie qui se déroule en France métropolitaine à propos de développement durable, appelée ” Grenelle de l’environnement” a été bâclée en Polynésie française. Une “invitation” de dernière minute des services de l’Etat, une “réunion-alibi” d’un panel d’organismes et d’associations diverses pour accoucher rapidement d’un texte qui fera l’objet d’un petit paragraphe d’une petite section relative à l’outre-mer dans une déclaration nationale finale. Du côté de l’Etat, une formalité technique qu’il fallait faire et, du côté du Pays, un désinvestissement et un désintérêt complet pour ce processus de consultation, si on peut l’appeler ainsi.

Il est même scandaleux que ce soit l’Etat qui prenne l’initiative de cette consultation “locale”, alors que la problématique du “développement durable” est de la compétence des autorités du Pays ! Il est loin le temps des campagnes électorales où le thème du “développement durable” était la tarte à la crème de certains partis politiques locaux. Rien, plus rien. Le vide sidéral. Il faut croire que la mode est passée…

Pendant ce temps là, deux représentants de la jeunesse polynésienne vont discuter à Paris du réchauffement climatique au Tuvalu, alors même que nos atolls des Tuamotus sont concernés par ce réchauffement…

Est-ce à dire que nous serions condamnés au discours ou au verbe, sans qu’il y ait volonté réelle de concrétiser ce discours par une vraie stratégie de développement durable et un programme d’actions opérationnel, mis en oeuvre avec constance dans la durée ? Rappelons-nous le concept de ville “écotouristique” énoncé par Jean-Christophe BOUISSOU dans le feu de la campagne des législatives. Passé à la trappe, jusqu’au prochaines élections, question, je suppose, de faire épisodiquement rêver les masses par une surenchère d’imagination débordante, mais irréaliste.

Il est pour le moins inadmissible que le gouvernement polynésien ait fait l’impasse sur ce rendez-vous avec la société civile polynésienne. A quand un “agenda 21″ dans nos communes et au plan territorial ? A quand des initiatives concrètes pour aller vers un développement durable absolument nécessaire pour la survie de nos îles et de la planète ? A quand une vraie réflexion sur le désengorgement urbain et la relance des énergies renouvelables ? Quand est-ce que la ville de Papeete prendra des initiatives drastiques pour empêcher la ruée de nos “bagnoles” dans une ville saturée ? A quand les premières pistes cyclables et le vélo en libre usage, à l’instar de centaines de villes de par le monde ?

Non, décidément, tout celà est décevant. La “palabre” en guise de politique : quelle tristesse ! Encore du temps de perdu et une mandature pour rien sur ce plan là. Préparons-nous à voir nos femmes et nos hommes politiques à venir faire les beaux et à nous inonder de belles phrases lors des prochaines territoriales et nous reparler de “développement durable”. Mais qui peut croire encore aux belles paroles ?