Stagnation économique de la Polynésie française depuis 2004
Par lebop, mardi 9 octobre 2007 à 19:53 :: General
De nombreux observateurs s'accordent à dire que, depuis 2004, la Polynésie française a connu une stagnation économique que nous n'avions pas connu depuis longtemps. Il faut remonter à la période 1988 -1992 pour retrouver une situation aussi peu favorable. Celà est d'autant plus grave que la croissance économique mondiale a battu tous les records ces dernières années. Dans notre principal domaine de compétences, le tourisme, la croissance du tourisme international n'a jamais été aussi forte,et, pourtant, nous n'en avons pas bénéficié.
Situation d'autant plus grave que la croissance des transferts publics métropolitains, principal moteur de notre économie - et de loin - s'est maintenue sur cette période à des taux de l'ordre de 3 % par an.
Le résultat de cette stagnation est, bien sûr, l'insuffisance de la création d'emplois. On apprend ainsi par la bouche du président du Conseil des Entreprises que l'économie a subi "une perte de 800 emplois au cours des cinq premiers mois de l'année 2007", ce qui en dit long sur "l'excellence" de la gouvernance de Monsieur Gaston TONG SANG, soit dit en passant. Mais je ne serai pas mesquin à lui imputer la totalité de la responsabilité de cette situation, car il a plutôt hérité d'une situation qu'il n'a pas pu ou pas su redresser par les mesures appropriées.
De même,l'amateurisme de la gouvernance Temaru, largement dénoncée par nous-même pendant toute l'année 2006, explique à moitié cette situation. Car les vraies raisons du marasme sont structurelles: notre modèle économique et social a atteint ses limites. Il ne peut perdurer que par des injections massives de l'argent étatique.Or, toute la classe politique estime que notre Pays doit être progressivement "sevré" de ce moteur qui maintient artificiellement notre niveau de vie, et par delà, nos "avantages acquis".
Il est clair que nous ne pouvons plus nous contenter de reproduire le système existant en priant que ces transferts continuent à progresser comme si de rien n'était, surtout que les perspectives de croissance de l'économie française ne sont pas particulièrement réjouissantes.
Alors que faire ?
Il passe avant tout par un changement des mentalités. On ne peut pas tout attendre de l'Etat ou du Pays. De même, le gouvernement du Pays n'est pas responsable de tout. Il ne doit pas servir de bouc émissaire à nos propres incapacités ou à nos piètres performances. Attitude trop facile dans laquelle se complaisent malheureusement nombre de nos acteurs économiques, trop habitués à vivre de la manne des dépenses publiques.
Il passe par la définition d'une nouvelle stratégie de développement économique élaborée en concertation avec toutes les forces vives du Pays. Il faut arrêter de tirer des plans sur la comète ou de lancer des idées toutes plus farfelues les unes que les autres, à l'instar de la tarte à la crème de l'aéroport international des Marquises.
Il est temps d'ordonnancer notre développement dans un cadre de référence bien établi avec des projets structurants et crédibles tels que le cable transocéanique à haut débit. Ce n'est que dans ce cadre que des concepts tels que les pôles de compétitivité, les zones ou les entreprises franches, le cyber-village... peuvent prendre leur place. Que nos hommes politiques arrêtent de nous sortir de leur besace des solutions miracles ou des recettes magiques qui règleraient nos problèmes comme par enchantement.
Cette stratégie ne sera pas exempte d'efforts, car l'adaptation à la mondialisation nécessitera une amélioration de notre compétitivité globale.Il faudra notamment tourner le dos au protectionnisme et affronter les grands vents de l'ouverture. Ce n'est pas en restant calfeutrés derrière des murs artificiels que nous serons plus forts, bien au contraire.
L'heure de la lucidité, de l'imagination et de l'audace a sonné. Et mieux vaut tard que jamais.