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mercredi 24 octobre 2007

Mondialisation et identité culturelle

Par lebop, mercredi 24 octobre 2007 à 21:13 :: General

La vision intégriste de l'identité culturelle fait des ravages ici et est l'un des fonds de commerce du parti indépendantiste. Ainsi, la mondialisation est rendue responsable de l'homogénéisation culturelle de la planète et de sa "cocamacdonaldisation". Il se fait donc le défenseur de la tradition et de la culture "nationale".

De même, les intellectuels de sa mouvance s'alarment devant l'occidentalisation du mode de vie et l'influence de la culture "globalisée" orchestrée par les multinationales occidentales : films, musiques, séries TV, mode vestimentaire...

En fait, ils commettent deux erreurs : il n'a jamais existé de culture figée dans sa pureté originelle, toutes les traditions ayant une histoire, celle d'une succession d'emprunts sélectifs et d'innovations. Rappelons-nous la polémique passionnée dans le domaine de la danse tahitienne, entre les défenseurs acharnés de la tradition et les "modernistes" qui voulaient la faire évoluer. Elle résumait l'opposition entre cette conception d'une culture figée et celle d'une culture évolutive qui se réapproprie à sa manière les apports de l'extérieur.

L'humanité est une "machine à produire de la différenciation culturelle".

Il conviendrait plutôt de parler d'une dialectique de l'homogénéisation et de la différenciation : les nouveaux moyens de communication favorisent l'homogénéisation, mais les phénomènes de rejet, de réinterprétation, de métissage, ainsi que les politiques culturelles témoignent de la différenciation. Nous vivons en permanence cette dialectique, y compris dans nos débats politiques.

La Polynésie contemporaine ne peut être un "conservatoire" où le peuple ne ferait que reproduire l'existant pendant des siècles et des siècles. Je pense bien que notre société est une société métisse et il ne sert à rien de courir après une pureté originelle à jamais perdue.

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lundi 22 octobre 2007

Gagner du pouvoir d'achat par la baisse des coûts et des prix

Par lebop, lundi 22 octobre 2007 à 18:49 :: General

La question du pouvoir d'achat est la préoccupation principale des ménages polynésiens. Nos partis politiques y ont jusqu'à présent répondu par des mesures en faveur des familles défavorisées, notamment par un ajustement des minimas sociaux et par une augmentation du SMIG. Mais on voit bien que l'augmentation du SMIG, par exemple, n'est plus une solution praticable, car elle ne fait qu'augmenter le coût de la vie et dégrader notre compétitivité.

Une option à approfondir est de gagner du pouvoir d'achat par une réduction des coûts et des prix. L'élargissement de la liste des PPN a été une action privilégiée, mais celle-ci a aussi vite atteint ses limites, car il n'est pas bon de revenir à une économie administrée.

A ce titre, une priorité se dégage : elle vise à instaurer une concurrence effective entre enseignes d'hypermarchés. Il est notoire que l'enseigne Carrefour abuse de sa position dominante et régente le commerce de détail alimentaire et non alimentaire polynésien, ceci en écrasant toute autre forme de commerce spécialisé tout en dégageant des marges plantureuses. Aussi, il est inadmissible et complètement anormal que cette enseigne bénéficie de toute la "mansuétude" du Pays et de sa commune d'implantation, alors qu'elle dispose déjà de deux hypermarchés, et que, à contrario, une nouvelle enseigne, Géant Casino, a toutes les peines du monde à s'implanter. Il faut donc que la société civile fasse pression auprès de nos gouvernants et de nos maires pour que leur soutien trop flagrant à Carrefour cesse. En ce sens, je rejoins la position de l'association de protection des consommateurs " te tia ara" sur ce dossier.

Qu'on ne nous parle pas de protection du petit commerce qui n'a pour conséquence pratique que de renforcer la rente de situation de Carrefour et de créer une collusion entre la Fédération Générale du Commerce et l'enseigne Carrefour. Car interdire la venue d'une nouvelle enseigne vise pratiquement à avantager l'enseigne Carrefour déjà présente sur les côtes ouest et est de Tahiti.

Le petit commerce peut bénéficier d'un fonds d'aide en vue de son adaptation et de son évolution vers d'autres formes d'activité commerciale en réponse à la demande des consommateurs : services de proximité, dépôt-vente, traiteur, logistique, commerce hyperspécialisé ( ultra-frais, produits bio...).

De même, une petite communauté comme la nôtre ne peut plus se permettre d'avoir des centaines d'importateurs spécialisés, détenteurs de représentation exclusive de telle ou telle marque, car ce morcellement et cette absence de concurrence est une source de surcoût énorme au détriment des consommateurs polynésiens.

Tous ces freins à une réelle concurrence nous empêchent de bénéficier à plein des bienfaits de la mondialisation, car les marges prélevées par tous ces intermédaires réduisent d'autant les répercussions sur les prix au consommateur de la baisse du dollar américain, de la baisse des coûts de transport ou de la vive concurrence des pays émergents comme la Chine, le Brésil ou l'Inde vis à vis des pays développés.

En outre, cette réduction des coûts et des prix est favorable à la compétitivité des activités locales qui subissent la concurrence internationale, car les salariés et leurs syndicats ne les enfermeront plus dans une course infernale "hausse des salaires - hausse des prix" .

Il y a donc là un cercle vertueux que nos gouvernants doivent absolument exploiter, car nous serons gagnants sur deux tableaux : les consommateurs et les producteurs locaux. L'essentiel pour nos gouvernants est d'avoir le courage de s'émanciper de l'influence des lobbys d'importateurs qui ont, comme on le sait, un pouvoir exorbitant dans ce Pays.

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samedi 20 octobre 2007

PACIFIC WAY : la palabre en guise de politique

Par lebop, samedi 20 octobre 2007 à 12:37 :: General

Par un concours de circonstances, Oscar TEMARU a pu, chaque année depuis 4 ans, participer aux sommets annuels du Forum du Pacifique. On ne peut donc pas dire qu'il n'y a pas eu continuité sur ce plan là. Mais, en quatre ans de présence assidue, qu'a-t-il obtenu de tangible et de concret du Forum pour la Polynésie française ?

Même pour ce qui est de sa casquette partisane de Président du Tavini, passé l'effet de nouveauté de sa première participation et ses premières déclarations tonitruantes, il n'a rien obtenu si ce n'est, de plus en plus, une indifférence polie face à ses revendications de "décolonisation". Les Etats insulaires du Pacifique ont trop besoin de leurs partenaires de développement, comme l'Union européenne et la France pour faire de l'ingérence...

En ce qui concerne la Polynésie française, il a cru que l'absence de préparation technique sérieuse à ces sommets pouvait être compensée par des propositions, "audacieuses" pour lui, qui se sont, en fait, révélées complètement incongrues. Certes, les pays insulaires du pacifique sud "palabrent" pendant quelques jours, mais ils le font sérieusement. Alors, aller proposer une monnaie commune aux pays du pacifique a dû déclencher chez leurs responsables un rire étouffé... Et chaque année, les trouvailles annuelles d'Oscar TEMARU pour faire parler de lui n'ont jamais reçu une quelconque suite opérationnelle...

Cette année, Oscar TEMARU, dans sa casquette d'indépendantiste, s'est voulu plus raisonnable sur la forme tout en étant constant sur le fond. Mais là encore, sa demande de soutien pour un processus de décolonisation de notre Fenua a fait "pschiittt". Dans sa casquette de Président du Pays, il s'est voulu plus sérieux et est allé parler "cable transocéanique à haut débit" en vue d'en faire un projet régional.

Ce cable pourrait être effectivement un vecteur d'intégration régionale, mais là où j'ai bien peur qu'il fasse fausse route, c'est dans la recherche de financement auprès des pays du Forum. Car qui pourrait être intéressé par financer un cable entre la Polynésie française et Hawaii, alors que, par définition, seule la Polynésie française est concernée ? Chaque Pays est confronté à sa propre problématique de désenclavement en matière de transport aérien et maritime ou de télécommunications et de financement de ses projets. Ils ne verront donc pas l'intérêt de venir en aide à la Polynésie française. D'ailleurs, le voudraient-ils qu'ils n'en ont pas les moyens. Car eux-mêmes, incapables de résoudre tous seuls leurs propres difficultés économiques, financières ou pour assurer leur sécurité, se tournent vers leurs propres bailleurs de fonds qui s'appellent Australie, Chine, Nouvelle Zélande, Union Européenne, Malaisie et même France !

Ne restent donc que les organismes financiers d'Asie ou du Pacifique. Mais je vois mal ces organismes nous prêter de l'argent à des conditions plus avantageuses que les organismes financiers français ou que l'Etat français lui-même.

En résumé, et de manière générale, cette instance régionale qu'est le Forum n'a pas vraiment fait la preuve de son utilité pratique pour la Polynésie française et voit son crédit se dégrader. Cette année, le premier ministre australien n'a même pas daigné faire le déplacement, car il estimait qu'il avait plus important à faire. La palabre en guise de politique, ce n'est pas sa tasse de thé. Ainsi, d'année en année, les déclarations finales succèdent aux déclarations finales et les pays insulaires s'enfoncent de plus en plus dans des crises et la pauvreté, ce qui illustre leur incapacité à se faire une place dans la mondialisation.

Aussi, je me pose une question : ce Forum des Etats du Pacifique pourra-t-il écrire avec nous notre avenir économique et social en cas d'indépendance de notre Pays ? Poser la question dans le contexte régional actuel, c'est y répondre...

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vendredi 19 octobre 2007

La communication de Gaston TONG SANG fait plouf

Par lebop, vendredi 19 octobre 2007 à 17:14 :: Petite analyse

Au lendemain même des perquisitions aux domiciles de Temauri FOSTER et d'Emile VERNAUDON, Monsieur Gaston TONG SANG annonce une "rupture" avec les pratiques politiciennes et veut la transparence dans la gestion des affaires publiques. Celà serait risible si les circonstances n'étaient pas graves.

Car quelle distance entre le discours et les actes ! Comment peut-on parler de "rupture avec les pratiques politiciennes" alors même que ceux qui sont les spécialistes du monnayage au plus offrant et qui ont provoqué l'instabilité sont les principaux responsables de son rassemblement hétéroclite ? Comment peut-on parler de "transparence" lorsqu'une brigade financière se trouve dans l'obligation d'obtenir cette transparence en perquisitionnant aux domiciles de deux des principaux responsables politiques de son rassemblement ?

A force de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, la communication de Monsieur Gaston TONG SANG fait "plouf". Son ex partenaire privilégié, Monsieur Jean-Christophe BOUISSOU, l'a réaffirmé. Il en a parlé en connaissance de cause puisqu'il a vécu tout celà de l'intérieur. Sur beaucoup de sujets, Monsieur BOUISSOU a constaté que Monsieur TONG SANG ne veut pas être "transparent" : le programme, la composition des listes électorales, le partage du pouvoir en cas de victoire aux élections, le pacte de majorité...

Si, sous prétexte de communication, les mots ne veulent plus rien dire, il y a de quoi s'inquiéter sur la parole de ceux qui veulent nous gouverner.

Absence de transparence sur la gestion des dossiers passés, absence de transparence vis à vis de ses partenaires. Qu'en sera-t-il vis à vis du peuple ? En fait, ce rassemblement ressemble de plus en plus à une coalition d'élus sortants qui veulent absolument sauver leurs sièges pour pouvoir continer à tirer les ficelles du pouvoir en "balladant" les autres élus et le peuple. On parle de transparence pour mieux s'en éloigner dans les faits. On parle de rupture dans les pratiques politiciennes pour mieux les continuer.

Mais ce n'est pas parce que Gaston TONG SANG croit en la magie du verbe que les citoyens le croiront sur parole.

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jeudi 18 octobre 2007

Jean-Christophe BOUISSOU confirme son divorce avec Gaston TONG SANG

Par lebop, jeudi 18 octobre 2007 à 15:18 :: Petite analyse

Jean-Christophe BOUISSOU a fait entériner par son assemblée générale son option de partir tout seul au premier tour des élections territoriales. Il est piquant de constater qu'il pense, à propos de ses ex-alliés de la défunte troisième force, la même chose que les responsables du Tahoeraa. Il n'a pas pu obtenir de Gaston TONG SANG, des girouettes iliennes et de certaines personnalités accumulant les casseroles judiciaires, tel Emile VERNAUDON, des engagements précis sur un programme digne de ce nom, sur la composition des listes aux élections et sur le mode de gouvernance dans le cas - très hypothétique - d'une victoire aux élections.

A vouloir des précisions écrites, Jean - Christophe BOUISSOU confirme, en effet, que l'on ne peut se fier à la parole de ces personnalités. Il confirme qu'elles peuvent changer d'avis en fonction des circonstances. C'est dire qu'il sait, en son for intérieur, que leur sens de l'opportunisme leur permet des changements de cap à 360 ° sans aucun état d'âme..

D'expérience, il veut du concret, du consistant, de l'écrit. A les cotoyer au sein du groupe " Polynésiens ensemble " ( sic) à l'Assemblée, il sait que les belles paroles ne valent rien. Il connait leur expertise en matière de chantage, de surenchère et de monnayage de leur précieuse voix en cas de majorité fragile. Il sait qu'ils ne peuvent que s'engraisser de la précarité et de l'instabilité par leur pratique éhontée du "yo-yo" politique. Pourquoi d'ailleurs, Gaston TONG SANG, défend-il bec et ongles des seuils électoraux si bas, si ce n'est de les conforter dans leur rôle de mercenaires de la politique ?

Ils ont encore la volonté de monnayer leur voix et leur siège au plus offrant. Toute leur histoire politique est là pour le démontrer. Ils n'ont aucune conviction, aucune ligne politico-idéologique, aucun principe. Ils ne vont que là ou l'herbe est bien grasse et verte pour eux. Leur population n'est qu'un alibi. Ils vivent sur les hauteurs de Punaauia ou Papeete alors que leur population se débat dans des problèmes quotidiens bien concrets. L'état de déliquescence d'une île comme Hao, devenue une décharge nucléaire à ciel ouvert n'est qu'un exemple parmi tant d'autres.

Non, Jean-Christophe BOUISSOU n'a pas voulu se mettre ces boulets aux pieds et n'est donc pas tombé dans un piège grossier. En fait, on peut se demander si lui et le mouvement de Nicole BOUTEAU ne constitueront pas la vraie troisième force, la première n'étant qu'un moulin à vent et à paroles qui n'aura fait illusion que quelques semaines.

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mercredi 17 octobre 2007

Esprit critique

Par Noindep, mercredi 17 octobre 2007 à 16:56 :: General

Heurté à un destin fatalement porté vers une fausse-couche, le président indépendantiste connaît le contrat précaire que G. Flosse lui a proposé, et sait qu’il est au bout du compte le bouche-trou d’une stratégie politique grossière. Le président de la République, habile de sa fragilité grandissante, a pris le temps de recevoir celui qui met en sursis la faillite institutionnelle prononcée de la Polynésie française, en attendant qu'à Paris se construise l'avenir des Polynésiens.

O. Temaru ne se fait donc pas d’illusion sur la stratégie à mener à ce ènième Forum du Pacifique, qui est devenu au fil du temps sa seule véritable tribune d’audience. Il a cependant voulu démontrer que son idéologie ne le dénature pas et qui, bien au contraire, mûrit. À la fois plus souple, et moins obtus dans ses propos, le président de la Polynésie française a su maîtriser ses excès de langage, et su faire preuve de tempérance à l’égard des institutions de la République. Il semble qu'il serait encore sous « l’effet Président de la République » comme il ose l’avouer. D’ailleurs, C. Estrosi a dû se sentir avare de propos devant une telle souplesse rhétorique, celle qui lui a manqué face à M. Mathieu qui fait ses adieux à la République.

"O. Temaru fait campagne, et veut séduire les mentalités médianes du corps électoral, celles qui sont dégoûtées des infantilités autonomistes, et ceux que l’on a réussi à remonter contre un Etat gourmand de pouvoir"

Sans un rappel à réinscription de la Polynésie française sur la liste des pays à décoloniser, on aurait cru entendre G. Flosse, qui d'ailleurs ces temps-ci se fait discret, sans pour autant digérer les ingérences permanentes de l'Etat à la rescousse de toutes les bourses, et désormais amputé de la dynamique post-électorale. Jeudi, c’est Cécilia et les transports publics qui disent adieu à Nicolas. Fin de l'état de grâce.

Dans les 6 mois de sortie que l’on a bien voulu lui accorder, O. Temaru fait campagne, et veut séduire les mentalités médianes du corps électoral, celles qui sont dégoûtées des infantilités autonomistes, et ceux que l’on a réussi à remonter contre un Etat gourmand de pouvoir, et futur acquéreur de notre statut ambitieux. Mais O. Temaru sait qu’il est plus habile de prendre la République avec le bout des doigts, tant qu’il sait que l’Elysée n’héberge plus le même locataire et la même gratuité de mépris. La cagnotte est donc facile à obtenir, à moins que G. Flosse nous serve un énième coup de bluff.

Dans la descente aux enfers que connaît actuellement l’entourage du Bonaparte de France, G. Flosse pourrait faire pression pour obtenir que le statut reste en l’état, et que soient ajournées les élections anticipées prévues en Polynésie. Il réussirait ainsi à retrouver son poste de gardien du statut qui lui vaudrait à la fois le sourire des déprimés autonomistes, et le soutien de la presse médiatique, militante et active en Polynésie. Mais dans quel intérêt ?

À vrai dire, G. Flosse retrouverait sa fibre autonomiste amputée voici quelques mois, et passerait à nouveau pour un sage du temple. Légitimité retrouvée, il gagnerait du temps pour reconquérir les consciences perdues. Sa traversée du désert indépendantiste aura démontré que l’autonomie c’est lui et lui seul qui la dirige et non ceux qui prétendent s'en attribuer la gouvernance, et incapables d’avoir un regard critique. A la mort du roi, ils ont tous voulu sa place. Il ne faut pas être plus royaliste que le roi…

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mardi 16 octobre 2007

Décoloniser : qui et quoi ?

Par lebop, mardi 16 octobre 2007 à 20:57 :: General

Le discours idéologique du Tavini-ex Front de libération de la Polynésie est rôdé et structuré : il est vrai que le droit international pose des principes. En vertu des articles 1er et 55 de la Charte des Nations Unies, il en est ainsi du respect du principe de " l'égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d'eux-mêmes".

Dans nos précédents billets, nous avons déjà dénoncé le gouffre entre la beauté logique d'un "discours absolutiste" et "l'opérationnalité" d'un tel discours pour la Polynésie contemporaine. Mais il n'en reste pas moins que ce discours pose des questions redoutables pour nos "souverainistes". D'ailleurs, pour répondre à titre humoristique au discours récent d'Oscar TEMARU à l'Assemblée de Polynésie française, nous sommes tous des souverainistes, puisque même les autonomistes sont pour le maintien de la souveraineté...française !

Plus sérieusement, et en guise de tautologie introductive, on décolonise une colonie. Mais quel type de colonie sommes-nous et quel type de colonisation subissons-nous aujourd'hui ? Cette caractérisation est importante, car, à partir de là, peuvent s'esquisser des options institutionnelles, notamment le degré d'indépendance ou de souveraineté à adopter pour notre Pays. Par exemple, un statut de Pays associé à la France peut-il être reconnu sur le plan institutionnel ? N'a-t-on pas d'autre choix que de devenir ou non un État souverain ?

Autres questions :

  • Qu'est ce qu'un peuple ou une nation aujourd'hui ? Qui est le titulaire de l'auto détermination ? Les récents discours radicaux et inquiétants de responsables du Tavini prouvent bien que la réponse à cette question n'est pas claire et varie selon la conjoncture politique, avec des alternances de modération et de radicalisation du discours de nos "souverainistes".
  • Question connexe : quelle "identité" reconnaitre ? Il ne s'agit pas seulement d'interroger notre pluri-ethnicité, mais aussi de s'interroger sur la réponse des habitants de nos différents archipels à cette question. On pense notamment aux marquisiens. Par exemple, l'application du premier principe ne risque-t-elle pas de conduire à une sécession en vertu d'un autre principe, à savoir le principe de l'intégrité territoriale (art. 2, paragraphe 4 de la Charte des Nations Unies) ?

Je livre ces premières questions à votre sagacité, notamment à celle de nos amis "souverainistes"....

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Sortir de l'augmentation "idéologique" du SMIG

Par lebop, mardi 16 octobre 2007 à 19:19 :: General

Monsieur Pierre FREBAULT, Ministre du Travail, annonce qu'il donnera à nouveau un "coup de pouce" au SMIG. Sur ce point, on ne peut pas reprocher au gouvernement UPLD un manque de constance. On reconnait là un certain dogmatisme : face à la réalité, c'est l'idéologie qui doit l'emporter... en oubliant, qu'ensuite, la réalité se venge... par une destruction d'emplois !

L'augmentation inconsidérée du SMIG ces dernières années a nécessité la construction d'une usine à gaz,le "DARSE", où, in fine, c'est nous, contribuables qui payons ces hausses successives par le biais du budget du Pays. Une invention technocratique que l'on doit à Jean-Christophe BOUISSOU et que l'on traine comme un boulet. En effet, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué...

L'idéologie c'est de croire que l'on vit en "économie fermée" et que, pour donner du pouvoir d'achat aux smigards, il suffit d'augmenter le SMIG. Si l'on pousse cette logique jusqu'à la caricature, pourquoi s'arrêter à 140 ou 150.000 F CFP et ne pas aller jusqu'à 200.000 F CFP ? Malheureusement pour ceux qui tiennent absolument à réaliser au moins une de leurs promesses de campagne, l'économie polynésienne est une économie ouverte. Et un salaire, c'est aussi un coût pour les entreprises, notamment celles qui doivent rester compétitives face à la concurrence internationale.

C'est ainsi que le tourisme,par exemple, notre principal secteur pourvoyeur en devises, prend de plein fouet ces augmentations successsives et inconsidérées du SMIG. Pourtant, en raison du positionnement "haut de gamme" de notre hotellerie, il faut, pour que le service soit en adéquation avec le prix des chambres, au moins deux emplois par chambre. On en est loin, car les groupes hoteliers sont obligés de minimiser le coût salarial et ils se rabattent sur l'une des "variables d'ajustement" à leur disposition, à savoir la réduction du nombre d'emplois dans leurs hotels.

Résultat : non seulement, le service est "dégradé" ( les touristes n'en ont pas pour leur argent), mais une augmentation inconsidérée du SMIG tue l'emploi et écrase la hiérarchie des salaires. A cette allure, nous rejoindrons la tendance française, à savoir que l'augmentation "politique" du SMIC crée des millions de smicards supplémentaires. Est-ce celà que l'on veut pour notre Pays ?

Que Monsieur le Ministre du travail fasse preuve d'ouverture d'esprit et explore d'autres pistes. Il est louable de se fixer des objectifs. En principe, la politique de l'emploi peu qualifié a deux objectifs : le plein-emploi des peu qualifiés et la lutte contre la pauvreté au travail. Pour ce faire, elle dispose de trois instruments : le salaire minimum, la baisse des charges patronales et la prime pour l'emploi.

Réfléchissons donc sur d'autres options que le salaire minimum. Et surtout, n'oublions pas qu'une politique de redistribution des revenus est tout à fait respectable, à condition que la croissance ait été obtenue au préalable. Ces dernières années, ce n'est pas le cas. Et il convient donc de ne pas "mettre la charrue avant les boeufs" !

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dimanche 14 octobre 2007

Médiocres débats politiques télévisés

Par lebop, dimanche 14 octobre 2007 à 14:18 :: General

J'avoue que je suis particulièrement déçu par les débats politiques télévisés organisés aussi bien sur RFO Polynésie que sur TNTV. En effet, nous avons droit à des commentaires anecdotiques, à des lectures personnelles des trajectoires de tel ou tel parti ou de telle ou telle personnalité politique, à des échanges de généralités, à des rappels de positionnements idéologiques des partis, à des lancements de "petites piques" politiciennes ou à des échanges de "petites phrases" qui alimentent déjà les rubriques anecdotiques de nos journaux quotidiens.

Le dernier débat sur RFO n'a pas failli à la règle. Chacun essaie de se différencier de l'autre par les plus petits détails, par des différences de comportements, par le plus beau discours général, par des justifications à postériori du divorce politique, quitte à réécrire l'histoire ou à contredire ses déclarations d'il y a quelques semaines ou d'il y a quelques mois. Il est vrai que les questions des journalistes maintenaient tout ce beau monde dans des discours de politique politicienne qui ne répondent aucunement aux préoccupations des citoyens. En bref, il n'y a jamais eu un énoncé de programme politique digne de ce nom. Et c'était pire en reo maohi... De quoi exacerber l'indifférence ou le mécontentement du "Peuple" que l'on prend à témoin à tout bout de champ !

Si on veut s'émanciper de la tutelle des gouvernements métropolitains, il serait temps que nos élus se hissent à la hauteur des enjeux que notre Pays, comme tout autre pays, doit relever. Et pour celà, il faut des personnalités politiques "à la hauteur", justement. Encore faut-il que les journalistes incitent notre classe politique à se hisser à ce niveau. Pour celà, je ne vois qu'une seule solution : inaugurer une série de débats thématiques d'une durée suffisamment longue pour que les principaux partis puissent développer leurs thèses de manière détaillée et ciconstanciée.

Ces thèmes sont classiques :

  • Quelles réformes et évolutions statutaires ou institutionnelles ? Pourquoi ? Pour répondre à quels problémes concrets ? Quel type de partenariat avec l'Etat ?
  • Quelle stratégie de développement économique visant à créer de vrais emplois ? Quelle place à l'environnement pour que ce développement soit "durable" ? Quelle place pour la Polynésie française dans la mondialisation ? Quelle place pour nos archipels dans ce développement économique ? Quelles activités développer ? Quelles adaptations pour notre sytème économique ? ( Plus d'ouverture ? Plus de protection ? Plus de concurrence au sein du commerce ? Comment ? ...)
  • Quelle politique sociale ? Comment lutter contre le chômage, notamment celui des jeunes ?
  • Comment améliorer le rendement du système éducatif, y compris l'enseignement supérieur ?
  • Quel système de santé viable demain ? Comment assurer le fonctionnement du futur hôpital ?
  • Comment pérenniser notre système de protection sociale et assurer l'avenir de notre système de retraite ?
  • Comment améliorer nos infrastructures et quelles sont les priorités ? Comment améliorer la qualité de vie et la vie quotidienne des polynésiens ?
  • Quelle réforme pour notre secteur public ?

...

En fait, on en revient à la question des programmes des uns et des autres. Pas des professions de foi élaborées au dernier moment de la campagne électorale. Pas d'énoncés de grand principes pour noyer le poisson. Pas d'annonces de grands projets tous plus délirants les uns que les autres. Pas d'addition de mesures démagogiques et non financées précisément. Pas une liste de dépenses publiques en faisant croire que l'on peut faire tout et tout en même temps.

Non. De vrais programmes, si possible réfléchis et concertés avec des groupes représentatifs de la société civile, des techniciens et des experts. Des programmes confrontés en toute transparence et laissés à l'appréciation ou au jugement des citoyens. Nous le valons bien !

Ce n'est qu'à cette condition que notre classe politique retrouvera de la crédibilité et que l'on verra émerger les leaders de demain. C'est ce que font tous les autres pays. Pourquoi notre Pays échapperait-il à cette règle et serait condamné à la médiocrité ?

A nos femmes et à nos hommes politiques de se réapproprier leur vrai rôle et à nous montrer le chemin. Et le plus tôt sera le mieux. Car on ne connait que trop le procédé visant à nous "pondre" des programmes-alibis dans la dernier ligne droite des élections, question de faire croire que... ou de faire comme les autres. Programmes que l'on oubliera dès que l'on est élu, car il ne s'agit que de bouts de papier sans importance. Pour l'instant, je n'ai pas vu l'ombre de l'esquisse de programmes dignes de ce nom. Il serait peut être temps. On n'est qu'à trois ou quatre mois d'élections qui décideront de notre avenir pour 5 ans. Et plus question de nous "planter" comme la dernière fois !

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samedi 13 octobre 2007

Grenelle de l'environnement bâclé en Polynésie française

Par lebop, samedi 13 octobre 2007 à 12:24 :: Petite analyse

La concertation approfondie qui se déroule en France métropolitaine à propos de développement durable, appelée " Grenelle de l'environnement" a été bâclée en Polynésie française. Une "invitation" de dernière minute des services de l'Etat, une "réunion-alibi" d'un panel d'organismes et d'associations diverses pour accoucher rapidement d'un texte qui fera l'objet d'un petit paragraphe d'une petite section relative à l'outre-mer dans une déclaration nationale finale. Du côté de l'Etat, une formalité technique qu'il fallait faire et, du côté du Pays, un désinvestissement et un désintérêt complet pour ce processus de consultation, si on peut l'appeler ainsi.

Il est même scandaleux que ce soit l'Etat qui prenne l'initiative de cette consultation "locale", alors que la problématique du "développement durable" est de la compétence des autorités du Pays ! Il est loin le temps des campagnes électorales où le thème du "développement durable" était la tarte à la crème de certains partis politiques locaux. Rien, plus rien. Le vide sidéral. Il faut croire que la mode est passée...

Pendant ce temps là, deux représentants de la jeunesse polynésienne vont discuter à Paris du réchauffement climatique au Tuvalu, alors même que nos atolls des Tuamotus sont concernés par ce réchauffement...

Est-ce à dire que nous serions condamnés au discours ou au verbe, sans qu'il y ait volonté réelle de concrétiser ce discours par une vraie stratégie de développement durable et un programme d'actions opérationnel, mis en oeuvre avec constance dans la durée ? Rappelons-nous le concept de ville "écotouristique" énoncé par Jean-Christophe BOUISSOU dans le feu de la campagne des législatives. Passé à la trappe, jusqu'au prochaines élections, question, je suppose, de faire épisodiquement rêver les masses par une surenchère d'imagination débordante, mais irréaliste.

Il est pour le moins inadmissible que le gouvernement polynésien ait fait l'impasse sur ce rendez-vous avec la société civile polynésienne. A quand un "agenda 21" dans nos communes et au plan territorial ? A quand des initiatives concrètes pour aller vers un développement durable absolument nécessaire pour la survie de nos îles et de la planète ? A quand une vraie réflexion sur le désengorgement urbain et la relance des énergies renouvelables ? Quand est-ce que la ville de Papeete prendra des initiatives drastiques pour empêcher la ruée de nos "bagnoles" dans une ville saturée ? A quand les premières pistes cyclables et le vélo en libre usage, à l'instar de centaines de villes de par le monde ?

Non, décidément, tout celà est décevant. La "palabre" en guise de politique : quelle tristesse ! Encore du temps de perdu et une mandature pour rien sur ce plan là. Préparons-nous à voir nos femmes et nos hommes politiques à venir faire les beaux et à nous inonder de belles phrases lors des prochaines territoriales et nous reparler de "développement durable". Mais qui peut croire encore aux belles paroles ?

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jeudi 11 octobre 2007

Il y a de l'eau dans le gaz ou l'explosion en vol de la troisième force

Par lebop, jeudi 11 octobre 2007 à 19:40 :: Petite analyse

La "force des égos" s'est substituée à la "force des égaux" au sein de la troisième force. A une stricte pondération des apports des uns et des autres proposée par Rautahi, Gaston TONG SANG a imposé un ralliement sans état d'âme de tous derrière son panache blanc. C'est "tous derrière le leader et on verra le reste après." Ce culte de la personnalité naissant n'est pas du tout du goût de Jean-Christophe BOUISSOU. Voilà ce dernier qui claque la porte de la maison commune avant même que les fondations ne soient posées ! Ce n'est pas encore le tir aux pigeons, mais presque.

A des fondations solides, Gaston TONG SANG préfère les sables mouvants, question de s'adapter aux circonstances et aux personnalités mouvantes qui composent son conglomérat. Ou l'opportunisme érigé en principe du leadership. C'est vrai qu'une stratégie "attrape-tout" à base de déclarations de principe et de slogans vides de sens est préférée à un programme bien charpenté à base d'actions et de mesures concrètes.

Gaston TONG SANG se voit en homme de communication et il pense être brillant sur ce plan là avec l'appui d'un "coach" particulièrement coûteux . Il faut bien amortir le coût du conseiller en communication qui aurait coûté aux finances publiques 20 millions de F CFP du temps où " Gaston Iti" était Président du Pays ...Aussi, tout est basé sur la communication : la zénitude, la recherche de l'équilibre, le sens de l'écoute et du compromis, la pacification des esprits et des coeurs, le pragmatisme, le sens de la mesure, "une nouvelle façon de faire la politique", la "transparence" ( la preuve, c'est la transparence jusqu'à aujourd'hui ; pour demain et après-demain, on verra...)... Bref, autant de "principes" de gouvernance qui ont fait qu'à la tête du Pays, l'immobilisme a succédé à un autre immobilisme. D'où le marasme et la stagnation persistantes de notre économie.

Pour le futur combat électoral, le nouveau leader ne veut pas se faire enfermer dans un carcan ou se ligoter par des engagements précis. Au vu du magma hétéroclite qui compose sa plate-forme, on le comprend. Comment encadrer Foster Temauri ou Emile Vernaudon par un programme construit et cohérent ? Comme on sait, les girouettes tournent toujours dans le sens du vent. Et qui peut prévoir où le vent va tourner dans quelques mois ?

Il est vrai qu'il était quelque peu présomptueux de la part de Jean-Christophe BOUISSOU de tracer un "itinéraire" qui répartissait déjà le pouvoir entre les diverses composantes de cette plate-forme bien avant que le combat électoral ne commence... Une répartition des postes un peu prématurée qui préjugeait déjà d'une majorité absolue de la troisième force à la prochaine Assemblée. Fichtre, 29 sièges : Jean-Christophe BOUISSOU ne pêche pas par manque d'ambition ! Et celà n'étonne pas ceux qui fréquentent notre fringante personnalité toute pétrie d'ambition pour lui. Mais, comme on dit, il ne faut peut être pas trop vite prendre ses désirs pour des réalités.

Une troisième force qui explose avant même d'avoir existé. Voilà qui donne du grain à moudre au leader du Tahoeraa qui estime que, décidément, toutes ces personnalités ne sont pas fiables et qu'elles feraient mieux de retourner à la "vie civile"... si elles en ont encore les capacités.

Mais c'est vrai que bâtir sur du sable est un véritable challenge. Mais pour Gaston TONG SANG l'ingénieur, celà n'est pas une tâche impossible. Alors,ce sera sans Rautahi !

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mardi 9 octobre 2007

Stagnation économique de la Polynésie française depuis 2004

Par lebop, mardi 9 octobre 2007 à 19:53 :: General

De nombreux observateurs s'accordent à dire que, depuis 2004, la Polynésie française a connu une stagnation économique que nous n'avions pas connu depuis longtemps. Il faut remonter à la période 1988 -1992 pour retrouver une situation aussi peu favorable. Celà est d'autant plus grave que la croissance économique mondiale a battu tous les records ces dernières années. Dans notre principal domaine de compétences, le tourisme, la croissance du tourisme international n'a jamais été aussi forte,et, pourtant, nous n'en avons pas bénéficié.

Situation d'autant plus grave que la croissance des transferts publics métropolitains, principal moteur de notre économie - et de loin - s'est maintenue sur cette période à des taux de l'ordre de 3 % par an.

Le résultat de cette stagnation est, bien sûr, l'insuffisance de la création d'emplois. On apprend ainsi par la bouche du président du Conseil des Entreprises que l'économie a subi "une perte de 800 emplois au cours des cinq premiers mois de l'année 2007", ce qui en dit long sur "l'excellence" de la gouvernance de Monsieur Gaston TONG SANG, soit dit en passant. Mais je ne serai pas mesquin à lui imputer la totalité de la responsabilité de cette situation, car il a plutôt hérité d'une situation qu'il n'a pas pu ou pas su redresser par les mesures appropriées.

De même,l'amateurisme de la gouvernance Temaru, largement dénoncée par nous-même pendant toute l'année 2006, explique à moitié cette situation. Car les vraies raisons du marasme sont structurelles: notre modèle économique et social a atteint ses limites. Il ne peut perdurer que par des injections massives de l'argent étatique.Or, toute la classe politique estime que notre Pays doit être progressivement "sevré" de ce moteur qui maintient artificiellement notre niveau de vie, et par delà, nos "avantages acquis".

Il est clair que nous ne pouvons plus nous contenter de reproduire le système existant en priant que ces transferts continuent à progresser comme si de rien n'était, surtout que les perspectives de croissance de l'économie française ne sont pas particulièrement réjouissantes.

Alors que faire ?

Il passe avant tout par un changement des mentalités. On ne peut pas tout attendre de l'Etat ou du Pays. De même, le gouvernement du Pays n'est pas responsable de tout. Il ne doit pas servir de bouc émissaire à nos propres incapacités ou à nos piètres performances. Attitude trop facile dans laquelle se complaisent malheureusement nombre de nos acteurs économiques, trop habitués à vivre de la manne des dépenses publiques.

Il passe par la définition d'une nouvelle stratégie de développement économique élaborée en concertation avec toutes les forces vives du Pays. Il faut arrêter de tirer des plans sur la comète ou de lancer des idées toutes plus farfelues les unes que les autres, à l'instar de la tarte à la crème de l'aéroport international des Marquises.

Il est temps d'ordonnancer notre développement dans un cadre de référence bien établi avec des projets structurants et crédibles tels que le cable transocéanique à haut débit. Ce n'est que dans ce cadre que des concepts tels que les pôles de compétitivité, les zones ou les entreprises franches, le cyber-village... peuvent prendre leur place. Que nos hommes politiques arrêtent de nous sortir de leur besace des solutions miracles ou des recettes magiques qui règleraient nos problèmes comme par enchantement.

Cette stratégie ne sera pas exempte d'efforts, car l'adaptation à la mondialisation nécessitera une amélioration de notre compétitivité globale.Il faudra notamment tourner le dos au protectionnisme et affronter les grands vents de l'ouverture. Ce n'est pas en restant calfeutrés derrière des murs artificiels que nous serons plus forts, bien au contraire.

L'heure de la lucidité, de l'imagination et de l'audace a sonné. Et mieux vaut tard que jamais.

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samedi 6 octobre 2007

Halte au monopole des maires sur l'Assemblée !

Par lebop, samedi 6 octobre 2007 à 20:01 :: General

Depuis quelques décennies, un dérapage de nos Institutions s'est accentué et produit dorénavant des effets indésirables dans une société moderne et complexe comme la nôtre : c'est la tendance à la monopolisation de la fonction de Représentant à l'Assembée par les maires des principales communes de la Polynésie française.En effet, les partis politiques territoriaux les ont de plus en plus considéré dans la pratique comme leurs principaux "apporteurs de voix" à l'occasion des élections territoriales et les placent donc, en tant que principales locomotives des listes, en position éligible.

Résultat des courses : en plus d'être maires, ces personnalités cumulent aussi une fonction de représentant à l'Assemblée. En raison de ce cumul, l'essentiel de leur activité consiste ensuite à aller "à la pêche" aux financements divers et variés qui se présentent à eux pour le "bien" de leurs communes et de leurs administrés : outre les financements "minimaux" de l'Etat et du FIP, ils ont ainsi accès à de multiples guichets dont le plus connu est celui de la délégation au développement des communes, cette fameuse DDC "cogérée" par Messieurs Gaston TONG SANG et Temauri FOSTER et à la supervision de laquelle ils ont dépensé plus de six milliards de francs en quelques mois !

Monsieur Gaston TONG SANG, en ses qualités de Président du Pays et de Président du Syndicat pour la promotion des communes, avait tellement conscience du poids électoral de ces maires pour les territoriales qu'il a littéralement "arrosé" quelques maires bien choisis dans le but de s'assurer leur soutien. C'est ainsi que Monsieur Tony GEROS, Vice-Président du Pays, a pu constater que - comme par hasard - la carte des financements octroyés par la DDC recoupait quasi-parfaitement la carte des soutiens politiques de Monsieur TONG SANG, le "ponpon" revenant sans contestation possible aux communes de Mahina, de Huahine et de certaines communes dirigées par nos "très chers" élus, maires et girouettes des Tuamotus et des Marquises.

Cet "arrosage" était tellement stratégique pour Monsieur Gaston TONG SANG que, même pendant la période dite de gestion des affaires courantes suite à la motion de censure, ce dernier a voulu continuer son "arrosage" par des arrêtés de subvention qui ont fait l'objet d'un recours en annulation par Madame le Haut-Commissaire de la République. En effet, ces arrêtés n'entraient pas dans le cadre de la gestion des affaires courantes et Monsieur TONG SANG a sciemment outre-passé ses compétences pour faire plaisir jusqu'au bout à certains grands "féodaux" avec, bien sûr, l'espoir qu'ils lui renvoient l'ascenseur sous forme de soutien politique à son nouveau parti.

C'est dire si ces maires ont pris un poids exorbitant dans notre vie publique qui n'est pas exempt d'effets pervers, le plus important étant qu'ils empêchent l'émergence d'une élite politique plus technicienne et plus spécialisée dans l'activité parlementaire. En effet, la complexité de notre société requiert de plus en plus de la part de nos représentants une expertise qu'un bon maire, malgré toutes ses qualités de gestionnaire d'une commune, n'a pas et/ou ne peut exercer en même temps que son mandat de représentant.

Je dirais même que ce cumul stérilise notre vie politique et empêche l'expression des talents de la jeune génération formée dans les meilleures universités françaises et étangères ou de techniciens, cadres, responsables qui auraient démontré leurs performances dans d'autres sphères economiques, sociales ou culturelles et qui apporteraient toute leur expertise au sein de notre Assemblée.

A défaut de cette "oxygénation" de notre vie politique, il ne faut pas s'étonner que les débats, le rendement et les "productions" de notre Assemblée soient d'une qualité médiocre,outre la monopolisation des financements publics en faveur de communes au détriment de projets d'intérêt spécifiquement territorial.

Les voies de sortie de ce système ne sont pas simples. Il fut un temps question de créer un "Sénat", sorte de chambre haute où seraient "casés" nos notables communaux. Mais, outre son coût exorbitant pour les contribuables, l'utilité d'une telle chambre serait proche de zéro. Une autre option serait de créer un collège spécifique au sein du CESC qui serait la voix des maires. D'autres personnalités envisagent des conseils d'archipels, mais je ne vois pas très bien quelle serait l'architecture de tels conseils, qui pour moi, seraient à nouveau de nouvelles usines à gaz coûteuses pour la collectivité, puisque ces structures seraient l'occasion d'un cumul supplémentaire pour nos heureux maires cumulards.

Alors quoi d'autre ? Il reste le jugement des électeurs et de nos responsables de partis politiques. Pourquoi ces derniers ne s'entendraient-ils pas pour limiter la présence des maires sur leurs listes aux prochaines élections territoriales ? Pourquoi ne pas émettre certaines restrictions au sein du projet de loi organique ? Vision irréaliste me diriez-vous, car ce serait demander à certains de nos leaders politiques de se faire hara kiri ! Et pourtant, il s'agit là d'une oeuvre de salubrité publique majeure pour un renouvellement et un élargissement de notre élite politique. Qui sera l'homme politique audacieux qui aura le courage de réaliser une telle réforme indispensable pour le bon fonctionnement de notre démocratie ?

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Besoin de recul

Par Noindep, samedi 6 octobre 2007 à 11:15 :: General

Cette nouvelle santé politique qu'offre G. Flosse à O. Temaru le rend plus crédible. Main dans la main, ils veulent apporter la preuve que leur sympathie déguisée dépasse les stratégies de couloirs. Leur première tâche est de sauver l’autonomie d’une OPA Publique. Celle que C. Estrosi prépare et qui vient d’être débouté par l’assemblée locale. À entendre les premières lectures faites de ce énième maquillage statutaire, les compétences arrachées jadis à la République retomberaient dans son giron, là où il promet depuis tant le rêve décentralisateur. Sans doute que l’on est allé un peu loin en Polynésie et que le point de non-retour approche, s’il n’est pas déjà dépassé. G. Flosse n’en pense pas moins, et euphorise à parler au nom des 3/5 de l’assemblée jusqu'à se permettre des envolées lyriques en tous genres.

Consensus il y aura si l’Etat évite "un 49-3". C. Estrosi a fait passer la loi en procédure d’urgence et le conseil des ministres est appelé à rendre son avis ce mois-ci. N. Sarkozy sait que la Polynésie est une collectivité ultramarine indisciplinée et intransigeante et qu'un passage en force risque de faire couler de l'encre et du sang. Que la règle de subsidiarité si chère à l’Europe s'équilibre avec le principe de suppléance, et que chacun respecte le rôle qui est le sien.

Foncièrement, on avale des compétences pour récupérer du budget. Et à constater le désastre silencieux et ambiant qui rythme notre quotidien, le scepticisme sur notre faculté à nous autogérer est de rigueur. Constater les dissidences intra partis, les émeutes sociales silencieuses, les crises économiques qui engraissent le niveau de vie, le tourisme figé dans son niveau de 2002...Où est passé le progrès de cette embellie statutaire ?

"Ceux qui se targuent de flatter ce statut unique et d’en défendre son besoin pour demain, doivent apprendre à proposer un équilibre du change et une garantie pour tous que « le toujours plus » de compétences amène à une production de valeurs ajoutées sociales et économiques".

Je suis presque soulagé lorsque je sais que les doléances réclamées in extremis par G. Flosse en 2004 n’ont pas toutes été acceptées, notamment celle qui voulait réformer l’article 77 de la constitution nationale régissant la citoyenneté et qu’aux abords du débordement statutaire de la Nouvelle Calédonie, soit inscrite une citoyenneté polynésienne, en vain. D’ailleurs n’est ce pas une forme d’indépendance prématurée ?

Ceux qui se targuent de flatter ce statut unique et d’en défendre son besoin pour demain, doivent apprendre à proposer un équilibre du change et une garantie pour que « le toujours plus » de compétences amène à une production de valeurs ajoutées sociales et économiques. Or aujourd'hui l'Etat siffle la fin de la période d'essai de ce statut, et constate que la Polynésie n'a pas su apporter les preuves qu'elle sait maîtriser son nouveau champ de compétence. Le contrat a durée indéterminée n'est pas proclamé.

En réalité, l'instabilité de la Polynésie française n’était au fond qu'une histoire d'enfant. Celle où l'adolescent veut aller plus vite que la nature, fait des expériences malheureuses et doit apprendre de ses malheurs. La Polynésie ne veut ou ne sait sans doute pas avoir du recul sur sa propre expérience, et forcément s'obstine à défendre ses propres réalités. Un besoin de recul s'impose...

Nous revenons donc aux mêmes sauvageries politiques, d’un enfant roi contre sa mère gâteuse, qui, tant qu’il pourra le faire, imposera ses règles jusqu’au jour où sa mère le ramènera à la raison, fuguera pour échapper à l’autorité et à la compromission. Et avouez qu'à deux, la bêtise est plus facile.

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vendredi 5 octobre 2007

Naissance d'un "parti chinois" ?

Par lebop, vendredi 5 octobre 2007 à 17:16 :: Petite analyse

Les déclarations de Monsieur Robert TANSEAU, les soutiens explicites de la communauté d'affaires pour le maintien au pouvoir de Gaston TONG SANG, l'affichage ostentatoire de ce dernier à toutes les manifestations de la "Communauté" et aux réceptions du consul honoraire chinois, le ralliement de Pierre TCHIOU et de son "armée des ombres", après celui, indirect, de Georges PUCHON, ex-président de la fédération chinoise du Tahoeraa, célèbre pour ses diners d'adhérents et ses sections-fantômes, démontrent qu'un "parti chinois" voit le jour.

Fini le temps où il s'agissait de s'intégrer sans faire de vagues ou de faire des affaires en bonne intelligence avec le pouvoir en place, quel qu'il soit. Le gouvernement TONG SANG a catalysé les énergies communautaires et tous les responsables auto-proclamés de cette communauté font allégeance au nouveau leader comme un seul homme et avec même un certain complexe de supériorité. Monsieur Robert TANSEAU ne nous a -t-il pas affirmé que les chinois ont de l'argent et qu'ils peuvent facilement mener une campagne électorale ? Voilà, à n'en pas douter, qui sera un net avantage face à un Oscar TEMARU "fauché" et qui souhaitait, pour cette raison, repousser quelque peu les élections territoriales.

Il est vrai aussi que la compagne du Président TONG SANG nous avait donné un avant-gout de cette opulence en organisant, avec le soutien de riches amis de la "communauté", quelques évènements à la Présidence sans que le Pays n'ait eu à délier sa bourse. La Présidence commençait ainsi à fonctionner comme une association philanthropique. Mais, comme on sait, dans ce système, attention aux retours d'ascenseur de la puissance publique en dix fois plus généreux...

Ainsi donc, la "Communauté" s'émancipe et s'est choisie un champion qui porte ses couleurs. C'est là un virage majeur dans notre vie politique. Jusqu'à présent, la communauté avait réussi à porter à l'Assemblée deux ou trois de ses représentants immergés au sein des principales forces politiques du Pays. Même si elle défendait par ce biais sa spécificité, elle démontrait sa volonté d'intégration politique. Dorénavant, il s'agit explicitement de fonder un parti chinois à part entière.

Mais ce virage stratégique n'est pas exempt de dangers. Il risque de faire naître un ostracisme qui n'est déjà qu'à fleur de peau au vu de certaines déclarations politiques passées. Il risque de cristalliser sur une ethnie affirmant sans ambages sa supériorité économique certains ressentiments face aux inégalités sociales. Il risque de donner des gages à la politique facile du "bouc émissaire" si les difficultés économiques et sociales s'aggravent.

On ne peut pas en même temps vouloir s'intégrer et exacerber son identité ethnique. A ma connaissance, il n'y a pas un parti "français" ou un parti "demi". Pour moi, la pluriethnicité, ce n'est pas la juxtaposition de chaque ethnie, et encore moins la supériorité de l'une sur les autres, mais l'apport de chaque ethnie à l'expression d'une culture commune, à savoir la culture polynésienne. Et celà passe par des partis politiques "polynésiens", n'en déplaise à Monsieur Robert TANSEAU. Aussi, il serait souhaitable pour tout le monde d'arrêter là certains comportements ostentatoires et certains dérapages verbaux.

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Etat partisan : premier "round"

Par lebop, vendredi 5 octobre 2007 à 16:28 :: Petite analyse

L'examen du projet de loi organique par l'Assemblée a confirmé que le "gouvernement central" a trouvé en "polynésiens ensemble" un relais docile de sa politique de "reprise en main" des institutions du Pays. En effet, il est clair que ce projet ne vise pas à régler le problème de l'instabilité politique, mais bien à rogner nos compétences statutaires patiemment négociées et acquises par des décennies de volonté autonomiste.

En effet, paradoxalement, par la fixation de seuils trop faibles, ce texte encourage la constitution de petits partis-charnières qui risquent encore une fois de faire et défaire les majorités à l'Assemblée. C'est le contraire du but recherché ! Pire, ce texte donne des gages aux girouettes-iliennes réfugiées sous le giron de Monsieur Gaston TONG SANG.De toutes les façons, j'avais déjà émis les plus grandes réserves sur le fait qu'un "texte-miracle" puisse résoudre la question de l'instabilité politique, alors que cette dernière résulte de l'absence de déontologie et de morale politique de certains élus. Aussi, je n'épiloguerai pas sur ce point, car je me sens malheureusement conforté dans mon analyse.

Aussi, si tel n'est pas l'objectif de ce projet de loi, à quoi sert-il ?

En fait, ce texte est la première étape de la volonté du gouvernement central de faire rentrer notre Pays autonome dans le droit commun de la "décentralisation", version métropolitaine.L'immixtion de hauts fonctionnaires dans les mécanismes de fonctionnement de nos institutions, la mauvaise transposition de certaines procédures en cours au sein des conseils régionaux métropolitains et l'introduction de règles de fonctionnement inadaptées (par exemple, le remplacement de la motion de censure par une "motion de défiance" et l'élection du président de la Polynésie française à trois tours) démontrent à l'évidence que les premiers coups de canifs sont portés à notre statut d'autonomie.

Pour cette seule raison, tous les vrais autonomistes auraient dû voter unanimement contre ce projet de loi. Mais, preuve de l'alliance objective entre Monsieur Christian ESTROSI et Messieurs TONG SANG et BOUISSOU, le groupe "polynésiens ensemble" a relayé sans état d'âme ce début de remise en cause de notre autonomie.

Il est certain qu'en appelant l'Etat au secours pour régler notre instabilité politique interne, nos élus ont donné au gouvernement central le bâton pour se faire battre. En réponse, celui-ci leur dit : "puisque vous démontrez que vous n'êtes pas tout à fait majeurs, nous allons mettre à votre place des garde-fous". Une autonomie sous tutelle en quelque sorte.Beau résultat que voilà, alors que la stabilité politique est maintenant là par la seule volonté des polynésiens !

Il est à craindre que le bras de fer avec le gouvernement central ne fait que commencer et que d'autres dossiers viennent rapidement alourdir le contentieux naissant entre les deux principales forces politiques du Pays et le gouvernement central.Ce dernier n'aura de cesse de les "punir" d'avoir mis fin au gouvernement TONG SANG, relais docile de sa politique en Polynésie française. Vous avez dit Etat impartial ?

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mercredi 3 octobre 2007

Gaston TONG SANG : une OPA à moitié réussie

Par lebop, mercredi 3 octobre 2007 à 20:42 :: Petite analyse

Dans la lutte à couteaux tirés entre Gaston TONG SANG et le leader historique du Tahoeraa Huiraatira, ce dernier a obligé Gaston TONG SANG à abattre ses cartes. Le parti en gestation depuis quelques mois - ce secret de polichinelle - est enfin apparu au grand jour : il s'agit de "O Porinetia to tatou ai'a". Que dire, si ce n'est que le renouvellement politique annoncé n'est pas au rendez-vous de ce nouveau parti. Quelques personnalités du passé ou de seconde zone sont sortis de la naphtaline, les opportunistes habituels qui ont fait le tour de tous les partis s'y sont inscrits, les girouettes iliennes apparaissent au premier rang et peu de cas est fait aux jeunes. Quant au programme politique détaillé et précis, il faudra attendre.

Mais la création de ce parti a suffisamment impressionné les autres particules autonomistes pour qu'ils se mettent tous à la remorque du nouveau leader. Et c'est en ce sens que l'OPA de Gaston TONG SANG est a moitié réussie. A défaut d'avoir conquis le Tahoeraa de l'intérieur, celui-ci a conquis le leadership auprès de Rautahi de Jean-Christophe BOUISSOU, du Ai'a Api d'Emile VERNAUDON, du Fetia Api de Philip SCHYLE, de Tiatau de Béatrice VERNAUDON, du Taatira porinetia de Robert TANSEAU, du Te Niu Hau Manahune de Temauri FOSTER et du Mana Toa de Sandra LEVY-AGAMI.

En effet, tous ces responsables ont décidé de se mettre à la remorque de Gaston TONG SANG sans même savoir quel peut être le poids électoral du parti de ce dernier. Mieux, ils ont décidé de lui laisser les meilleures places au sein des listes électorales communes qu'ils constituent pour tous les archipels. Bravo pour la performance, Monsieur TONG SANG ! Peut être que celui-ci leur a fait miroiter l'apport des dissidents du Tahoeraa. En ce sens, la communication du maire de Maupiti et de Huahine est une circonstance opportune pour leur signifier à tous que cette hypothèse devient réalité. Il faut espérer pour eux qu'il ne s'agit pas là d'un tour d'illusion supplémentaire de l'illusionniste en chef.

Faire taire les égos exacerbés de certains au sein d'un conglomérat hétéroclite et bâti pour la circonstance des élections a été une autre performance. Ainsi, Emile VERNAUDON et Hiro TEFAARERE reconnaissent avoir moins de poids que O Porinetia et Rautahi, le Fetia Api accepte d'être à la portion congrue, Béatrice VERNAUDON reconnait son poids symbolique. Que d'ambitions passées tout à coup mises sous le boisseau... Chapeau l'artiste !

En fait, la seule, avec Antonio PEREZ et Teiva MANUTAHI, à n'avoir pas fait allégeance au nouveau leader est Nicole BOUTEAU. Elle l'a confirmé dans une récente intervention télévisée. Malgré tous les efforts, celle-ci ne s'est pas laissée convaincre par ce magma défensif basé sur l'idée que l'addition des faiblesses fait une force. Il est vrai aussi qu'un protocole-cadre ne fait pas un programme. Il est vrai surtout que la priorité "au sauve qui peut" et la mise de côté du principe de moralisation de la vie politique, auquel tient tant la responsable de No Oe Te Nunaa, est considérée par Nicole BOUTEAU comme un péché originel particulièrement grave. En effet, comment pourrait-elle cohabiter avec Emile VERNAUDON, Hiro TEFAARERE, Temauri FOSTER, Teina MARAEURA, Jean- Alain FREBAULT, Jean JUVENTIN et d'autres ? Comment pourrait-elle absoudre les principaux instigateurs de l'instabilité politique que nous avons subi ?

C'est vrai que des slogans aux actes,du discours à la pratique, il y a un fossé que toute la communication du monde n'arrivera pas à combler.... La constitution des listes de "Polynésiens ensemble" sera intéressante à suivre. L'épreuve de vérité sur le poids politique que chacun consent à accepter avant d'aller aux élections est arrivée.Mais une chose est sûre : Monsieur Gaston TONG SANG s'est déjà taillée la part du lion. La preuve ? Tous l'ont déjà élu avant l'heure Président de la Polynésie française. Chapeau l'artiste !

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mardi 2 octobre 2007

L'homme qui valait 4 millions par mois

Par lebop, mardi 2 octobre 2007 à 03:37 :: General

Les journaux s'en font l'écho aujourd'hui. Monsieur Jean-Alain FREBAULT, l'une des plus célèbres de nos girouettes, s'était taillé un "gros fromage" en sa qualité de Président du conseil d'administration de l'Office des Postes et Télécommunications.Petit récapitulatif :

1) Rémunération et indemnités :

  • Indemnité de mandataire social : de 1.391.000 F CFP à 2.225.000 F CFP ;
  • Rémunération versée par Tikiphone : 1.275.000 F CFP ;
  • Rémunération versée par Mana : 212.500 F CFP ;
  • Rémunération versée par ISS : 42.500 F CFP ;
  • Rémunération versée par TNS : 1.020.000 F CFP

2) Avantages en nature :

  • Abonnements et communications illimitées pour le téléphone fixe, le vini, l'ADSL ;
  • véhicule de fonction avec chauffeur ;
  • un aller-retour papeete-paris par an en classes affaires pour le Président et sa famille ;
  • logement de fonction ou indemnité de 250.000 F CFP et frais de représentation ( 6.100.000 F CFP en 2007) ;

Total : une rémunération qui oscille donc entre 3.941.000 F CFP et 4.775.000 F CFP par mois, à laquelle peuvent se rajouter les "frais de bouche et de représentation à la discrétion du Président du CA" à hauteur de 508.000 F CFP par mois.

Une rémunération qui représente, au bas mot, cinq ( 5) fois la rémunération de représentant à l'Assemblée de la Polynésie française. En d'autres termes, en un an, Monsieur Jean-Alain FREBAULT "touchait", en espèces et en nature, l'équivalent d'un mandat à l'Assemblée, soit 60 millions de F CFP. On comprend pourquoi l'intéressé tenait tant à rester à cette fonction lorsque la question du choix de posait à lui. Il n'y avait pas photo !

A cette fonction, et à voir son émargement à toutes les filiales de l'OPT, Monsieur FREBAULT était un vrai "superman". Il arrivait à se démultiplier par un formidable don et à s'occuper de tout à la fois. Le problème, c'est que nous ne savons pas qu'elle était sa véritable "valeur ajoutée" avec toutes ses casquettes. Quels objectifs avait-il fixé à notre conglomérat territorial ? Quelle stratégie a-t-il mené à sa tête ? Quelles actions prioritaires a-t-il lancé pour redresser la situation critique de notre office ?

N'a-t-il pas plutôt été un "coût ajouté" qu'une "valeur ajoutée" en alourdissant inutilement la masse salariale déjà considérable de l'Office ?

Mais il faut croire que Monsieur Jean-Alain FREBAULT a de remarquables qualités pour que Monsieur Gaston TONG SANG, le tout nouveau Président du parti "O porinetia to tatou ai'a" ( OPT...A), le conserve à ses côtés après l'avoir "protégé" durant tout son mandat de Président du Pays.

Je suppose donc qu'il est l'archétype de la gouvernance rigoureuse, exempte de gabegie et soucieuse de l'argent des contribuables que prône Monsieur Gaston TONG SANG. Assurément, un exemple à suivre. Après tout, peut être ignorons-nous les énormes qualités d'un homme qui vaut à lui tout seul 38 smigards polynésiens.

Monsieur Gaston TONG SANG va sûrement nous l'expliquer un jour ou l'autre. Wait and See...

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